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Économie

L’économie algérienne grippée par le blocage politique

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Six mois de contestation populaire n’ont toujours pas débouché sur une solution politique. Une 29e demain vendredi. L’économie du pays commence à souffrir de ce blocage politique.

L’entêtement du pouvoir à maintenir su agenda contre la volonté populaire a conduit à un blocage de l’économie algérienne et de ses institutions.

Les grandes entreprises privées dans le collimateur de la justice ont été les premières à voir leur activité se gripper, voire totalement s’arrêter suite à l’arrestation de leur PDG poursuivi pour corruption. Le cas le plus emblématique est celui du groupe de BTP appartenant à Ali Haddad. Depuis que l’ancien dirigeant du patronat proche du clan Bouteflika est en prison, les comptes de ses sociétés sont gelés. Certains de ses employés ont été licenciés, d’autres ne sont plus payés. Les grands chantiers en cours sont suspendus et les entreprises dans lesquelles le groupe a des participations sont elles aussi paralysées, elles n’ont le droit ni d’importer ni de régler leurs factures.

La justice a désigné la semaine dernière des administrateurs indépendants pour que ces entreprises puissent reprendre une activité normale.

Cela concerne les groupes de Ali Haddad, des frères Kouninef et de Mahieddine Tahkout. D’autres nominations devraient avoir lieu dans les prochains jours pour les autres sociétés concernées. Cette opération main propre a vitrifié une partie de l’activité privée mais ce n’est qu’une partie du problème.

C’est surtout l’impasse politique qui a figé l’activité économique estime l’économiste Fatiha Talahite. Tous les marchés dans lesquels l’Etat est impliqué sont bloqués. Le bâtiment en est la première victime. Faute de perspectives, de cadre institutionnel clair les entreprises reportent leurs investissements. Faute aussi de soutien financier. Les banques sont devenues très frileuses dans les prêts qu’elles veulent bien accorder.

En revanche l’Algérie continue à exporter son gaz et son pétrole.

Les vannes de l’or noir et de l’or bleu sont toujours ouvertes et c’est capital puisque ces hydrocarbures sont la vache à lait de l’Etat : elles représentent 60% de ses recettes, et ce sont aussi les grands pourvoyeurs de devise puisque le pétrole et le gaz c’est 95% des exportations algériennes. La Sonatrach, la société nationale des hydrocarbures et ses 100 000 salariés sont toujours au travail.

Le PDG a tenu hier, mercredi, une conférence de presse pour le confirmer et démentir les rumeurs sur le gel des négociations avec les partenaires étrangers, des majors très recherchées pour relancer la production algérienne.

Est-ce que le gouvernement a pris des mesures pour soutenir l’activité?

Il y a aujourd’hui en Algérie un président par intérim et un gouvernement qui gère les affaires courantes. Cette équipe a surtout évité d’alimenter le mécontentement populaire en retenant la mise en oeuvre des lois destinées à ouvrir l’économie. Sa priorité absolue c’est de résorber le double déficit du pays, le mal chronique de l’économie algérienne. Déficit des comptes extérieurs, le déficit commercial s’est aggravé de 12% au premier semestre malgré les restrictions aux importations.

La tâche est ardue car ces restrictions ont contribué au ralentissement économique en privant l’industrie automobile par exemple des kits d’assemblage qu’elle importe pour monter les voitures. Le déficit jumeau, c’est celui des comptes publics. La loi de finances 2020 est en cours de préparation. Ce sera une fois encore un exercice d’équilibriste rendu encore plus périlleux par d’une part le recul des recettes pétrolières et d’autre part des cours mondiaux plutôt orientés à la baisse. RFI

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Hocine Malti : Le pétrole algérien, la grande braderie

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“Ohé ! Ohé ! Venez, accourez ! Ici on brade !”. C’est ce que l’on entend dire ces jours-ci en Algérie ; la presse ne parle que de ça. Mais au fait, on brade quoi ? La ressource qui fait vivre 40 millions de personnes, le pétrole ! (*)

On nous dit que la nouvelle loi sur les hydrocarbures a été approuvée par le Conseil des ministres. En deux temps, trois mouvements. Quelles sont les dispositions de cette loi qui attireront les investisseurs étrangers ? On ne nous le dit pas. Le communiqué émis à l’issue de la réunion du Conseil ne mentionne que quelques généralités. Il ne faut pas que le peuple sache à quel prix on brade les richesses pétrolières du pays.

