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Culture

Révolution du sourire: paroles d’artistes algériens

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Mustapha Sedjal est Plasticien et Vidéaste algérien vivant et travaillant en France. Depuis le 24 février, tous les dimanches, il est sur la Place de la République participant avec ses compatriotes au mouvement de contestation populaire qui a cours en Algérie depuis plus de 4 mois. Mustapha nous éclaire sur la nature de sa participation et sur le rôle de l’art dans ce soulèvement populaire.

Hirak à Place de la République © Mustapha Sedjal

Hirak à Place de la République © Mustapha Sedjal

Comment percevez-vous le Hirak 4 mois après son déclenchement ?

Le Hirak  pour les uns, Révolution Silmiya (pacifique) pour d’autres, peu importe ! Il fallait s’attendre à cet élan national pour le changement du « système » politique. Notre jeunesse ne pouvait plus continuer à vivre ou à survivre sans perspectives ou horizons au-delà de la harga – exil clandestin – ou de la mort à petit feu dans le silence.  

Il fallait démolir les murs de « l’enfermement » et reconquérir notre indépendance pour crier haut et fort noter souffrance face à l’injustice et à la hogra – le mépris. Chaque marche le vendredi est un pas en avant vers une Algérie nouvelle qui aspire à vivre autre chose. Le champ du possible est vaste. Nous avons de quoi construire un monde meilleur. En tant que plasticien et observateur, je redécouvre une Algérie débordante de créativité à travers notamment les slogans, les chants, les tifos, la musique, les clips… La date du 22 février restera gravée dans l’histoire de l’Algérie comme une étape nouvelle vers une seconde Libération et la renaissance d’une nation.

Comment l’annulation des élections présidentielles prévues le 4 juillet impactera-t-elle le mouvement de contestation populaire ?

Le mouvement Silmiya est dans son élan. Rien ne peut l’arrêter aujourd’hui. Nous irons jusqu’au bout du « dégagement » du système khamedj (sale). Avec sagesse, nous allons les vaincre tous ensemble. Yetnahaw Ga3 ! (qu’ils dégagent tous !)

 Tous les dimanches, vous investissez la Place de la République avec vos matériaux. Quel rôle l’art peut-il jouer dans ce soulèvement populaire ?

  Depuis le 24 février, je manifeste à ma manière en tant que plasticien sur la Place de la République. Le premier dimanche soit le 24 février, nous étions deux artistes,  Moho Sahraoui et moi-même, chacun de son côté. C’est en rentrant le soir chez moi que j’ai découvert l’intervention publique de Moho sur la Place grâce aux photos du Facebook.

Tous les dimanches, mon intervention se déploie sous deux formes. La première concerne la mise en place d’une intervention plastique en faisant participer les manifestant.e.s. Ces séquences sont prises en photos et filmées pour deux raisons. D’une part, car elles constituent la matière première de mon projet plastique.  Et d’autre part, parce qu’elles sont des traces de l’histoire du mouvement Silmiya.

La deuxième intervention se déroule dans l’Atelier Silmiya organisé par le Collectif Arts visuels auquel participent plusieurs artistes dont Moho S., Anouar B., Hacène B., Mersali O. Amina B., Ali B. et d’autres artistes. Ces ateliers se déroulent sous l’oeil intéressé des manifestant.e.s.

Pour revenir à la question du rôle de l’art dans le soulèvement populaire algérien, je dirai que cet élan est en-lui-même un « geste plastique et esthétique »Nous avons vu dès le début des manifestations des panneaux et des pancartes mettre en exergue des slogans, des dessins, des photos, des montages, des tifos qui donnent une dynamique aux marches chaque vendredi en Algérie, et chaque dimanche à Paris. Le tout se vit sur un mode humoristique.

De votre point de vue, l’art a-t-il vocation à être au service des causes politiques et autres ?

Je dirai oui ! Chaque cause est noble, face à un paysage, à une nature morte ou à un drame humain. De Francisco de Goya (« Fusillades du 3 mai », 1808) à Pablo Picasso (« Guernica », 1937), en passant par M’hamed Issiakhem, Mohamed Khadda ou Choukri Mesli, chacun de ces artistes a su traduire, à un moment de sa trajectoire artistique ; le drame humain sur un plan plastique et esthétique.

Dans ma démarche plastique, je questionne la mémoire et l’histoire de l’Algérie pré et post coloniale et les drames et les séquelles qui nous habitent. Sur la Place de la République, j’ai abordé dans mes interventions personnelles le drame des « harragas » (les migrants clandestins), victimes du système actuel. Concernant les peintures que nous réalisons dans le cadre du Collectif Arts visuels, en écho à l’écho de la situation en Algérie, notre démarche consiste à témoigner et à laisser des traces. Cette production plastique sera exploitée un jour.

