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Chronique

Le changement bien ordonné

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Tout laisse croire que l’Algérie est en train de changer, par le bas, sans que les «changeurs» à la mode «arabe», sponsorisés par les «grandes démocraties», trouvent un quelconque ancrage dans cette lame de fond, qui pose les vraies questions des citoyens réels.

Il n’y a qu’à observer que toutes les revendications révèlent les véritables dérives et non pas les noumènes, en vogue dans les menaces aéroportées que lançaient Hillary Clinton et ses larbins européens.

La première et la plus déterminante de ces dérives est l’abandon de la souveraineté nationale au profit des marchands internationaux.

C’est elle qui explique le plus que les richesses nationales ne contribuent pas au développement du pays (pays riche, peuple pauvre), mais à la prospérité des fournisseurs étrangers et de leurs relais locaux, quand l’investissement public peut résoudre un grand nombre de problèmes, dont ceux de la croissance et de l’emploi.

La pression populaire pousse surtout dans ce sens, qui ne se satisfera pas des mesurettes «patriotiques» qui, de toutes façons, ne peuvent suffire à inverser ou à refondre une économie extravertie et livrée aux vents capricieux du marché mondial.

S’ouvriront, bientôt, les débats concrets sur le sujet. Parce qu’il n’y a pas une autre réponse économique que celle-ci. L’utilisation pleine et entière de nos ressources dans l’industrialisation du pays et la dynamisation de notre agriculture.

La deuxième dérive, qui a beaucoup à voir avec la première, est le climat propice aux «affaires» qui s’est créé (l’euphorie libérale et la panique de rester sur le carreau) et qui a provoqué une course effrénée à l’accumulation, avec tout ce que cela suppose comme «dessous de table» nécessaires pour se frayer le chemin, vers les contrats juteux, dans la jungle des tractations commerciales et irrésistibles pour des fonctionnaires et des bureaucrates aspirés par le délire de l’enrichissement.

On appelle cela la corruption, pour la dissocier, du point de vue moral, du système qui la nourrit et sans lequel elle ne pourrait exister.

La troisième dérive est d’avoir cru que le peuple croit à l’économie de marché et qu’il allait en accepter les règles, alors qu’aucun peuple au monde ne l’a fait de son propre gré.

Ce qui fait qu’on soit devant ce qu’il pense et qu’il exprime dans différents modes opératoires. Le personnel politique au pouvoir essaie de réagir au coup par coup. Mais, la dynamique semble en route pour que le changement soit une révision complète des données politiques qui ont exclu ceux pour qui les mots démocratie et droits de l’homme veulent dire autre chose que le «chacun pour soi» dans une course à armes inégales où les déjà nantis et les «bras longs» sont en pole position.

Le minima requis se trouve dans la rupture des accords internationaux léonins et la libération complète de l’initiative économique de l’Etat, qui compensera les chimériques IDE. Il y a un pays à reconstruire et un peuple qui attend.

En Tunisie, le débat a été ouvert, et on a fait peur aux Tunisiens. Le patron des patrons de ce pays, M. Ben Sedrine, lançait l’alarme : «Le recours obsessif à l’Etat Mama, au niveau de l’emploi, est une chimère… Car les pansements et les charpies étatistes ne servent à rien dans les tranchées de la crise sociale…».

Son argument est que nous sommes dans : «un monde où les forces du marché et les agences de notation dominent la planète. Organisent la compétition entre les nations. Contrôlent les richesses. Assurent la gouvernance mondiale».

Soit exactement ce qui a été dit pour que l’Algérie détruise ses capacités de production, démantèle les dispositifs de protection de son marché et sombre dans l’apathie, en quête inassouvie d’investissements illusoires.

A. Halfaoui

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Regard sur le souffrant

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De mains murmurant l’urgence de faire reculer la douleur, il prend des morphiniques qui vont le rendre flottant, comme une épave en naufrage dans le leurre des reprises, loin des sympathies définitivement closes. L’épuisement saisit son présent et givre ses espoirs de la risée glacée du temps. La stupeur l’étreint d’une accolade grimacière qui l’entraîne, confondu, dans un cheminement inconnu.

Les prières sont vaines, anéanties par les inquiétudes. Ses étoiles s’entrechoquent, elles ne peuvent lui ôter les supplices fébriles des interrogations auxquelles ni elles ni lui ne sont en mesure de donner des réponses apaisantes. Pourtant, des amours, il en chuchote la nuit sous la couverture et souvent, il se réveille priant de sa mine païenne les célestes matins de les garder hors de portée de sa décrépitude.