La presse nous annonce que Sonatrach réclame d’urgence une nouvelle loi. De qui, au sein de Sonatrach, émane cette demande ? On ne le sait pas non plus, l’appel est anonyme. On ne va quand même pas nous faire croire que c’est le P-DG de la compagnie nationale qui a imposé au président de la République l’examen et l’approbation en express de cette loi ?

Qui est alors ce haut responsable qui pousse à mettre très vite en place cette loi ? Celui qui assumera demain les conséquences de cette nouvelle législation ? Est-ce Bensalah ? Gaïd Salah ? Bedoui ? Le ministre de l’Énergie ? En vertu de quel pouvoir ont-ils fait examiner et approuver un texte de loi portant sur une ressource vitale pour le peuple algérien ?

Le pétrole n’est pas leur propriété personnelle, il appartient aux générations, actuelle et à venir, d’Algériens. Aux termes de la Constitution, dont se prévaut tellement le chef de l’État – le réel pas l’officiel – ils sont tous illégitimes. Ils n’ont donc pas le droit de prendre une telle initiative. Même le jour où nous aurons un président de la République librement élu par un peuple qui aura acquis son indépendance, il faudra faire renaître de ses cendres ce fameux Conseil supérieur de l’énergie que ce président devra systématiquement consulter pour chaque décision concernant le secteur.

Non, Monsieur Gaïd Salah, non Monsieur Bensalah, vous n’avez pas le droit de mettre ainsi entre les mains des Sept Soeurs la vie et l’avenir de millions d’Algériens. Vous n’avez ni la légitimité juridique, ni les compétences voulues pour prendre, de concert avec ces hydres, une telle décision. Occupez-vous de régler vos problèmes avec Tliba et avec le fantôme de Toufik que vous voyez partout. 

Le chef d’état-major nous rappelle sans cesse que l’élection présidentielle devrait avoir lieu dans deux mois et affiche un optimisme béat quant au résultat; d’après lui l’Algérie aura un nouveau président d’ici la fin de l’année. Je rajoute ma petite voix à celles des millions de personnes qui battent le pavé tous les mardis et vendredis depuis huit mois et qui lui répondent qu’il n’y aura pas d’élections avec la bande.

Si nous devions néanmoins, pour les besoins de l’exercice suivre son raisonnement et vu qu’il est absolument certain de réussir à nous imposer le 12 décembre prochain un Bouteflika bis, pourquoi n’attend-il pas alors l’arrivée de “son président” pour lui faire valider cette loi ?

En réalité, c’est parce qu’il sait que les choses ne se passeront pas comme il l’imagine, qu’il cherche à prendre tout le monde de vitesse. Une petite voix me dit qu’à vrai dire, il obéit aux ordres d’une puissance étrangère, mais je n’ose pas y croire. L’affaire prendrait alors une autre dimension; ce serait une forfaiture. Abdelaziz Bouteflika avait lui franchi le pas et s’apprêtait à céder les hydrocarbures aux entreprises américaines, n’eût été l’opposition exprimée par différents experts et organismes nationaux, voire internationaux. 

Le ministre de l’Énergie vient de nous rappeler, le 8 octobre, c’est-à-dire après le passage en Conseil des ministres, ce qui nous avait été déjà clairement annoncé en avril dernier, à savoir que la refonte de la loi sur les hydrocarbures s’était faite sur la base d’une large concertation avec les partenaires et les experts. Rien que cela ! À la même époque, Abdelmoumen Ould Kaddour, P-DG de Sonatrach se flattait d’avoir fait appel à des firmes américaines et d’avoir pris attache avec des grandes multinationales qui devaient, selon lui, débarquer en masse en Algérie.

Au risque de me répéter, je dirais encore une fois, comment est-ce possible que 56 ans après la création de Sonatrach, il faut aller demander à Exxon-Mobil, Chevron ou Total quels sont ces “assouplissements” qu’elles souhaiteraient voir figurer dans la loi sur les hydrocarbures ? Que voulez-vous qu’elles vous disent si ce n’est que leur unique motivation est de s’accaparer des réserves pétrolières du pays, que vous adoptiez donc le système des concessions, que vous les fassiez bénéficier de la fiscalité la plus douce possible et qu’elles jouissent d’une liberté totale quant au choix du mode d’exploitation ?

