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Chronique

Tunisie : après Ben Ali

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Un débat commence à s’installer dans les esprits. Doucement, mais sûrement la réalité se fraie un chemin au fur et à mesure que se dissipe le visage de Ben Ali et le spectre honni de sa dictature.

Ils n’en avaient peut-être pas conscience ces damnés de la terre tunisienne, mais ce qu’ils voulaient, par dessus tout, c’était d’en découdre avec un système inique, dont Ben Ali exécutait les directives à la lettre. Le dictateur cachait à la perfection l’autre dictature. Il le disait même, sans que cela se dévoile, dans un langage codé.

En résumé, c’était « la liberté » contre « la prospérité ». La méthode se voulait sans alternative.

Parce que la « liberté » est incompatible avec les remèdes du Fonds monétaire international (FMI), de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et autres institutions tout aussi prolixes en directives. Cette expression de la dictature réelle qui animait celui qui n’était que son zélé serviteur, qui servait, en passant, son clan.

Il a si bien travaillé qu’au bout de ses vingt ans de règne, la Tunisie en est devenu exsangue, sauf pour la minorité nécessaire au maintien de l’illusion de la souveraineté nationale et à l‘encadrement du pays, et la direction nationaliste désarticulée et éliminée.

Dès son arrivée au pouvoir en novembre 1987, en déposant Bourguiba, Ben Ali signe un accord avec le FMI et un autre de libre-échange avec l’Union européenne et lance, dans la foulée, un vaste programme de privatisation. Une aubaine pour les investisseurs auxquels on offrait une main d’œuvre, parmi les moins chères du monde. Grâce, bien sûr, à un volant de chômage approprié et à une poigne de fer pour mater les conflits sociaux.

Cela ne pouvait durer éternellement, lorsque on pousse un peuple au désespoir, parce qu’il y a des seuils au-delà desquels la peur ne peut contenir la révolte.

Réduit au stade de la survie, les exclus suivis des instruments du « miracle » économique ont explosé à la première étincelle. Au bout de l’effort, ils sentent déjà que la chute du symbole de leur souffrance n’a pas tout réglé.

Confusément, ils appréhendent le maintien de l’ordre contre lequel ils se sont insurgés. C’est pour cela qu’ils sont passés des cris de colère aux revendications des droits dont ils étaient spoliés. La grande presse n’en parle pas. Elle n’étale que la « démocratie » conquise et tartine sur la « contagion » de l’exemple, dans la région.

Elle oublie, seulement, que là-bas aussi on observe comment on peut inverser les choses.

L’Afrique et le Tiers-monde peuvent, de même et surtout, servir de référents aux damnés du nord, qui régulièrement donnent leurs voix à ceux qui invariablement les pressurent, conformément à la même doctrine qui fait son œuvre au sud.

Victimes d’une dictature moins visible, démocratisée et plus efficace, enveloppée dans les charmes des libertés publiques, les mécontents peuvent apprendre très vite que rien n’est fatal. Ils peuvent se rendre compte qu’ils vivent dans le mensonge le plus cynique et dans l’illusion, aussi élaborée soit-elle. Voteront-ils toujours de la même façon ? Et au cas où ils tourneraient radicalement le dos aux « majorités » qui les roulent depuis si longtemps dans la farine, il n’est pas sûr que la « démocratie » soit toujours de mise.

Un avant-goût : très loin, au-delà des mers, le Venezuela qui joue pleinement le jeu des urnes n’entre pas du tout dans les grâces

Ahmed Halfaoui

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Ahmed Gaïd Salah (AGS), seul contre le peuple

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Pour tout dictateur en herbe, se substituer au peuple est un exercice coutumier. AGS (Ahmed Gaïd Salah) croit avec un entêtement rare que les Algériens qui l’abhorrent, lui et sa «bande», n’attendent, béatement, que l’avènement de ce qu’il considère comme une bénédiction.

En attendant ce jour, AGS s’attelle à mettre à l’abri biens et famille avant que ne sonne, pour lui aussi, l’heure de la retraite fatidique. La retraite ? Voilà un mot qu’il a dû, dans un réflexe de survie au milieu d’une meute de loups sans clémence pour les plus faibles, bannir de son vocabulaire. Tout comme il lutte, avec la dernière énergie, contre les signes, de plus en plus voyants, d’un grand vieillissement. Comment ne pas croire que certaines de ses décisions prises pour tenter d’enrayer la marche inexorable vers la liberté ne trahissent pas en vérité un état de sénescence avancée ? Reprendre des recettes usées jusqu’à la corde – monter le reste de l’Algérie contre le «réduit» kabyle notamment, relève de la cécité, de la surdité, de la sénilité tout court…

AGS, tel un pachyderme souffrant de la promiscuité, lance des ruades à vue. Il fait emprisonner des figures connues du Hirak, sans que cela ne l’affaiblisse, et fait donner de la troupe contre des étudiants sans défense autre que celle de l’amour immodéré de leur chère Algérie. Les bras armés de son pouvoir, police et gendarmerie obéissant singulièrement au maître nouveau, se déchaînent contre la future élite du pays et protègent, dans le même temps, les avoirs et la progéniture du gros de la «bande». Sinon comment expliquer qu’au pénitencier d’El-Harrach, les cellules VIP ne recueillent qu’à la marge corrompus et corruption ?!

