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Politique

Panel de Karim Younès : Saïd Salhi dévoile tout

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Saïd Salhi, vice-président de la Laddh, revient sur le panel de Karim Younès ayant rencontré le chef de l’Etat par intérim, Abdelkader Bensalah, et les divergences qui sont apparues. Document

J’ai été contacté par M. Karim Younes en ma qualité d’acteur de la société civile pour faire partie d’une « commission de médiation pour préparer les bonnes conditions d’un dialogue ». 

Après une concertation avec des militant-e-s proches, j’ai répondu favorablement à une première discussion informelle.

Il était question d’une initiative de médiation indépendante qui explorerait les voies et moyens pour préparer les conditions et le climat en vue d’amorcer un dialogue sérieux et ouvert pour une solution politique pacifique et négociée entre le pouvoir et la rue (société). J’ai noté que nous-mêmes, dans nos initiatives de la société civile, nous avons plaidé pour le dialogue, et même pour une instance de médiation, du fait que le dialogue est bloqué à partir du moment où le chef de l’Etat est rejeté par la rue et le chef de l’état-major, qui incarne le pouvoir réel, refuse lui-même d’engager l’armée et de négocier une solution politique. 

Nous avons eu une longue discussion franche et libre autour des défis, des différentes initiatives et feuilles de route, des propositions de la société civile et des deux pôles des partis politiques, en plus de la feuille de route du pouvoir.

Pour mon côté, j’ai tenu d’emblée à clarifier que ma présence à cette entrevue est à titre informel et personnel : je n’engage même pas mon organisation, qui est la LADDH, ni non plus la société civile ou le Hirak, mais j’ai dit que, s’il y a une bonne volonté pour aller réellement vers un dialogue ouvert, je vais me concerter avec mes camarades de la société civile et je vais leur soumettre l’idée.

Mais, avant toute initiative de médiation, j’ai tenu à exiger la satisfaction des préalables mis en avant par le Hirak, qui ne sont pas négociables : la libération de l’ensemble des détenus d’opinion et politiques, l’ouverture du champ politique et médiatique, la levée des restrictions des libertés publiques et l’arrêt de la répression, qui sont en fait des mesures d’apaisement qui seront des signaux et des gages de bonne volonté du pouvoir pour aller vers une médiation qui est une étape préliminaire à un dialogue ouvert.

Nous avons eu une discussion autour de l’ordre du jour du dialogue ; j’ai précisé que le dialogue ne doit pas être exclusif : la présidentielle, seule, ne fait pas consensus dans la société. J’ai expliqué qu’à présent il y a deux tendances lourdes qui traversent le mouvement : celle qui privilégie l’élection présidentielle, et celle qui exige un processus constituant impliquant le changement de la Constitution comme garantie avant l’élection présidentielle – c’est aussi mon opinion et ma position en tant que militant.

M. Younes m’a expliqué qu’il s’agit d’une initiative ouverte et indépendante.

J’ai aussi évoqué la place de l’armée dans ce processus et j’ai demandé : est-ce qu’elle ne va pas interférer dans le processus ? Il m’a expliqué qu’elle respectera les résolutions du dialogue.

Nous avons aussi noté que la feuille de route du pouvoir est déjà donnée : il tient à aller à l’élection présidentielle dans les plus brefs délais.

Après la sortie de cette entrevue toujours informelle, ayant été contacté à titre personnel, j’ai tenu à partager l’information en interne dans mon organisation et avec la majorité des membres de notre Collectif de la société civile, par souci d’équité et de transparence, j’ai rendu compte de l’initiative.

De longues discussions et échanges ont eu lieu dans notre groupe au sujet du mandat de la commission, de sa composante, de ses prérogatives, des préalables. 

La majorité était d’accord que je m’y rende tout en restant indépendant et en phase avec le Hirak, pour prendre à témoin l’opinion avec la possibilité de retrait du panel à tout moment si les engagements ne sont pas respectés. C’était pour nous une bonne opportunité de mettre à l’épreuve la volonté réelle du pouvoir et d’amorcer un processus politique. Nous avons convenu de rester intransigeants sur l’ensemble des préalables et nous avons ajouté, comme autre préalable, l’exclusion de la médiation les partis de l’alliance présidentielle.

J’ai discuté avec M. Younes de ce retour et des préalables ; des premières divergences sont apparues au sujet de la mise en œuvre des préalables, plus exactement des mesures d’apaisement, sur la formalisation du panel, sur son mandat.

J’ai pris alors la décision de me retirer.

Mais, après avoir pris connaissance de la composante du panel, dont MM. Nacer Djabi, Lyes Merabet, Islam Ben Attia, Smail Lalmas et Mme Fatiha Benabbou qui sont des personnalités intègres et proches du Hirak, après des concertations entre nous et sur insistance des amis dont M. Djabi, nous avons tenu une discussion le mercredi soir, entre nous : Mr. Nacer Djabi, Lyes Merabet et moi-même et  avons décidé de rappeler nos préalables en tant que groupe à Mr Younes. 