Aussi, pour faire passer plus facilement la pilule on nous dit que le Conseil n’a approuvé que l’avant-projet. Il faut croire que le Hirak fait vraiment peur au pouvoir qui, se sentant coupable, cherche à maquiller la réalité. 

Venons-en maintenant à la question fondamentale. Pourquoi faire appel à des étrangers pour élaborer notre loi sur les hydrocarbures ? N’a-t-on pas des juristes, des ingénieurs, des financiers et des fiscalistes capables de “pondre” un nouveau texte qui répondrait aux besoins et aux intérêts du pays ? Nous en avons eu au lendemain de l’indépendance, alors que le pays était exsangue financièrement et en cadres supérieurs, après une guerre de libération qui a duré sept années et demie, nous en avons eu jusqu’en l’an 2000 et je suis certain que nous en avons encore, mais hélas Chakib Khelil et Ould Kaddour sont passés par là. Le premier avait fait appel dès son installation à ses copains mafieux américains auxquels il avait confié l’avenir de tout un peuple; quant au second on a vu ce qu’il a fait au sein de BRC qu’il avait transformée en antenne de la CIA et en pompe à finances de Kellogg-Brown & Root avant de continuer sur la même voie à Sonatrach.

Le ministre de l’Énergie vient de nous donner quelques informations supplémentaires sur cette loi qui, bien que vagues n’en donnent pas moins froid au dos. Il ose dire que l’un des trois types de contrats qui y figurent est celui du contrat de concession. Concession, du verbe concéder. Dans tout dictionnaire de la langue française, vous trouverez que concéder signifie, accorder, céder, donner, octroyer. L’État va donc donner au concessionnaire une parcelle de terrain sur laquelle tout ce qu’il y découvrira, lui appartiendra. En cas de découverte de pétrole, il devient donc propriétaire des réserves que contient le gisement et non pas des quantités produites uniquement.

Afin d’illustrer le débat, je voudrais citer ici une péripétie survenue lors des négociations algéro-françaises qui avaient précédé la nationalisation du 24 février 1971. Le gouvernement français nous avait proposé de nous céder 51% des intérêts détenus par toutes les compagnies françaises à travers le Sahara, de les concentrer toutes sur le gisement de Hassi Messaoud et, moyennant un complément financier, faire en sorte que ce champ appartienne en totalité à des intérêts français. Le but de la manoeuvre était clair : la France reprenait possession du plus grand gisement pétrolier algérien qui devenait ainsi une portion de territoire français au coeur du Sahara. Pour le récupérer, l’État algérien devait soit le racheter au prix exigé par la France, dans la mesure fort improbable où elle accepterait de le revendre, soit l’occuper militairement et entrer donc à nouveau en guerre contre l’ex-colonisateur. Je signale au passage que Bouteflika qui était en charge de ces négociations était d’accord sur cette proposition alors que ce que nous exigions c’était de prendre 51% de participation sur chaque champ. Est-ce cela ce que nous propose le pouvoir illégitime actuel ? 

Nous venons d’apprendre également qu’Alnaft a décidé d’associer le géant pétrolier Exxon-Mobil à l’évaluation du potentiel pétrolier national, après avoir signé le même accord avec l’Eni, Total et le norvégien Equinor. On sollicitera plus tard bien entendu, ces mêmes compagnies dans le but de leur accorder une ou plusieurs parcelles pour la recherche, si ce n’est pour leur céder des gisements existants. Vous avez donc un coffre qui contient de très beaux joyaux, vous ramenez un intrus, vous les lui montrez avant de lui demander lequel voudrait-il que vous lui concédiez.. N’oublions pas que ces compagnies détiennent pour certaines – Exxon-Mobil certainement, voire Total – un pouvoir supérieur à celui des grandes puissances mondiales et que dans le monde pétrolier tous les coups sont permis. Que voulez-vous qu’elles vous disent après que vous ayez étalé devant elles vos richesses ? Pensez-vous qu’elles vont vous fournir un avis équitable, réellement neutre ?

Il n’y a pas de neutralité, ni d’indépendance, ni de place pour les sentiments dans ce monde de requins; il n’y a que des intérêts. Il est certain que leurs jugements ne tiendront compte que de leurs propres intérêts. D’autant plus qu’elles sont juges et parties, puisque dans une seconde phase vous allez leur demander de choisir la parcelle qui les intéresse. C’est la voie ouverte à toutes les magouilles, à tous les trafics, à la corruption “légalisée” que propose ce pouvoir intérimaire algérien. Il a décidé que le choix des attributaires sera biaisé, puisque seules les parcelles les plus “chaudes” seront choisies. Selon cette logique, la partie occidentale du Sahara et le nord du pays demeureront à jamais inexplorés.

