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Chronique

Retour de foi

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On est loin de la rigueur du Robâ el Khali d’hier aux soirées chaudes et colorées de Djeddah d’aujourd’hui. Au départ, Abdelaziz ibn Abderrahman ibn Fayçal et ainsi de suite.

Abdelaziz, avec une dizaine de compagnons qui lui prêtèrent serment de fidélité éternelle, préparait le destin de sa dynastie dans les feux de l’un des plus terribles des déserts du monde, le Rob’e el Khali ou « le quart invivable ».

Il n’était pas sûr de sa réussite, mais en ce temps là une lignée bédouine royale n’avait pas d’autre choix, pour conserver sa dignité, que de vaincre ou de périr.

En ce début de siècle, il n’y avait pas de « communauté internationale », ni d’ONU, ni de droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

La France et la Grande Bretagne se partageaient encore le monde et se disputaient la dépouille de l’empire Ottoman. L’Arabie ne les intéressait pas encore, le pétrole n’avait pas encore jailli.

Alors, c’était à qui des tribus pouvait s’emparer du territoire de l’autre et elles pouvaient s’entredéchirer sans déranger le moins du monde quelqu’un. Abdelaziz pouvait y aller, c’était dans l’ordre des choses.

Son programme : la réunification de l’arabie, sous sa tente, et la restitution à l’Islam sa pureté originelle, d’avant son expansion. Il réussit dans un temps assez court à le réaliser.

En chemin, lui et ses descendants découvrent les puissances qui régentent la vie des nations et tissent avec elles les liens qui vont préserver leur royaume, qui flotte sur le pétrole qui va leur permettre d’autres ambitions. Parmi celles-ci, la propagation de la doctrine de leur aïeul Abdelwahhab.

Abdelaziz a eu trente-deux épouses qui lui donnèrent cinquante-trois fils, qui se succèdent depuis sur le trône d’une Arabie devenue Saoudite et la dynastie a survécu à toutes les secousses qui ont ébranlé la Région. Bien plus, le wahhabisme a déferlé sur la planète et a reconfiguré les rapports de forces qui l’animaient. Sous toutes les latitudes il se manifeste et détermine le comportement de millions de personnes, soit en tant que mode de vie, soit en tant qu’étendard guerrier.

Mais, cependant, au sein du royaume conquis de haute lutte, la pureté, louée à l’entour et recommandée à coups de milliards de dollars à travers de gigantesques réseaux de prédicateurs, ne fait plus recette. Il y a besoin de la répression pour diriger vers les mosquées les hésitants et pour brider toute velléité impie.

Une poussée irrépressible soulève le couvercle de l’inquisition, qui commence à lâcher prise devant le nombre croissant des écarts de conduite.

Des femmes manifestent, la contrebande d’alcool et de stupéfiants fleurit, des princes défraient la chronique en se mettant à la tête d’empires télévisuels satellisés qui diffusent les images de femmes dénudées dans des films sacrilèges, le roi inaugure une université où se mélangent les hommes et les femmes et où les femmes ne portent pas de voile et bien d’autres impiétés mortelles qui ne laissent plus grand-chose de la rigoureuse religiosité qui a forgé la détermination du père fondateur.

On dit que c’est à cause de la richesse qui corrompt les âmes, d’Internet qui met les femmes en contact avec les hommes, sans surveillance, des télévisions dépravant la jeunesse, mais les faits sont là qui feront peut-être que le point de départ du puritanisme le plus meurtrier du siècle en soit le point d’effondrement.

Ahmed Halfaoui

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Chronique

A vos ordres, mon général !

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Dans tout bon polar, vous y verrez, inévitablement, la scène de l’interrogatoire où se relaient, au chevet du suspect, deux policiers aux profils différents : le bon et le méchant. Les nouveaux équarrisseurs se comportent ainsi en prévision de la présidentielle à la sauce AGS.

