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Saïd Sadi : La dernière manipulation du pouvoir est confiée à six supplétifs…

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Saïd Sadi, très prolifique depuis le début du mouvement de dissidence citoyenne vient de commettre une analyse intéressante sur son mur Facebook. Nous la mettons à la disposition de nos lecteurs pour information et débat.

Je me trouvais au Canada quand j’ai appris cette hallucinante information. Pour libérer des Algériens injustement arrêtés, le pouvoir, désormais aussi illégal qu’illégitime, exige que la rue accepte sa feuille de route, c’est à dire de renoncer à la transition, autant dire la trahison du peuple. Cela s’appelle une prise d’otages.

Ce diktat, nous dit-on, est imposé pour le bien de l’Algérie. Mais passons sur les dirigeants, ils ont pillé, abusé et rien, hormis la volonté populaire, ne les fera bouger. Ce qui pose problème, ce sont ces personnes, ex-FLN ou assimilés, revenants ou réactivés, qui ne désespèrent pas de relancer le régime par l’organisation d’une présidentielle qui, dans les dispositions constitutionnelles actuelles, installera un dictateur au sommet de l’Etat. 
Combien de Lamamra faudra-t-il encore consommer pour faire comprendre aux nostalgiques d’un système anachronique que la rupture est inévitable ? 
La dernière manipulation a été confiée à six supplétifs. Invariable, la réponse du peuple a été cinglante ce vendredi. L’entendront-ils ? Si eux sont amenés à renoncer, d’autres clients ne seront-ils pas convoqués par leurs tuteurs – avant d’être, eux aussi, congédiés par les citoyens – pour tenter une autre opération de mystification ?

Autres sujets anecdotiques mais qui démontrent les potentialités du peuple.

C’était le 21 juillet dernier à l’amphithéâtre de l’université d’Ottawa pendant le débat qui a suivi l’exposé introductif de la conférence que j’y avais donnée autour de la question « Quelles issues pour l’Algérie ? ». 
Après quatre ou cinq intervenants, un adolescent de 13 ans demande la parole de la salle. Le modérateur la lui donne. Sans hésiter l’enfant descend et se place devant le micro face au public. On l’écoute.

Moi, ce qui m’inquiète quand je suis ce qui se passe en Algérie, c’est la position de l’armée. On voit bien que malgré les manifestations pacifiques, elle cherche la provocation. Et à force de pousser, elle peut arriver à des réactions de colère de la part des manifestants ; et si elle parvient à mettre de la violence dans la rue, les militaires peuvent tout justifier après. Et ce sera très difficile d’avancer après. Pouvez vous nous dire comment éviter de tomber dans le piège des provocations ?

Médusé, le public reste sans voix, avant d’applaudir.

Je reprends la parole pour donner un avis.

La question que tu soulèves est importante. C’est même l’une des questions que les adultes se posent et qu’ils essaient de résoudre. C’est même tout le défi qui se pose à la révolution algérienne. 
Alors, même si tu es petit j’aimerais saluer la maturité de ton intervention

La réponse fuse :

Je ne suis pas petit.

A la fin, l’impertinent s’approche de la tribune pour se faire dédicacer le livre consacré à Chérif Kheddam offert par ses parents. Je saisis l’occasion pour échanger avec sa mère qui me confie.

Nous sommes bien installés dans la capitale canadienne. Mais lui nous dit que plus tard il veut rentrer en Algérie pour être président et reconstruire le pays.

Pendant la même rencontre, un homme d’une quarantaine d’années s’approche de la tribune à la fin des débats pour, lui aussi, se faire dédicacer un de mes ouvrages ; puis il me tend deux livres qu’il m’avait dédicacés. Louenas Hassani, c’est son nom, me dit :

Voilà, je les ai écrits il y a longtemps même si l’édition est récente. J’aimerais savoir ce que vous en pensez.

J’ai commencé à lire l’un d’eux « la république de l’abîme » dans l’avion. Époustouflant. Un style vif, le mot alerte et la phrase incisive portent une narration pendulaire où le lecteur voyage entre les époques lointaines par la chronologie et si proches par la tragédie humaine. Il y est décrit la descente aux enfers d’esprits libres pris dans les rets par les insidieuses bigoteries qui broient les intelligences et les espaces de vies quand elles investissent le pouvoir. S’il persévère, cet auteur est promis à une belle carrière. Merci pour ton beau cadeau et bon courage Louenas.

Pendant les quatre jours passés au Quebec, j’ai vu des femmes et des hommes du CKC aussi dévoués que désintéressés mettre en œuvre un projet de représentation mûrement réfléchi de leur communauté. Leur ambition ? Donner de cette dernière une image vertueuse et attractive, ce à quoi les autres initiatives, minées par l’exportation de géhennes ancestrales, n’ont pas pu parvenir. Leur projet frappe par la solidité et le sérieux de ses choix programmatiques, la rigueur de leur préparation et la durée de leur projection. Certains chantiers sont prévus à échéances de cinq ans. De ce que j’ai pu constater, leur crédibilité inspire respect à leurs compatriotes et également aux autorités canadiennes, provinciales et fédérales, ainsi qu’aux grands médias qui leur accordent une attention largement méritée.

Autre événement qui affecte nos voisins mais nous concerne directement.

Ce samedi, la Tunisie a enterré Baji Gaid Essebci, le premier et unique président démocratiquement élu. Il avait 92 ans. Tout le pays lui rend hommage. Ayant servi sous Bourguiba et même sous Ben Ali, l’homme aurait pu passer pour un irrécupérable apparatchik. Ses tentations népotiques ( il voulait préparer son fils à sa succession ) avaient soulevé quelques vives polémiques. Mais le pays de Bourguiba qui sait que l’avenir d’une nation se juge à la place de la femme dans la cité a préféré retenir ses dernières décisions portant sur ce sujet, sensible entre tous. Celles-ci, révolutionnaires et sans équivalent dans les pays où domine la religion musulmane, ont largement compensé le passif d’une permanence dans le pouvoir qui aurait disqualifié n’importe quel dirigeant. 
A quatre vingt et onze ans, il a assumé des positions qu’aucun autre dirigeant de la région n’a osé simplement aborder.

Répondant au mois d’aout 2018 à une agitation islamiste qui tentait de faire barrage à la loi sur l’égalité successorale qu’il préparait, il déclare : « La Tunisie est un Etat civil, ajoutant qu’il faut cesser de dire que la référence de l’Etat est la religion. »

Que tous mes ami(e)s tunisien (ne)s trouvent ici l’expression de ma profonde compassion et de ma fraternelle solidarité.
Ils savent mon engagement pour une Afrique du nord démocratique à laquelle Baji Caïd Essebci a apporté sa subtile contribution à chaque fois que l’occasion lui en a été donnée. Saïd Sadi

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Ce Said Saidi est un vendu il rencontre le sioniste Bhl en plein chaos indigne ignoble pactiser avec l’ennemi c’est révoltant qu’il la ferme et aille vivre à tel aviv

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