Tout comme vous favoriserez la propagation de la corruption car pour obtenir une de ces parcelles certains sont prêts à verser des pots-de-vin. Et, ils trouveront malheureusement preneur. Les heureux élus utiliseront les informations qu’ils auront récoltées comme bon leur semblera : pour éliminer les concurrents, surtout ceux qui pourraient faire de meilleurs offres que les leurs, pour les revendre à prix d’or, s’ils le veulent, etc. Ceci en sus du fait que se lancer dans une telle surenchère avec d’autres producteurs n’est pas la meilleure façon de resserrer les rangs de l’OPEP. 

On ne sait toujours rien de précis au sujet du rachat par Total à Occidental Petroleum (Oxy) des actifs d’Anadarko en Algérie. Le ministre de l’Énergie avait d’abord annoncé, il y a quelques temps, que l’État allait exercer son droit de préemption et acquérir donc ces actifs. Puis, silence radio, si ce n’est de la langue de bois et des grands mots vides de sens, tels que “la volonté indéfectible de Sonatrach et Total … un partenariat pragmatique … etc, etc.” Il faut avoir à l’esprit qu’il s’agit du rachat par Total des blocks 404a et 208 et d’une participation de 24,5% dans le bassin de Berkine qui se rajouterait aux 12,25% que le groupe y détient déjà. Avec près de 37% de participation sur les champs de Hassi Berkine, Ourhoud et El Merk, Total devient un producteur majeur de pétrole algérien et acquiert le droit d’exploiter trois gisements, parmi les plus gros producteurs du pays, comme bon lui semblera. La presse nous dit que la transaction Total – Oxy aurait pris de court le gouvernement. Voilà donc une opération au cours de laquelle une firme pétrolière, Anadarko, présente en Algérie depuis plus d’une vingtaine d’années qui, par chance ou grâce à “l’assistance d’une âme bien intentionnée”, y avait décroché le gros lot, qui cède ces intérêts à une autre entreprise, laquelle les revend à Total, sans que l’État algérien ne soit au courant de quoi que ce soit. Incroyable ! Ce ne sont quand même pas des billes qui sont passées d’une main à une autre; il s’agit des gisements pétroliers les plus prolifiques du pays après Hassi Messaoud !

Ce n’est qu’une fois que l’opération a été pratiquement finalisée que le ministre de l’Énergie annonce que l’État exercera son droit de préemption avant de faire marche arrière. Nous ne devrions pas tarder à connaitre la vérité, mais il faut s’attendre au pire, car “on négocie”; or le droit de préemption ne se négocie pas. Pourquoi en est-on arrivé là ? Probablement parce qu’Anadarko, a usé de son droit de concessionnaire en vendant ce qu’elle considérait être sa propriété. Voilà le type de situation  auquel l’Algérie risque de faire souvent face à l’avenir si elle devait inclure le contrat de concession dans la nouvelle loi sur les hydrocarbures.

Penchons-nous maintenant sur le timing de ce remue-ménage. Grâce à la puissance du Hirak, il a été mis fin au règne du pire des présidents que l’Algérie ait eu, mais les méthodes et les hommes qu’il nous a légués sont toujours là. Nous vivons, depuis la nomination de Abdelmoumen Ould Kaddour, un remake des années Khelil; les grosses multinationales pétrolières sont entrain de reprendre en mains les richesses en hydrocarbures du pays, grâce à la complicité du régime. On parle, en effet, de la révision de la loi sur les hydrocarbures depuis que le prix du baril de pétrole a commencé à chuter en 2010/2011, une révision devenue brusquement urgente en 2019.

Les mafieux qui nous gouvernaient avaient constaté que la rente sur laquelle était bâti le régime était entrain de fondre. Puis la panique les avait saisi en novembre 2014 quand l’Arabie Saoudite avait imposé sa loi à tous les autres pays de l’OPEP. Ils avaient alors tenté la création d’une nouvelle rente, celle du gaz de schiste, mais ça n’a pas marché grâce à la résistance des valeureux habitants d’In Salah. L’inondation du marché par le pétrole de schiste américain, le coût de production élevé du baril de pétrole algérien et les dispositions catastrophiques de la loi laissée en héritage par Chakib Khelil, ont eu pour conséquence qu’aucun investisseur étranger n’était attiré par l’Algérie. C’est alors qu’on a ramené celui qui a fait de la prison pour intelligence avec une puissance étrangère Ould Kaddour et sa bague de Souleymane. Quelle solution lui a soufflée cette bague ? La même que celle de Khelil, brader le pétrole algérien, le céder aux majors à leurs conditions. 

