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Affaire Epstein/agressions sexuelles : pourquoi Trump, Bill Clinton et le prince Andrew d’Angleterre sont-ils impliqués ?

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Le financier américain, accusé d’exploitation et d’agressions sexuelles sur plusieurs dizaines de mineures, a été retrouvé mort dans sa cellule de prison new-yorkaise samedi matin, à l’issue d’un « suicide apparent », selon l’administration pénitentiaire. L’affaire est embarrassante pour plusieurs personnalités américaines et étrangères.

Conditions précises de sa mort, poursuites de l’enquête, liens avec la France… De nombreuses questions restent en suspens, lundi 12 août, deux jours après la découverte dans sa cellule de la prison fédérale de Manhattan (Etats-Unis) du corps sans vie de Jeffrey Epstein, financier accusé de trafic et d’agressions sexuelles sur mineures.

Ce dernier avait été inculpé, le 8 juillet, pour exploitation sexuelle de mineures et d’association de malfaiteurs en vue d’exploiter sexuellement des mineures. L’administration pénitentiaire, dans l’attente des résultats de son autopsie, a qualifié la mort du magnat d’« apparent suicide ».

Au-delà des circonstances exactes de sa mort, les relations entre le sexagénaire et plusieurs personnalités politiques, tels l’actuel président des Etats-Unis, Donald Trump, l’ancien chef d’Etat Bill Clinton ou encore le prince Andrew – deuxième fils de la reine d’Angleterre –, restent au cœur des interrogations et spéculations. Franceinfo fait le point sur ce que l’on sait des relations entre l’Américain et ces trois hommes de pouvoir. 

Des soirées régulières avec Donald Trump

Les liens entre le 45e président des Etats-Unis et Jeffrey Epstein, remontant aux années 1990 et 2000, ont refait surface récemment. D’après le quotidien Miami Herald (lien en anglais), Donald Trump et Jeffrey Epstein étaient voisins à Palm Beach, près de Miami (Floride). Ils se lient alors d’amitié : au fil des années 1990 et 2000, Donald Trump, alors homme d’affaires et personnalité médiatique, se rend régulièrement à des événements mondains organisés par Epstein. Le financier, lui, est vu à plusieurs reprises au club privé Mar-a-Lago, propriété de l’actuel président américain, relate Vox (en anglais). Selon le Guardian (en anglais), il s’y est rendu à au moins deux reprises, en 1997 et en 2000, posant alors pour quelques photos avec Donald Trump. Le carnet d’adresses de Jeffrey Epstein, rendu public en 2009, contenait pas moins de 14 numéros de téléphone pour joindre Donald Trump et son personnel. 

Jeffrey Epstein (…) était traité comme un ami proche du propriétaire et « maître d’hôtel » du club Mar-a-Lago, Donald Trump.Le « New York Times »

A cette époque, les deux hommes se croisaient régulièrement lors de dîners à Manhattan (Etats-Unis). Ce qui caractérisait leur relation était « une appréciation mutuelle de la richesse et des femmes », résume le New York Times (en anglais). Voici comment, en 2002, Donald Trump décrit son ami « Jeff » pour un portrait réalisé par le New York Magazine (en anglais) : « Cela fait quinze ans que je connais Jeff. C’est un gars génial », confie le magnat de l’immobilier. « On s’amuse bien avec lui. La rumeur dit même qu’il aime autant les femmes que moi, et que beaucoup d’entre elles sont plutôt jeunes, poursuit-il. Cela ne fait aucun doute, Jeffrey profite bien de sa vie sociale. »

Le New York Times évoque ainsi une soirée au club de Mar-a-Lago en 1992, où près de 30 jeunes femmes sont invitées spécialement pour « un concours de femmes de calendriers ». Donald Trump a invité ces jeunes Américaines exclusivement pour lui et son ami, Jeffrey Epstein. Une vidéo, filmée par NBC (lien en anglais) cette même année, montre les deux voisins observant des femmes dansant lors d’une soirée. Donald Trump semble glisser un « Elle est canon ! », et Jeffrey Epstein acquiesce, tout sourire. 

A travers cette amitié et cette « appréciation mutuelle pour les femmes », le dirigeant américain a-t-il été témoin des agissements du financier ? Dans un livre cité par Elle (en anglais), l’un de ses anciens conseillers, Roger Stone, évoque une blague de Donald Trump entendue à l’époque, à son retour du domicile d’Epstein en Floride. « La piscine était remplie de très belles jeunes femmes », s’est amusé l’actuel président. Selon les révélations du Miami Herald (en anglais), l’une des victimes présumées de Jeffrey Epstein travaillait pour le club Mar-a-Lago de Donald Trump lorsqu’elle a commencé à être abusée par le financier.

En juin 2016, d’après le quotidien américain, une autre femme accuse les deux amis. Elle porte plainte contre Donald Trump, assurant qu’il l’a violée en 1994 lors d’une fête au domicile new-yorkais de Jeffrey Epstein. Elle n’avait alors que 13 ans. En novembre 2016, la victime présumée assure avoir subi des menaces et craindre des représailles. Elle retire sa plainte, précise le Miami Herald. Vox rapporte notamment que plusieurs journalistes ont fait part de leur méfiance à l’égard de son témoignage.