MEDIAPART , PAR NADIA AGSOUS

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Culture

Mort de Johnny Clegg : les cinq chansons incontournables du « Zoulou blanc »

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En mêlant les rythmiques africaines et pop, Johnny Clegg a produit des chansons toujours souriantes, opposant de la joie au régime raciste de l’Apartheid.

Le chanteur sud-africain Johnny Clegg, surnommé le « Zoulou Blanc », est mort mardi 16 juillet à l’âge de 66 ans. Engagé contre l’Apartheid, il s’est fait connaître grâce à ses airs universels de partage, des chansons soutenant la solidarité entre les hommes et entre les peuples. Une oeuvre riche et optimiste, que Franceinfo vous propose de redécouvrir grâce à cinq chansons.

Africa (1979)

En 1979, Johnny Clegg fonde le groupe Juluka, avec le chanteur noir Sipho Mchunu. Une révolution dans l’Afrique du Sud de l’Apartheid, et une manière de défier les moeurs et les autorités. Le premier album de la formation, Universel Men, sorti en 1979, ajoute une couche de provocation à l’encontre de la société raciste du pays. Sous forme d’un album concept, Universal Men raconte le destin d’un travailleur Zoulou. Le single Africa, issu de l’album, offre à ce travailleur une voix, une complainte puissante, visant à être entendue de tout le continent. Une chanson qui porte déjà tout ce qui fera l’ADN de Johnny Clegg : des rythmes pop sur des percussions fortes, un mélange de genre optimiste et joyeux.

Scatterlings of Africa (1982)

Rendue célèbre par sa réutilisation dans le film Rain Man en 1988, dans une version réenregistrée par Clegg, Scatterlings of Africa n’en est pas moins l’un des premiers grands succès du musicien. La chanson ouvre avec ferveur le quatrième album de Juluka, et deviendra la porte d’entrée de Johnny Clegg vers le succès en Europe et aux États-Unis. Avec AsimbonangaScatterlings of Africa se chamaille joyeusement le titre de standard ultime du chanteur, refaisant surface sur chacune de ses compilations. Un hymne à l’Afrique encore une fois.

Asimbonanga (1987)

En 1987, l’album Third World Child (« Enfant du tiers-monde ») propulse Johnny Clegg et son nouveau groupe Savuka sur le devant des projecteurs occidentaux. Ses messages, censurés en Afrique du Sud, attirent un public européen et nord-américain très nombreux, notamment en France. Pour l’album, Clegg réenregistre Scatterlings of Africa, mais produit un deuxième tube tout aussi engagé que le reste de sa discographie : Asimbonanga (Mandela). Si le titre n’est pas assez explicite, Asimbonanga (qui signifie « nous ne l’avons pas vu » en langue zoulou) est un hymne à la tolérance, à l’acceptation, et un hommage à Nelson Mandela, qui purge alors sa 24e année de prison dans les geôles du régime raciste sud-africain. La chanson rend également hommage à d’autres pourfendeurs de l’apartheid comme Steven Biko, à qui Peter Gabriel a lui-aussi consacré une chanson. En 1999, alors que Clegg interprète la chanson en concert, un invité spécial apparaît sur scène… Mandela lui-même.

Great Heart (1987)

Également issue de l’album Third World Child, Great Heart est une ballade légère qui, une fois de plus, combine les ingrédients habituels de sa musique : une rythmique très marquée d’influence africaine, avec un esprit mélodique pop européen. Et la chanson ne manque pas de référencer l’Afrique dans ses paroles, véritable terre de vie et de diversité pour Johnny Clegg. Cependant, Great Heart montre une face plus douce de la musique de Clegg. Une chanson légère et souriante comme le « Zoulou blanc » en était le spécialiste.

Dela (1990)

Dela est une chanson d’amour. Une très belle et toujours enjouée chanson d’amour, issue de l’album Cruel, Crazy Beautiful World de Savuka en 1990. Dernier grand tube de Johnny Clegg, Dela est une ballade charmante et envoûtante, que sa production 80’s entoure d’une atmosphère de joyeuse nostalgie. Dans cette chanson, le chanteur célèbre la fameuse Dela avec autant de ferveur qu’il célèbre les hommes et l’Afrique dans ses autres chansons. Avec moins de colère cependant… La chanson sera reprise ensuite dans les deux films George de la Jungle en 1997 et 2003… Cruelle destiné pour ce joli refrain. Francetvinfo


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Culture

Théatre régional d’Oran : accès gratuit pour les étudiants en arts dramatiques

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Les étudiants du département des arts dramatiques de l’Université d’Oran bénéficieront à partir de la saison universitaire prochaine de cartes de stagiaires leur permettant d’assister gratuitement aux différentes pièces théâtrales présentées au niveau des théâtres publics à l’échelle nationale.

