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Politique

Dialogue : les mises au point des professeurs en sciences médicales

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Nous venons de recevoir le communiqué numéro 4 du collectif des professeurs en sciences médicales que nous publions dans son intégralité.

Les représentants du Collectif des Professeurs en Sciences Médicales se sont réunis ce jour mercredi 14 août 2019 pour faire le point sur les avancées sur le terrain du mouvement populaire et des négociations du Panel.

Tout d’abord, les représentants du Collectif prennent acte de l’annonce du Président ou Coordinateur du panel, de rejeter toute participation des partis du FLN et du RND à ces discussions. Cependant, en faisant cette annonce, on semble vouloir nous faire oublier que les partis de la coalition y sont déjà très largement représentés
– Par lui-même pour le FLN .
– Par le fossoyeur de la constitution, M. Lazhari Bouzid, sénateur désigné du tiers présidentiel et auteur des amendements scélérats de la constitution, qui ont accordé les pleins pouvoirs à Bouteflika et levé la limitation des mandats présidentiels .
– Par M. Ali Ghettas du RND , ardent défenseur du cinquième mandat et membre actif de son Comité de soutien.
– Par le représentant de Nahda-Adala-Elbina désigné par M. Chenine.

Comment un parti comme le FLN, qui vend, qui brade ses postes de députés à celles et ceux qui ont des milliards à lui offrir pour chaque poste, peut-il prétendre sortir notre Algérie de ce marasme dans lequel il l’a conduite ?

Comment des députés FLN aux ordres qui ont voté pour un Président d’APN ayant à peine une dizaine de voix sur près de 400 députés alors que réglementairement le poste revient au parti ayant le plus grand nombre de représentants, peuvent-ils prétendre mettre l’Algérie sur la bonne voie

Comment un pouvoir qui a échoué dans toutes ses tentatives de Conférences nationales de conciliation et réconciliations espère-t-il nous sortir de cette mauvaise passe :
– La Conférence de 1994 présidée par … Ouyahia, oui déjà !!
– La Conférence des Arrouchs de 2005/2006 chargée de mettre en application la plateforme d’El Kseur
– Celles du 22 avril 2019 et du 6 juillet 2019.

Le Collectif s’élève très fortement contre l’outrecuidance de ces partis politiques qui ont mené le pays à la ruine, et qui, aujourd’hui, dénoncent leur mise à l’écart du Panel. Honnis par l’ensemble du Peuple Algérien, les responsables de ces partis pensent certainement n’en avoir pas fait assez pour notre pays, l’Algérie. 

Si nous y ajoutons les déclarations intempestives – et en totale opposition avec la démarche des citoyens – de la nouvelle recrue du panel, Maître Benbraham, la rupture avec le panel semble, à notre avis, totalement consommée.

En date du 25 juillet 2019, à l’issue de leur rencontre avec le Président de l’Etat, le coordinateur du panel avait déclaré que tous les préalables au dialogue, toutes les mesures d’apaisement avaient été acceptées par leur hôte, qu’elles devaient être appliquées sous huitaine. Plus de trois semaines après, aucune mesure, nous disons bien aucune mesure d’apaisement n’a vu le jour.

A l’exception du jeune N. Fetissi qui ne doit sa libération qu’au courage d’une magistrate, à laquelle nous tenons à rendre hommage, aucun détenu d’opinion n’ a été libéré ; le verrouillage du débat public, du dialogue au sein de la société et des médias est total ; l’accès à la capitale les vendredis est toujours interdit.

Qu’en-est-il de votre engagement à dissoudre le panel à la fin de la semaine si les préalables posés avec force n’étaient pas respectés ? Pourtant de nouveaux prisonniers , nombreux, ne cessent de s’ajouter à la longue liste de personnes injustement détenues. Il est encore temps pour en tirer les conséquences.

Au risque de nous répéter, nous réitérons la revendication populaire non seulement à l’isolement, mais aussi et surtout à la dissolution de l’ensemble des partis de l’alliance présidentielle, dont même l’Organisation Nationale des moudjahidines réclame également la dissolution avec en tout premier celle de son propre parti : le F.L.N.

Le Collectif rappelle surtout que depuis 1962, au nom de la légitimité révolutionnaire, notre Algérie est dirigée par un personnel politique (Présidents, premiers ministres, ministres et Présidents de sociétés et d’entreprise nationales) titulaires de carte d’anciens moudjahid ayant de 80 à 100% d’incapacité physique et mentale. Le dernier Président de la République présentant un taux d’incapacité de 85 % avant de postuler à la magistrature suprême. 

