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Marx, le communisme comme stratégie : à propos du nouveau livre d’Isabelle Garo

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Communisme et stratégie (Paris, Éditions Amsterdam, 2019, 332 pp) est la nouvelle contribution de Isabelle Garo qui développe depuis plusieurs années une solide réflexion autour de différents aspects du marxisme. Parmi les livres qu’elle a publiés, on peut citer Marx, une critique de la philosophie (Seuil, 2000) et Foucault, Deleuze, Althusser & Marx : La politique dans la philosophie (Démopolis, 2011).

Le travail théorique de Garo combine la rigueur philologique à une réflexion autour des défis posés au marxisme ainsi qu’à un accent porté sur la nécessité de fusionner à nouveau le marxisme avec l’activité de la classe ouvrière, des mouvements sociaux et du peuple.

Pour toutes ces raisons, le travail de Garo – qui est par ailleurs professeure et directrice de la Grande Edition des œuvres de Marx et Engels en français – est aussi sérieux qu’original, associant rigueur et imagination.

Communisme et stratégie a le mérite d’aborder un débat qui a fait l’objet de polémiques chez les intellectuels européens ces dernières années, mais qui a jusqu’ici été traité d’un point de vue essentiellement abstrait, au point de se centrer généralement sur « l’idée du communisme ». Garo propose de changer la façon dont on aborde cette question. Il ne s’agit pas ici du communisme comme projet ou comme idée, mais du communisme abordé du point de vue de la stratégie. Evoquant la stratégie, l’auteure en propose une conception large, qui consiste en la construction d’un ensemble de médiations sociales, idéologiques et politiques visant à développer le communisme comme « mouvement réel qui abolit l’ordre actuel. »

A partir de là, elle construit une critique aigüe et précise des théories d’Alain Badiou, de Laclau & Mouffe, de Negri & Hardt ainsi que des théoriciens du « commun ». Face à ces auteurs, Garo propose une « lecture anti-chronologique » de Marx. Cette notion est cependant quelque peu trompeuse, puisque, comme nous le verrons par la suite, elle reprend en réalité différents moments de l’évolution théorique et politique de Marx au cours de sa réflexion sur son œuvre, suivant finalement la chronologie de l’élaboration théorique marxienne. Mais l’idée d’une lecture « anti-chronologique » vise surtout à souligner que l’on peut lire Marx à partir des problèmes soulevés par d’autres auteurs, en intégrant également des problématiques contemporaines aussi importantes que les oppressions racistes et sexistes, les questions environnementales, etc. tout en reprenant les filons stratégiques de sa pensée. De cette façon, la théorie de Marx peut offrir de meilleures réponses que celles qu’apportent les auteurs mentionnés à leurs propres questions, sans prétendre pour autant que Marx fournisse une réponse à tout. Une lecture « anti-chronologique » mais pas anachronique en somme.

Badiou, Laclau, Negri : entre nouveauté et résignation

Le livre est organisé en six chapitres, une introduction et une conclusion. L’introduction pose les coordonnées de la discussion, soulignant la nécessité d’en revenir à une discussion autour de la nature de l’alternative au capitalisme ainsi que sur le moyen de la construire. De là découle l’importance de recommencer à parler de communisme et de stratégie. Le premier chapitre présente les principales élaborations du philosophe et ex-maoïste Alain Badiou, en insistant sur le caractère abstrait de son « Idée de Communisme » qui va de pair avec un militantisme opposé à l’Etat et à toute forme d’organisation, rendant ainsi impossible, du fait de ses propres présupposés, la structuration d’une politique et d’une stratégie. S’inscrivant dans la logique d’immersion de la politique dans la philosophie, caractéristique de la philosophie française à partir des années 1970, Badiou construit une philosophie érudite qui tend au développement d’un système philosophique au sens traditionnel du terme. Si son mérite est de préserver intacte l’idée du communisme comme moteur révolutionnaire en l’absence de processus révolutionnaires réels, il le fait au prix d’une suppression de la politique, c’est-à-dire de ce chemin difficile qui vise à transformer l’idée en force matérielle.

Le second chapitre débat avec Ernesto Laclau qui tente de rouvrir une réflexion sur le bilan et la potentielle continuité du socialisme. Si celui-ci propose une théorie politique de type stratégique, ce n’est pas tant en raison de sa revendication de la politique conçue dans les termes de la stratégie classique, mais parce qu’il essaye d’offrir une alternative au marxisme d’un point de vue théorique. Cette élaboration théorique trouve son corrélat dans la proposition politique de « radicalisation de la démocratie » dans un premier temps et de « populisme » par la suite.