Il se surprend en train de chanter les hymnes aux soleils pour supporter la tornade des questions qui viennent à lui remplies de virulences, toujours plus fortes, plus acharnées, plus ardentes que la déception. Le sort lui marche dessus à pieds joints, il ne trouve rien à même de contrer les incertitudes qui progressent et déroulent à ses pieds le tapis à d’autres interrogations plus féroces.

Commencent alors à finir les ardeurs plastiques qui se bousculaient quand sa parole saine et hyperbolique apaisait le regret des non réalisés et des non-dits géminés. D’impatiences refoulées, à travers la maladie tout se casse, tout se lâche, tout part inévitablement. Claudiquant cahin-caha, entre les toilettes et le lit, il excuse ses apparitions dans une cavalcade délirante, entortillé, la tête secouée par les soupirs qu’il dégage durement.
Triste atout que de faire pitié, de son œil coule une larme, simple et discrète, dans laquelle ça s’agite, ça se bat, ça crie, sa saigne, ça meurt… Et, il prend souvent pensée de cette larme pour que son âme s’y forme par reflets.

À peine apparent dans la pénombre du soir, il se parle, il ne se lasse pas de se parler comme un curieux cultivé qui s’engage à écrire le roman de sa triste fin. Il pense et repense à la mort pépère mais qui le guette d’un regard sévère entre le canapé flasque et le lit décati. Opacifié et mis à distance pendant que plus loin, ailleurs, se fusionnent les joies en étincelles sonores.

Tandis que la lèvre fatale de la mort commence ses insipides caresses d’où s’évaporent ses détresses, il entend déjà prononcer son nom dans la moquerie absurde de l’oubli où rote la santé. Tout comme il est né, sa vie va probablement se taire comme l’eau qui s’arrête de couler du robinet en phase de pénurie. Tel un apatride râlant sur la hampe d’un drapeau brulé, il geint seul en caressant le drap sale de son horrible déclin…

D. B.

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L’apparat politique

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Il est toujours exclu par les tenants des discours dominants de reconsidérer les visions sur les sociétés humaines, à partir de leurs vérités fondamentales. Condition vitale pour régner. Ne s’intéresser qu’aux rois, et aux princes du moment, en guise de personnification judicieuse de la nature des pouvoirs qu’il faut protéger du décryptage.

Rendre plus dure une démarche qui soit apte à nous dépêtrer des flots d’inepties et d’arguties ronflantes qui inondent l’espace médiatique et noient l’intelligence des choses, au service de desseins jamais exposés.

Ce à quoi nous assistons, en Algérie, n’est qu’une caricature des pratiques politiques éprouvées depuis plus de deux siècles, où les enjeux réels sont évacués de la scène, qui portent sur l’essentiel de la vie de centaines de millions d’êtres humains. Ne sont agités que des formules et concepts éthérés, destinés à ce que rien n’apparaisse qui met en évidences la réalité, afin que soit reconduite la gestion des affaires.

Sinon que signifierait cette démocratie qui n’en peut plus d’exclure de la chose publique la multitude. Une multitude qui croit choisir, alors que les choix qu’elle fait ne démentent jamais l’erreur cardinale de cette croyance magique, alternant espoir et déception, ad aeternam. Jusqu’à quand ? Nul ne le sait. Peut-être jusqu’à ce qu’il ne soit plus possible pour les alternants au pouvoir de paraître en « changeurs ». Jusqu’à ce que l’illusion du choix cesse de faire son effet en laissant à l’évidence la voie de mettre en lumière qu’il n’y a jamais eu de choix.

Seulement une impression confortable de souveraineté populaire, quand c’est véritablement la ploutocratie mondiale élabore les programmes de gouvernance. Devant les crises, les joutes oratoires vont s’atteler à semer la confusion et à empêcher que les faits subissent une lecture concrète.

Qu’il s’agisse d’emploi ou d’accès de tous aux services publics, seront invoqués non pas les modes de gestion de l’économie, mais des raisons techniques pures. Des chapelles aux drapeaux diversifiés pour l’apparat, se disputent la direction des foules, toutes candidates à mener le navire sans bouleverser l’ordre établi.

Démocrates autoproclamés, islamistes modérés ou islamistes tout court, laïcs et compagnie meublent le champ des possibles, bouchent les horizons contraires et, par-dessus tout, simulent la lutte politique et donnent le change aux mécontents. Présageant les débordements, ils se posent chacun en conjurateur du pire. Unis, en fait, quand il s’agit de s’opposer au « chaos ». Le cauchemar qui risque de les disqualifier.

