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Soudan: Emissaire américain pour inciter au dialogue entre militaires et contestataires

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Le secrétaire d’Etat américain adjoint chargé de l’Afrique Tibor Nagy doit se rendre dans les prochains jours au Soudan pour appeler l’armée au pouvoir et les représentants de la contestation à la « reprise » du dialogue, au moment où un chef rebelle soudanais affirme avoir été expulsé au Soudan du Sud.

Au 2e jour d’un mouvement de désobéissance civile lancé par la contestation qui entend maintenir la pression sur les généraux au pouvoir à Khartoum malgré un durcissement de la répression, le département d’Etat a précisé lundi que l’émissaire « appellera à la fin des attaques contre les civils ».

Les Etats-Unis ont condamné la semaine dernière les attaques contre les manifestants qui réclament le transfert aux civils du pouvoir après la chute du président Omar el-Béchir le 11 avril, remplacé par une junte militaire.

Une semaine après la dispersion sanglante d’un sit-in installé par les manifestants le 6 avril devant le QG de l’armée dans la capitale et au lendemain d’une mise en garde de l’armée, le pays a été « presque totalement » coupé du monde, selon le groupe de défense des droits numériques NetBlocks. « Les connexions internet qui fonctionnent encore sont en train d’être coupées », avait indiqué dans l’après-midi NetBlocks, alors que la contestation utilise internet pour relayer ses mots d’ordre.

Les lignes de connection internet de Sudatel, principal fournisseur d’accès au Soudan, ont finalement été rétablies en fin de soirée.

La répression a fait depuis le 3 juin 118 morts et plus de 500 blessés, la majorité dans la dispersion du sit-in devant le siège de l’armée, d’après un comité de médecins proche de la contestation. Les autorités estiment à 61 le nombre de morts, dont 49 par des « tirs à balles réelles » à Khartoum.

Arrestation de militaires

Dans un communiqué diffusé par l’agence de presse officielle Suna, le Conseil militaire de transition a annoncé lundi soir l’arrestation au sein des forces régulières de plusieurs personnes en lien avec cette dispersion sanglante. Il n’a précisé ni leur nombre, ni leur fonction, ni de quoi elles sont soupçonnées.

Par ailleurs, des médias officiels ont annoncé la « libération » du dirigeant rebelle Yasser Arman, chef-adjoint du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM-N), et de deux de ses camarades, Ismaïl Jalab et Moubarak Ardoul, interpellés en pleine répression de la contestation la semaine passée.

Mais M. Arman a indiqué à un correspondant de l’AFP à Juba qu’ils avaient en fait été « expulsés » vers le Soudan du Sud et non pas « libérés ».

Le SPLM-N fait partie de l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance du mouvement de contestation.

Le Conseil militaire de transition est au pouvoir depuis la destitution le 11 avril du président Omar el-Béchir par l’armée sous la pression du mouvement de contestation lancé le 19 décembre dans un climat de crise économique aiguë.

La contestation réclame, depuis la chute du président Béchir, un transfert du pouvoir à un gouvernement civil. Les négociations sont suspendues depuis le 20 mai en raison de divergences sur la composition d’une nouvelle instance qui serait chargée de mener la transition pendant trois ans.

Capitale quasi déserte

Le mouvement de contestation entend faire plier les militaires en maintenant la pression, notamment par la désobéissance civile. Une grève générale de deux jours était parvenue à paralyser le pays fin mai.

Au 2e jour du mouvement de désobéissance civile, quelques magasins ont rouvert à Khartoum, même si la majeure partie de la capitale restait déserte. Quelques bus ont circulé en ville, où davantage de voitures et de passants étaient visibles par rapport à la veille.

Abdulmajid Mohamed, un chauffeur de bus, était au travail, mais il tenait à préciser: « Si je travaille, cela ne signifie pas que je ne soutiens pas la révolution ». « Je dois travailler pour soutenir ma famille, sinon nous n’aurions pas d’argent ».