D’où cette autre question qui me taraude, celle de savoir pourquoi une telle urgence ? Pourquoi vouloir aussi brusquement prendre une décision dont il est question depuis si longtemps ? Pourquoi chercher à imposer, dans les circonstances actuelles, une loi scélérate à un peuple qui ne cesse de dire depuis huit mois Yetnahaw gaa ? Il n’y a qu’une seule réponse à cette question : ce pouvoir, illégitime, veut profiter de cette période trouble pour imposer les desiderata de ses maitres. Ces avatars de Bouteflika ont bien retenu l’enseignement qu’il leur a prodigué : il faut écouter la voix de son maitre, une voix qui se trouve quelque part entre Washington et Paris. Ils veulent aussi donner l’illusion au peuple – et probablement à eux-mêmes – que le pays va bien, que l’argent rentre dans les caisses de l’État. Je ne cesserai de répéter qu’il n’appartient pas à un président, intérimaire de surcroit, malade, incompétent, totalement éteint, qui s’est retrouvé par un concours de circonstances à la tête de l’Algérie, obéissant au doigt et à l’oeil à un général, tout aussi incompétent que lui, tout aussi illégitime que lui et obnubilé par des règlements de comptes qui le guident dans toutes ses actions, je ne cesserai donc de répéter qu’il n’appartient ni à l’un, ni à l’autre de prendre une décision qui engage l’avenir de plusieurs générations d’Algériens. Il faudra demain, une fois que le peuple aura arraché son indépendance des mains de cette camarilla,  graver cela dans le marbre; il faudra qu’il soit dit dans la constitution que les hydrocarbures sont la propriété du peuple et qu’aucun président, aussi compétent et intègre qu’il puisse être, ne peut prendre seul une quelconque décision dans ce domaine.    

On nous fournit par ailleurs une masse de chiffres pour nous convaincre de la nécessité pour Sonatrach de recourir systématiquement au partenariat étranger pour le développement de ses activités, un choix qu’elle qualifie de stratégique. Travailler en partenariat avec une firme, qui dans tous les cas de figures ne peut être qu’étrangère, c’est bien, mais il faut faire du cas par cas. Ce qui est grave dans cette option, c’est qu’elle confirme que l’on ne peut rien faire dans le secteur pétrolier sans le recours à l’étranger. Si l’on résume, nous ne sommes, en effet, pas en mesure de faire notre loi sur les hydrocarbures sans l’assistance de l’étranger. Tout comme nous n’avons pas les capacités pour évaluer notre potentiel pétrolier, nous devons faire appel à Exxon-Mobil, Total et tutti quanti. Nous ne sommes pas capables non plus d’exploiter nos ressources pétrolières sans une intervention de l’étranger. Que faut-il penser de tout cela ? Hé, ho ! Nous ne sommes pas à la date de la création de Sonatrach, nous sommes en 2019, 56 ans après. Veut-on nous faire croire qu’il n’y a que des bras cassés au sein de l’entreprise nationale ? Il est vrai que les bons ont été chassés ou marginalisés par Khelil, mais il en reste encore très probablement. Il faut tout simplement leur faire confiance.

Je terminerai mon propos en disant qu’il faut croire en le génie du peuple. Ce n’était hélas pas la politique de Bouteflika qui voulait faire des Algériens des assistés permanents; il fallait leur faire comprendre qu’ils devaient la satisfaction de tous leurs besoins au régime, c’est-à-dire à lui. Mais Bouteflika n’aimait pas son peuple. Son ego démesuré, le complexe de supériorité qui l’habitait faisaient qu’il a toujours considéré ses compatriotes comme des sous-hommes. Il l’a d’ailleurs dit lors d’un de ses discours aux citoyens présents : “J’ai  toujours pensé que vous étiez des géants, mais vous n’êtes que des nains”; il a également interpellé ses comparses au sein du pouvoir, les généraux, en ces termes : “Je pensais que vous étiez des lions, alors que vous n’êtes que des petits chats.”