Interrogé récemment sur ses liens avec le financier, Donald Trump a assuré, face à la presse, qu’il le connaissait « comme tout le monde à Palm Beach le connaissait ». « J’ai eu une dispute avec lui, je ne lui ai pas parlé depuis quinze ans. Je n’étais pas un grand fan de lui, je peux vous l’assurer », a-t-il précisé. Selon le New York Times, leur relation s’est arrêtée à cause d’un accord financier manqué. Donald Trump aurait également assuré à l’une de ses assistantes, pendant la campagne présidentielle, qu’il avait refusé l’entrée de ses clubs à Jeffrey Epstein après avoir su qu’il cherchait à « recruter » une jeune femme travaillant à Mar-a-Lago.

Des voyages avec Bill Clinton

Donald Trump n’est pas le seul président américain avec qui Jeffrey Epstein a entretenu des liens étroits. Quand Bill Clinton était à la Maison Blanche, entre 1993 et 2001, le magnat s’y est rendu à plusieurs reprises pour un événement consacré à des donations ou pour y rencontrer un membre du personnel du président, rapporte le site américain Daily Beast (en anglais). Mais la relation entre les deux hommes s’est amplifiée à la fin de la présidence de Bill Clinton, notamment à travers la Fondation Clinton, une ONG à but humanitaire. D’après le Miami Herald, Jeffrey Epstein a financé cette fondation ainsi que d’autres causes portées par le Parti démocrate. Il a également voyagé à plusieurs reprises à bord de l’avion privé du financier.

Le porte-parole de Bill Clinton, Angel Ureña, a déclaré dans un communiqué le 9 juillet que l’ancien président avait voyagé quatre fois à bord de cet avion, entre 2002 et 2003. Ces voyages – un en Europe, un autre en Asie et deux en Afrique – « comprenaient des escales en lien avec le travail de la Fondation Clinton », a assuré le porte-parole. L’un de ces voyages était consacré au développement économique de l’Afrique et à la lutte contre le VIH.

Jeffrey est à la fois un financier très accompli et un philanthrope engagé (…) J’ai particulièrement apprécié ses connaissances et sa générosité lors de ce récent voyage en Afrique.un porte-parole de Bill Clinton au « New York Magazine » en 2002

Plusieurs médias américains font cependant état d’autres vols de Bill Clinton à bord de l’avion d’Epstein. Le site Gawker (en anglais) évoquait ainsi, dès 2015, une douzaine de voyages de l’ancien président avec le financier. L’un d’entre eux était un vol interne entre Miami et West Harrison, dans l’Etat de New York – un aéroport proche du domicile de Bill Clinton. D’après Gawker, l’ex-chef d’Etat a voyagé à 11 reprises avec Ghislaine Maxwell, l’ancienne compagne d’Epstein accusée d’être sa maquerelle. L’avion était d’ailleurs surnommé le « Lolita Express », sombre référence aux agissements du financier. L’ex-président démocrate s’est aussi rendu au domicile de Jeffrey Epstein à New York et l’a revu à l’occasion d’un rendez-vous à son bureau en 2002. L’une des femmes accusant le financier d’agression sexuelle assure encore avoir aperçu Bill Clinton en visite sur l’île privée du magnat, au cœur des Iles vierges, relate Vox (en anglais). Mais le porte-parole de Bill Clinton dément cette allégation. 

A ce stade de l’enquête, l’ancien dirigeant n’est visé par aucune accusation d’agression sexuelle sur mineures à travers ses liens avec Jeffrey Epstein. Dans son récent communiqué, Angel Ureña assure que « le président Clinton ne sait rien des terribles crimes » reprochés au financier. « Cela fait plus de dix ans qu’il ne lui a pas parlé. » 

Une longue amitié avec le prince Andrew

Le deuxième fils de la reine d’Angleterre, âgé de 59 ans, est une autre personnalité citée dans les accusations visant Jeffrey Epstein. A l’instar de Donald Trump et de Bill Clinton, le financier et le prince Andrew se sont rencontrés au cours des années 1990, par l’intermédiaire de Ghislaine Maxwell, relate le Guardian (en anglais). Mais contrairement aux dirigeants américains, cette amitié a duré jusqu’aux années 2010. Ils passaient du temps ensemble à Saint-Tropez entre fêtes et soirées, au château de Windsor ou encore lors de vacances en Thaïlande, précise le quotidien britannique. Jeffrey Epstein a également prêté de l’argent à l’ex-femme du prince Andrew, Sarah Ferguson, afin de l’aider à rembourser plusieurs dettes. Celle-ci l’a reconnu en 2011, évoquant « une immense erreur de jugement ».

D’après l’enquête du Miami Herald, l’une des victimes présumées de Jeffrey Epstein a témoigné contre le prince Andrew dès le mois de janvier 2015. Elle affirme que le financier l’a forcée « à avoir des relations sexuelles » à trois reprises avec le frère de l’héritier du trône britannique, alors qu’elle était adolescente. D’après son témoignage, cité par le Guardian, ces faits auraient eu lieu à New York, au domicile londonien de Ghislaine Maxwell, et lors d’une « orgie avec de nombreuses autres jeunes filles mineures » sur l’île privée de Jeffrey Epstein. Ce dernier, d’après ses accusations, l’aurait obligée « à donner au prince tout ce qu’il réclamait »

Le duc d’York est également accusé d’avoir touché les seins d’une jeune femme au domicile de Jeffrey Epstein à Manhattan en 2001, rapporte le quotidien britannique (lien en anglais). Elle avait alors 21 ans. Le palais de Buckingham a toujours nié ces accusations, précise le Guardian. Francetvinfo

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