Le second point étudié et contre lequel le Collectif s’élève avec la plus grande vigueur est constitué par les incessantes tentatives de semer de division du peuple algérien en Arabes – Kabyles – Chaouis – Mozabites , ceci par l’utilisation de l’ensemble des médias, entre autre, le média lourd et public : la télévision algérienne.

Les commanditaires et les exécutants de cette véritable fitna auront à rendre compte ,le moment venu, de tous ces crimes, car il s’agit bien de crimes graves, tout comme celui de la falsification de notre glorieuse Histoire, en associant à Novembre le courant badissia, à laquelle se livrent certaines officines.

Le Collectif appelle le peuple algérien à continuer à rester vigilant face à ces tentatives de division et de diversion. Tout comme le collectif appelle encore une fois à la libération du champ médiatique dans son ensemble et à cesser de censurer la presse électronique.

Le Collectif rappelle également, la responsabilité pleine et entière du président de la République déchu, Abdelaziz Bouteflika, dans la situation actuelle du pays. Le collectif s’étonne qu’à aucun moment, cette responsabilité n’est invoquée par les tenants du pouvoir, et qu’à aucun moment il n’est fait état d’une quelconque demande de compte au Président déchu, à moins que les errements de sa pseudo-monarchie n’aient été absous par une justice de nuit, comme au temps où Ouyahia se permettait de pérorer avec aplomb que Chakib Khelil avait été blanchi par la justice algérienne, du moment que toutes les enquêtes sur la dilapidation de l’argent publique, sur le blanchiment d’argent, les fortunes illégalement amassées, et le racket opéré auprès des opérateurs privés pour les différentes campagnes électorales, mènent toutes vers le Président Bouteflika et sa fratrie.

Des personnages considérés jusque-là comme importants, sont aujourd’hui en prison, et rendront certainement des comptes au peuple algérien et à sa justice.
A quand la justice pour tous ? Y compris le Président de la République
Devant cette situation, et le slogan hebdomadaire proclamé par le Peuple Algérien « Echaab yourid el Istiqlal, (Le peuple réclame l’indépendance), devant une période de transition de fait, non assumée, et qui dure depuis 5 mois, le collectif craint pour l’avenir de notre Algérie.

Fixer une nouvelle date pour l’élection Présidentielle, sans tenir compte des préalables et des conditions posées par le peuple, nous mènera fatalement à perdre encore 5 ou 6 mois, avant de nous poser la question en décembre prochain : qu’allons-nous faire maintenant ? 

Plus tôt les représentants du Hirak se mettront autour de la table face à des hommes sincères, honnêtes et non impliqués dans la clochardisation de l’Algérie, pour la mise au point du processus de renouvellement des instances, plus tôt notre pays s’en sortira.
Ceci indépendamment des sombres perspectives de l’économie aggravées par des décisions totalement inadéquates menées par un exécutif intérimaire, iiésponsable, sans oublier les retombées sociales de telles mesures.
En cette semaine historique , rappelons qu’il y a 63 ans jour pour jour , du 13 au 20 août 1956, le Congrès de la Soummam avait déjà institué – sous la férule de nos valeureux moudjahidines (Allah yarhamhoum) – la primauté du politique sur le militaire, avec mission pour le militaire commissaire politique de veiller à l’équilibre entre les différentes branches de la révolution.
Aujourd’hui le problème qui se pose est de savoir s’il faut

« Sauver le système ou sauver l’Algérie ? »

Depuis le 22 février, chaque vendredi qui passe, le peuple clame sa réponse à cette question. 
Quand est-ce que nos responsables politiques entendront-ils ce message clair ?

Le Collectif des Professeurs en Sciences Médicales

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Culture

André Breton : La dernière grève

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C’est sans doute au sujet du travail que se manifestent les plus sots préjugés dont soit imbue la conscience moderne, au sens collectif du mot. Ainsi les ouvriers, excédés à bon droit du sort inférieur qui leur est fait, se fondent généralement pour affirmer leur droit de vivre sur le principe même de leur esclavage.