Bouteflika est parti, mais ses hommes sont encore là. C’est cela aussi le grand changement que nous apportera le Hirak; il chassera l’état d’esprit que Bouteflika a cherché à inculquer aux Algériens, qui prévaut toujours chez Gaïd Salah et ceux qui l’entourent, celui d’en faire une masse amorphe d’individus qui ne réfléchit pas, qui doit exécuter tout ce que lui concoctent quelques gradés au fond d’une caserne et qui leur doit tout, y compris sa survie.

H. M.

(*) Une contribution publiée par le Matin d’Algérie.

Notes

1/ L’UGTA avait, dans une première phase, menacé de déclencher une grève illimitée si la loi était adoptée. Voir par ailleurs “Réflexions sur l’avant-projet de loi sur les hydrocarbures”, Hocine Malti, Le Quotidien d’Oran, 24/26 novembre 2002.

2/ Chakib Khelil avait déjà adopté la même tactique en 2002, faisant passer la loi qu’il avait faite élaborer par un bureau d’études américain pour un avant-projet seulement.

3/ Voir “Assiste-t-on à un remake de la période Khelil”, Hocine Malti, Algeria Watch, Le quotidien d’Algérie et le blog de l’auteur sur Mediapart, le 8 avril 2019.

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Loi sur les hydrocarbures : les 3 types de contrat retenus

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Le ministre de l’Energie, Mohamed Arkab, a indiqué ce lundi 7 octobre à Alger que les amendements proposés dans le cadre du projet de loi sur les hydrocarbures prévoyaient trois (3) types de contrats pétroliers et la simplification du système fiscal.

A une question de l’APS sur la teneur du projet de loi sur les hydrocarbures approuvé récemment par le Gouvernement, en marge des travaux de Conférence nationale sur les enjeux de l’adhésion de l’Algérie à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), M. Arkab a fait savoir que trois (3) types de contrats pétroliers avaient été retenus dans le volet partenariat.

Il s’agit du « contrat de concession », du « contrat de services à risques » et du « contrat de partage de production » en vigueur dans les grandes compagnies pétrolières et gazières, a précisé le ministre.

« Nous avons retenu trois types de contrats pétroliers dans le projet de loi sur les hydrocarbures en vue d’attirer un maximum d’investisseurs étrangers, lesquels se sont réjouis de cette démarche », a affirmé le ministre.

« Les partenaires étrangers dont nous avons écouté les préoccupations ont assuré que la règle des 51/49% (règle régissant l’investissement étranger en Algérie) ne constituait pas une entrave et c’est pourquoi nous l’avons maintenue », a poursuivi M. Arkab.

Quatre types d’impôts retenus

Le ministre a, par ailleurs, précisé que les amendements prévus dans le projet de loi sur les hydrocarbures concernaient également le système fiscal qui « n’est pas claire dans la loi en vigueur », a-t-il ajouté.

Quatre (4) types d’impôts ont ainsi été retenus pour préserver les recettes de l’Etat et simplifier le système fiscal afin d’éviter qu’il n’y ait des changements chaque année au grand dam des investisseurs, a-t-il dit.

Evoquant les motifs de la révision de la loi sur les hydrocarbures, le ministre de l’Energie a indiqué que « l’activité des hydrocarbures connait une importante évolution de par le monde, et l’Algérie ne saurait demeurer en reste ».

Cette activité requiert des mécanismes avancés et une coopération avec des sociétés détentrices de technologies de pointe, a-t-il soutenu, faisant savoir que « même si la superficie du parc national minier est de 1,5 million km², seulement 40% de cet espace global est exploité actuellement ».

« Pour développer ce domaine, nous avons besoin de l’accompagnement de partenaires étrangers pour poursuivre, voire promouvoir notre production », a-t-il poursuivi.

A ce propos, le ministre a mis en valeur l’impératif de développer la production des hydrocarbures compte tenu de la demande nationale croissante à hauteur de 7% par an en matière de gaz et de matières pétrolières, une demande que l’offre doit suffire à couvrir.

Parmi les raisons de la révision de cette loi, M. Arkab a cité également le « faible » taux d’explorations menées par l’Algérie ces dernières années face à l’objectif assigné.

Plus explicite, il a fait savoir que « sur les 67 régions du Sud ayant fait l’objet d’un appel d’offre, seulement 19 propositions ont été soumises depuis 2005, et 13 contrats signés à cette année ».