L’essentiel de l’armée de ripoux qui persiste à empoisonner la vie des Algériens, fait prospérer ses affaires qui ne manqueront pas de connaître un bel essor après l’adoption de la nouvelle loi sur les hydrocarbures. Mais, les marées de marcheurs du mardi et du vendredi rappellent au dictateur en herbe que la vie n’est pas une partie de méchoui tranquille…

Saïd Kaced

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La liberté d’expression en uniforme

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Que Erdogan soit d’une ambiguïté totale quand à son attitude à l’égard de la Syrie, de la Russie, de l’Europe, des pétromonarchie, du Qatar (qui le soutient), des Etats-Unis et même de l’Algérie en modifiant les conditions de délivrance de visa, cela ne fait aucun doute.

S’agit-il d’un homme versatile qui n’a que la défense de son pays pour credo ? S’agit-il d’un homme de paille que les Etats-Unis utilisent pour leur sale besogne ? S’agit-il d’un régime en voie de basculement côté russe (après tout il vient de leur acheter des missiles dernier cri, des S400, contre l’avis de Washington et néanmoins maintient sa volonté d’acquérir des F35).

Il se joue à Ankara une partie de poker menteur sur plusieurs échiquiers et l’observateur innocent que je suis a du mal à distinguer le jeu qui s’y joue et les différents acteurs qui gravitent autour du pétrole, de la géostratégie des circuits maritimes commerciaux, de la nouvelle confrontation est-ouest, de la domination judaïsée de la Palestine et de biens d’autres sujets dont la région a le secret et qui font son malheurs depuis la fin du XIXème siècle, pour ne s’en tenir qu’à la Question d’Orient et sans remonter aux Croisades.

Au lieu de tenter d’éclairer les opinions publiques, car telle devrait être la vocation des médias en régime libéral capitaliste, pour leur permettre de se faire une idée et de faire un choix, notamment à la faveur des élections dans des Etats de droit, les poussent crayon sont tous « embedded », poussent tous dans la même direction, se mettent en uniformes et marchent « en totale liberté » au pas et certains au pas de l’oie.

Comme on peut le lire et le constater dans les titres des différents médias, nulle nuance, nul doute, nulle critique… ne trouble un paysage médiatico-politique monocolore qui n’a qu’un seul objet : tirer sur la Turquie d’Erdogan à boulets rouges.

Lorsque certains de nos compatriotes épris de liberté d’expression, ployant sous les chaînes pesantes et écrasantes du totalitarisme auraient envie de se demander où chercher et trouver un modèle digne de guider leurs pensées et leurs pas, de grâce, qu’ils oublient ce modèle merveilleux de transparence, de diversité, de contradictions créatives qui se déploie comme une chape de plomb sur nos voisins septentrionaux et qui se posent « depuis des temps immémoriaux » (mais si courts dans l’histoire du monde) en double-décimètre incomparable de tout ce qui tient lieu de civilité, de sociabilité et d’Etat de droit et de libertés.

Ce n’est évidemment pas à ceux qui ont les genoux et les neurones irréversiblement crottés que je m’adresse.

Djeha

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Ahmed Gaïd Salah (AGS) dans le gotha des dictateurs

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Après avoir servilement servi Bouteflika, puis déjoué un «complot» ourdi contre lui par l’autre versant de la «bande», Ahmed Gaïd Salah dit AGS peaufine, de mardi en vendredi, sa stature nouvelle de dictateur.

Il ne passe plus désormais par les deux faire-valoir, Bedoui et Bensalah, qui devaient servir de façade civile à ses ambitions hégémoniques. N’était-ce son âge canonique, le vice-ministre de la Défense aurait carrément proposé sa candidature à la prochaine présidentielle comme le laissaient présager ses quelques apparitions en costume-cravate devant des parterres de louangeurs triés sur le volet.

Dans une contrée habituée aux prompts retournements de vestes, une armée de nouveaux zélateurs invertébrés a déjà fait allégeance au dictateur nouveau. Ce dernier, faisant fi de la révolte populaire qui fait trembler les murs du sérail, use et abuse de sa position dominante en mettant aux fers des marcheurs et des opposants pacifiques par brassées entières.

AGS le dictateur, tel un éléphant dans un magasin de porcelaine, éructe et brandit le glaive au-dessus d’un mouvement pacifique qu’il ne désespère pas d’entraîner vers une dérive violente afin de pouvoir pratiquer le seul exercice qu’il maîtrise avec ses pairs de la «issaba» : la guerre contre le peuple !

Telle une armée mexicaine, le haut-commandement de l’ANP sur lequel se vautre AGS regorge de généraux-majors avec zéro titres de gloire et qui ne collectionnent, en guise de victoires significatives sur d’improbables champs de bataille, que de sinistres breloques : répression du maquis du FFS en 1963, des manifestations «de la semoule» en octobre 1988 ou du Printemps noir de Kabylie en 2001.

Puisque les dictateurs finissent immanquablement à la poubelle de l’Histoire, AGS et sa garde prétorienne, formée de prédateurs sanguinaires, devront expliquer devant les juridictions nationales ou internationales comment ils ont colonisé outrageusement un pays libéré par de valeureux combattants et pourquoi ils ont éliminé, par l’exil ou le cercueil, d’authentiques patriotes.

Un jour, ils seront jugés et condamnés, même à titre posthume, et ils seront hantés à jamais par les âmes valeureuses des Krim, Mecili, Boudiaf, Chaabani,…

Impossible ? Souviens-toi AGS du sort funeste réservé aux Ceaucescu, Franco, Saddam, et plus près de toi Kadhafi, Ben Ali…

Saïd Kaced

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