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Politique

Algérie : une élection présidentielle au pas de charge

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Nous reproduisons ci-dessous l’éditorial de « Minbar El Oumal » (Tribune des travailleurs, n°32 du 4 septembre), une publication du Comité d’Organisation des Socialistes Internationalistes d’Algérie (COSI).

C’est une élection présidentielle au pas de charge que veut imposer le général-major Ahmed Gaïd Salah en Algérie, défiant ainsi la volonté populaire et criminalisant la revendication d’une Assemblée constituante souveraine seule à même de répondre aux aspirations des masses. Éditorial.

Le chef d’état-major a exigé dans son dernier « ordre du jour » que la convocation du corps électoral soit faite le 15 septembre prochain et que l’élection présidentielle se tienne dans les délais réglementaires. Il ne fait aucun doute qu’Abdelkader Bensalah à qui revient cette tache s’exécutera, sans sourciller, debout et au garde-à-vous, à l’échéance prévue.   

Cette déclaration a plusieurs  mérites : attester que le vice-ministre de la Défense est bien, en tant que porte-parole de la colonne vertébrale du régime, le seul donneur d’ordres, faire la démonstration que le prétendu processus de dialogue et de médiation n’était qu’une mystification, et enfin mettre en relief la nature et le contenu de la participation misérable « de la classe politique » à cette opération,  assurer sa part dans la continuité et le sauvetage du régime. Et maintenant ?

L’alternative présidentielle ou Assemblée constituante souveraine est toujours d’actualité

Les syndicats. notamment la CSA, et les organisations et partis politiques se réclamant des travailleurs, en s’insérant dans le processus du dialogue avec le régime, ont tourné le dos au mouvement populaire. Ils se refusent à ouvrir la seule voie qui corresponde aux immenses attentes du peuple travailleur : celle de la convocation et l’élection de l’Assemblée constituante souveraine pour la satisfaction des revendications démocratiques et sociales des masses. Se faisant ils permettent au régime de pousser toujours plus en avant ses plans : le projet de loi de finance 2020 sera présenté la semaine prochaine. 

La situation n’a pas changé. Le peuple travailleur, les étudiants et les jeunes sont toujours mobilisés et déterminés sur leurs revendications et aspirations à éradiquer le système et à décider de leur avenir. Les manifestations étudiantes de ce mardi 3 septembre en sont une nouvelle preuve. Dans tous les campus du pays, un seul cri : « non à l’élection présidentielle ». Les luttes citoyennes et ouvrières ont repris en cette fin de saison estivale. De partout monte la volonté d’une action « tous ensemble»,  pour mettre en échec cette nouvelle initiative du régime, comme le mouvement populaire avait réduit à néant les deux scrutins précédents, contraint à la démission Abdelaziz Bouteflika et envoyer derrières les barreaux les oligarques prédateurs.

Les uns et les autres, parce qu’ils parlent au nom des travailleurs ou s’en réclament, doivent immédiatement quitter tous les forums et alliances qui les enchainent au régime, s’engager dors et déjà à boycotter l’élection présidentielle si le système persistait à son organisation, réaliser l’unité pour organiser la riposte contre sa tentative de nouveau coup de force par un appel et à l’organisation de la grève générale pour en finir avec le régime et à constituer partout, dans les usines, les universités, et les quartiers de « comités populaires » : à leur coordination à tous les niveaux jusqu’à l’assemblée nationale des délégués.

Oui, « tout est encore possible », car cette voie est la seule qui ouvre la perspective de la constitution d’un « gouvernement des travailleurs » pour une autre politique économique, sociale, éducationnelle, culturelle et fraternelle avec les travailleurs du monde entier.

Malgré quelques confusions, qui ne sont pas sans importance, la résolution adoptée le 24 août dernier par l’Assemblée générale des citoyens de Bgayet, en se prononçant explicitement pour l’Assemblée constituante souveraine et en lui donnant le contenu démocratique et sociale conforme aux aspirations des masses, ouvre cette perspective.

L’absence du Parti Ouvrier dirigeant est de plus en plus un facteur objectif de la situation politique. L’expérience internationale, de plus d’un siècle de luttes ouvrières dans le monde, atteste de la nécessité que se regroupent tous les militants fidèles aux travailleurs et aux masses populaires pour le construire. Le Comité d’Organisation des Socialistes Internationalistes (COSI) en a ouvert la perspective. Ses militants, là où ils se trouvent, se battent pour les rassembler dans la lutte pour l’Assemblée constituante souveraine, la rupture de toutes les organisations syndicales et partis ouvriers avec la bourgeoisie et l’impérialisme, pour la grève générale afin d’en finir avec le régime, pour un gouvernement des travailleurs et des couches pauvres des villes et des campagnes.

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