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Israël valide la vente de biens d’Église à Jérusalem

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La Cour suprême israélienne a validé, lundi 10 juin, une vente de biens fonciers de l’Église grecque-orthodoxe à une organisation ultranationaliste juive dans la vieille ville de Jérusalem.

L’Imperial Hotel et le Petra Hotel, deux fiers établissements de pierres situés porte de Jaffa, à l’entrée de la vieille ville de Jérusalem, sont désormais la propriété de Ateret Cohanim, une organisation nationaliste juive qui œuvre pour la colonisation de Jérusalem-Est.

Ces biens, ainsi qu’un immeuble proche de l’esplanade des Mosquées, appartenaient historiquement à l’Église grecque orthodoxe de Jérusalem. Le 1er août 2017, leur vente à Ateret Cohanim avait déjà été validée par un tribunal israélien. Depuis, le Patriarcat grec-orthodoxe demandait son annulation, mais l’appel a été rejeté par la Cour suprême israélienne, lundi 10 juin.

Les trois immeubles restent donc dans l’escarcelle d’Ateret Cohanim, ce qui renforce de fait la présence des colons juifs israéliens dans la Vieille ville. Celle-ci fait partie de Jérusalem-Est, occupée et annexée depuis 1967 par Israël (illégalement au regard du droit international), et où vivent désormais 210 000 juifs israéliens, contre 320 000 Palestiniens.

Une « nouvelle catastrophe »

La décision de la Cour suprême est « illégale et illégitime », a dénoncé Atallah Hana, l’archevêque grec-orthodoxe de Sébastia (nord de la Cisjordanie occupée), dans un communiqué publié mardi 11 juin.

« La saisie des propriétés historiques de la porte de Jaffa par les organisations de colons extrémistes est une nouvelle catastrophe qui s’ajoute aux catastrophes et aux revers subis par la présence chrétienne dans cette Ville sainte », a-t-il ajouté, appelant à mener des actions pacifiques pour faire annuler cette acquisition.

« En l’absence de preuves de malversations, nous estimons que le tribunal a eu raison de valider la vente en question », affirme, pour sa part, le tribunal dans son verdict.

Quinze ans de bataille juridique

Celui-ci vient mettre fin à près de quinze ans de bataille juridique. L’affaire remonte en effet à 2004 : trois sociétés privées liées à l’organisation Ateret Cohanim avaient acquis ces biens de l’Église grecque-orthodoxe dans le cadre d’un bail emphytéotique. Ce type de contrat, prévu pour une durée de 99 ans, fait du locataire un quasi-propriétaire du bien.

L’affaire avait provoqué la colère des chrétiens palestiniens et entraîné la destitution en 2005 du patriarche Irénéos Ier. En 2007, son successeur Théophile III avait entamé une procédure judiciaire pour faire annuler le contrat.

La Cour de justice israélienne avait rendu son jugement le 1er août 2017, donnant raison aux sociétés privées, qui avaient, en fait, agi en intermédiaires pour Ateret Cohanim. L’acquisition de biens ecclésiastiques par des sociétés écrans, qui les revendraient ensuite au prix fort, menace de bouleverser le marché de l’immobilier israélien.

Une Église grecque-orthodoxe contestée

Deuxième plus grand propriétaire foncier en Terre sainte, le Patriarcat grec-orthodoxe a souvent été accusé par les Palestiniens de vendre ou de louer ses biens fonciers à Israël, à Jérusalem-Est, mais aussi à Césarée, Jaffa ou encore Tibériade.

Pour les Palestiniens, qui dénoncent une entreprise de « judaïsation » de Jérusalem-Est, vendre sa propriété à un juif est une transgression absolue.

Sources, le journal La Croix

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