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Les dérives autoritaires du ministre de la Communication Hassan Rabehi

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Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Hassan Rabehi, membre du staff impopulaire de Bedoui, a prononcé le mercredi dernier un discours à l’adresse de la presse et des médias pour le moins inquiétant.

Dans une allocution à l’occasion de la distinction des lauréats du concours du Festival arabe de la radio et de la télévision de l’Union de radiodiffusion des Etats arabes (ASBU), organisé à Tunis, M. Rabehi s’est dit convaincu de « l’importance capitale de la lutte contre les parties aux intérêts contraires à ceux de la Patrie, une lutte qui doit être désormais menée aux volets médiatique et intellectuelle, d’où la nécessité pour les journalistes d’aller dans le sens des efforts des institutions nationales et des corps de sécurité, en matière de défense de l’image et des intérêts du pays, à tous les niveaux, aussi bien local qu’international ».

Au lieu de parler de la liberté de la presse, de la protection des journalistes, des conditions socio-économiques des travailleurs de la corporation, de l’accès aux sources, du soutien aux médias, le ministre parle de « lutte » qui devrait être « menée aux volets médiatique et intellectuelle » ! Ce qui en dit long sur la conception autoritaire de ce ministre illégitime.

Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, nommé par Abdelaziz Bouteflika juste avant son départ, parle de « lutte contre les parties aux intérêts contraires à ceux de la Patrie », sans définir au préalable qui sont ces « parties », ni encore ce que seraient « les intérêts de la Patrie ».

Le ministre dira plus loin : « La spécificité de la conjoncture que traverse le pays, avec toutes ses exigences et ses retombées, exige nécessairement une prise en charge continue et radicale du secteur de l’information et une véritable mobilisation, non seulement de la corporation des médias, mais aussi de l’ensemble des citoyens, en vue de se dresser tel un seul homme face aux ennemis de la Patrie, quels qu’en soient leurs positions et intérêts. »

Il est évident que les « intérêts de la Patrie » telles que définies par ce ministre sont à l’opposé de ceux que tente de protéger le peuple depuis le 22 février et grâce auquel une partie du personnel du système est en prison. Un tour à El Harrach aurait permis à cet ancien secrétaire général du ministère des Affaires étrangères de situer au moins où sont « les intérêts de la patrie ».

La décence aurait indiqué à ce ministre, porte-parole du gouvernement et ancien SG des Affaires de faire profil bas quand ce sont ses collègues du gouvernement et des institutions de l’Etat et leurs amis affairiste qui sont en prison et que tout le peuple accuse depuis des lustres de « trahison envers la patrie ».

Si Hassen Rabehi, censé expédier les affaires courantes de son administration, en arrive à tenir un discours aussi autoritaire et menaçant, c’est qu’il se sent revigoré de son soutien à l’homme fort du moment, le général-major Ahmed Gaïd Salah, dont il espère tirer des dividendes.

A. Guatri

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