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Le FFS rejette les « coalitions claniques »

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Les membres du conseil national du FFS se sont réunis aujourd’hui, 22 juin 2019, à Alger en session ordinaire. A l’issue de leur travaux, ils ont rendu publique une déclaration que nous publions en intégralité.

Notre pays vit l’une des phases les plus décisives de son histoire. La formidable mobilisation pacifique des Algériennes et des Algériens depuis le 22 février a permis la résurgence de l’esprit d’indépendance et vu renaître l’espérance de voir s’accomplir le rêve de l’édification d’une Algérie Libre et Démocratique, tel qu’elle est pensée et voulue par nos pères libérateur.

Cette dynamique a remis au centre des préoccupations nationales la question cruciale du rapport entre PEUPLE, ETAT et POUVOIR et repose d’une façon claire les piliers sur lesquels l’Algérie de demain devrait être édifiée. Il s’agit la même, du cœur de la crise nationale qui est foncièrement une crise politique et de légitimité.

Dix-huit (18) semaines après le début de ce mouvement révolutionnaire, nous assistons à un éveil et une détermination sans égale des masses populaires pour la reconquête de leur dignité et de leur droit à l’autodétermination.

Face à cela, incapable d’imaginer ou ne voulant pas d’une solution politique à la crise, les décideurs se réfugient derrière la légalité constitutionnelle et au mieux tentent d’accréditer l’idée que l’élection d’un nouveau président réglera tous les problèmes du pays.

Cette démarche n’est qu’une tentative de recomposition clanique visant à pérenniser un système finissant, rejeté par tout un peuple.

Les multiples dossiers épineux de corruption n’ont fait que révéler la nature de ce système qui a structuré l’Etat en organisation mafieuse. Le mérite du 22 février est déjà dans la mise à nu des secrets de l’Omerta.
La situation actuelle traduit largement l’expression de la faillite d’un système de pouvoir, autoritaire et illégitime installé et maintenu par une série de coups de force, depuis 1962. 

L’enjeu et le défi majeur, aujourd’hui, est d’assurer le passage pacifiquement et d’une manière graduelle et consensuelle, de ce système autoritaire fermé à un système démocratique ouvert qui permettra l’autodétermination individuelle de chaque Algérienne et Algérien et l’autodétermination collective de notre peuple.

Ce passage inévitable doit s’organiser dans le cadre d’une Transition, politique, économique et sociale à la hauteur des fondements du 1er Novembre 54 et des principes du Congrès de la Soummam.

Sur le plan pratique il s’agit d’œuvrer à amorcer un processus constituant et un nouveau contrat politique et social qui aboutira à l’édification d’une Deuxième République et d’un Etat de droit.

Le Conseil national réaffirme la nécessité de l’élection d’une Assemblée Nationale Constituante qui est un impératif de stabilité politique et un prélude qui marquera le retour à la légitimité populaire. L’Assemblée Nationale Constituante constitue une échéance incontournable pour sortir du provisoire et des incohérences politique et juridiques et rendre irréversible la Démocratie.

Le Conseil national considère que seul un état de Droit issu de ce socle constitutionnel incontesté et incontestable et qui aura comme base, la démocratie politique, le pluralisme, l’égalité homme femme, les libertés individuelles et collectives, l’indépendance de la justice, la séparation des pouvoirs dans le cadre d’un état civil, pourra réconcilier l’Etat et la Société, renforcer la cohésion nationale et faire renaître la confiance indispensable à l’édification d’une nation libre et épanouie.

Le Conseil national du FFS considère que la légitimité populaire est au-dessus de la légalité constitutionnelle et seul le recours au peuple pour fonder la légitimité démocratique et l’Etat de droit est en mesure de sortir notre pays de la crise. Le peuple est la source de tous les pouvoirs. Il est le socle de la démocratie.

Dans cette situation, deux options s’offrent à notre pays: ou bien l’enlisement dans la lutte du pouvoir pour le pouvoir et la consécration de l’alternance clanique qui aboutira à la reproduction de la dictature et ses maux. Ou bien le retour à la légitimité populaire et la construction de l’alternative démocratique.

Une grande nation comme la nôtre doit se référer constamment à son histoire et évoquer sans cesse ses expériences passées et les sacrifices consentis par des générations entières de martyrs pour trouver une issue à la crise actuelle.

Le FFS considère que les manœuvres visant réduire la dynamique populaire à de basses confrontations idéologiques, régionalistes ou claniques ne sauraient parvenir à détourner la marche du peuple Algérien de l’essentiel.

L’histoire proche de notre pays nous a appris que ces polarisations claniques ont été à l’origine de tous les coups de forces et empêché toute alternative démocratique dans notre pays. Le peuple en tous les cas n’a guère confiance en les exclus du système.

Le FFS s’est donné une ligne directrice depuis sa création de lutter contre le système sans rentrer dans des repositionnements et des luttes claniques du même système. Le FFS s’interdit cette sous-traitance et refuse de prendre part aux coalitions de conjoncture et aux alliances d’appareil sans lendemain et se démarque d’une façon aussi claire qu’elle soit de toute démarche ayant pour base cette approche.

Le Conseil national du FFS met en garde contre les apprenties sourciers et les aventuriers de tous bords, qui veulent instaurer la division, attiser la haine, saper le moral du peuple et de dresser les Algériens les uns contre les autres et considère que ces tentatives désespérées s’inscrivent dans la stratégie de Contre-révolution ayant pour objectifs détourner ou mettre fin à la mobilisation de notre peuple. Jouer encore cette carte du pourrissement pourrait déboucher sur des scénarios dont les conséquences sont imprévisibles.

Le Conseil national appelle tous les acteurs à la raison et cesser toute agissement pouvant compromettre la paix civile et la cohésion de notre Etat national. Le FFS considère que la paix civile est une ligne rouge infranchissable.

Le FFS tire sa crédibilité de la cohérence de ses positions. Comme il l’a fait depuis sa création, le FFS réitère l’urgence d’œuvrer à une solution politique et la construction d’un consensus le plus large possible entre Algériennes et Algériens pour sortir de la crise et poser ensemble les jalon de la Deuxième République.

Aucune personne et aucune manœuvre ne saurait dévier notre parti de cette ligne tracée par notre éternel Président, Feu Hocine Ait Lah Irahmou. Nous demeurons attachés à nos principes fondateurs et nous continuerons à défendre la solution politique, consensuelle, graduelle, négociée et raisonnable pour sortir de la crise et reconquérir la légitimité populaire spoliée par la dictature. Ce n’est qu’à partir de là que pourront s’affronter, dans un cadre démocratique et pacifique, les projets politiques et idéologiques. C’est sur cette base que pourront se construire demain des convergences ou des divergences programmatiques ou idéologiques.

Le Conseil national, le 22 juin 2019

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