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Économie

La nationalité du « Mesdar » et les activités de Sonatrach sous Chakib Khelil

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L’arraisonnement par les gardes côtes iraniens du « Mesdar », super tanker transportant du pétrole, dans le détroit d’Ormuz, le 19 juillet dernier, a fait couler beaucoup d’encre et semé le doute sur son identité juridique. Retour sur la nationalité du « Mesdar » et les activités de Sonatrach sous Chakib Khelil.

En effet, dans la foulée de cet incident qui a suivi la saisie d’un autre tanker (le Stena Impero), les autorités britanniques ont réagi avec véhémence en indiquant que le Mesdar leur appartient et qu’il bat pavillon libérien. D’autres dépêches, comme celle de l’agence de presse chinoise, sont venus par la suite rajouter à la confusion pour démentir cette information annonçant que ce navire est la propriété de la société algérienne des hydrocarbures Sonatrach. De son côté, l’agence algérienne d’information, l’APS, a repris un communiqué de Sonatrach dans lequel cette dernière qu’elle est propriétaire du navire.

Dans ce brouhaha médiatique à forte tension et forts enjeux géostratégiques, la guerre des communiqués ne fait que rajouter à la tension déjà bien installée dans cette région depuis la sortie des Américains de l’accord sur le nucléaire Iranien, l’embargo réinstallé par l’administration Trump et la dernière riposte des Iraniens annonçant la reprise de leur processus d’enrichissement de l’uranium au-dessus des 5% imposés dans ledit accord. Il est alors important de regarder de près l’identité juridique de ce navire à l’aune des multinationales et de leurs montages financiers dépassant les frontières classiques des pays.

Le Mesdar a été commandé et acquis en 2007 par la Sonatrach et le mastodonte Japonais Kawasaki. Bien diversifié, le groupe nippon possède des filiales allant du simple motorisé aux chantiers navals en passant par l’automobile. C’est à cet effet que la commande de la construction a été faite auprès d’une filiale de ce même groupe spécialisée dans le navale (Kawasaki Heavy Industries) et associée à un opérateur Chinois pour former la joint-venture SNACKS en Chine. Plus en aval dans ce montage financier, c’est une autre filiale du Groupe Kawasaki (Kawasaki ShipBuilding Corporation (KSC))  qui interviendra dans l’exploitation de ce gros navire avec une filiale de la Sonatrach basée à Londres, la Sonatrach Petroleum Corporation (SPC) en l’occurrence. Les deux parties ont participé à hauteur de 20% seulement dans le financement de ce projet en argent frais. Le reste l’a été en dette auprès d’une banque japonaise.

Le silence des autorités algériennes !

Mais que gagne Sonatrach dans ce montage financier pour l’acquisition du « Mesdar », événement célébré en 2008 par Chakib Khelil comme un exploit nationale ? A-t-on évalué les pertes et les profits de cette opération plus d’une décennie après ? Comment expliquer le silence des autorités algériennes sur la nationalité du « Mesdar » lorsque le ministre des Affaires étrangères britannique Jeremy Hunt présentait le pétrolier comme « un navire britannique battant pavillon libérien » ?

De toutes les façons, il s’agit là d’un bon coup pour le Japonais qui avait non seulement trouvé de la commande à rajouter à son carnet en construction  mais il a engrangé de l’activité à son autre filiale en fret car le client final était déjà tout trouvé. Ce sera Sonatrach qui le louera pour ses activités de transports.  Là n’est pas vraiment le sujet, mais au final, ce bateau, même battant pavillon Libérien pour de multiples raisons financières, est juridiquement propriété d’une joint-venture basée en Grande-Bretagne.

Khali Idir

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