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Chronique

L’Europe fait la cuisine, la Turquie et le Maroc font la vaisselle…

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La Turquie à l’est et le Maroc à l’Ouest, les deux pièces maîtresses, les deux bouts supplétifs d’une géographie indigne.

Et au milieu de cet océan larbins, le naufrage d’une idée de civilisation. Avec une Libye éclatée où rôdent les fauves…

Loin de traiter des causes, on traficote et on tergiverse. La Turquie, humiliée, plantée là au seuil de l’Union qui ne veut pas d’elle, continue à naviguer à vue, jouant au chat et à la souris avec l’UE et Washington, de ses liens avec la Russie (S-400 et gazoduc, tout en tenant au F35 et à l’OTAN) et avec le Qatar, menaçant de se tourner vers l’Asie centrale où elle retrouve ses racines, d’investir les gisements de gaz offshore de Chypre, d’envahir la Syrie et zigouiller les Kurdes que l’Amérique utilise pour ses basses besognes, comme en Irak et ailleurs où ces cocos qui rêvent de faire -comme d’autres, les bricoleurs ne manquent pas- une nation d’une culture imaginaire et, comme d’habitude, vont être abandonnés à leur sort après qu’ils aient servi…

Le Maroc qui mendie vainement un strapontin à une Union dont plus personne ne veut, fait chanter ses interlocuteurs, en premier lieu l’Espagne et négocie en coulisse un marché honteux : « je m’occupe de vos Africains et vous vous occupez de mes intérêts, sinon j’ouvre les vannes… » Bien entendu quand on parle d’intérêt, il ne s’agit pas de l’intérêt des Marocains et de la nation marocaine, mais des parasites armés qui exploitent cette monarchie de requins.

Quelle géopolitique triste et déprimante!

D’un côté des cyniques donneurs de leçons, de l’autre, des lombrics qui troquent leur dignité contre un soutien illusoire.

N’ont-ils pas vu ce qui est arrivés aux Chrétiens d’Orient qui ont oublié qu’ils sont de culture arabe ? Des émigrés de plus reçus comme des pouilleux (sauf évidemment ceux qui se sont barrés avec la caisse). Car on se fiche complètement de la religion des parvenus, chrétiens, animistes ou shintoïstes kif-kif-bouricot, tant qu’ils sont solvables…

L’Occident la plus blanc, comme dirait l’autre, l’honneur de la Confédération, le seul Suisse avec lequel je lèverai un verre.

N’ont-ils pas vue le sort réservé aux Arméniens qui crèvent la dalle entre Nagorno-Karabagh, Azerbaïdjan et Iran, oubliés par leurs « grands frères ». Seul Aznavour -ambassadeur itinérant de luxe- en tiré gloire et notoriété. Quels ploucs !

Si on veut être libres, commençons non par nous battre contre nos ennemis, mais d’abord par nettoyer nos rangs. Et si des accidents se produisent que voulez-vous, l’histoire ne repasse pas les plats.

« L’histoire me sera indulgente, car j’ai l’intention de l’écrire » disait cette crapule de Churchill qui aurait mérité non un Noble de littérature, mais un siège d’accusé dans un tribunal pour crimes contre l’humanité.

Djeha,

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Ahmed Gaïd Salah (AGS), seul contre le peuple

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Pour tout dictateur en herbe, se substituer au peuple est un exercice coutumier. AGS (Ahmed Gaïd Salah) croit avec un entêtement rare que les Algériens qui l’abhorrent, lui et sa «bande», n’attendent, béatement, que l’avènement de ce qu’il considère comme une bénédiction.

En attendant ce jour, AGS s’attelle à mettre à l’abri biens et famille avant que ne sonne, pour lui aussi, l’heure de la retraite fatidique. La retraite ? Voilà un mot qu’il a dû, dans un réflexe de survie au milieu d’une meute de loups sans clémence pour les plus faibles, bannir de son vocabulaire. Tout comme il lutte, avec la dernière énergie, contre les signes, de plus en plus voyants, d’un grand vieillissement. Comment ne pas croire que certaines de ses décisions prises pour tenter d’enrayer la marche inexorable vers la liberté ne trahissent pas en vérité un état de sénescence avancée ? Reprendre des recettes usées jusqu’à la corde – monter le reste de l’Algérie contre le «réduit» kabyle notamment, relève de la cécité, de la surdité, de la sénilité tout court…

AGS, tel un pachyderme souffrant de la promiscuité, lance des ruades à vue. Il fait emprisonner des figures connues du Hirak, sans que cela ne l’affaiblisse, et fait donner de la troupe contre des étudiants sans défense autre que celle de l’amour immodéré de leur chère Algérie. Les bras armés de son pouvoir, police et gendarmerie obéissant singulièrement au maître nouveau, se déchaînent contre la future élite du pays et protègent, dans le même temps, les avoirs et la progéniture du gros de la «bande». Sinon comment expliquer qu’au pénitencier d’El-Harrach, les cellules VIP ne recueillent qu’à la marge corrompus et corruption ?!