Garo soumet à la critique la théorie laclausienne de la « dislocation » (du capitalisme, des classes, de la société), de même que l’idée selon laquelle l’antagonisme surgirait en dehors des rapports de production, centrale pour délier luttes de classe et exploitation et ainsi distinguer celles-ci de la politique. Elle souligne que les conceptions de l’ « hégémonie » et du « populisme » défendues par le philosophe argentin expatrié conduisent à une théorie politique pragmatique et volontariste. Suivant l’évolution théorique de Laclau, ce qui avait commencé comme une tentative de « radicaliser la démocratie » devient finalement un discours politique qui reproduit les formes de la représentation traditionnelle. Il s’éloigne ainsi de toute dynamique de mise en mouvement et de démocratisation par en bas, tant en raison de l’importance conférée au « leader » que du fait du peu d’intérêt accordé à l’exploitation dans sa propre théorie.

Le troisième chapitre débat des théories de Toni Negri et Michael Hardt, d’Empire à Commun, analysant leurs élaborations sur le capitalisme contemporain et leur conception du communisme, qui finit par être assimilé au capitalisme tel qu’il est. La relecture des principaux problèmes du marxisme, tels que l’impérialisme, la loi de la valeur, la lutte des classes ou l’Etat aux prismes de Deleuze et Foucault se combine avec l’héritage de la vieille logique opéraïste qui fait de la classe ouvrière (la multitude dans le cas présent) la cause même du développement capitaliste. Le résultat amène à enjoliver le « progrès » capitaliste sans aucun fondement empirique. En complément, Garo analyse les élaborations de Christian Laval et Pierre Dardot, théoriciens du « commun », en débattant des limites d’un coopérativisme qui prétend d’un côté effacer la sphère étatique, mais finit par défendre une position de réforme du capitalisme.

Reproduire de manière exhaustive les critiques affûtées de Garo à chacun de ces penseurs excèderait largement l’espace de ces lignes. A ce court résumé nous ajouterons que chacun des chapitres aborde ces auteurs à partir des problèmes importants que ces derniers ont soulevés : la nécessité d’un horizon communiste, la redéfinition d’une politique qui se veut socialiste, les problèmes de la propriété et des formes d’associations. Autant de thèmes qui sont cruciaux pour la réflexion développée dans Communisme et stratégie, qui chercher à confronter ces positions avec celles de Marx.

A la recherche de la stratégie chez Marx

Le chapitre quatre repart des origines du communisme dans le mouvement ouvrier français ainsi que des conditions dans lesquelles émergent la pensée et les prises de position de Marx et Engels, ainsi que leur manière de comprendre leur communisme. Ici, la distinction entre le communisme comme objectif ou projet de société et le militantisme communiste, comme action politique qui impulse le « mouvement réel », joue un rôle important. Le chapitre revient sur le processus de politisation de Marx jusqu’au bilan des révolutions de 1848 et la formulation de la « révolution permanente », mise en avant dans sa lettre au CC de la Ligue des Communistes en mars 1850. Une notion qui, comme on le verra, joue un rôle central pour comprendre les élaborations postérieures.

Le chapitre cinq aborde la conception du communisme de Marx en tant que tel et les positionnements stratégiques qui lui sont consubstantielles, de même que différents éléments qui influencent l’évolution du Marx mature et tardif : les problèmes des peuples colonisés, le bilan de la Commune de Paris et la question de la commune rurale russe. A ce moment du livre, Garo introduit une de ses réflexions les plus polémiques, qui mériterait un approfondissement : la relation entre révolution permanente, transition et préfiguration de la construction du communisme en deux étapes. Penchons-nous dessus.

Le problème de la transition

Garo propose une relecture audacieuse et très intéressante de la Critique du Programme de Gotha. Dans ce texte, Marx opérait une distinction plus ou moins tranchée entre deux étapes, la première socialiste, où les normes bourgeoises de répartition continuaient d’opérer -en particulier la relation salariale- et l’autre communiste, dans laquelle chacun travaille selon ses capacités et reçoit selon ses besoins. Garo soutient que cette distinction tranchée est le produit de la canonisation postérieure de ce texte, initiée paradoxalement, par Lénine dans L’Etat et la révolution. Ici, on trouve une certaine oscillation dans l’argumentation de Garo. En effet, celle-ci semble affirmer que le sens correct de la position de Marx est celui qu’elle met en avant dans sa nouvelle interprétation. Pourtant, en parallèle, elle souligne la tension qui existe dans le texte entre cette distinction de deux étapes (qu’elle reconnaît par là-même implicitement comme établie par Marx lui-même) et l’idée d’une transition identifiée à la dictature du prolétariat, position que Garo présente – probablement avec raison – comme la plus représentative de la pensée de Marx.

La discussion vise fondamentalement à distinguer Marx autant des expériences des prétendus « socialismes réels » que des réformismes européens de l’après-Seconde guerre mondiale, qui soutenaient que les nationalisations partielles constituaient un pas vers le socialisme, lequel apparaissait cependant comme un horizon inatteignable. Garo oppose ainsi à cette distinction rigide d’une étape socialiste et d’une étape communiste un concept large de transition que, comme nous le notions plus haut, Marx identifiait à la dictature du prolétariat. Cette dernière devait émerger à la suite d’une révolution, combinant ainsi la création des conditions économiques et sociales de la société communiste avec la mobilisation et la politisation des masses. Ainsi, l’auteure ne défend ni l’idée d’un « communisme ici et maintenant » ni d’un communisme « sans transition », mais entend penser la transition en termes de « mouvement réel », sans étapes définies à l’avance. Elle affirme au passage que cette vision anti-étapiste s’accorde beaucoup plus avec la conception de « révolution permanente » de Marx, de même qu’avec ses réflexions postérieures sur la commune rurale russe. Cette réflexion de Garo contient aussi de potentielles contradictions.

