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Chronique

Religion de paix versus religion de guerre

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En réponse à donner à l’activisme des mouvements islamistes armés, des approches très doctes prolifèrent, aussi bien dans le monde politique que dans les milieux intellectuels et religieux. 

Les conclusions sont toujours les mêmes. Il s’agit de promouvoir un « Islam modéré » ou « l’Islam des lumières », grâce à une meilleure interprétation du texte coranique, pour battre en brèche celle des prédicateurs fondamentalistes qui prônent la violence à la place d’une religion de paix.

Sur le sujet, les livres, les conférences, les contributions dans les médias, ne se comptent plus et continuent d’être proposés, avec des pics d’intérêt, selon que l’actualité soit plus ou moins brûlante. Paradoxalement, les partis dits islamistes, après avoir largement contribué à répandre et à banaliser, au sein de l’opinion, leur « révolution », se mettent aussi à cette quête d’apaisement et de lutte contre l’extrémisme. Il faut dire, que c’est d’avoir goûté au pouvoir qui les a transformés. Partant de là, ce sont les muphtis, les imams et les notabilités religieuses qui sont, d’abord, appelés à prodiguer la bonne parole, en usant de leur autorité morale, supposée, et de leur notoriété en tant que « sachants ».

L’effet fut presque nul, puisque le djihadisme a connu une flambée qui a embrasé le monde, sous différentes bannières, dont celle de Daech qui a dépassé tous les pronostics, en constituant un véritable Etat, sur les ruines de l’Irak et de la Syrie. Le postulat de base apparaît dans toute son inanité théorique.

La religion n’est pas l’origine de la violence. La violence est au cœur de la situation, la religion n’intervient qu’en tant qu’accessoire idéologique. C’est l’évidence même. Le lieu de naissance des groupes armés ou le profil des activistes sont très instructifs sur la question.

Le reste s’explique de lui-même. Jamais une religion n’a reculé de la sphère politique sans que la société accouche, elle-même, d’un type de gouvernance qui la renvoie dans les temples et dans la sphère individuelle.

Toutes les religions sont nées dans l’adversité et ont dû s’imposer par la violence. Plus tard, les versets peuvent être exhumés à d’autres fins, comme a fait le sionisme avec Josué et comme le font les wahhabistes et les desperados du djihad, en guise de bannière de ralliement.

Il suffit pourtant de comprendre que la religion ne vient pas a priori, mais plutôt a posteriori, en tant que discours qui désigne l’ennemi, qui sacralise la guerre qu’on lui mène et qui fait office de charte.

On ne devient pas djihadiste par le simple fait de lire un passage guerrier, ou très exceptionnellement, pour certains illuminés. On le devient poussé, d’abord, par la violence économique et sociale qui produit les candidats au martyre.

Et il serait utile de rappeler que le rôle des services de renseignement occidentaux, notamment le MI6 britannique et la CIA dans la promotion de l’Islam en lieu et place du communisme et des nationalismes, procéda de cette compréhension des choses.

Ils savaient que le mécontentement et la révolte sont inévitables et qu’il fallait leur donner un contenu moins noble, barbare, qui justifiera, plus tard, les interventions des « bombardiers humanitaires ».

A. Halfaoui

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