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Soudan: deuxième jour de dialogue entre le pouvoir et les chefs de la contestation

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Le Conseil militaire au pouvoir au Soudan et des chefs de la contestation se sont retrouvés jeudi pour une deuxième journée de négociations visant à tracer les grandes lignes de la transition à venir et à sortir le pays de l’impasse.

Le Conseil militaire, qui a pris les rênes du pays après la destitution et l’arrestation le 11 avril du président Omar el-Béchir sous la pression de la rue, est engagé dans un bras de fer avec le mouvement de contestation qui réclame le transfert du pouvoir aux civils.

Grâce à une médiation de l’Ethiopie et de l’Union africaine (UA), les deux camps ont relancé mercredi des pourparlers cruciaux qui portent principalement sur la direction du « Conseil souverain », l’instance qui va superviser la période de transition.

Pour le deuxième jour consécutif, trois généraux du Conseil militaire, dont le numéro deux Mohammed Hamdan Daglo dit « Hemeidti », ont rencontré en soirée dans un hôtel de Khartoum des représentants de l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, a constaté un correspondant de l’AFP. La réunion se tient en présence des médiateurs de l’Ethiopie et de l’UA.

L’ALC avait accepté une reprise des « négociations directes » à condition qu’elles ne dépassent pas trois jours.

Celles-ci se déroulent dans un contexte tendu après la dispersion le 3 juin d’un sit-in de manifestants devant le QG de l’armée à Khartoum, qui a fait des dizaines de morts.

Selon un responsable de l’ALC, Ahmed Rabie, les généraux souhaitent confier la présidence du « Conseil souverain » à un militaire. « Mais nous pensons que le symbole de l’Etat doit être un civil », a dit M. Rabie.

Cette question avait fait capoter les négociations en mai.

Libération de rebelles

Le « Conseil souverain » doit être constitué de huit civils et sept militaires, selon le plan de transition préparé par les médiateurs, dont l’AFP a obtenu une copie. Sur les huit civils, sept seraient issus de l’ALC tandis que le dernier serait choisi par les deux camps.

D’après le texte, l’instance devrait être présidée par un militaire pendant 18 mois, avant qu’un civil ne prenne la relève jusqu’à la fin de la transition.

D’après les mots du médiateur éthiopien Mahmoud Drir, le contentieux autour du « Conseil souverain » représente le « seul point de divergence » entre les deux parties.

Après la première journée de dialogue, le médiateur de l’UA avait annoncé que les deux parties s’étaient mises d’accord pour une libération de « tous les prisonniers politiques ».

Jeudi, 235 membres d’un groupe rebelle du Darfour (ouest), « l’Armée de libération du Soudan », une faction qui fait partie de l’ALC, ont été libérés d’une prison d’Omdourman, ville voisine de Khartoum, a constaté un journaliste de l’AFP.

Ils ont été accueillis par leur famille, après une « amnistie » prononcée par le chef du Conseil militaire, le général Abdel Fattah al-Burhane.

Désobéissance civile

Les pourparlers ont lieu quelques jours après des manifestations de masse dans le pays, où des dizaines de milliers de personnes ont défilé dimanche pour réclamer aux généraux de céder le pouvoir.

Depuis le 3 juin, la répression a fait 136 morts, dont une centaine dans la seule dispersion du sit-in devant le siège de l’armée à Khartoum, selon un comité de médecins proche de la contestation. Les autorités évoquent un bilan de 71 morts depuis la même date.

Jeudi, des centaines de lycéens ont manifesté pour réclamer « un gouvernement civil », notamment dans les villes de Madani, Gedaref et Sinnar (est) selon des témoins.

« Des lycéens sont sortis de leurs établissements et se sont dirigés vers le centre-ville scandant +Etat civil, Etat civil+ », a déclaré à l’AFP un enseignant à Madani joint au téléphone.

Pour maintenir la pression, les chefs de la contestation ont confirmé un appel lancé avant la reprise du dialogue, à une grande manifestation le 13 juillet suivie le lendemain par une campagne de désobéissance civile.

Une campagne similaire avait quasiment paralysé la capitale du 9 au 11 juin.

La contestation a été déclenchée en décembre par le triplement du prix du pain, dans un pays pauvre à l’économie exsangue. Les manifestations ont rapidement pris une tournure politique en réclamant l’éviction d’Omar el-Béchir, qui dirigeait le pays d’une main de fer depuis près de trois décennies. AFP

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