Par exemple, elle donne beaucoup de poids à la question de l’auto-organisation et de la politisation par en bas, mais moins aux conditions économiques de la construction du communisme. Cet aspect constitue pourtant un débat en soi, pas tant en raison de la division entre une étape socialiste et une étape communiste qu’en lien avec le problème de la transition en tant que tel. Ainsi, si l’on regarde les débats concernant la transition au socialisme dans les années 1920 et 1930 en URSS, mais aussi à Cuba dans les années 1960 ou en Yougoslavie et dans les pays de l’Est dans les années 1950 et 1960, la distinction entre « étape socialiste » et « étape communiste » constitua alors un modèle. Pourtant, l’enjeu central fut précisément celui de la transition dans des pays qui partaient d’un capitalisme arriéré (avec, entre autres problèmes, une productivité basse du travail), c’est-à-dire de conditions de développement inférieures par rapport à celles que Marx mettait en avant dans son texte classique. Or justement, au cours de la transition, la mise en mouvement et l’auto-organisation apparurent comme indispensables pour lutter contre la bureaucratisation (qui chercha à les liquider à tout prix, et y parvint dans la pratique).

Trotsky a soigneusement étudié ces problèmes à propos de la bureaucratisation de l’URSS. Il soulignait les contradictions d’une économie de transition entre le vieux capitalisme arriéré russe et les objectifs socialistes, le double caractère de l’Etat ouvrier (socialiste dans la mesure où il défendait la propriété collective des moyens de production, bourgeois en tant qu’il reposait sur des normes bourgeoises de répartition), et la nécessité de balayer la bureaucratie au travers d’une révolution politique qui restaurerait la démocratie soviétique, restituant une légalité à tous les partis et tendances qui défendaient les conquêtes de la révolution. Cette problématique s’intègre à la théorie de la révolution permanente, qui postule la relation consubstantielle entre révolution à échelle nationale et internationale, entre tâches démocratiques et tâches socialistes, et qui conçoit la transition comme un processus constant de transformations à l’intérieur de la société post-révolutionnaire. En ce sens, la lecture anti-étapiste que propose Garo peut servir à attirer l’attention sur l’importance de la transition, et en particulier sur la nécessité d’une dynamique sociale et politique expansive par en bas, qui est fondamentale pour lutter contre tout type de bureaucratisation. Ainsi, cette perspective a de nombreux points de contacts avec les élaborations de Trotsky, même si le livre est centré entièrement sur Marx.

Une stratégie des médiations pour repenser la révolution

Pour Garo, dans une réalité modelée par des décennies de « néo-libéralisme », le problème de la stratégie apparaît comme un « problème de triangulation » qui requiert la construction de médiations politiques, articulant « formes de mobilisation et d’organisation, programme et projet, mais aussi reconstruction d’une culture contestataire commune associée à des formes de vie sociale réinventées, attractives et capables d’expansion. » (P267)

Reprenant les réflexions d’Aristote, Hegel et Marx sur le problème de la médiation, Garo reprend ce concept, en le distinguant du sens qu’il a pris actuellement : une instance de résolution de conflits dans laquelle les deux parties cherchent un accord par l’intermédiaire d’un tiers apparemment neutre. Pour Marx, la médiation n’est pas la mise en relation, plus ou moins arbitraire, de trois termes extérieurs les uns aux autres, mais le produit des relations sociales qui construisent des représentations qui leur sont consubstantielles. Dans le cas du capitalisme, il s’agit de l’argent, de l’Etat, mais aussi des formes qu’acquièrent la conscience et la connaissance. La médiation et la représentation proprement marxistes consisteraient dans le développement d’une organisation et d’une culture politique qui, partant des contradictions du capitalisme et de ses représentations, puisse offrir une alternative qui surgisse de l’intérieur des processus et mouvements de résistance au capitalisme, et non comme une idée abstraite.

Dans ce cadre, Garo met en avant les élaborations de Gramsci concernant les problèmes de l’hégémonie, en les distinguant des lectures vulgaires en termes d’ « hégémonie culturelle » et en proposant la construction d’une articulation de pratiques sociales, politiques et culturelles qui puisse façonner une alternative au capitalisme, fondée sur la mobilisation et l’organisation par en bas. Ici, Garo souligne l’importance des institutions tels que les soviets, conseils ou usines sous contrôle ouvrier, mais aussi de l’organisation politique, vis-à-vis de laquelle elle note les difficultés des gauches réformistes autant que révolutionnaires.