Dimanche, quatre personnes ont été tuées, deux à Khartoum et deux autres à Omdourman, ville voisine de la capitale, a indiqué le comité de médecins.

Les militaires au pouvoir ont dit tenir les manifestants pour responsables de la détérioration de la sécurité ainsi que des « récents et malheureux incidents » et de « l’obstruction des routes ».

« Le Conseil militaire a décidé de renforcer la présence des forces armées, des RSF (Forces de soutien rapide, ndlr) et des autres forces régulières pour un retour à la vie normale », a prévenu dimanche soir le général Jamal el-Din Omar dans un discours télévisé.

Les RSF, présentées par certains comme un avatar des terribles milices Janjawid du Darfour, sont accusées par la contestation d’être à l’origine de la dispersion du campement devant le QG de l’armée et de la répression qui a suivi.

Dimanche, la police anti-émeute était déjà intervenue dans le quartier de Bahri, dans le nord de Khartoum, pour disperser des manifestants qui, en matinée, avaient construit des barricades.

La contestation a affirmé que le mouvement de désobéissance civile continuerait jusqu’à ce qu’un pouvoir civil soit instauré. AFP

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Iran: Washington vise le régime et sanctionne le Guide suprême

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Les Etats-Unis ont annoncé lundi de « dures » sanctions contre le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, et plusieurs hauts gradés des Gardiens de la Révolution, frappant la tête de la République islamique pour faire encore monter la pression sur Téhéran.

Le président américain Donald Trump, qui accuse l’Iran de chercher à se doter de l’arme nucléaire et d’être un « parrain du terrorisme », a signé un décret empêchant « le Guide suprême, son équipe et d’autres qui lui sont étroitement liés d’avoir accès à des ressources financières essentielles ».

Egalement visé, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, visage de la politique iranienne de détente avec l’Occident, considéré comme un modéré et abhorré des ultraconservateurs.

Il sera placé sur la liste des sanctions « plus tard cette semaine », a indiqué le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, annonçant également que Washington allait geler des « milliards de dollars » d’actifs iraniens supplémentaires, sans autre précision.

Huit hauts gradés des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique du régime, ont aussi été sanctionnés, quatre jours après la destruction d’un drone américain par un missile iranien dans la région stratégique du Golfe.

Avant que la nature de ces nouvelles sanctions ne soit précisée, l’Iran avait dit qu’elles n’auraient « aucun résultat », tout en affirmant les prendre « au sérieux » et les considérer comme « un acte hostile, conforme au terrorisme économique et à la guerre économique lancés contre notre nation ».

En plus de ces dernières mesures, M. Trump, ont affirmé samedi des médias américains, a autorisé secrètement des cyberattaques contre des systèmes de lancement de missiles et un réseau d’espionnage iraniens, en riposte à la destruction du drone américain. Téhéran a affirmé n’avoir subi aucun dégât.

– Risque d’embrasement –

Washington et Téhéran, qui n’ont plus de relations diplomatiques depuis 1980, sont engagés dans un nouvel accès de fièvre qui fait craindre un embrasement.

Donald Trump a dit avoir annulé in extremis des frappes de représailles, prévues vendredi, contre des cibles iraniennes.

Alliée de l’Iran, la Russie avait qualifié les nouvelles sanctions d' »illégales ».

Le président français Emmanuel Macron a lui annoncé lundi qu’il rencontrerait « en aparté » Donald Trump pour évoquer le dossier iranien en marge du sommet G20 en fin de semaine au Japon.

Et dans un communiqué commun, au moment où le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo effectue une visite aux Emirats et en Arabie saoudite, deux alliés de Washington et grands rivaux de Téhéran, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis ont exhorté à trouver des « solutions diplomatiques » pour faire baisser les tensions actuelles.

De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a martelé que son pays, ennemi juré de l’Iran, ferait tout pour l’empêcher d’obtenir la bombe atomique.