Depuis hier, la constitutionnaliste de service, puisqu’il faut de tout pour former un panel crédible de thuriféraires, Fatiha Benabbou nous apprend, sous l’air de l’alarme stridente, que l’armée abrite en son sein de grands gentils, tel AGS, et de vils méchants, capables de mettre le feu au pays. Ces derniers, toujours selon les dires de notre bonne samaritaine, seraient par l’odeur du sang alléchés et prompts à sévir durement. Si nous ne savions pas raison garder, en ne ralliant pas en masses drues les centres de vote le jour fixé par le bon généralissime, les « faucons » prendraient le relais pour nous dicter, par le fer, la voie à suivre derechef. Sombres perspectives…

Tant de sollicitude déclencherait de l’émoi – des tombereaux de vifs remerciements s’amoncelleraient aux pieds de notre fervente panéliste, si nous ne vivions pas une étape cruciale pour le devenir de notre chère Algérie.

Depuis trente semaines, les Algériens, tous âges et catégories sociales confondus, battent le pavé, mardi et vendredi, pour dire tout le mal qu’ils pensent d’un système mafieux, tueur d’espérances. Une « bande », dont seule une infime partie écume les quartiers VIP de quelques pénitenciers, qui règle encore, au pas cadencé, le sort d’un pays promis à un extraordinaire devenir au sortir d’une longue et tragique colonisation.

Un par un, les panélistes désormais émancipés, et bombardés grands huissiers d’une redoutable consultation populaire par le maître du moment, viendront, par vagues successives, prêcher la bonne parole électoraliste concoctée, autour d’un méchoui, sur quelque monticule de la capitale. Cela reste une énigme sous toutes les latitudes : comment des universitaires peuvent-ils se mettre au service, le doigt sur la couture du pantalon, de militaires incultes et sanguinaires ? Comment faire croire au bon peuple qu’AGS est le gentil général ?!

Saïd Kaced

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En route vers la dictature

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Ça commence à se mettre en place au centre, là-bas, et la périphérie, chez nous, n’est pas en reste.

La crise du capitalisme n’a pas fini son œuvre. Les offensives contre les acquis économiques et politiques des peuples ne font que commencer et ont permis de jeter le doute sur la légitimité de certains droits, considérés jusque-là comme intouchables.

Une reconfiguration fondamentale des sociétés est en cours. Nous ne sommes pas encore au coup de grâce final, cependant les prémices se précisent.

Quand le banquier étatsunien, JPMorgan Chase veut que soit abrogée la démocratie en Europe, il est moins hypocrite que ses dirigeants actuels qui se sont déjà mis au service des banques et qui ne se soucient plus du tout de ceux qui les ont portés au pouvoir. Fort de sa franchise, il les appelle à assumer politiquement les « réformes » qu’ils ont mises en œuvre. C’est qu’il a raison, quand on sait que sans un verrouillage des espaces d’expression publique, un immense quiproquo continuera de grever les relations gouvernants-gouvernés.

La contradiction entre les textes fondateurs des régimes en place et les politiques qui s’en démarquent ne pourra pas tenir longtemps. Le banquier le sait, il a eu besoin d’une étude pour produire ses conclusions, mais la réalité aurait pu suffire à le convaincre que les mouvements sociaux risquent fort de mettre à bas des gouvernements pusillanimes. Pour lui, et dans la logique des choses, il faut immédiatement prendre les devants en sortant la matraque. Il faut dire que chez lui, aux Usa, il n’y a pas de souci à se faire. Le régime étatsunien a paré à toute éventualité.

Là-bas, ceux qui croient faire office de citoyens n’ont pas voix au chapitre et n’ont jamais élu qui que ce soit de la façon dont cela se passe ailleurs. Entre lobbies et décideurs du Congrès ou de la Maison-Blanche, il n’y a pas d’intrus qui peuvent s’infiltrer. De plus, le pouvoir bicéphale a parfaitement balisé l’accès aux fonctions électives. Aucune voix discordante n’a la moindre opportunité de se frayer un chemin légalement, pas même d’être écoutée, et l’embrigadement de la société empêchera en dernier ressort toute velléité de soulèvement.

L’arsenal idéologique, l’atomisation obsessionnelle des individus, y compris au sein de la famille, la mainmise policière sur la vie privée et l’élévation de la propriété privée au rang du sacré, ont anesthésié ou, du moins, drastiquement réduit la réactivité sociale, sans préjudice de la menace d’une féroce répression.

