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Présidentielle : le pari suicidaire de Gaïd Salah

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Le chef d’état-major de l’armée algérienne, le général major Ahmed Gaïd Salah, a jugé « opportun de convoquer le corps électoral le 15 du mois de septembre » pour « que les élections puissent se tenir dans les délais fixés par la loi ». « Des délais raisonnables et acceptables qui répondent à une revendication populaire insistante », croit-il utile d’argumenter.

Organiser une présidentielle dans ces conditions, c’est le pari suicidaire engagé par Gaïd Salah qui semble avoir perdu toute faculté de discernement.

Pourtant tout indique qu’il est impossible de tenir cette consultation électorale en décembre dans ces conditions de révolte populaire.

Les champs politique et médiatique nécessaires à la confrontation des diverses projets des candidats sont fermés depuis des lustres, rendant les joutes électorales sans intérêts populaires.

Les conditions politiques mais aussi sociales nécessaires à une compétition loyale entre les prétendants à la magistrature suprême étant absentes, le contexte de désobéissance civile a fini par disqualifier le système et ses modes de reproduction.

Le peuple est dans la rue depuis plus de 6 mois, réclamant un changement profond de l’ordre des choses. Sa détermination a mis en échec le projet ignoble de 5e mandat de Bouteflika, la prolongation de sa mandature et la présidentielle imposée du 4 juillet. On ne peut tenir une élection sans l’électorat qu’est le peuple.

Le gouvernement impopulaire de Bedoui est assiégé depuis des mois par une population en furie qui exige sa démission. Aucun ministre ne peut sortir sur le terrain, sans courir le risque d’essuyer les foudres des populations en colère.

Dans ces conditions, on voit mal comment Gaid Salah espère tenir cette présidentielle et réussir son pari. Qui osera se porter candidat ? Qui prendra le risque de faire campagne en allant à la rencontre des populations locales ? Qui ira voter le jour J ? Comment truquer les résultats en inventant des scènes d’engouement populaire qu’il va falloir filmer quelque part ? Encore faut-il venir à bout de la détermination et de la mobilisation populaires des vendredi et mardi.

Echaudé par les diverses expériences de fraude électorale et blasé par les promesses non tenues d’une Algérie meilleure, le peuple refuse de cautionner un processus électoral qu’il sait perfide. « Makach intikhabat maa el issabat », ne cesse-t-on de clamer depuis des mois. Le peuple ne veut pas de présidentielle.

Le bon sens indique que quand le lien de confiance entre les gouvernants et les gouvernés est rompu, ce sont les règles du jeu et le contrat social qu’il faut renégocier pour redéfinir l’espace politique et institutionnel du vivre ensemble.

Une situation de crise profonde qui exige un processus constituant souverain pour redonner confiance au peuple. C’est ce que ne cessent d’expliquer les partis politiques, les universitaires, les intellectuels et les personnalités nationales que Gaid Salah vient d’incriminer dans son discours de ce lundi 2 septembre.

Alors que certains espéraient des mesures d’apaisement, à commencer par la libération des détenus d’opinion, et le départ du gouvernement Bedoui, voilà que l’on doit craindre le pire pour les partis politiques, les militants, les intellectuels et journalistes opposés au dialogue, version Gaïd Salah qui s’amuse à défier le peuple.

C’est un pari suicidaire que vient de prendre le chef d’état-major de l’armée, le général-major Gaïd Salah, en s’obstinant à organiser une présidentielle sans le peuple et contre la volonté populaire.

M. FENZI

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