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L’âne et le général

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Les têtes des portes-galons qui se prennent pour des dictateurs ne pensent pas. Elles disent aux autres ce qu’ils doivent penser.L’alphabet pour un général qui, à l’automne de sa vie, a plus de bougies à griller pour ses années perdues qu’il ne lui reste de temps pour apprendre à lire, c’est …comme de la laitue dans la bouche d’un âne ! 

Tirée maladroitement d’une formule populaire, cette comparaison n’est, à vrai dire, pas tout à fait juste. A certains égards, elle est même injuste. Car, dans l’histoire, l’âne n’y est pour rien. Il n’a rien demandé !

Ce n’est, tout de même pas de sa faute, si un général – chef d’Etat-major de surcroît !- a le vertige du pouvoir absolu et de la bêtise illimitée !

Pour un chef d’Etat-major de l’armée qui s’accroche à la préemption de ses 80 automnes dilués en autant d’hivers, prend ses balbutiements pour de la lecture, ses hallucinations pour des réalités et son délire pour une feuille de route à imposer à tout un peuple en mouvement, à contre-sens de l’histoire, voire des quelques neurones qui lui restent, au risque de les griller, elles aussi, l’âne n’a pas à prendre.

Et puis, franchement, qu’est-ce que l’âne a à cirer d’un 19 juin ?

Les coups d’Etat, le pouvoir, la rapine, la justice aux ordres,faire l’agneau quand on est un vieux loup…toutes ces histoires, c’est dans les têtes des portes-galons, coureurs du vice, des honneurs sans honneur, de l’argent sale et des jupons, qu’elles poussent.

Souvent, elles ont la couleur du sang et puent le « pas d’odeur » qui « monte au nez ». Tiens ! A ce propos, le poète qui se prenait pour un chansonnier – pour ne pas trop se prendre la tête ! –  avait bien raison.

Mais, l’âne, lui, n’en a cure !

Pour changer un peu, on peut lui raconter l’histoire d’un âne ! Par exemple, celle de l’âne d’un homme pieux, respectueux et respecté, imam de l’un des villages de Kabylie. L’histoire s’est déroulée tout près de Tasga, le village qui a donné naissance à « La colline oubliée ». Plus exactement, elle a eu lieu au village d’où s’est élevé, un soir d’hiver,  » Avava inouva », le chant qui a émerveillé le monde pendant que la neige habillait le Djurdjura et ses collines de son burnous

Durant les années qui ont suivi le printemps Amazigh du 20 avril 1980 et connu la naissance de la Ligue Algérienne de Défense des Droits de l’Homme, la Kabylie était la cible d’un acharnement poussé jusqu’à la traque du moindre livre de pensée et d’expression autre que la langue de bois officielle, jugé et condamné sans verdict et à titre préventif pour subversion.

Épris de la pensée progressiste, assoiffés de la culture ancestrale et de liberté, nombreux étaient les jeunes de l’époque qui guettaient la moindre occasion pour assister à une rencontre avec des esprits aussi lumineux que Mouloud Mammeri ou Kateb Yacine.

Faut-il rappeler que depuis l’interdiction de la conférence de Mouloud Mammeri sur la poésie kabyle ancienne à l’université de Tizi-Ouzou qui porte aujourd’hui son nom, Tizi a connu son printemps des luttes pour les libertés démocratiques. Donc, tenir des rencontres où la parole se libérait tombait sous l’interdit de la pensée unique. 

Devant cet interdit, des villageois avaient trouvé le moyen d’organiser des fêtes familiales pour pouvoir abriter chez eux, des discussions sur des sujets qui avaient l’étrange pouvoir d’irriter les tenants du régime militaire de l’époque : Tamazight et la démocratie !

Pour éviter toute mauvaise surprise, la discrétion était de mise. Elle l’était d’autant que le régime avait des yeux partout !

Alors, des livres comme ceux de Jean-Paul Sartre, le philosophe de l’existentialisme qui a permis à la notion de l’engagement de connaître ses années de gloire, il fallait surtout savoir où les cacher pour échapper à une éventuelle arrestation.

L’imam était inquiet pour les jeunes qui ramenaient ce genre de livres dans le village. Lui qui avait appris le coran par cœur à son enfance et pleurait quand il faisait le prêche de la prière du vendredi, ne voulait pas voir ces jeunes emmenés par les gendarmes. Pour lui, il s’agissait de ses enfants. Donc, il lui fallait les protéger.

Pour leur éviter tout ennui, il décida de cacher leurs livres dans l’étable où se trouvait son âne. L’âne en question avait la particularité d’être sage, de ne pas répondre à la provocation de tout âne qu’il rencontrait au village.

Un jour, alors qu’il se trouvait chez lui, dans l’étable, l’âne avait faim. Il entreprit de manger du foin et de la paille en guise dessert. Sauf que sous la paille se trouvaient les livres de Jean-Paul Sarte. Arrivé aux livres, l’âne les regarda un instant, puis, recula. Il ne les a point abîmés !

A leur arrivée chez l’imam, les jeunes n’en revenaient pas de ce qu’avait fait l’âne.

Quelques jours plus tard, ils partirent à Alger où il aimaient retrouver Kateb Yacine. Ils lui racontèrent l’histoire de l’âne. Bouleversé, ce dernier s’exclama :  » Quoi ? Un âne qui a eu le privilège que lire Jean-Paul Sartre ?! Il va vous falloir me le présenter ! »

Aussitôt dit, aussitôt fait ! Kateb Yacine s’est déplacé d’Alger au village de « Avava Inouva », rien que pour voir l’âne et lui témoigner toute la tendresse de sa reconnaissance.

A son arrivée, il chercha après l’âne, le trouva et lui dit :  » Tu as les plus beaux yeux au monde qu’aucune femme ne peut décrocher ! » Puis, il prit une photo avec lui.