– Détroit stratégique –

Le président américain avait plus tôt appelé les pays importateurs de pétrole à protéger leurs propres cargaisons dans le détroit d’Ormuz, un point de passage clé pour le commerce mondial de pétrole situé dans la zone où l’Iran a abattu le drone américain et où des attaques ont ciblé des pétroliers ces dernières semaines.

« Nous n’avons même pas besoin d’être sur place dans la mesure où les Etats-Unis sont désormais (de loin) le premier producteur d’énergie au monde! », a-t-il avancé, en appelant les autres pays importateurs de pétrole à monter en première ligne.

« 91% des importations chinoises de pétrole passent par le détroit d’Ormuz, 62% pour le Japon, et c’est pareil pour nombre d’autres pays », a dit le milliardaire républicain. « Pourquoi protégeons-nous ces voies de navigation (depuis de longues années) pour d’autres pays sans la moindre compensation? ».

« Tous ces pays devraient protéger leurs propres navires dans ce qui a toujours été un passage dangereux », a-t-il encore tweeté.

L’administration Trump s’est retirée en mai 2018 de l’accord nucléaire censé limiter les activités sensibles de l’Iran, et considéré par les Européens, les Russes et les Chinois -toujours parties à l’accord- comme le meilleur moyen de s’assurer que l’Iran n’aura pas la bombe.

Les Etats-Unis ont ensuite rétabli à partir d’août 2018 une série de sanctions économiques contre Téhéran dans le cadre d’une campagne de « pression maximale » contre l’Iran, accusé également de déstabiliser la région.

De nouvelles frictions sont à prévoir avec l’annonce par l’Iran que ses réserves d’uranium enrichi dépasseront à partir du 27 juin la limite prévue par l’accord nucléaire.

AFP

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Istanbul : le candidat de l’opposition réédite sa victoire, revers pour Erdogan

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Le candidat de l’opposition Ekrem Imamoglu a réédité dimanche sa victoire aux municipales d’Istanbul après l’annulation du premier scrutin, infligeant au président turc Recep Tayyip Erdogan son pire revers électoral en 17 ans.

Selon les résultats partiels publiés par l’agence étatique Anadolu après dépouillement de plus de 99 % des bulletins, M. Imamoglu a obtenu 54,03 % des voix contre 45,09 % pour le candidat de M. Erdogan, l’ancien Premier ministre Binali Yildirim.

Cette élection s’est déroulée près de trois mois après les municipales du 31 mars, gagnées à Istanbul par M. Imamoglu avec seulement 13.000 voix d’avance sur M. Yildirim. Dimanche il a obtenu 777.000 voix de plus que son rival, selon les résultats provisoires.

Le scrutin de mars avait été invalidé après des recours du parti islamo-conservateur du président, l’AKP, arguant d' »irrégularités massives ». Rejetant ces accusations, l’opposition avait dénoncé un « putsch contre les urnes » et considérait le nouveau scrutin comme une « bataille pour la démocratie ».

« Travailler en harmonie »

« Selon les résultats, mon rival Ekrem Imamoglu mène la course. Je le félicite et je lui souhaite bonne chance. J’espère qu’il servira bien Istanbul », a déclaré M. Yildirim en concédant sa défaite devant la presse.

S’exprimant peu après, M. Imamoglu, issu du parti kémaliste CHP (social-démocrate) a estimé que sa victoire marquait « un nouveau début pour la Turquie ».

Il a invité M. Erdogan « à travailler ensemble pour servir Istanbul ». « M. le président, je suis prêt à travailler en harmonie avec vous », a-t-il ajouté.

M. Erdogan qui avait milité pour l’annulation du scrutin de mars, a félicité M. Imamoglu dimanche soir, signalant qu’il acceptait le résultat.

« C’est une défaite colossale pour Yildirim, mais aussi pour Erdogan », a estimé Berk Esen, professeur associé à l’université Bilkent, à Ankara. « Son pari s’est retourné contre lui ».

