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Chronique

Khalti Houria…

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Le 26 janvier 1997, Amel Zenoune Zouani, étudiante en droit, est égorgée à Sidi-Moussa, par le Groupe islamique armé (GIA).

Elle avait 22 ans et disait souvent à sa mère : « maman je t’aime, dans quelques mois je finirai mes études, je vais travailler acheter une voiture et te faire promener là ou tu veux, maman tu as souffert mais je vais te rendre heureuse… ».

Un horizon merveilleux qui illuminait les regards de la maman et de sa fille. Cette promesse est rapportée par sa mère, Zouani Houria, Khalti Houria, pour ceux qui la soutenait dans sa tragédie, déversait sa douleur dans un journal intime, que son autre fille, la sœur d’Amel va trouver et le rendre public.

Amel a été tuée parce qu’elle a bravé la dictature du GIA en poursuivant ses études et parce qu’elle ne portait pas de voile. Khalti Houria est morte, à l’âge de 63 ans, profondément affectée par le sort fait à son enfant, sans que son vœu le plus cher ne soit réalisé, celui de voir les assassins devant les juges.

Khalti Houria est une mère accablée par une douleur indicible, qui n’a jamais pu comprendre, ni accepté, que le GIA se soit arrogé le droit d’égorger, comme il l’a fait.

Elle n’a pu exprimer, depuis le crime jusqu’à sa mort, qu’une colère impuissante à l’encontre des islamistes armés, surtout ceux qui se sont « repentis », profitant des dispositions de la loi en la matière.

Les géniteurs, au-dessus de la mêlée, échappent à son regard. Ceux-là qui ont créé le monstre, l’ont recruté, formé, financé et armé pour lutter contre le communisme et les nationalismes, dans les pays dit arabes et/ou musulmans. Ceux-là qui ont fait de l’Afghanistan une pépinière de djihadistes, qui ont promus les combattants islamistes au rang de « combattants de la liberté » (Dixit Ronald Reagan, président des Etats-Unis d’Amérique).

Ceux-là qui, depuis le début des années 1980 au début des années 90, ont recruté des dizaines de milliers de jeunes, issus des pays ciblés, pour en faire des brutes sanguinaires, dans des camps d’entraînement au Pakistan et au cours de la lutte contre l’armée soviétique.

Auréolés du titre de moudjahidines, arborant fièrement la tenue afghane, symbole du triomphe contre un régime « athée », ils seront réinjectés dans leurs pays d’origine pour constituer l’élite des groupes islamistes armés, comme en Algérie. Convaincus de la justesse de leur choix, ils étaient prêts à mourir pour l’avènement d’une société islamique mythifiée. Abreuvés d’une propagande soutenue par la technologie hollywoodienne, ils ont cru à leur mission divine, devant les « miracles » qui leur étaient servis, et à la victoire de « l’Islam ».

Ayant appris, à la bonne école de la CIA, que les communistes sont des ennemis mortels, ils vont s’atteler à les éliminer. Ils finiront par tracer une ligne de démarcation entre eux et ceux qui refusent de se plier à leurs règles, qu’ils versent dans le camp des communistes.

Amel en a payé le prix par son atroce assassinat. A la Maison-Blanche, et dans les capitales supplétives, où siègent la barbarie, bien après le drame, l’instrumentalisation des islamistes a perduré, avec Al Qaïda et le Daech.

En Syrie et en Irak, d’autres Amel sont passées au fil du couteau et d’autres Khalti Houria pleurent leurs filles.

A. H.

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