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Chronique

Un monde à la mesure de la Barbarie

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La Barbarie a largement réussi à détruire la raison qui menaçait les fondements de son pouvoir planétaire.

Les grands idéaux de libération et d’émancipation des peuples n’ont plus cours, ils ont sombré dans le chaos consécutif au naufrage des nationalismes et de ce qui représentait le communisme.

Le système est sauf. Pour s’en rendre compte, il n’y a que de constater l’affaiblissement ou la disparition de la résistance au pillage des richesses, considéré désormais comme faisant partie de l’ordre des choses. Une résistance qui a laissé place soit au désespoir, soit à la résignation, soit à un alignement derrière des illusionnistes qui se chargent d’occuper la scène et de diriger l’humanité.

Partout, ils ont pignon sur rue. Le Dalaï-lama est promu symbole de la liberté et des droits de l’homme, les évangélistes recrutent par centaines de milliers et les djihadistes fascinent la jeunesse musulmane, y compris en Occident.

En caricature de la « modernité » ou de la « démocratie », une classe politique inféodée à des lobbies, plus ou moins puissants, s’agite, se compose et se recompose au gré des situations.

Les discours éprouvés servent de bruit. Le monde est revu et corrigé et présenté selon des schémas manipulés où la confusion évite la confrontation avec le réel. Ainsi, quelques théories ou concepts simplement élaborés sont servis en tant que restitution du concret. Cette réification, si elle n’a pas prise, accentue le désarroi et le trouble de populations confrontées à des conditions de vie qui ne peuvent relever de l’abstraction proposée.

Les Algériens en vivent l’expérience. Ils assistent, depuis un peu plus d’une vingtaine d’années, à des bouleversements de leur quotidien, sans qu’ils aient accès à une visibilité minimale de la conjoncture qu’ils vivent. Le verbe « socialiste » abandonné, le pouvoir maintes fois remanié n’offre plus que des contorsions et le miroitement d’un avenir vaporeux, que sont censés dessiner les mises en œuvre de réformes soumises, pour leur évaluation, aux partenaires qui comptent, en réponse aux critères d’insertion du pays dans l’ordre mondial.

Un ordre mondial qui serait l’orbite qui stabiliserait le cours historique de l’Algérie, selon un préjugé qui ne souffre plus beaucoup de contradicteurs, malgré l’ouverture dont jouit l’espace politique. Bien au contraire, essentiellement constituée de personnalités, victimes de la centrifugeuse du pouvoir et de ce qui reste des Frères musulmans, auxquels s’accolent des comparses médiatiques, une opposition hétéroclite empêche toute émergence d’une alternative concertée.

Une opposition qui n’a que l’avantage d’offrir le spectacle, mais qui pousse, de plus en plus, les citoyens dans le rejet de la politique. Indigente, mue par des velléités aux motivations insaisissables, intoxiquée par sa propre manipulation des faits et des choses, elle contribue efficacement à l’effacement des masses populaires du paysage ou leur refuge dans l’indifférence, par le scepticisme, voire le dégoût qu’elle suscite.

Ceci à la grande satisfaction de ceux qui, à partir de Wall-Street, tracent la destinée des multitudes.

Ahmed Halfaoui

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