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Les groupes paramilitaires de l’IRA défilent, prêts à reprendre la lutte armée

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Pour la première fois depuis 20 ans, des groupes paramilitaires de la nouvelle Irish Republican Army (IRA) se sont réunis en uniforme, dans l’après-midi du dimanche 7 juillet.

Ils se sont retrouvés autour de la tombe d’un fondateur du courant indépendantiste irlandais Theobald Wolfe Tone, à l’ouest de Dublin, comme ils le faisaient chaque année avant les accords de paix de 1998.

Béret noir et lunettes fumées qui leur masquent une partie du visage, ils ne parlent pas aux médias britanniques et restent anonymes, mais bien visibles. Ils sont près de 80 à marcher au pas, entourés de plusieurs centaines de sympathisants, vers le cimetière de Bodenstown et la stèle à la mémoire de Wolfe Tone.

« C’est important qu’on voit des gens en uniforme noir et blanc », comme les combattants des années 70, estime Conor, au milieu du cortège. 

Ces hommes de la nouvelle IRA ne reconnaissent pas les accords de paix du Vendredi saint, signés le 10 avril 1998 par les principales forces politiques d’Irlande du Nord pour mettre fin à un conflit de trente ans qui a fait plus de 3 000 morts. Le jeune homme de 24 ans explique que ces uniformes, ces bannières, ces défilés, « c’est l’héritage des gens qui ont sacrifié leur vie pour qu’on soit libresSi on peut réussir à leur succéder, on peut changer notre destin, même si cela veut dire qu’on doit prendre les armes. Je le ferai sans hésiter de nouveau, pour repousser les forces impérialistes hors de notre pays », poursuit Conor.

Quoi qu’il arrive, je veux qu’on soit libre.Conor
participant au cortègeà franceinfo

Considérée comme terroriste par les autorités britanniques, la nouvelle IRA appelle à la reprise de la lutte armée contre le Royaume-Uni et demande la réunification de l’île. En réalité, les actions violentes sont déjà là. Le groupe a placé une bombe, au mois de juin, sous la voiture d’un officier de police.

En avril, une journaliste, Lyra McKee, est morte à la suite de tirs des indépendantistes lors d’un affrontement avec la police à Derry, la deuxième ville d’Irlande du Nord. Un peu plus tôt dans l’année, il y a eu ces colis piégés envoyés par la poste à plusieurs centres de recrutement de l’armée britannique.

« Malheureusement, il a fallu continuer à se battre contre l’occupation de notre pays », explique Brian Kenna, chef du Saoradh, la vitrine politique du mouvement, choisit soigneusement ses mots. Pour cet ancien membre de l’IRA historique et proche des paramilitaires, « la seule façon pour le faire avec succès, c’est en prenant les armes. Bien que le groupe soit relativement petit en nombre, cela a vraiment de l’impact. Cela fait une vraie différence en terme de propagande ».

Le Brexit, une « opportunité »

Un autre événement fait la différence et rend le mouvement indépendantiste de plus en plus visible. Il s’agit du Brexit. « C’est une vraie opportunité, parce que quel que soit le résultat, le Brexit souligne le fait qu’il y a une frontière en Irlande », juge Brian Kenna. La question de la future frontière entre la province britannique d’Irlande du Nord et sa voisine la République d’Irlande, restée dans l’Union européenne, est au cœur des négociations sur le Brexit.

« Le gouvernement britannique cherche des solutions, mais cela ne prend pas en compte le fait que les Irlandais devraient décider eux-mêmes de leur avenir », poursuit le chef de file du Saoradh. D’ailleurs, le groupe de paramilitaires promet de nouvelles actions, à l’automne, calquées sur le calendrier du Brexit. Francetvinfo

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