Car bien plus qu’une élection municipale, le vote à Istanbul avait valeur de test pour la popularité de M. Erdogan et de son parti sur fond de graves difficultés économiques. « Qui remporte Istanbul remporte la Turquie », a coutume de dire le président qui, avec son parti, a gagné toutes les élections depuis l’arrivée au pouvoir de l’AKP en 2002.

Pour M. Erdogan, il s’agissait de conserver une ville de plus de 15 millions d’habitants, capitale économique du pays, qu’il contrôle depuis 25 ans. Pour l’opposition, d’infliger à M. Erdogan sa première défaite majeure depuis son arrivée au pouvoir.

Des dizaines de partisans de l’AKP se sont rassemblés devant le siège du parti à Istanbul après l’annonce des résultats, certains les larmes aux yeux.

« C’est une leçon pour nous, on doit tirer les enseignements », a déclaré un partisan de l’AKP, Ali Kasapoglu.

Une ambiance autrement plus festive régnait parmi les partisans de M. Imamoglu.

« Nous sommes en ce moment les gens les plus heureux au monde. Il a récupéré le mandat qui lui avait été usurpé. Il a remporté la bataille de la démocratie », s’est félicité l’un d’eux, Metin Gazioglu, devant le QG de campagne.

En mars, l’AKP avait également perdu la capitale Ankara après 25 ans d’hégémonie des islamo-conservateurs, pénalisé par la situation économique difficile, avec une inflation à 20 %, un effondrement de la livre turque et un chômage élevé.

Mobilisation vaine

Le chef de l’Etat, qui avait jeté toutes ses forces dans la bataille en mars, s’est montré cette fois plus en retrait, ne descendant dans l’arène que dans les derniers jours et minimisant l’importance du nouveau vote qu’il a qualifié de « symbolique ».

La défaite de dimanche est d’autant plus cinglante que L’AKP avait battu le rappel des électeurs conservateurs, mais aussi des Kurdes pour tenter de l’emporter.

Ces derniers, considérés comme les « faiseurs de roi », font l’objet d’une féroce bataille. L’AKP a adouci sa rhétorique sur la question kurde ces dernières semaines et M. Yildirim est allé jusqu’à évoquer le « Kurdistan », un mot tabou dans son camp.

Le principal parti prokurde HDP a appelé, comme en mars, à voter pour M. Imamoglu, ignorant un surprenant appel à la neutralité lancé par le chef historique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Öcalan, depuis sa prison. AFP

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Japon, une limace cause un chaos ferroviaire

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Dans ce pays réputé pour la ponctualité de ces trains, le gastéropode a provoqué en mai une panne de courant et une belle pagaille sur les rails.

Une des pannes les plus insolites de l’histoire du rail. Si l’on pensait que la SNCF et la RATP avaient mis la barre très haut avec des pannes ou blocages de RER dues à un nid de pie ou des feuilles mortes, le Japon vient sans doute de les surpasser. En effet, ce dimanche, la Kyushu Railway Company, également appelée JR Kyushu, nous apprend qu’une importante perturbation survenue sur son réseau le mois dernier a été causée par… une limace !

Le 30 mai, sur plusieurs lignes du sud de l’archipel, une grosse panne de courant avait stoppé des dizaines de trains et provoqué des retards pour 12 000 passagers. La société avait été contrainte d’annuler 26 trains et d’autres avaient été affectés par des retards qui avaient semé le chaos sur un réseau ferré célèbre pour son efficacité et sa ponctualité. Depuis, l’opérateur japonais cherchait, jusque-là en vain, à comprendre ce qu’il s’était passé.

Plus habitués aux collisions avec des biches

« Nous recherchions l’appareil responsable de la panne de courant, explique à l’AFP un porte-parole de JR Kyushu. Nous pensions initialement qu’il s’agissait d’un bug mais c’était en fait une limace morte. » Un incident « rare », selon lui : « Nous avons souvent des problèmes de collision entre des trains et des biches, mais jamais des incidents liés à des limaces ».

Après avoir vérifié tous les boîtiers électriques de la zone, JR Kyushu a écarté toute autre intrusion de limace.

Le Parisien

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