Il nous a informés qu’il a un rendez-vous à la présidence le lendemain jeudi à 10 heures ; nous avons alors convenu qu’il soit chargé par la présidence pour la coordination du pannel mais, pour ce qui nous concerne, il n’est pas question qu’on parte à cette cérémonie et qu’on soit installés par Bensalah chef de l’Etat.

On s’est entendu qu’on fasse une réunion avec lui et l’ensemble des 7 membres juste à sa sortie de la présidence pour fixer le mandat, la dénomination, les prérogatives du pannel. Une fois chargé officiellement, M. Karim Younes formera lui-même le pannel et l’annoncera publiquement une fois l’ensemble des détenus libérés, y compris le moudjahid Bouregaa, et tous les préalables réalisés.

On s’est entendu sur ça le mercredi soir. 

Le lendemain, à 11 heures, on découvre à la télé un autre panel qui est reçu à la présidence. 

Qu’est-ce qui s’est passé ? Je n’en sais pas trop, mais je vous laisse la liberté d’en déduire vous-mêmes de la volonté réelle du pouvoir. 

Tout en restant convaincu des vertus de la médiation et du dialogue, toujours en cohérence avec notre mandat en tant qu’acteur de la société civile et surtout en phase et fidèle au Hirak, je souhaite vraiment que cette autre initiative ne complique pas plus la solution, déjà difficile. 

Poursuivons notre mobilisation pacifique et gardons le cap autour de notre objectif du changement effectif du système. 

Saïd Salhi, acteur de la société civile.

Alger, vendredi 26 juillet 2019.

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Gaïd Salah-Bensalah-Bedoui valident le projet de loi sur les hydrocarbures

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Un Conseil des ministres présidé par Abdelkader Bensaleh a avalisé ce dimanche 13 octobre les avant-projets de lois sur les hydrocarbures et de finances 2020, en dépit de la forte opposition des Algériens.

Ils ont osé. Ils l’ont fait ! La traîtrise a atteint son comble. Le gouvernement Gaïd Salah-Bensalah-Bedoui ont adopté l’avant-projet de loi sur les hydrocarbures et celui des finances 2020, malgré l’opposition des millions d’Algériens.

L’impopulaire gouvernement Noureddine Bedoui, l’illégitime président intérimaire Abdelkader Bensalah et le dictateur en herbe, vice-ministre de la Défense et chef d’état-major de l’ANP, le général-major Ahmed Gaïd Salah ont osé affronter le peuple en avalisant l’avant-projet de loi sur les hydrocarbures et des finances, alors même qu’une grande manifestation a lieu devant le siège de l’Assemblée populaire nationale (APN) pour dire non à ce coup de force.

Voilà qui met à nue l’hypocrisie du discours du général-major Ahmed Gaïd Salah, le pouvoir de fait en Algérie, et son caractère anti-national et anti-patriotique, en décidant de brader les hydrocarbures, une richesse inaliénable propriété du peuple algérien.

Le pouvoir a opéré un passage en force malgré la forte opposition des Algériennes et des Algériens qui se sont rassemblés massivement ce dimanche devant le siège de l’APN (la chambre basse du Parlement algérien), Boulevard Zighout-Youcef, dans d’autres villes d’Algérie et dans la diaspora, pour faire annuler les deux avant-projets anti-nationaux.

La manifestation Boulevard Zighout-Youcef, devant l’Assemblée populaire nationale (APN), contre la loi sur les hydrocarbures, a même été réprimée par la police qui reçoit désormais ses ordres du chef d’état-major de l’armée, le général-major Ahmed Gaïd Salah. On dénombre plusieurs blessés, selon des manifestants.

Pour rappel, selon des experts et des partis de l’opposition, le projet de loi sur les hydrocarbures qui donne de nouveaux avantages aux multinationales est un bradage des richesses du pays et porte atteinte à la souveraineté nationale, un acte de trahison des intérêts suprêmes de la nation que commet le chantre du patriotisme Ahmed Gaïd Salah.

Les deux projets de loi seront présentés prochainement devant les députés pour examen. Il ne sera pas surprenant que les soi-disant représentant du peuple actent le bradage des hydrocarbures, soumis qu’ils sont au nouveau maître d’Alger, le général-major Ahmed Gaïd Salah.

Idir F.

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France : plus de frais de scolarité pour les étudiants étrangers

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C’est une nouvelle qui va réjouir les étudiants algériens désirant aller poursuivre leurs études en France : le Conseil Constitutionnel a acté le 11 octobre la gratuité de l’enseignement supérieur pour les étudiants étrangers (non européens).

Bonne nouvelle pour les étudiants algériens désirant poursuivre leurs études universitaires en France. La décision d’imposer des frais d’inscription et de scolarité trop élevés aux étudiants non européens (étrangers), dont les Algériens, prise l’année dernière par le gouvernement d’Edouard Philippe, vient d’être gelée par le Conseil constitutionnel.

« Le Conseil constitutionnel ­déduit de façon inédite du treizième alinéa du préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 que l’exigence constitutionnelle de gratuité s’applique à l’enseignement supérieur public », indique la plus haute juridiction de France citée par le journal Le Monde.