Au nom du sacrifice individuel qu ils consentent, qu’ils luttent de ci de là pour obtenir une légère atténuation de leur peine, selon moi c’est trop peu, en vérité. A leurs grands maux, bien sûr ils n appliquent pas assez les grands remèdes des révolutions. Mais la convention sociale dont ils sont de naissance les prisonniers les plus surveillés leur a fait une âme de misère. Ils se recommandent trop volontiers de leur capacité de travail, par un de ces détours élémentaires qui, dans sa réflexion sur lui-même, conduit l’homme à s’exagérer la valeur de ce qu’on méconnaît en lui. Si paradoxal que cela puisse paraître, ils cultivent de façon quasi-religieuse l’idée du travail. C’est à croire que par là, comme tous les autres, ils éprouvent le besoin de donner la mesure de leur désintéressement. Il n’est pas jusqu’à la dureté du travail qui ne confère à ceux qu’il courbe le plus le maximum d’autorité. Dans les confédérations les voix qui l’emportent ne sont-elles pas aujourd’hui celles du Bâtiment, de la Terrasse, des Métaux ? Toutes proclament le caractère sacré du travail et tendent à l’exalter d’autant plus que ce travail est plus matériel.

De là la scission qui s’accuse chaque jour entre « manuels » et « intellectuels » au grand profit d’une gent sans scrupules, complètement indigne de pitié, qui les exploite les uns et les autres. Certes je ne nie pas que les premiers aient eu quelques raisons de se plaindre des seconds. Il est inadmissible que la grande colère des ouvriers, si belle, si pleine de sens, se canalise indéfiniment dans les savants discours de ces messieurs. Quelques duperies exemplaires, dont c’étaient toujours les mêmes qui se rendaient coupables, justifient à cet égard les dernières réserves. Il n’en est pas moins vrai qu’ici une distinction s’impose, faute de laquelle le ferment révolutionnaire menace à notre époque de demeurer inactif. Or je pense avec tous les hommes vraiment libres que la Révolution, jusque dans ses abus, demeure la plus haute, la plus émouvante expression qui se puisse donner de cet amour du Bien, réalisation de l’unité de la volonté universelle et des volontés individuelles. Celles-ci n’ont pas à s’identifier avec la loi et la raison, telles du moins qu’on nous les présente. C’est dans une révolution qu’à travers le jeu nécessaire des penchants humains la vérité morale pourra seulement se faire jour. Bon gré mal gré il faut que cette sorte de jugement ne se bute pas à l’hostilité systématique des meneurs ouvriers. Qu’ils ne nous demandent pas de prendre leur cause en mains, encore moins de faire aboutir leurs revendications. Selon nous ils ne sont que depuis trop longtemps le jouet du mirage politique. Là où les paroles les ont trahis eussent toujours été mieux placées des armes.

Qui sommes-nous donc devant eux ? Les derniers, d après leur hiérarchie du travail. En effet, il nous a été donné non seulement de choisir nos occupations, mais encore de ne subir dans ces occupations d’autre contrainte que la nôtre, de tirer de la nature de notre production une joie personnelle suffisante pour que nous n’ayions, en fait de maîtres, à nous plaindre que de nous. Artistes, philosophes, savants, on ne nous fait pas cette injure de nous payer « aux pièces » et bien hardi qui s’arrogerait le pouvoir de reconnaître entre nous ceux qui seuls ont droit de cité. C’est de toute notre vie qu’il nous sera demandé compte, nous le savons, et que ceux qui nous patronnent ne sont pas encore nés. Nous ne sommes guère des travailleurs ; c’est presque toujours nous embarrasser fort que de nous poser la question d’usage : « Travaillez-vous en ce moment ? » (Peut-on dire qu’Hercule, que Christophe Colomb, que Newton travaillaient ?) Nos attributions nous éloignent en majorité, autant qu il est possible, de ce que se répartissent du monde intellectuel les professions libérales proprement dites. Du point de vue révolutionnaire, il y a lieu de constater que ces dernières ont fourni dès à présent un tel contingent d’arrivistes et de traîtres que nous sommes prêts à leur marquer la même défiance que leur marque la classe ouvrière.

Il nous reste, dans les limites où il nous appartient d agir avec efficacité, à témoigner en toutes circonstances de notre attachement absolu au principe de la liberté humaine et cela, je crois, non pas seulement en assurant individuellement dans notre oeuvre la sauvegarde de ce principe, non pas seulement en élevant une faible protestation contre chaque violation qui en est faite, mais encore en recourant, le cas échéant, aux moyens d’agitation générale les plus propices, à commencer par la grève.