Une telle histoire, un âne peut l’écouter, même s’il ne comprends pas vraiment ce qu’on lui raconte. Mais, pour un général – chef d’État-major de surcroît ! – qui se prend pour un dictateur, c’est peine perdue !

 Hacène LOUCIF pour Mediapart

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L’ancien ministre de l’Industrie Mahdjoub Bedda placé sous mandat de dépôt

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L’ancien ministre de l’Industrie et des Mines, Mahdjoub Bedda, a été placé sous mandat de dépôt, mercredi, après sa comparution devant le conseiller enquêteur près la Cour suprême à Alger, dans le cadre des enquêtes liées à la lutte contre la corruption, a-t-on appris auprès de cette institution.

Mahdjoub Bedda est accusé d’accorder des privilèges indus à des constructeurs automobiles, notamment dans l’affaire du propriétaire de la marque «KIA», Hacène Arbaoui.

Il est à rappeler, 17 individus impliqués dans des faits à caractère pénal avaient été présentés, le 20 juin dernier, devant le Procureur de la République près le tribunal de Sidi M’Hamed, dans le cadre de cette affaire. 

Après avoir été entendues sur les faits qui leur sont imputés, «une enquête judiciaire a été ouverte à l’encontre de 14 personnes physiques» pour des crimes liés au «blanchiment d’argent et transfert de biens obtenus par des faits de corruption», et «bénéfice du pouvoir et de l’influence des agents de l’Etat durant l’établissement de contrats et de marchés» et «dilapidation des deniers publics», précisait un communiqué de cette juridiction.

Ces crimes portent également sur «la participation à la dilapidation et à l’utilisation de fonds de banque», «abus de fonction intentionnel à l’effet d’accorder d’indus privilèges à autrui», et «exercice d’une activité professionnelle par un agent public dans une entreprise qu’il est chargé de contrôler et conclusion de marchés avec la même entreprise dans un délai inférieur à deux ans».  

Les personnes poursuivies pénalement sont: «l’homme d’affaires Hacène Arbaoui et deux de ses frères, cinq fonctionnaires relevant du ministère de l’Industrie et des Mines, le directeur général de la Banque nationale d’Algérie (BNA), deux anciens directeurs de deux entreprises publiques, un chef de département au sein d’une entreprise publique et le président actuel d’une APC ainsi qu’un commerçant».

Deux personnes morales ont été également accusées, à savoir deux entreprises commerciales en rapport avec l’activité du principal mis en cause.

Notifié du dossier de l’affaire, le juge d’instruction, après avoir entendu les prévenus lors de la première comparution, a décidé de placer sept (7) personnes en détention provisoire. Il s’agit de «l’homme d’affaires Hacène Arbaoui, de deux cadres actuels relevant du ministère de l’Industrie et des Mines, de deux fonctionnaires du même ministère, de l’actuel directeur général de la BNA, et d’un ex-directeur d’une entreprise économique publique».  

Par ailleurs, «le juge d’instruction a placé trois (3) personnes sous contrôle judiciaire. Il s’agit de l’ex-directeur général de la promotion de l’investissement au ministère de l’Industrie et des Mines ainsi que les deux frères de l’accusé principal et remis quatre autres en liberté». 

Concernant les personnes restantes et compte tenu de leurs fonctions à la date des faits, il a été décidé de transmettre le volet de leur dossier au Procureur général près la cour d’Alger «pour prendre les mesures nécessaires à leur encontre». Il s’agit de l’ex-Premier-ministre, Ahmed Ouyahia et deux anciens ministres de l’Industrie et des Mines, Mahdjoub Bedda et Youcef Yousfi», indique le communiqué. APS

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Dialogue : le démenti de Djamila Bouhired

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La moudjahida Djamila Bouhired, icone de la révolution algérienne, a tenu à démentir la rumeur selon laquelle elle ferait partie d’un groupe de personnes chargées de dialoguer avec le pouvoir au nom du mouvement populaire. Ci-dessous le démenti de Djamila Bouhired.

J’ai appris avec stupéfaction que mon nom figurait sur une liste de personnes, chargées d’organiser un dialogue entre le pouvoir et le mouvement populaire.

Je tiens à apporter les précisions suivantes :
1- Personne n’a demandé mon avis et je n’ai donné mon accord à personne.
2- Je ne peux faire partie d’un groupe de personnes, dont certaines ont servi le pouvoir.
3- Alors que des patriotes sont jetés en prison pour délit d’opinion, dont un officier de l’ALN, le frère Lakhdar Bouregaa, il ne peut y avoir de dialogue avec ceux qui nous menacent et nous accusent de trahison.
4- Je réaffirme ma solidarité avec le peuple en lutte pour son émancipation citoyenne, dans la liberté, la dignité et la démocratie.

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Perquisition à SLC de Lotfi Nezzar, le fils du général Khaled Nezzar

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Des limiers de la Gendarmerie nationale ont lancé en cette fin de journée du mercredi 17 juillet une opération de perquisition dans les locaux de la société SLC (Smart Link Communication), appartenant à Lotfi Nezzar, fils du général à la retraite Khaled Nezzar, annoncent des sources médiatiques.

Nous avions appris, il y a quelques jours, que Lotfi Nezzar était dans le collimateur de la justice. Le premier concerné, Lotfi Nezzar, s’est installé à l’étranger car il s’estime « victime d’une campagne de vengeance caractérisée », si l’on en croit le site algeriepart. Il se trouverait, en effet, en Espagne, au chevet de son père malade.

Si nous ignorons pour le moment les motifs de cette perquisition, celle-ci pourrait être le signe que la guerre est déclarée entre le général Ahmed Gaïd Salah et Khaled Nezzar.

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