Soulignant les problèmes actuels de l’Etat (et des partis), du travail et de la propriété, de l’écologie, de l’antifascisme, du genre ou de la race, Garo conclue à la nécessité de repenser la révolution. Dans sa perspective, il est nécessaire d’unir ces combats pour offrir une alternative qui aille plus loin que les luttes pour des demandes partielles et permette, en parallèle, de dépasser les impasses des gauches réformistes électoralistes autant que celles de l’autonomisme. Ce dernier entend en effet construire à côté de l’Etat, coexistant de fait avec lui, ou alors s’affronter à lui de façon totalement déconnectée des rapports de forces réels.

Quelques éléments de critique et de conclusion

Si le travail de Garo, à la recherche des éléments stratégiques de la pensée de Marx, apporte de nombreux éléments pour une compréhension plus complète de sa théorie et de sa praxis révolutionnaire, le mouvement ouvrier a fait face, depuis Marx, à un certain nombre de questions importantes auxquelles celui-ci n’a pu se confronter. Elles soulèvent pourtant des enjeux théoriques auxquels il conviendrait de donner plus de poids dans une réflexion sur les problèmes stratégiques d’un point de vue marxiste.

L’une de ces questions concerne les relations entre l’Etat de type Commune, particulièrement mis en avant par Garo, et les soviets ou conseils ouvriers et populaires qui ont surgi au cours de la révolution russe – mais qui eurent des équivalents ou des formes d’organisations semblables dans d’autres processus révolutionnaires de montée de la lutte de classes. La question de la dualité de pouvoir est abordée ici d’un point de vue relativement indéfini en ce qui concerne les organismes qui incarneraient le « mouvement réel », de même que pour ce qui est de la relation entre le marxisme classique et des élaborations comme celles de Poulantzas sur la position face à l’Etat (destruction ou démocratisation de l’Etat bourgeois). D’autre part, la question du parti telle que Marx la connaissait (les communistes comme une tendance de plus de celles du mouvement ouvrier organisé comme parti-classe) a perdu une partie de ses fondements avec le développement de la bureaucratie syndicale et la division du mouvement ouvrier entre courants réformistes et révolutionnaires, entraînant l’approfondissement des luttes stratégiques en son sein.

Garo dresse un certain bilan de la situation des gauches. Le PCF, réduit à un appareil électoral sans poids réel, les différents autonomismes, limités aux cadres d’un activisme restreint, l’extrême-gauche, marginale face au mouvement de masse. Dans ce cadre, le surgissement du « mouvement réel » apporterait sans doute de nouvelles forces pour repenser la question du parti. Or, ici surgit une question qui unit les réflexions théoriques à des expériences politiques récentes. Ce livre de Garo dialogue en effet, sous de nombreux aspects, avec les réflexions menées par Daniel Bensaid durant les années 1990 et 2000, autour des problèmes de la stratégie et du marxisme. Le dernier pari politique de Bensaid fut la fondation du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), qui traverse aujourd’hui une importante crise. Dès lors, une des réflexions qui restent à approfondir – pas seulement pour Garo, mais pour tous ceux qui s’intéressent aux problèmes de la stratégie marxiste – réside dans le bilan de l’expérience des partis larges anticapitalistes, en relation avec les élaborations théoriques – sans doute très riches sous de nombreux aspects – de Daniel Bensaid.

En lien avec les éléments soulevés plus haut, il serait également important de prolonger certaines réflexions plus spécifiques concernant la relation entre syndicats, parti et mouvements sociaux, bureaucraties syndicales et Etat, insurrection et guerre civile. Ces enjeux centraux ont été travaillés par le marxisme de la IIIème Internationale au cours de ses quatre premiers congrès, notamment par Gramsci et par Trotsky qui, quant à lui, pourrait être un interlocuteur important de Garo concernant la problématique de la transition. Communisme et stratégie n’ignore ni ne nie ces thèmes, mais ils ne sont abordés que dans le cadre offert par une relecture de Marx : très solide pour réfuter les courants antimarxistes, mais relativement général pour la réflexion qui concerne les développements mêmes du marxisme.

Inclure ces enjeux aurait modifié substantiellement la portée du livre. Pourtant, souligner leur importance ne vise pas tant à proposer un nouvel axe pour la discussion posée par Garo qu’à souligner la limite d’une lecture principalement établie sur Marx pour le traitement de certaines problématiques importantes. Il s’agit ainsi avant tout de proposer de possibles directions pour la poursuite de la réflexion de Communisme et stratégie, qui constitue une contribution fondamentale de Isabelle Garo au débat marxiste contemporain.

Juan Dal Maso

Source : le site revolutionpermanente.fr

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André Breton : La dernière grève

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C’est sans doute au sujet du travail que se manifestent les plus sots préjugés dont soit imbue la conscience moderne, au sens collectif du mot. Ainsi les ouvriers, excédés à bon droit du sort inférieur qui leur est fait, se fondent généralement pour affirmer leur droit de vivre sur le principe même de leur esclavage.