Ce qui n’est pas le cas en France, en Allemagne ou en Italie, des pays dont l’épaisseur historique, avec ses courants d’idées, est un peu plus compliquée pour les pouvoirs en place. Chase relève lui-même que les conquêtes sociales sont le vrai problème. Il parle d’influence socialiste et n’est pas cru dans son argumentaire, tout en étant très clair sur la problématique. Il veut que l’Europe passe le cap de ses atermoiements et qu’elle passe à l’acte qui abroge les libertés publiques et, surtout et principalement, de se préparer à contrer les inévitables mobilisations de masse, que préfigurent les manifestations et les grèves actuelles. Il ne reste plus qu’à évaluer les délais qui nous séparent de la mise au pas musclée.

Ahmed Halfaoui

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Gaïd Salah, vous sapez le moral des troupes !

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Le chef d’état-major de l’ANP, le général major Ahmed Gaïd Salah, a inventé le délit de « participation à une entreprise de démoralisation de l’armée« , pour se débarrasser de tous ceux opposés à sa dérive totalitaire. Un délit qui ne peut se justifier qu’en temps de guerre et dont les auteurs risquent le peloton d’exécution pour avoir porté atteinte au moral des troupes.

Si l’on doit suivre la logique de notre auguste général, considérer que nous sommes en temps de guerre, juger les actes des uns et des autres en fonction de leur degré de patriotisme ou de félonie et mettre le tout sur la balance « moral des troupes », de quoi sera passible le chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah ?

Pour le commun des Algériens, Gaïd Salah est le dernier à avoir le droit de parler du moral des troupes lui qui a cautionné et accompagné la dérive monarchiste du régime Bouteflika et qui se croit aujourd’hui promis à des destinées de sauveur suprême.

Non mon général, on ne s’improvise pas messie après avoir semé le chaos.

Le général major Ahmed Gaïd Salah a pris part à la plus grande entreprise de démoralisation des troupes, opération de trahison des espoirs de l’Algérie démocratique portant le nom de code « Réconciliation nationale » ! C’est le premier coup dur porté au moral des troupes, militaires ou civiles, qui faisaient face aux démons islamistes et à leurs mentors !

Non mon général, vous avez sapé le moral des troupes qui ont juré que l’Algérie restera debout.

Gaïd Salah sait-il ce qu’est le moral des troupes lui qui se déplaçait au Val-de-Grâce, un hôpital militaire français, pour s’enquérir de l’état de santé d’un Président malade qu’il maintenait à la tête de l’État comme une ultime insulte… au moral des troupes et à la dignité nationale ?

Non mon général, le moral des troupes n’est qu’un alibi qui cache mal vos lâchetés passées et vos compromissions présentes.

Gaïd Salah a-t-il pensé au moral des troupes lorsque sa bande a blanchi Ould Kaddour, pourtant condamné par la justice algérienne pour intelligence avec l’ennemi, pour le replacer à la tête de Sonatrach, la compagnie nationale des hydrocarbures, un pied de nez à toutes les compétences nationales patriotiques et intègres ?

Non mon général, vous avez été insensible et sourd à nos cris d’indignation face à cette ultime trahison ! Non mon général, vous n’en savez rien au moral des troupes qui avait reçu un coup dur avec la réhabilitation des traîtres à la nation qui ont vendu l’avenir de l’Algérie et des générations futures pour un plat de lentilles à l’ombre des palmiers de vos amis du Golfe.

Le moral des troupes vous le sapez chaque jour mon général, en réprimant les manifestants du Sud qui résistent aux appétits voraces des multinationales qui, avec l’exploitation du gaz de schiste, s’autorisent en Algérie ce qui leur est interdit chez eux !

Non mon général, vous êtes le complice des multinationales qui pillent les richesses de l’Algérie, hypothèquent notre sol et notre sous-sol et menacent notre écosystème.

Le moral des troupes vous l’avez sapé mon général avec la suppression de la règle des 51-49% que vous venez de faire avaliser par un parlement aux ordres pour plaire à vos maîtres du monde !

Non mon général, le moral des troupes est le dernier de vos soucis, vous qui venez de lever le dernier verrou qui protégeait notre économie nationale que vous offrez aux prédateurs de tout bord !

Si l’on doit vous juger à l’aune du « moral des troupes », vous serez bon à la potence, mon général ! L’Armée nationale et populaire mérite des généraux plus jeunes, intègres, patriotes et intelligents qu’un grabataire et rancunier de votre âge mon général.

M. F.

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