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Politique

L’instance de dialogue de plus en plus isolée

La Rédaction

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Rien ne va plus pour l’instance nationale de dialogue. A peine née, elle est déjà au cœur de polémiques et d’un feu nourri de refus.

Après les vertes critiques essuyées pendant les marches de vendredi, voilà que d’importantes personnalités invitées à participer à leur « dialogue » viennent de lui signifier leur refus.

En attendant d’autres défections, Mouloud Hamrouche, Mokrane Aït Larbi et Djamila Bouhired ont déjà fait connaître leur position. Ahmed Taleb Ibrahimi et Mustapha Bouchachi ont eu déjà à se prononcer sur la question. C’est niet donc pour eux. Drifa Ben M’hidi vient d’annoncer que le dialogue doit se faire par et avec les jeunes, pas par de vieux politiques en totale déphasage. Cinglant ! Même le porte-parole du Cnapeste, Messaoud Boudiba a rejeté l’invitation de Karim Younès. C’est dire…

Ce qui en fait déjà beaucoup trop.

Pour tous ces noms dont certains accompagnent dans la rue le mouvement de dissidence, il n’est pas question qu’ils prennent part aux réunions de médiation de l’instance de dialogue. Ils n’y croient pas, comme au demeurant les centaines de milliers de manifestants qui l’ont clamé vendredi 26 juillet.  Car non seulement l’agenda de cette instance mais aussi les conditions de sa création qui posent problème.

Il est manifeste que le seul objectif de cette instance en dépit des assurances de Karim Younès est bien l’organisation de la présidentielle. Point d’autre possible ordre du jour donc. Autrement dit, derrière son habillage indépendant, l’instance est là pour faire avaliser l’agenda du pouvoir au demeurant rejeté par le mouvement de dissidence, les organisations syndicales et une large part de la classe politique.

Au sortir de ses membres de la première rencontre avec le chef de l’Etat par intérim, Karim Younès a rendu publics quelques-uns des préalables. Petit hic : le premier concernant la libération des détenus d’opinion n’est pas satisfait. Les détenus d’opinion semblent devenir une monnaie de marchandage, estiment certains observateurs. Saïd Sadi l’a d’ailleurs clairement soutenu.

Parasitage au lancement

Cette instance de dialogue était déjà née entachée de malentendus et de non-dits. Entre les déclarations de Karim Younès qui semble être son chef, celles du chef de l’Etat et celles du patron du Forum de la société civile qui a annoncé sa naissance, il y a comme anguille sous roche. Aucune concordance sur les initiateurs de cette instance. Mais au final, tout le monde a compris que c’est bien la présidence et l’institution militaire qui ont été à la manœuvre.

Pas seulement, l’instance est passée de 13-1 aux six en l’espace d’une poignée de jours. Pourquoi avoir écarté la moitié des membres pour ensuite lancer un appel  à 23 personnalités ?

A la lumière des derniers refus et eu égard au blocage sur la libération de Lakhdar Bouregaâ et de la centaine de porteurs de l’emblème amazigh qui croupissent depuis plusieurs mois en prison, il apparait clairement que l’instance que dirige Karim Younès entame une semaine très cruciale.  « Cette semaine sera décisive. Si les engagements pris par la Présidence ne connaissent pas un début d’exécution, le panel se réunira et examinera l’éventualité de la suspension de ses travaux et pourra même aller jusqu’à son auto- dissolution », avait prévenu Karim Younès.

Si donc des mesures d’apaisement ne sont pas prises ces jours-ci, il est manifeste que cette instance mourrait de sa belle mort comme l’initiative menée par Abdelaziz Rahabi restée sans lendemains.

Plus que jamais, le pouvoir comme l’instance de médiation est dans l’impasse. Que va-t-il faire ?

Khali Idir

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