Au nom du sacrifice individuel qu ils consentent, qu’ils luttent de ci de là pour obtenir une légère atténuation de leur peine, selon moi c’est trop peu, en vérité. A leurs grands maux, bien sûr ils n appliquent pas assez les grands remèdes des révolutions. Mais la convention sociale dont ils sont de naissance les prisonniers les plus surveillés leur a fait une âme de misère. Ils se recommandent trop volontiers de leur capacité de travail, par un de ces détours élémentaires qui, dans sa réflexion sur lui-même, conduit l’homme à s’exagérer la valeur de ce qu’on méconnaît en lui. Si paradoxal que cela puisse paraître, ils cultivent de façon quasi-religieuse l’idée du travail. C’est à croire que par là, comme tous les autres, ils éprouvent le besoin de donner la mesure de leur désintéressement. Il n’est pas jusqu’à la dureté du travail qui ne confère à ceux qu’il courbe le plus le maximum d’autorité. Dans les confédérations les voix qui l’emportent ne sont-elles pas aujourd’hui celles du Bâtiment, de la Terrasse, des Métaux ? Toutes proclament le caractère sacré du travail et tendent à l’exalter d’autant plus que ce travail est plus matériel.

De là la scission qui s’accuse chaque jour entre « manuels » et « intellectuels » au grand profit d’une gent sans scrupules, complètement indigne de pitié, qui les exploite les uns et les autres. Certes je ne nie pas que les premiers aient eu quelques raisons de se plaindre des seconds. Il est inadmissible que la grande colère des ouvriers, si belle, si pleine de sens, se canalise indéfiniment dans les savants discours de ces messieurs. Quelques duperies exemplaires, dont c’étaient toujours les mêmes qui se rendaient coupables, justifient à cet égard les dernières réserves. Il n’en est pas moins vrai qu’ici une distinction s’impose, faute de laquelle le ferment révolutionnaire menace à notre époque de demeurer inactif. Or je pense avec tous les hommes vraiment libres que la Révolution, jusque dans ses abus, demeure la plus haute, la plus émouvante expression qui se puisse donner de cet amour du Bien, réalisation de l’unité de la volonté universelle et des volontés individuelles. Celles-ci n’ont pas à s’identifier avec la loi et la raison, telles du moins qu’on nous les présente. C’est dans une révolution qu’à travers le jeu nécessaire des penchants humains la vérité morale pourra seulement se faire jour. Bon gré mal gré il faut que cette sorte de jugement ne se bute pas à l’hostilité systématique des meneurs ouvriers. Qu’ils ne nous demandent pas de prendre leur cause en mains, encore moins de faire aboutir leurs revendications. Selon nous ils ne sont que depuis trop longtemps le jouet du mirage politique. Là où les paroles les ont trahis eussent toujours été mieux placées des armes.

Qui sommes-nous donc devant eux ? Les derniers, d après leur hiérarchie du travail. En effet, il nous a été donné non seulement de choisir nos occupations, mais encore de ne subir dans ces occupations d’autre contrainte que la nôtre, de tirer de la nature de notre production une joie personnelle suffisante pour que nous n’ayions, en fait de maîtres, à nous plaindre que de nous. Artistes, philosophes, savants, on ne nous fait pas cette injure de nous payer « aux pièces » et bien hardi qui s’arrogerait le pouvoir de reconnaître entre nous ceux qui seuls ont droit de cité. C’est de toute notre vie qu’il nous sera demandé compte, nous le savons, et que ceux qui nous patronnent ne sont pas encore nés. Nous ne sommes guère des travailleurs ; c’est presque toujours nous embarrasser fort que de nous poser la question d’usage : « Travaillez-vous en ce moment ? » (Peut-on dire qu’Hercule, que Christophe Colomb, que Newton travaillaient ?) Nos attributions nous éloignent en majorité, autant qu il est possible, de ce que se répartissent du monde intellectuel les professions libérales proprement dites. Du point de vue révolutionnaire, il y a lieu de constater que ces dernières ont fourni dès à présent un tel contingent d’arrivistes et de traîtres que nous sommes prêts à leur marquer la même défiance que leur marque la classe ouvrière.

Il nous reste, dans les limites où il nous appartient d agir avec efficacité, à témoigner en toutes circonstances de notre attachement absolu au principe de la liberté humaine et cela, je crois, non pas seulement en assurant individuellement dans notre oeuvre la sauvegarde de ce principe, non pas seulement en élevant une faible protestation contre chaque violation qui en est faite, mais encore en recourant, le cas échéant, aux moyens d’agitation générale les plus propices, à commencer par la grève.

