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Les vraies raisons de la disgrâce de Zetchi et les pressions de la présidence

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Malgré le succès retentissant de l’équipe nationale, il est fort probable que Kheireddine Zetchi quitte la direction de la FAF prochainement. La raison ? Les pressions de la présidence qui n’a pas apprécié que Bensalah ne soit pas accueilli convenablement par les joueurs au Caire.

Il n’y a qu’en Algérie qu’on voit ce genre d’agissements de la part des tenants du pouvoir. Un vieux président par intérim, malade de son égo qui cherche, comme un gamin à récupérer le travail de plusieurs mois menés par d’autres personnes pour ses propres desseins. Lamentable calcul.

Les raisons de la mise à l’écart de Kheireddine Zetchi de la cérémonie de la présidence sont étroitement liées à la visite du chef de l’Etat aux Verts, la veille de la finale de la CAN. Abdelkader Bensalah et son gouvernement ont tout fait pour récupérer, à leur profit, le parcours et la consécration des Fennecs en Egypte révèle El Watan a publié une enquête très intéressante sur l’escapade intéressée de Bensalah au Caire.

Les jours de Kheireddine Zetchi à la tête de la Fédération algérienne de football (FAF) semblent désormais comptés. Le patron de la FAF aurait même confié à ses proches qu’il songe sérieusement à jeter l’éponge et à quitter ses fonctions.

En réalité, l’ancien président et fondateur du Paradou AC se voit poussé vers la porte de sortie, et ce sont les autorités du pays, plus précisément le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, et ses services qui exercent sur lui une pression depuis quelques jours, ne voulant plus de l’homme à la tête de la FAF, malgré la consécration historique des Verts qui ont remporté la CAN-2019 en Egypte.

Zetchi n’est plus dans les grâces des hautes autorités du pays et de Bensalah en particulier, et cela s’est vérifié, samedi soir, lors de la cérémonie organisée par la Présidence au Palais du peuple pour récompenser la sélection suite à son sacre, où il a été zappé.

Des représailles après la fameuse visite «surprise» de Bensalah au camp de base des Verts au Caire, jeudi dernier, à la veille de la finale Algérie-Sénégal. Le chef de l’Etat, arrivé presque à l’improviste, n’a pas apprécié «l’accueil» qui lui a été réservé par le président de la FAF et la sélection.

Dans les faits, et selon une source digne de foi, Zetchi a été avisé de la visite de Bensalah le jour-même, alors qu’il prenait part à l’assemblée générale de la CAF qui se tenait à l’opposé du lieu de séjour des Verts.

Débordé entre la préparation de la finale, l’AG de la CAF et les élections au sein du comité exécutif de la CAF, en passant par la billetterie des centaines de supporters algériens qui devaient affluer dès la soirée au Caire, Zetchi a tout lâché pour se rendre à l’hôtel. Il a fallu plus d’une heure et demie pour que le patron de la FAF y parvienne.

Bensalah était déjà là, au moment où les joueurs et le sélectionneur Djamel Belmadi faisaient leur sieste. Sur insistance des services de la Présidence, Belmadi et ses joueurs ont été réveillés et pressés de descendre dans le hall de l’hôtel pour rencontrer Bensalah. Une attitude qui a sensiblement dérangé Belmadi, lui qui est à cheval et méticuleux dans la préparation de son équipe, surtout à la veille d’une finale historique. Malgré tout, Bensalah n’a pas apprécié la manière avec laquelle il a été reçu.

Toujours selon notre source, le chef de l’Etat aurait fait remarquer à Zetchi que c’était aux joueurs et au staff de l’accueillir à son arrivée, en présence des caméras de la Télévision algérienne, et non à lui de les attendre, lui qui cherche visiblement un coup médiatique pour booster sa popularité dans le sillage de l’euphorie populaire née de cette qualification des Verts à la finale, et tenter de récupérer les faveurs de tout un peuple qui adhère au hirak depuis cinq mois maintenant.

On a exigé de Zetchi d’acheter pour 400 000 dollars de billets pour la finale

Et ce n’est pas là le seul reproche de la Présidence à l’encontre de Zetchi. En fait, tout a commencé au lendemain de la qualification de l’EN en finale. Le patron de la FAF a été sommé par le gouvernement, via le MJS, de prendre en charge la billetterie de la finale pour les supporters algériens qui allaient débarquer par milliers au Caire.

Il aurait eu comme consigne d’acheter pour environ 400 000 dollars (7 milliards de centimes) de billets d’accès à la finale. Zetchi avisera le MJS que la FAF ne disposait pas de cette somme en liquide au Caire, et que même dans le cas contraire, il ne pouvait pas, en tant que président de la FAF, justifier cette dépense.

Une réponse qui a été assimilée par le gouvernement et la Présidence à un refus, et cela a même été notifié dans une correspondance adressée par le secrétaire général du MJS à la chefferie du gouvernement. Première gaffe de Zetchi.

Défiler même en cas de défaite en demi-finale

Toujours avant cette fameuse finale, la position de Zetchi et de la FAF à une proposition du gouvernement avait mis le feu aux poudres. Réuni à Alger avec des représentants du ministère de l’Intérieur et de la FAF au lendemain de la qualification des Verts en demi-finale aux dépens de la Côte d’Ivoire, le gouvernement propose avec insistance à la FAF d’organiser un défilé dans les rues d’Alger de la sélection, même en cas de défaite face au Nigeria.

Voulant donc récupérer la joie des Algériens après ce parcours de la sélection à la CAN, en ces temps de hirak, comme il l’avait fait en envoyant des milliers de supporters au Caire à partir des quarts de finale de la CAN, le gouvernement tenait à ce défilé des Verts à Alger, même en cas de défaite. Une proposition, encore refusée diplomatiquement par la FAF, qui justifiera ce refus par le fait que l’Algérie, en tant que grande nation de football en Afrique, ne pouvait fêter une défaite dans une CAN qu’elle envisage de gagner.

Un autre accroc aux desseins du gouvernement et de Bensalah dans sa stratégie de récupération, qui sera sauvé finalement par la consécration des Verts, mais que payera chèrement Zetchi, en disgrâce avec les hautes sphères du pouvoir algérien, et plus que jamais démissionnaire de son poste à la tête de la FAF. Une démission qui, faut-il le signaler, entraînerait à coup sûr celle de l’artisan de cette consécration, Djamel Belmadi, au vu de sa relation exceptionnelle avec le patron de la FAF. Tarik Aït Sellamet/ El Watan

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