Saisi par des associations étudiantes, le Conseil Constitutionnel a contraint le Gouvernement français de surseoir à sa décision d’augmenter les frais d’inscription (scolarité) à l’université pour les étudiants non européens (étrangers à l’espace européen), annoncée subitement en début d’année en vue « d’améliorer l’attractivité des universités françaises ».

Les étudiants étrangers qui viennent de l’extérieur de l’Union européenne payeront des droits d’inscription et de scolarité plus élevés. D’après les estimations du gouvernement, ces frais de scolarité seront de l’ordre d’un tiers du coût réel de la formation, soit environ 2 000 à 3 000 euros.

Le hic avec cette décision du gouvernement d’Edouard Philippe, c’est qu’il s’agit d’une décision jugée « discriminatoire » vis à vis des étudiants étrangers qui n’ont pas souvent les moyens de payer leur scolarité en euros. Aussi, il s’agit d’une sélection sociale qui favorise les étudiants étrangers issus de familles riches, pour ne pas dire liées aux systèmes corrompus et mafieux qui dominent des régions comme l’Afrique.

Enfin, il faut noter la nature anticonstitutionnelle de cette décision (imposer des frais de scolarité substantiels et non plus symboliques) qui remet en cause le caractère public et gratuit de l’enseignement en France. D’où justement la décision du Conseil constitutionnel. D’ailleurs, beaucoup d’universités françaises ont refusé d’appliquer les nouveaux tarifs de scolarité aux étudiants étrangers.

Idir F.

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CNR : le gouvernement veut réduire les retraités à la mendicité

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Le gouvernement Gaid Salah-Bensalah-Bedoui n’en finit pas de promouvoir des projets contre les travailleurs. Cette fois, c’est un rapport sur les retraités qui nous alertent. Son auteur n’est autre que le directeur général de la Caisse nationale des retraites (CNR).

Les mesures proposées par le directeur général de la CNR sont des actes de guerre contre la catégorie la plus fragile des travailleurs, les retraités. Elles doivent être mises en œuvre dès le 1er janvier prochain.

De quoi s’agit-il ?

D’abord, l’augmentation automatique de 2,5% des pensions au mois de mai de chaque année sera gelée durant les dix (10) prochaines années.

Les futurs retraités ne sont pas épargnés. Deux dispositions fondamentales vont changer, annonce le DG de la CNR. Jusqu’à présent, le droit à la retraite était fixé à 55 ans pour les femmes et à 60 ans pour les hommes. La pension de 80% pour 32 années de travail était calculée sur les salaires et les primes des cinq (5) dernières années d’activité.

Le DG de la CNR propose de tout changer « pour tenir compte de l’augmentation de l’espérance de vie, d’une moins grande pénibilité du travail »  et surtout du déficit de la caisse, comme pour pénaliser les retraités.

Pour un départ à la retraite à l’âge légal actuel et dans la mesure où le retraité aurait eu 32 ans  de service, le DG de la CNR propose que le calcul de la pension se fasse sur les dix (10) dernières années. La prime serait réduite à 60%. La prime de départ passerait de vingt quatre (24) mois à seulement quatre (4) mois.

Quelles sont les conséquences immédiates et à moyen terme ?

Le gel de l’augmentation automatique des pensions durant les 10 prochaines années aurait pour conséquence pour les deux tiers des 3,5 millions de retraités actuels, qui touchent à peine le SMIG, de les renvoyer à la mendicité. Leur pension de 20 000 dinars (environ le smig) serait grevée par l’inflation à tel point que la pension serait réduite de la moitié de sa valeur réelle. En réalité la pension ne vaudrait pas grand-chose car le taux officiel de l’inflation est sous-coté pour des raisons politiques.

Les mesures dites structurelles auraient pour conséquences pour les futurs retraités d’abord  de voir réduite des 4/5 la prime de départ. Pour un salarié rémunéré au smig, la perte sèche est évaluée ainsi : 80 000 dinars au lieu de 480 000 dinars actuellement.

Les autres retraités verraient également leur pension réduite considérablement (d’environ 60%).

L’augmentation des années de calcul de la prime (10 ans au lieu de 5) et sa réduction (de 80 à 60%) les conséquences donneraient la photographie suivante : pour un salaire de 15 000 dinars par mois pendant les 5 premiers années et de 20 000 pour les 5 dernières années, la pension s’élèverait au montant suivant : 10 500 dinars au lieu de 20 000 actuellement. Enorme !

Le travailleur qui souhaiterait atteindre le niveau actuel de la prime devrait travailler de 5 à 10 années supplémentaires.

Ces mesures sont inacceptables. Elles ne devront pas être acceptées ! Les organisations syndicales de tous les secteurs doivent dénoncer sans attendre et énergiquement le projet ! Elles doivent organiser la riposte avant la fin du mois de novembre, date à laquelle le projet devrait être adopté ! 

Des militants socialistes et des syndicalistes de divers horizons feront circuler une pétition pour s’y opposer et regrouper les travailleurs.

Nadia Sabry

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