La grève

Que les rieurs me pardonnent, je n’ai pas l’intention de plaisanter. L’insuffisance de repos et de salaire ne sont pas au monde les seules causes de mécontentement. Puisqu’à ne considérer que la fin qui nous occupe, ce mécontentement apparaît la condition nécessaire d’une révision globale des pouvoirs, sa nature ne saurait en aucune manière être sujette à caution. En ce qui nous concerne, en ce qui concerne tous ceux qui poursuivent avec un complet désintéressement leurs recherches dans le domaine de la pensée, nous aurions, si nous voulions, à régler avec la société un conflit autrement grave que celui qui met aux prises employeurs et employés. C’est devenu un lieu commun de déplorer la grande misère des laboratoires. On ne sait au juste comment subsistent les savants. Les grands poètes fiers meurent dans l’indigence : la fin de Baudelaire, de Jarry ont beau faire verser des larmes de crocodile, il y a quelque part, en Bretagne, un homme adorable sur qui s’acharne un semblable destin. A soixante-quatre ans, cet homme, qui fut à tous égards une providence, voit le vent et la pluie crever son manoir. Il ne se plaint d’ailleurs pas (lui, se plaindre !) et pourtant, dans le même temps, l’absurde Henri de Régnier se prélasse à l’Académie française, pourtant il continue à être question de Mme de Noailles. Paul Fort est pauvre pendant que Jammes, au prix de quels services, vit grassement. Je n’espère pas faire cesser ce scandale, mais, m’adressant à tous ceux qui savent encore jouir d’une puissante idée, d’un beau poème, je leur demande si une telle infamie doit se perpétuer, s’il est vrai que les Patries veulent le plus tôt possible le sang de leurs grands hommes. Quelles sont les lois qui protègent cette forme de l’activité humaine, précieuse entre toutes ? Est-il juste, par exemple, qu’à talent égal, les peintres s’enrichissent sur le sol même où les poètes pourraient mendier ? Ces questions, rien ne saurait me retenir de les poser pour ceux qui ne les posent pas, et dans l’intérêt seul de l’esprit. Le dénuement matériel, supporté héroïquement ou non, est toujours une entrave. Sous l’Ancien Régime même, on paraissait l’avoir compris et il semble aujourd’hui qu’un choix assez judicieux présidait à l’attribution des pensions. Ce ne saurait être une raison pour que nous ne nous opposions pas aujourd’hui à l’éventualité d’un tel choix. Un mauvais ouvrier doit bien pouvoir vivre de son travail.

A ces revendications que je formule à dessein sur le modèle des revendications ouvrières viennent naturellement s’adjoindre celles qui s’appuient sur l’absolue nécessité de maintenir hors de toute atteinte non seulement la liberté de pensée, mais celle d’exprimer cette pensée. Cela ne suppose rien moins qu’au premier chef l’abrogation des lois indéfendables visant les menées anarchistes. Il importe que les hommes qui, sans vulgaire ambition, consacrent leur vie à assurer le triomphe de l’esprit, soient mis une fois pour toutes à l’abri des persécutions, qu’ils n’aient rien à craindre des puissants de ce monde. Les mesures de protection envisagées jusqu’ici se sont montrées illusoires : d’Espagne on réclame aujourd’hui l’extradition d’un écrivain accusé du crime de lèse-majesté ; on en exile impunément quelques autres. En France on tolère l’établissement de la censure pendant la guerre. Ce n’est pas à un syndicat, si bien organisé soit-il, — et je ne pense pas à celui des gens de lettres, nécessairement composé en majeure partie d’industriels— qu’il appartient de résoudre de tels différends.

Pourquoi pas la grève ? Elle a été jusqu’ici le seul recours de nos amis les vrais travailleurs et elle a l’avantage de présenter une valeur symptomatique des plus objectives. Je la vois très bien éclater à l’occasion d un incident de presse ou autre comme il s’en produit tous les jours. Il ne tiendra qu’à nous qu’elle se prolonge assez longtemps, puisque matériellement nous n’avons rien à y perdre. Ce sera comme une grève des électriciens qui durerait plusieurs soirs. Sans doute notre première tentative échouera, et la seconde, et la troisième. Mais un jour ! Il y aura des pétitions, des réunions. Le débauchage, si l’on peut dire, s’opérera comme ailleurs, quoique d’une façon plus violente, j’espère. Et puis ce sera le silence sur toute la ligne de la pensée ; il ne paraîtra plus de livres, ou des livres ridicules, si nous ne saccageons pas les boutiques ; c’en sera fini momentanément des recherches de laboratoire, d’atelier. D’opinion désintéressée sur tel ou tel sujet, chacun n’aura plus que la sienne, incertaine. Oh ! cela n’est pas impossible à réaliser, qu on y prenne garde : cela se conçoit. Que penserait-on, tout de même, en février 1926, pour peu qu’il y ait un an que cet interdit durât ? Le temps paraîtrait bien long, qu en dites-vous ? Tiens, le chômage aurait atteint les ouvriers typographes, peut-être quelques libraires, les étudiants s’agiteraient pour de bon, etc. Et l’on feuilletterait quelque part avec regret les deux premiers numéros de La Révolution surréaliste, accueillante pourtant aux idées subversives, mais qui serait déjà une douce et triste chose…

André Breton

Texte d’André Breton paru dans La Révolution surréaliste, n° 2, 15 janvier 1925.