L’essentiel de l’armée de ripoux qui persiste à empoisonner la vie des Algériens, fait prospérer ses affaires qui ne manqueront pas de connaître un bel essor après l’adoption de la nouvelle loi sur les hydrocarbures. Mais, les marées de marcheurs du mardi et du vendredi rappellent au dictateur en herbe que la vie n’est pas une partie de méchoui tranquille…

Saïd Kaced

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La liberté d’expression en uniforme

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Que Erdogan soit d’une ambiguïté totale quand à son attitude à l’égard de la Syrie, de la Russie, de l’Europe, des pétromonarchie, du Qatar (qui le soutient), des Etats-Unis et même de l’Algérie en modifiant les conditions de délivrance de visa, cela ne fait aucun doute.

S’agit-il d’un homme versatile qui n’a que la défense de son pays pour credo ? S’agit-il d’un homme de paille que les Etats-Unis utilisent pour leur sale besogne ? S’agit-il d’un régime en voie de basculement côté russe (après tout il vient de leur acheter des missiles dernier cri, des S400, contre l’avis de Washington et néanmoins maintient sa volonté d’acquérir des F35).

Il se joue à Ankara une partie de poker menteur sur plusieurs échiquiers et l’observateur innocent que je suis a du mal à distinguer le jeu qui s’y joue et les différents acteurs qui gravitent autour du pétrole, de la géostratégie des circuits maritimes commerciaux, de la nouvelle confrontation est-ouest, de la domination judaïsée de la Palestine et de biens d’autres sujets dont la région a le secret et qui font son malheurs depuis la fin du XIXème siècle, pour ne s’en tenir qu’à la Question d’Orient et sans remonter aux Croisades.

Au lieu de tenter d’éclairer les opinions publiques, car telle devrait être la vocation des médias en régime libéral capitaliste, pour leur permettre de se faire une idée et de faire un choix, notamment à la faveur des élections dans des Etats de droit, les poussent crayon sont tous « embedded », poussent tous dans la même direction, se mettent en uniformes et marchent « en totale liberté » au pas et certains au pas de l’oie.

Comme on peut le lire et le constater dans les titres des différents médias, nulle nuance, nul doute, nulle critique… ne trouble un paysage médiatico-politique monocolore qui n’a qu’un seul objet : tirer sur la Turquie d’Erdogan à boulets rouges.

Lorsque certains de nos compatriotes épris de liberté d’expression, ployant sous les chaînes pesantes et écrasantes du totalitarisme auraient envie de se demander où chercher et trouver un modèle digne de guider leurs pensées et leurs pas, de grâce, qu’ils oublient ce modèle merveilleux de transparence, de diversité, de contradictions créatives qui se déploie comme une chape de plomb sur nos voisins septentrionaux et qui se posent « depuis des temps immémoriaux » (mais si courts dans l’histoire du monde) en double-décimètre incomparable de tout ce qui tient lieu de civilité, de sociabilité et d’Etat de droit et de libertés.

Ce n’est évidemment pas à ceux qui ont les genoux et les neurones irréversiblement crottés que je m’adresse.

Djeha

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Ahmed Gaïd Salah (AGS) dans le gotha des dictateurs

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Après avoir servilement servi Bouteflika, puis déjoué un «complot» ourdi contre lui par l’autre versant de la «bande», Ahmed Gaïd Salah dit AGS peaufine, de mardi en vendredi, sa stature nouvelle de dictateur.

Il ne passe plus désormais par les deux faire-valoir, Bedoui et Bensalah, qui devaient servir de façade civile à ses ambitions hégémoniques. N’était-ce son âge canonique, le vice-ministre de la Défense aurait carrément proposé sa candidature à la prochaine présidentielle comme le laissaient présager ses quelques apparitions en costume-cravate devant des parterres de louangeurs triés sur le volet.

Dans une contrée habituée aux prompts retournements de vestes, une armée de nouveaux zélateurs invertébrés a déjà fait allégeance au dictateur nouveau. Ce dernier, faisant fi de la révolte populaire qui fait trembler les murs du sérail, use et abuse de sa position dominante en mettant aux fers des marcheurs et des opposants pacifiques par brassées entières.

AGS le dictateur, tel un éléphant dans un magasin de porcelaine, éructe et brandit le glaive au-dessus d’un mouvement pacifique qu’il ne désespère pas d’entraîner vers une dérive violente afin de pouvoir pratiquer le seul exercice qu’il maîtrise avec ses pairs de la «issaba» : la guerre contre le peuple !

Telle une armée mexicaine, le haut-commandement de l’ANP sur lequel se vautre AGS regorge de généraux-majors avec zéro titres de gloire et qui ne collectionnent, en guise de victoires significatives sur d’improbables champs de bataille, que de sinistres breloques : répression du maquis du FFS en 1963, des manifestations «de la semoule» en octobre 1988 ou du Printemps noir de Kabylie en 2001.

Puisque les dictateurs finissent immanquablement à la poubelle de l’Histoire, AGS et sa garde prétorienne, formée de prédateurs sanguinaires, devront expliquer devant les juridictions nationales ou internationales comment ils ont colonisé outrageusement un pays libéré par de valeureux combattants et pourquoi ils ont éliminé, par l’exil ou le cercueil, d’authentiques patriotes.

Un jour, ils seront jugés et condamnés, même à titre posthume, et ils seront hantés à jamais par les âmes valeureuses des Krim, Mecili, Boudiaf, Chaabani,…

Impossible ? Souviens-toi AGS du sort funeste réservé aux Ceaucescu, Franco, Saddam, et plus près de toi Kadhafi, Ben Ali…

Saïd Kaced

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