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Chronique

Amérique et Américains

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Un Européen reste indéfini dans son identité nationale, ce peut être un Finnois, un Hongrois, un Italien ou un Roumain. Il faut obligatoirement lui attribuer une nationalité pour préciser son origine. Pour un Asiatique ou pour un Africain c’est tout comme. 

Ce n’est pas du tout le cas pour un Américain, qui se définit obligatoirement comme un habitant des Etats-Unis, en dépit du bon sens et de l’usage. D’ailleurs, sur Wikipedia on a cet avertissement « Ne doit pas être confondu avec États-Unis d’Amérique » pour le mot Amérique et cet autre « Ne doit pas être confondu avec Amérique » pour Etats-Unis. C’est dire le degré atteint par l’hégémonie « américaine » sur les autres peuples du continent. L’effet en est que les Boliviens, les Mexicains ou les Péruviens, ne peuvent désignés en tant qu’américains, sous peine de jeter le trouble dans l’esprit du lecteur ou de l’interlocuteur. Il sera utilisé le terme « latino-américain » ou « sud-américain » pour les qualifier, de façon à ne pas les confondre avec leurs voisins du nord.

Les Canadiens, quant à eux, se font plaisir, parfois, en se disant « Américains du nord », pour s’assimiler à leurs voisins du sud. Le plus curieux est que les habitants des Etats-Unis sont officiellement appelés « américains », par pratiquement tous les gouvernements de la planète, alors que ce nom a pour sens objectif et premier d’être attribué aux habitants de l’Amérique, du cap Barrow au nord au cap Horn au sud, y compris les archipels qui s’y rattachent. Ce qui a fait réagir certains, minoritaires au début, dans les années 1930, et de plus en plus nombreux de nos jours, qui ont décidé de se conformer au gentilé, comme il est d’usage pour tous les habitants de la Terre.

L’appellation « Etatsunien » a pris son essor dans la presse et dans les écrits, en général, afin de mettre fin à une ambiguïté qui permet à une catégorie d’Américains de s’accaparer, à eux seuls, du nom du continent, au détriment de 52 autres peuples.

Ce qui n’a pas manqué de voir fuser des accusations d’hostilité vis-à-vis des Etats-Unis, quand on devait s’attendre à ce que soit reconnue la subtile ségrégation à l’égard de centaines de millions d’américains.

Que soit reconnue la nécessité d’une désignation en accord avec son objet, car même si « Etats-Unis » n’est pas un nom, au sens propre, il l’est devenu dans la pratique et dans l’imaginaire des gens.

Plus loin dans la frilosité, les autochtones de l’Amérique sont affublés du nom d’amérindiens, l’effort n’a pas été fait de les nommer le plus objectivement possible, comme pour les maintenir dans un statut particulier, qui en fait des « Indiens » avant tout. Il y a aussi les « afro-américains » qui ne sont pas des étatsuniens à part entière, même s’il y a eu un président noir.

Mais il n’y a pas d’euro-américains. Leur origine n’a pas besoin d’être invoquée, sous quelque forme que ce soit, sauf parfois, en ce qui concerne les Italiens pour avoir défrayé la chronique et pour se distinguer culturellement des anglo-saxons.

Ahmed Halfaoui

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