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Albert Camus, le danseur de corde

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Dans une chronique publiée dans L’Express le vendredi 28 octobre 1955, Albert Camus livre, dans un exercice alambiqué, son regard sur la lutte de libération des Algériens. Il le fait en se démarquant nettement de ceux qui, parmi ses compatriotes français, ont pris fait et cause pour cette lutte. Tout au long du texte, l’auteur roule et déroule un argumentaire qui, on le sent, lui semble difficile à faire admettre. Il se met dans un centre dont il tente, seul, de définir une circonférence.

Albert Camus ignore délibérément toutes les données de la tragédie algérienne et s’accroche à l’espoir de tout arrêter avec un retour de tous à une notion de justice dont il se garde de livrer le contenu. Son célèbre dilemme, entre sa mère et la justice, est éblouissant dans le texte. On se rend compte qu’entre une justice sans réalité et une mère réelle et présente, il ne pouvait pas ne pas choisir la mère.

Il commence ainsi : «Avant d’en venir, sinon aux solutions du problème algérien, du moins à la méthode qui les rendait possibles, il me reste à m’adresser aux militants arabes (comprendre le FLN). A eux aussi, je demanderai de ne rien simplifier et de ne pas rendre impossible l’avenir algérien. Je sais que, du bord où je suis, ces militants ont l’habitude d’entendre des discours plus encourageants.»

L’avertissement nous prépare à ne pas attendre de lui ce qui devrait être attendu d’une personnalité vécue, plus que de nombreuses autres, comme une alliée naturelle. Il ne va pas rejoindre le combat parce qu’il a d’autres solutions et une méthode au «problème», dont il n’ose pas dire le nom. Il nous explique pourquoi il ne va pas être encourageant : «Si j’étais d’ailleurs un combattant arabe et que des Français vinssent m’assurer de leur appui inconditionnel, il va sans dire que j’accueillerais avec empressement ce renfort. Mais Français de naissance et, depuis 1940, par choix délibéré, je le resterai jusqu’à ce qu’on veuille bien cesser d’être allemand ou russe: je vais donc parler selon ce que je suis.»

Il veut rester Français, tout simplement. Il ne dit pas que ceux qui soutiennent les «militants arabes» ne sont pas Français, mais pour lui, seul, cela aurait la conséquence de perdre la France.

Son «seul espoir est que les militants arabes qui [le] liront voudront réfléchir au moins aux arguments d’un homme qui, depuis vingt ans, et bien avant que leur cause soit découverte par Paris, a défendu sur la terre algérienne, dans une quasi-solitude, leur droit à la justice.» Ici, il se dédouane par la primauté de l’intérêt pour la cause algérienne et minore ceux qui l’ont rejointe plus tard.

Il cherche, ensuite et ouvertement, à isoler les réseaux de militants anticolonialistes en les discréditant aux yeux des indépendantistes : «Qu’ils fassent d’abord, et soigneusement, la différence entre ceux qui soutiennent la cause algérienne, parce qu’ils souhaitent, là comme ailleurs, la démission de leur propre pays, et ceux qui demandent réparation pour le peuple algérien parce qu’ils veulent que la France soit grande aussi de sa justice. L’amitié des premiers, je dirai seulement qu’elle a prouvé déjà son inconstance.» La liberté des Algériens passe par la promotion de la France à travers sa «justice», Camus veut en convaincre les militants du FLN, comme si ces derniers pouvaient se soucier de ce que la France coloniale pouvait subir. Il faudrait être un grand naïf pour admettre que l’auteur n’en est pas un.

Ayant réglé leur compte aux tenants français de l’indépendance, il veut se placer. Il se dit faire partie des seconds « … qui sont et ont été plus sûrs, il faut seulement qu’on ne stérilise pas leur difficile effort par des flots de sang ou par une intransigeance aveugle». Il faut donc cesser de se battre et attendre que Camus fasse appliquer sa notion de justice. Il précise quand même un peu :

«Les massacres de civils doivent être d’abord condamnés par le mouvement arabe de la même manière que nous, Français libéraux, condamnons ceux de la répression. Ou, sinon, les notions, relatives d’innocence et de culpabilité qui éclairent notre action disparaîtraient dans la confusion du crime généralisé, dont la logique est la guerre totale.» La menace est claire, nous ne savons pas si Camus avait cette intention, mais il veut faire peur en brandissant la «guerre totale» à la face des nationalistes. L’offensive de l’ALN dans le constantinois est invoquée pour appuyer ses assertions : «Déjà, depuis le 20 août, il n’y a plus d’innocents en Algérie, sauf ceux, d’où qu’ils viennent, qui meurent. En dehors d’eux, il n’y a que des culpabilités dont la différence est que l’une est très ancienne, l’autre toute récente». Tous coupables, sans nuances, sauf l’ancienneté. Colonisateurs et colonisés dans la même violence et la même injustice. C’est une loi de l’histoire, dit-il :

«Telle est, sans doute, la loi de l’histoire. Quand l’opprimé prend les armes au nom de la justice, il fait un pas sur la terre de l’injustice.» D’après lui, devant cette attitude de l’opprimé, la loi de l’esprit en dicte une autre : «Mais il peut avancer plus ou moins et, si telle est la loi de l’histoire, c’est en tout cas la loi de l’esprit que, sans cesser de réclamer justice pour l’opprimé, il ne puisse l’approuver dans son injustice, au-delà de certaines limites. Les massacres des civils, outre qu’ils relancent les forces d’oppression, dépassent justement ces limites et il est urgent que tous le reconnaissent clairement». Les conséquences de la guerre d’indépendance sont résumées aux victimes françaises et il a «une proposition à faire, qui concerne l’avenir» et dont il parlera bientôt.

