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Chronique

De l’Etat islamique à la démocratie

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Chez les partis islamistes algériens, il y a un classique pitoyable, en matière d’écriture de l’histoire, celui de revendiquer, sans vergogne, la direction du mouvement de libération nationale, au point qu’ils poussent à s’interroger sur ce qu’ils auraient fait du patrimoine national s’ils avaient accédé au pouvoir.

Il n’est donc pas rare d’entendre les leaders de ces partis mentir effrontément, sur le sujet, à leurs ouailles, et attribuer à l’association des oulémas la paternité du déclenchement de la guerre contre le colonialisme.

Le drame pour eux, auquel ils ne pensent pas, serait qu’un débat soit ouvert et que soit révélé le contenu des textes des oulémas, publiés durant la période où les militants de la matrice Etoile nord-africaine/PPA/MTLD semaient l’idée de l’indépendance au sein du peuple. En ce temps là et jusqu’en 1956, avec l’avènement du FLN, ce seront ces seuls militants qui auront eu la lourde charge du choix révolutionnaire.

Tandis que, confinée dans la revendication religieuse et culturelle, ce sera une fois la lutte engagée que l’association de feu Abdelhamid Benbadis a consenti, deux années plus tard, de la rejoindre, en abandonnant son attitude purement réformiste, sur laquelle le FLN va être très discret.

Le mensonge a pu alors se déployer pour appuyer le projet d’Etat islamique, en lui inventant une légitimité. Cela en dépit de la vérité historique. Puisque les pères fondateurs de l’idée libératrice qui a embrasé l’Algérie sous les pieds des colonialistes, sont issus du mouvement communiste.

Des fondateurs nourris aux lumières de la révolution russe et de la IIIème Internationale qui a décidé, en 1920, que « tout parti (membre) a pour devoir de soutenir, non en paroles mais en fait, tout mouvement d’émancipation dans les colonies ».

Pour les Frères, qui n’en sont pas à compter leurs errements et les contradictions de leurs stratégies, après que le slogan « l’Islam est la solution » a cessé de faire recette, il n’était pas, dès lors, étonnant de les voir, sans l’abandonner, se poser en champion de la démocratie, selon le même mode manipulatoire.

Le but étant de faire oublier leur vrai projet, qui est totalitaire dans son essence, pour donner l’impression d’avoir changé de fonds de commerce ou parce qu’ils sont socialement coincés, depuis qu’ils ont gravi les échelons de l’émancipation personnelle, loin de ceux qui les ont hissés à leur statut actuel. Un certain « printemps » est passé par là, qui leur a fait croire que leur temps était arrivé et qu’ils n’avaient plus besoin des strapontins du pouvoir, puisque ce « printemps » semblait être fait, spécialement, pour les Frères adoubés par l’OTAN.

D’autres victimes de la lubie « printanière », venus de l’autre bord, d’ex-ennemis héréditaires, des anti-islamistes, des « éradicateurs » même, vont leur donner le quitus « démocratique » en leur accordant leur alliance, n’ayant plus rien à perdre et tout à gagner avec les Frères, qui ont maintenu quelques troupes pour donner un semblant d’assise populaire. Les Frères peuvent, pour un temps encore, changer de terrain et trouver à justifier leur militance.

A. H.

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