La grève

Que les rieurs me pardonnent, je n’ai pas l’intention de plaisanter. L’insuffisance de repos et de salaire ne sont pas au monde les seules causes de mécontentement. Puisqu’à ne considérer que la fin qui nous occupe, ce mécontentement apparaît la condition nécessaire d’une révision globale des pouvoirs, sa nature ne saurait en aucune manière être sujette à caution. En ce qui nous concerne, en ce qui concerne tous ceux qui poursuivent avec un complet désintéressement leurs recherches dans le domaine de la pensée, nous aurions, si nous voulions, à régler avec la société un conflit autrement grave que celui qui met aux prises employeurs et employés. C’est devenu un lieu commun de déplorer la grande misère des laboratoires. On ne sait au juste comment subsistent les savants. Les grands poètes fiers meurent dans l’indigence : la fin de Baudelaire, de Jarry ont beau faire verser des larmes de crocodile, il y a quelque part, en Bretagne, un homme adorable sur qui s’acharne un semblable destin. A soixante-quatre ans, cet homme, qui fut à tous égards une providence, voit le vent et la pluie crever son manoir. Il ne se plaint d’ailleurs pas (lui, se plaindre !) et pourtant, dans le même temps, l’absurde Henri de Régnier se prélasse à l’Académie française, pourtant il continue à être question de Mme de Noailles. Paul Fort est pauvre pendant que Jammes, au prix de quels services, vit grassement. Je n’espère pas faire cesser ce scandale, mais, m’adressant à tous ceux qui savent encore jouir d’une puissante idée, d’un beau poème, je leur demande si une telle infamie doit se perpétuer, s’il est vrai que les Patries veulent le plus tôt possible le sang de leurs grands hommes. Quelles sont les lois qui protègent cette forme de l’activité humaine, précieuse entre toutes ? Est-il juste, par exemple, qu’à talent égal, les peintres s’enrichissent sur le sol même où les poètes pourraient mendier ? Ces questions, rien ne saurait me retenir de les poser pour ceux qui ne les posent pas, et dans l’intérêt seul de l’esprit. Le dénuement matériel, supporté héroïquement ou non, est toujours une entrave. Sous l’Ancien Régime même, on paraissait l’avoir compris et il semble aujourd’hui qu’un choix assez judicieux présidait à l’attribution des pensions. Ce ne saurait être une raison pour que nous ne nous opposions pas aujourd’hui à l’éventualité d’un tel choix. Un mauvais ouvrier doit bien pouvoir vivre de son travail.

A ces revendications que je formule à dessein sur le modèle des revendications ouvrières viennent naturellement s’adjoindre celles qui s’appuient sur l’absolue nécessité de maintenir hors de toute atteinte non seulement la liberté de pensée, mais celle d’exprimer cette pensée. Cela ne suppose rien moins qu’au premier chef l’abrogation des lois indéfendables visant les menées anarchistes. Il importe que les hommes qui, sans vulgaire ambition, consacrent leur vie à assurer le triomphe de l’esprit, soient mis une fois pour toutes à l’abri des persécutions, qu’ils n’aient rien à craindre des puissants de ce monde. Les mesures de protection envisagées jusqu’ici se sont montrées illusoires : d’Espagne on réclame aujourd’hui l’extradition d’un écrivain accusé du crime de lèse-majesté ; on en exile impunément quelques autres. En France on tolère l’établissement de la censure pendant la guerre. Ce n’est pas à un syndicat, si bien organisé soit-il, — et je ne pense pas à celui des gens de lettres, nécessairement composé en majeure partie d’industriels— qu’il appartient de résoudre de tels différends.

Pourquoi pas la grève ? Elle a été jusqu’ici le seul recours de nos amis les vrais travailleurs et elle a l’avantage de présenter une valeur symptomatique des plus objectives. Je la vois très bien éclater à l’occasion d un incident de presse ou autre comme il s’en produit tous les jours. Il ne tiendra qu’à nous qu’elle se prolonge assez longtemps, puisque matériellement nous n’avons rien à y perdre. Ce sera comme une grève des électriciens qui durerait plusieurs soirs. Sans doute notre première tentative échouera, et la seconde, et la troisième. Mais un jour ! Il y aura des pétitions, des réunions. Le débauchage, si l’on peut dire, s’opérera comme ailleurs, quoique d’une façon plus violente, j’espère. Et puis ce sera le silence sur toute la ligne de la pensée ; il ne paraîtra plus de livres, ou des livres ridicules, si nous ne saccageons pas les boutiques ; c’en sera fini momentanément des recherches de laboratoire, d’atelier. D’opinion désintéressée sur tel ou tel sujet, chacun n’aura plus que la sienne, incertaine. Oh ! cela n’est pas impossible à réaliser, qu on y prenne garde : cela se conçoit. Que penserait-on, tout de même, en février 1926, pour peu qu’il y ait un an que cet interdit durât ? Le temps paraîtrait bien long, qu en dites-vous ? Tiens, le chômage aurait atteint les ouvriers typographes, peut-être quelques libraires, les étudiants s’agiteraient pour de bon, etc. Et l’on feuilletterait quelque part avec regret les deux premiers numéros de La Révolution surréaliste, accueillante pourtant aux idées subversives, mais qui serait déjà une douce et triste chose…

André Breton

Texte d’André Breton paru dans La Révolution surréaliste, n° 2, 15 janvier 1925.