Camus projette, alors, sa vision de l’«avenir arabe», tout «respectable» qu’il le considère. Il le pense « …commandé par l’accession rapide des peuples musulmans à des conditions de vie modernes… » et compromis «par un mouvement plus aveugle qui, sans souci des besoins matériels immenses de masses tous les jours multipliées, rêve d’un panislamisme qui se conçoit mieux dans les imaginations du Caire que devant les réalités de l’histoire». Parce que « …ce n’est pas par l’Orient que l’Orient se sauvera physiquement, mais par l’Occident, qui, lui-même, trouvera alors nourriture dans la civilisation de l’Orient.» Bourguiba en serait l’exemple à suivre. «Les Français (lui en l’occurrence)…ne peuvent en tout cas soutenir l’aile, extrémiste dans ses actions, rétrograde dans la doctrine, du mouvement arabe.» «Ils (Camus) se prononcent pour la personnalité arabe en Algérie, non pour la personnalité égyptienne. Et ils (Camus) ne se feront pas les défenseurs de Nasser sur fond de tanks Staline ni de Franco prophète de l’Islam et du dollar. En bref, ils ne peuvent être les fossoyeurs de leurs convictions et de leur pays.» Alors, viendra la reconnaissance de «la personnalité arabe» par «la personnalité française». Cette reconnaissance a une condition «il faut pour cela que la France existe».

La chute de la chronique camusienne peut survenir. Il s’est expliqué et peut oser cette phrase : « … nous, qui demandons aujourd’hui la reconnaissance de cette personnalité arabe, restons en même temps les défenseurs de la vraie personnalité française, celle d’un peuple qui, dans sa majorité, et seul parmi les grandes nations du monde, a le courage de reconnaître les raisons de l’adversaire qui présentement le combat à mort. Un tel pays, qu’il est alors révoltant d’appeler raciste à cause des exploits d’une minorité, offre aujourd’hui, malgré ses erreurs, payées au demeurant de trop d’humiliations, la meilleure chance d’avenir au peuple arabe».

Toute la détresse du militant de « gauche » , pied-noir dans l’âme, s’étale. Il n’aura convaincu personne. L’exclusion des Algériens dans ses livres est le symptôme de la déchirure qu’il vit, entre son vécu et une réalité sociale qu’il voudrait plus tranquille, au prix de l’acceptation de la ségrégation colonialiste. Surtout qu’il s’agit, pour lui, de justifier son attitude qui ne ressemble ni à celle de ceux qui se battent ni à celle de ceux qui les soutiennent ni à celle des colonialistes (qu’il n’évoque, étrangement, pas dans sa problématique).

Bien avant lui, des communistes pieds-noirs ont refusé, contre les orientations léninistes, l’indépendance, soit ouvertement en brandissant la peur d’un gouvernement arabe, soit en proposant l’émancipation dans une France socialiste, soit en demandant de différer l’objectif en arguant que l’Algérie était encore une «nation en formation».

Par Ahmed Halfaoui

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Culture

Drame du concert de Soolking : Idir soutient le rappeur et le DG de l’ONDA

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Le chanteur emblématique Idir a enfin réagi, dans une vidéo diffusée en ligne, sur le drame du 22 août dernier qui a coûté la vie à cinq adolescents lors du concert de Soolking au stade du 20-Août à Alger.

L’immense chanteur d’expression kabyle, Idir a tenu à soutenir et rassurer le rappeur Soolking et de l’encourager de continuer son parcours artistique malgré le drame du stade du 20-Août, à Alger.

C’est un soutien emblématique qui vient au secours de Soolking. «Ce n’est pas de ta faute mon fils, continue ton chemin. J’aime bien ce que tu fais», témoigne Idir.

Le maître de la chanson kabyle a aussi estimé que ce n’était non plus la faute au DG de l’ONDA, Samy Bencheikh qui a été démis de ses fonctions par Noureddine Bedoui. «C’est un homme que je connais bien. Il est intègre et proche des artistes. Ça serait dommage de se séparer d’un homme aussi compétant», dira l’interprète de l’immortelle chanson « Vava Inuva » avant d’affirmer son souhait de voir Samy Bencheikh réintégré après l’enquête sur les responsabilités de chacun.

Le sage, visiblement fatigué sur la vidéo, a tenu avec beaucoup d’émoi à présenter ses sincères condoléances aux familles des victimes du drame.


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