Leur compensation, grimper en haut de l’échelle, glaner des sinécures électives à travers l’ascendeur sociopolitique, plus si possible, si les affaires s’ouvrent à leur appétit. Là, ils maintiendront le cap et travailleront à durer, tout en se préparant aux chutes possibles en se garantissant les chances d’un retour possible. Mais n’est-il pas venu le temps des foules méprisées ?

A. Halfaoui

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Chronique

Le Chabichou plus vrai que Charles Martel

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Il y a 1287 ans, en 732, les arabo-berbères dirigés par Abderrahmane ont fait une incursion dans Poitiers. Une incursion parmi des centaines, comme cela se faisait à l’époque, pour chercher des provisions et remplir les caisses du trésor, le cas échéant.

Pour voir du paysage, aussi. Ils continueront d’en faire des siècles après. Et puis, c’était aux alentours des places que les musulmans occupaient dans le sud de la France actuelle.

En ce temps-là, la France c’était une juxtaposition de territoires qui guerroyaient les uns contre les autres.

A Poitiers, il y a eu une « bataille » d’où un certain Charles Marteau (Martel) est sorti auréolé de gloire. Il faut dire qu’il a eu la chance que les détachements avancés de la plus puissante armée du monde n’avaient pas envie d’aller plus loin et qu’ils ont décidé de regagner leurs bases sans trop en faire. Comme ils avaient l’habitude de le faire.

Notre Charles Martel a alors terminé l’ouvrage, en pillant la région pour son compte. Il s’emparera des évêchés de Tours, Orléans, Auxerre et expulsera leurs évêques.

Ses pillages et ses exactions durent de 735 à 739. En 732, il faut le préciser, ces populations étaient en majorité païennes, il n’était donc pas question de chrétienté. De plus, Charles Martel ne devait pas être très dévot.

Flodoard, un chroniqueur du Xe siècle, dit de lui : « Ce bâtard né d’une servante n’était audacieux qu’à faire le mal envers les Eglises du Christ ».

Les chroniqueurs musulmans ne parlent pas ou très peu de ce « haut fait d’armes » qui figure en très bonne place dans les mythes fondateurs de la France en tant qu’Etat-nation. Pour preuve, il a servi à justifier la conquête de l’Algérie, à partir de 1832, présentée comme une continuité nécessaire de la guerre ancestrale contre les maures.

La propagande croisée utilisera également le mythe lors de ses différentes expéditions au Moyen Orient. Opportuniste, l’esprit de Poitiers ne cessera pas de servir sa symbolique à tout ce qui met en jeu les rapports franco-algériens en particulier.

Un groupe armé d’extrême droite a même pris le nom de Charles Martel afin de ne laisser aucun doute sur sa nature. Ce groupe a fait beaucoup parler de lui, grâce aux attentats sanglants qu’il a commis contre les Algériens et contre les Français qui sont impliqués dans des relations favorables à l’Algérie. Le prince Jean de Broglie, l’un des acteurs des accords d’Evian, fut l’une de ses victimes.

De nos jours, c’est à l’occasion de la sortie en salle du film « Les Hors la loi » de Bouchareb que le nom de Charles Martel est invoqué pour menacer de représailles les projections du film.

Il y a pourtant quelque chose de plus vrai et de plus plaisant, qui a eu lieu dans le contact entre les maures et les méridionaux français.

A l’occasion, justement, de cet épisode dont se sont emparés les fabricants de nationalisme, s’est produit un fait qui a profondément marqué le terroir de Poitiers. Le célèbre fromage le Chabichou proviendrait d’une recette arabe, le Charibichu ou le Chebli (chèvre en arabe).

A ce sujet, le site officiel de l’Office de tourisme de Lencloître nous apprend que « L’armée des Sarrasins, vaincue en 732 par Charles Martel, laissa de nombreux troupeaux de chèvres et le fromage de « Chebli » ‘nom arabe de l’animal). L’usage transforma « Chebli » en « Chabi » puis en « Chabichou ». Un autre site, celui de la Maison du lait, confirme que « La légende fait remonter le Chabichou du Poitou au VIIIe siècle. Il aurait été fabriqué par les Sarrasins abandonnés par les armées en fuite, après la défaite infligée à Poitiers en 732 par Charles Martel…»

Passons sur le mythe guerrier et retenons qu’il y a consensus, donc une preuve avérée d’un transfert de technologie qui fait le bonheur de l’agroalimentaire du sud de la France.

A. Halfaoui

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