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Politique

L’autorité des élections : pour quel rôle ?

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L’Autorité nationale indépendante des élections, que préside M. Mohamed Charfi, est une instance « permanente,indépendante et impartiale », jouissant du statut de personne morale et de l’indépendance administrative et financière.

Deux fois ministre sous les 20 ans de règne de prédation de Bouteflika, Mohamed Charfi a été adoubé président de l’autorité « indépendante » des élections.

– Cette autorité, composée de 50 membres, a pour missions de « concrétiser et approfondir la démocratie constitutionnelle et promouvoir le régime électoral conduisant à l’alternance pacifique et démocratique au pouvoir ».

– L’instance dont le siège se situera à Alger avec des antennes au niveau local et auprès de la communauté nationale à l’étranger, veillera « à la préparation, à l’organisation, à la gestion, à la supervision et à la surveillance des élections ». 

– En matière de surveillance des élections, elle veille à garantir « la transparence et la régularité » du scrutin lors des étapes de sa préparation et de son organisation.

– L’Autorité sera composée, au niveau central, d’un président, d’un bureau et d’un conseil et disposera, au niveau local, de délégations de wilaya.

  • Elle recourra à des délégués au niveau des communes et des représentations diplomatiques et consulaires.

– Elle disposera de son propre budget de fonctionnement. La nomenclature des dépenses et les termes et modalités d’application seront fixés conformément à la législation, pour peu que ses comptes et bilans financiers soient contrôlés par la Cour des comptes.

– L’instance peut enclencher toutes les procédures en cas d’atteinte ou menace portée au déroulement normal des opérations électorales, en vue de garantir la conformité de ces opérations aux textes législatifs et organisationnels en vigueur.

Cette autorité répond parfaitement aux ordres donnés par Ahmed Gaïd Salah.

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Actu

Élections : Autorité indépendante dites-vous ?

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L’Autorité nationale indépendante de suivi des élections, revendiquée depuis des lustres par l’opposition, vient d’être installée par la présidence comme signe de bonne volonté et une sorte de concession pour inciter le peuple à aller voter.

Il a été claironné que l’Autorité nationale indépendante des élections sera vraiment « indépendante » et composée de personnalités tout aussi « indépendantes » !

Elle aura pour mission de « concrétiser et d »approfondir la démocratie constitutionnelle et promouvoir le régime électoral conduisant à l’alternance pacifique et démocratique au pouvoir ». Elle veillera « à la préparation, à l’organisation, à la gestion, à la supervision et à la surveillance des élections ». 

En matière de surveillance des élections, l’Autorité veille à garantir « la transparence et la régularité » du scrutin lors des étapes de sa préparation et de son organisation.

Le hic, c’est qu’à la vue de la composante de cette instance qui vient d’être validée par le chef de l’État intérimaire Abdelkader Bensalah, il y a de quoi être pessimiste et jurer que ce système est décidément inapt à la réforme.

Premier gros problème, c’est l’ancien ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Mohamed Charfi qui a été plébiscité, ce dimanche 15 septembre à Alger, président de l’Autorité nationale indépendante des élections par les membres de cette instance.

L’Autorité nationale indépendante est présidée par un pur produit du système algérien, un commis de l’État qui avait eu tout le temps d’agir contre la corruption et l’oligarchie qui a privatisé l’État algérien.

Diplômé de l’Ecole nationale d’administration (ENA), M. Charfi est également détenteur d’une licence et d’un Doctorat en droit. Il a occupé, auparavant, plusieurs hautes fonctions dont celle de magistrat, Juge d’instruction puis Procureur général au niveau de différentes cours (1972-1989), secrétaire général au ministère de la Justice (1989-1991), conseiller à la Cour suprême, ministre de la Justice (2002), puis ministre de la Justice, Garde des Sceaux (2012).

Il a assuré, à ce titre, que la priorité de l’instance sera de « concrétiser la revendication principale du peuple, celle de choisir librement celui qui le représentera au plus haut sommet de l’Etat ».

Il faut noter que Mohamed Charfi est connu pour son allégeance au courant islamiste, ce qui a certainement pesé dans ce choix. Ce qui confirme, avec le choix d’un islamiste à la présidence de l’APN, que le système tente de se régénérer en s’alliant à l’islam politique.

A. G.

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