« Nous avons discuté avec les grandes compagnies classées parmi les cinq (5) meilleures compagnies dans le monde, et nous avons pu relever deux aspects à améliorer dans l’actuelle loi sur les hydrocarbures, à savoir le cadre réglementaire et le système fiscal ».

Source : aps

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Pour l’économiste Boukhari, « le recours à la l’endettement extérieur n’est pas un danger » !

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Le recours à l’endettement extérieur ne constituera aucun danger sur l’économie de l’Algérie, pour peu que soient respectées les conditions annoncées au préalable, notamment le ciblage des projets économiquement rentables, a affirmé ce dimanche 6 octobre à Alger l’économiste, Mohamed Boukhari.

Invité du Forum d’El Moudjahid, M. Boukhari a précisé que « le Gouvernement a choisi de recourir à la meilleure solution possible qui soit pour financer le déficit budgétaire, à savoir l’endettement extérieur », ajoutant que « l’endettement extérieur ne saurait constituer un danger sur l’économie, s’il se fait dans le respect des modalités et conditions présentées par le ministre des Finances dans son entretien à l’APS« .

L’endettement extérieur ne concernera que certains projets sélectionnés à caractère économique et non social, a-t-il expliqué, ajoutant que « ces projets doivent être structurés et impacter positivement l’économie nationale ».

Pour ce faire, poursuit M. Boukhari, une commission composée de représentants des départements ministériels et d’experts de la Banque d’Algérie (BA) et des banques commerciales sera mise sur pied afin de procéder à la sélection des projets concernés après examen des études y afférentes, avant de les soumettre aux instances internationales spécialisées dans le financement du développement.

Ces dernières n’approuvent les projets qu’une fois leur rentabilité économique avérée.

De ce fait, les projets qui bénéficieront d’un financement extérieur seront « étudiés de manière complémentaire et conformément aux standards internationaux », donc économiquement rentables et ne constituant aucun danger, a fait savoir l’expert.

Ce type d’endettement extérieur diffère totalement de l’endettement auprès du FMI qui exige d’un pays d’opérer des réformes structurelles avant d’accorder tout prêt pour pallier le déficit budgétaire, en cas d’impossibilité de trouver des ressources financières alternatives.

M. Boukhari a cependant émis plusieurs réserves concernant l’endettement extérieur consistant, essentiellement, en le recours par le Gouvernement dans le cadre du budget de 2020 à la baisse de 39,7% des dépenses d’équipements en termes de valeur des autorisations de programmes, soit la réduction du nombre de projets rentables qui augmenteraient la capacité de l’économie nationale à supporter la dette.

Il a également déploré la capacité d’absorption « insuffisante » des financements qui caractérise l’économie nationale depuis des années, en témoignent le volume élevé des affectations non consommées, le recours à la main d’œuvre étrangère et le chômage structurel (des emplois vacants en dépit du nombre d’employés théoriquement suffisant, du fait du manque de qualification) ».

Selon le même expert, l’endettement extérieur interviendrait après que les gouvernements successifs en Algérie ont recouru à une série de solutions n’ayant pas abouti au règlement de la problématique du déficit budgétaire.

Evoquant, à ce propos, l’emprunt obligataire qui a pu garantir près de 5 mds de dollars, l’économiste a fait savoir que ce dernier était à l’origine de plusieurs entraves dont le manque de liquidité.

S’agissant du financement non conventionnel, M. Boukhari a indiqué qu’il s’agissait d' »un bon outil de financement interne, mais il a dépassé les quotas requis » en atteignant les 50 mds de dollars.

Contrairement à l’endettement extérieur, ces solutions de financement ont été destinées à des « projets pas assez étudiés et réévalués à plusieurs reprises ou encore à d’autres projets surfacturés ».

L’Algérie se dirige actuellement vers l’adoption d’une série de solutions y compris l’endettement extérieur selon des critères biens définis afin d’attirer l’investissement étranger à travers la limitation de la règle 51/49% qui ne concernera désormais que les projets stratégiques.

Cette nouvelle approche intervient dans le cadre d’un climat politique ne permettant pas d’opérer des réformes économiques profondes, a-t-il expliqué, appelant à ce que le prochain programme présidentiel soit une occasion pour le lancement d’un dialogue sur la réforme fiscale et l’absorption de l’économie parallèle.

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