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Chronique

Si la vérité m’était contée…

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un an de prison ferme requis contre le moudjahid Lakhdar Bouregaa

Le régime algérien est acculé, il devient dangereux, erratique et expose sans fard ses reflexes mafieux. Alors que les semaines passent et le hirak ne faiblit pas, le « nouveau » pouvoir en place semble vouloir rappeler au peuple algérien que sa volonté de changement radicale du système politique ne sera acceptée qu’à la seule condition que ce régime continue à être le seul maitre à bord. Or, cela revient à nier tout changement, quel qu’il soit.

L’état-major de l’armée nous explique chaque semaine que son rôle de protection sera assuré, que l’ANP assumera ses responsabilités face aux citoyens. Le peuple réclame une justice indépendante et transparente. L’état-major a enclenché une justice de spectacle et de commodité qui ressemble plus à une série de règlements de compte plutôt qu’à l’instauration et à l’implémentation du droit et de la légalité au sein de la société.

Le droit à la liberté d’expression aura été maintes fois violé depuis l’indépendance. Cette liberté âprement revendiquée depuis le début des manifestations du Hirak est encore un fois niée et tout prétendant à ce droit est sévèrement réprimé. Des dizaines de manifestants porteurs du drapeau national ou de l’emblème amazigh défilent devant les juges.  

Le régime durcit sa position et il commet des fautes irréparables. Mohamed Lakhdar Bouregaa, ancien chef de la wilaya IV historique, un homme au parcours historique si méritoire et irréprochable, a été enlevé  par les services de sécurité à son domicile samedi 29 juin vers 14h. Le petit-fils de l’ancien chef historique explique que son grand-père a été embarqué dans un véhicule de marque Renault Kangoo et aux vitres fumées.

Après une journée d’angoisse, le dimanche vers 15h, la nouvelle tombe comme un choc, Lakhdar Bouregaa est placé en détention provisoire pour « démoralisation de l’armée et outrage à corps constitué ».

Le pays semble être revenu aux  «grandes purges politique» du temps de Boumediene où toute personne qui véhiculerait un discours un tant soit peu opposé à la voix officielle est automatiquement dans la ligne de mire des services de sécurité.

Lakhdar Bouregaa, inlassable amoureux de sa patrie à laquelle il aura sacrifié sa vie, n’a jamais faibli dans sa quête de justice et de souveraineté pour le  peuple algérien. Il n’a jamais cessé de prévenir et de pointer du doigt les véritables ennemis du peuple. Il a toujours été prêt à recevoir journalistes, chercheurs et autres  militants, il s’est toujours efforcé de vouloir rapporter la véritable version de la révolution algérienne, pour effacer l’outrage que la volonté officielle commet à l’encontre de nos véritables martyrs, en falsifiant des pans entiers de cette histoire encore si méconnue

Bouregaa dérange par son franc-parler.  Humble, doux et social, Bouregaa est cet Algérien pur terroir qui transporte en lui toutes les souffrances d’un passé brimé, semé de misère et d’injustice. Bouregaa est armé de son authenticité, de son humour et son grand sens de la dérision.  Ses qualités semblent avoir froissé quelques esprits sensibles. Or, Bouregaa ne fait que déclarer à sa façon, lors de rares meeting,  ce que des millions d’Algériens scandent tout haut chaque vendredi en battant le pavé. 

La vérité peut-elle blesser un si puissant état-major de l’armée dont la grande responsabilité est la protection du territoire et du peuple algérien ?  Cette vérité est-elle si terrible qu’elle puisse faire trembler ainsi une institution aussi solide au point d’organiser l’enlèvement d’un paisible octogénaire devant son domicile. Ce même état-major qui s’adresse à ses concitoyens depuis diverses régions militaires, réaffirme son « je-vous-ai-compris »,  ne cesse de répéter que son souci premier est d’accompagner le peuple algérien dans l’accomplissement de la transition qu’il souhaite « démocratique ».  Les  hommes d’actions en principes  ne rechignent jamais à démontrer les preuves des principes qu’ils affichent.

La transition commence maintenant, elle débute par la libération de Lakhdar Bouregaa , un de nos rares symboles encore vivant de la lutte contre la force coloniale. Il est purement insensé et impensable que Bouregaa puisse passer un autre jour sous les verrous. La transition commence maintenant, elle  commence par la libération de tous les détenus politiques, dont la seule faute est d’avoir brandi un emblème autre que l’emblème national.

Bouregaa aurait pu passer ses vieux jours à apprécier un repos mérité, mais il a choisi de ne pas se taire et d’accompagner son peuple alors qu’il désire conquérir sa souveraineté pour de bon.  Son enlèvement et son incarcération ont provoqué un tollé au niveau national et international, puisque la nouvelle a fait écho dans la presse étrangère.  A Paris encore aujourd’hui, sa libération a été exigée par la diaspora algérienne lors d’un grand rassemblement place de la République. La liberté d’expression reste une lointaine utopie, nous en sommes encore à des années lumières, puisque les chaines de télévisions qui prétendent professionnellement informer les citoyens n’ont pas osé braver l’interdit et révéler cet acte ignoble, une énième  violation de notre passé. Bien au contraire, ces chaines soi-disant indépendantes ont préféré remettre en question le passé  irréprochable  d’un grand homme de notre histoire dans le seul but de décrédibiliser l’ancien compagnon de Amirouche et Krim Belkacem, souiller son nom. Lakhdar Bouregaa n’a plus rien à prouver. Son nom est déjà inscrit dans notre patrimoine historique. La transition exigera aussi que ces chaines se débarrassent de leurs réflexes calomnieux, tout comme le pouvoir doit se défaire de sa manie à reproduire les comportements dignes de la mafia sicilienne.

Wahida Belkacem

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Izou
2 années plus tôt

Dieu seul connaît les siens ! Donc DIEU seul connaît les moudjahidines ! Porter atteinte à l’Armée est un fait très grave donc punissable !

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