L’annonce a été faite par Mourad Senouci, le directeur du théâtre régional Abdelkader-Alloula d’Oran, lors de la clôture, lundi dernier, des deux journées de soutenance des étudiants du département du 4e art pour l’obtention du diplôme de Master dans cette spécialité, abritées par son établissement.

« Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la contribution du théâtre régional d’Oran dans la formation des étudiants spécialisés dans les arts dramatiques », a expliqué M. Senouci, estimant que la démarche renforcera davantage les liens entre les deux institutions (théâtre et université).

Le même responsable a appelé les troupes théâtrales au niveau national à donner leur chance aux étudiants formés au niveau de l’institut des arts dramatiques et en tirer profit de leurs compétences.

« Les deux  journées de soutenance abritées par le TRO ont d’ailleurs permis de découvrir beaucoup de talents à l’avenir prometteur dans le 4e art s’ils venaient d’être bien pris en charge et si on leur donnait aussi la chance de se produire dans différents travaux réalisés dans ce registre », a encore estimé le même responsable.

Il s’agit de la deuxième année de suite que le Théâtre régional d’Oran accueille les étudiants des arts dramatiques pour exposer leur mémoire de soutenance de Master à travers la présentation de morceaux de pièces théâtrales, a indiqué à l’APS le premier responsable du théâtre régional d’Oran.

Cette initiative entre dans le cadre d’un accord de partenariat entre les deux institutions visant à impliquer davantage le Théâtre régional d’Oran dans la formation des futurs dramaturges, a-t-il ajouté.

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«Game of Thrones» : une tapisserie de 90 mètres bientôt à Bayeux

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Les sections liées aux sept premières saisons sont terminées. L’œuvre, qui reprend le style de la tapisserie de Bayeux, sera exposée en France en septembre.

La série Game of Thrones est terminée, mais on va sans doute continuer d’en entendre parler pendant quelque temps. Dans un musée de Belfast, des couturières munies de fils scintillants rouge et or apportent les dernières touches à une immense tapisserie, conçue pour rendre hommage à la série phénomène. Longue de 90 mètres, cette tapisserie veut être le récit brodé des huit saisons de la série médiévalo-fantastique, tournée à Belfast et au succès planétaire, qui raconte l’histoire de familles se battant pour régner sur le monde fictif de Westeros.

Les sections de la tapisserie représentant les sept premières saisons sont déjà achevées. Une fois la huitième terminée, l’œuvre sera exposée en France en septembre aux côtés de la célèbre tapisserie de Bayeux, dont elle imite le style et qui raconte la conquête de l’Angleterre au XIe siècle sur 70 mètres de broderie. « Une tapisserie est avant tout un excellent outil de narration », explique Valerie Wilson, conservatrice de costumes et textiles aux Musées nationaux d’Irlande du Nord. « La longueur de la tapisserie permet à l’histoire de se dérouler. C’est donc à bien des égards le support idéal pour raconter l’histoire du projet Game of Thrones.

Lire aussi « Game of Thrones », « Zelda » : sans frontières, pas de bonnes histoires

Un accord de confidentialité

Si la tapisserie a majoritairement été tissée à la machine, il a fallu deux ans à trente volontaires pour en broder les finitions : le rouge du sang dans la scène des Noces pourpres, le vert émeraude du feu grégeois ou encore le bleu glacial des Marcheurs blancs, autant d’éléments essentiels dans l’imagerie de la saga. Un résultat visuel si réussi que le musée déconseille la visite aux mineurs.

À l’instar des acteurs dans la série, les bénévoles ont dû signer un accord de confidentialité. « Il était crucial que, au lancement du projet » complété avec les huit saisons, « il y ait un élément nouveau, presque surprise », a dit à l’Agence France-Presse Valerie Wilson.

En attendant que l’œuvre entière soit exposée, les visiteurs du musée peuvent actuellement profiter des sept premières saisons brodées. Abbie Merrick, fan de la série, a passé la matinée à en raconter l’intrigue à sa mère. Séduite, elle juge que « la tapisserie est une très belle forme d’art et une très belle forme de raconter des histoires ». AFP

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