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Politique

Algérie : présidentielle ou Assemblée constituante ?

La Rédaction

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Nous reproduisons ci-dessous l’éditorial de « Minbar El Oumal » (Tribune des travailleurs, n°31 du 28 août), une publication du Comité d’Organisation des Socialistes Internationalistes d’Algérie (COSI).

« La voie à suivre : présidentielle ou Assemblée constituante souveraine ? Tourner le dos au mouvement populaire ou lui rester fidèle ? »

Jamais, depuis l’ouverture de la crise révolutionnaire, il y a un peu plus de six mois, la situation politique n’était apparue avec autant de clarté. Elle se résume à deux voies possibles. La préparation, l’organisation et la tenue de l’élection présidentielle dans les meilleurs délais, comme l’exige le chef d’état-major «car, dit il, c’est la seule qui respecte la Constitution et puis le temps est compté», et la convocation et l’élection de l’Assemblée constituante souveraine qui seule prend en charge les aspirations profondes des masses réitérées à chaque marche et manifestation depuis le 22 février : « système dégage », « la parole au peuple » et  « non au dialogue avec la mafia ».

Plus le peuple tout entier montre la porte de sortie à toutes les institutions issues du régime, le président intérimaire, le gouvernement Bédoui, l’Assemblée populaire nationale, le Conseil de la nation et le Conseil constitutionnel, plus l’homme fort du système insiste, comme si de rien n’était, sur la seule validité de sa feuille de route.

L’homme est-il si puissant ? Et le régime qu’il représente a-t-il résorbé sa crise qu’il soit aujourd’hui en ordre de bataille face à ses millions d’Algériennes et d’Algériens toujours mobilisés et déterminés ?    

La réponse à toutes ces questions tient en une seule phrase. La force du chef d’état-major et du régime toujours en crise est directement liée au rôle joué par les trois alliances (forum pour le changement, forum de la société civile, et forces de l’alternative démocratique) en tant qu’obstacle dans la marche indépendante des masses.

Parmi ces forces désormais coordonnées par un comité de liaison se trouve des associations et des partis anciennement  partie prenant du système. Ils sont dans leur logique politique. Mais il y a aussi des associations, des organisations  syndicales et des partis se réclamant  des travailleurs et pour certains d’entre eux de la révolution prolétarienne. Ceux là tournent le dos au mouvement populaire en n’’étant pas fidèles à ses aspirations « non au dialogue », « système dégage » et « le pouvoir au peuple ». Certains notamment la CSA prennent en charge la feuille de route du sauvetage du régime avec une détermination inouïe.

A tous ceux-là parce qu’ils parlent au nom des travailleurs il doit être exigé de rompre avec le régime, la bourgeoisie, l’impérialisme et leurs avocats. Il doit leur être exigé de réaliser l’unité autour des aspirations démocratiques et sociales des travailleurs, des jeunes, des étudiants et des couches paupérisées des villes et des campagnes.

C’est cette voie qui a fait démissionner Abdelaziz Bouteflika, annuler les élections présidentielles du 4 juillet, et envoyer en détention les oligarques-prédateurs.

Pour le Comité d’Organisation des Socialistes Internationalistes (COSI), cette voie est la seule qui peut réaliser toutes les aspirations du Hirak.

Dans ce cadre nous nous battrons pour que :

  • Sans attendre « le comité pour la réappropriation de l’UGTA par les travailleurs » lance le processus d’organisation,  par la base, du congrès extraordinaire de l’UGTA dans la voie d’une centrale syndicale indépendante unitaire et démocratique, 
  •  la CSA et « le comité pour la réappropriation de l’UGTA par les travailleurs » lancent un appel à la constitution de comités populaires dans les usines, les universités et les quartiers et pour que leurs délégués se coordonne à tous les niveaux – communes, wilayas et au niveau national dans l’assemblée nationale des délégués,
  •  pour qu’ils  lancent  un appel  à la grève générale pour en finir avec le régime et la satisfaction de toutes les revendications démocratiques et sociales, et pour la convocation de l’élection de l’Assemblée constituante souveraine,
  • Pour qu’ils revendiquent pour eux-mêmes au nom des travailleurs de former le gouvernement  des travailleurs « un gouvernement  CSA, comité de réappropriation de l’UGTA par les travailleurs »  constitué autour d’une plate forme d’actions  s’attaquant à toutes les racines nationales et internationales de l’exploitation de l’homme par l’homme.

Le 24 août, c’est tenue l’assemblée générale des citoyens de Bgayet. Elle a adopté un manifeste pour revendiquer explicitement l’Assemblée constituante souveraine et la satisfaction de toutes les revendications démocratiques et sociales. Elle s’est tenue le jour même où se réunissaient les composantes des trois alliances à l’exception du MDS, du PLD et  du PST. La première a répondu positivement au mouvement populaire et la seconde lui a tourné le dos lui préférant de mettre en œuvre les oukases du régime et de son nouveau Bouteflika. Entre ces deux options, les militants ouvriers devront choisir. Et choisir rapidement. La fidélité à la classe ouvrière et aux masses populaires n’a pas de prix.

Abdelkader Bentaleb

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