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La motion… pour en finir avec le régime

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Nous reproduisons ci-dessous l’éditorial de « Minbar El Oumal » (Tribune des travailleurs, n°21 du 9 juin), une publication du Comité d’Organisation des Socialistes Internationalistes d’Algérie (COSI).

En marchant et en manifestant dans toutes les villes du pays, ce vendredi 7 juin, le peuple tout entier a une fois de plus, la seizième, exprimé ses refus et ses aspirations.

Le discours inopiné prononcé la veille d’Abdelkader Bensalah, président illégitime, a nourri cette puissante mobilisation. Il a suscité la colère des citoyens qui y ont vu une énième provocation. Le discours a été creux mais surtout obstiné à maintenir le cap vers une présidentielle qui n’a pas d’autre signification que le maintien du système. Les manifestants ont scandé des slogans refusant le dialogue avec Bensalah et exigé son départ et de ceux qui incarnent le régime. Pour qui sait voir et entendre, il s’est agi d’un énième référendum dont le résultat est sans appel : le système doit dégager.   

Pris en tenaille entre la mobilisation populaire et l’insistance du régime à maintenir dans leurs postes respectifs des personnalités rejetées viscéralement par le peuple,  les « personnalités nationales » et les partis dit d’opposition voient leur participation à la sortie de crise se compliquer car ils ne peuvent sans risque saisir la main tendu par Gaid Salah, chef d’état major et l’homme fort du régime.

Leur communiqué publié quelques heures avant le discours d’Abdelkader Bensalah était très clair : oui au dialogue avec Gaid Salah mais sans les autres personnalités du système. Le mensuel de l’armée « El Djeich » publié le même jour y avait apporté dans son éditorial une première réponse disant en termes simples : non à une période de transition oui à une élection présidentielle.  Abdelkader Bensalah qui n’a aucune capacité d’initiative leur a répondu à son tour au nom de tout le régime : le dialogue n’a d’autre finalité que de préparer l’élection présidentielle dans le cadre du système actuel. Les voilà à nouveau en stand by attendant un pouce du destin.

De tous les partis supposés « grands » seuls le RCD et le FFS se démarquent. Le RCD de plus en plus drivé par son ex-président Saïd Sadi s’oppose aux propositions du système mais sans aucunement ouvrir la moindre voie politique à ses militants et surtout pas le combat pour l’Assemblée constituante souveraine.

Le FFS s’est donné pour mission d’organiser « une conférence nationale » sur l’objectif d’une Assemblée constituante mais avec l’armée et les partis politiques. Sans en donner l’air, le FFS a acté, lui aussi, la nécessité de dialogué avec l’ANP donc avec la colonne vertébrale du régime devenue sa véritable pièce maîtresse. Cette orientation du vieux parti d’opposition n’est pas acceptée par ses militants. C’est ainsi que Nouara Gana écrit : « Le militant qui n’accepte pas que ses élus continuent à siéger à l’APN  se voit dire par sa direction : tu es  de l’autre clan. C’est dû niveau de bas étage… Je tiens à vous faire savoir que ceux qui rejettent ces élus sont des braves militantes et militants qui refusent de cautionner la trahison. Ils n’appartiennent à aucun clan mais seulement à leur parti. Vive le FFS sans les élus !»

En définitive, les uns comme les autres, quels que soient les mots qu’ils utilisent ou les formes qu’ils y mettent, tournent le dos aux profondes  aspirations du mouvement populaire maintes fois exprimées depuis près de quatre mois : système dégage et la parole au peuple.

Mais dans ce contexte, pourquoi donc la médiatisation particulièrement importante de la prochaine « conférence nationale de la société civile » ?

Elle aura lieu le 15 juin prochain. Il est annoncé la participation d’environ 500 personnes représentant 70 organisations et associations très diverses dont la Confédération des Syndicats algériens (CSA) et les organisations des droits de l’Homme.

Plusieurs réunions de préparation ont eu lieu depuis près d’un mois. La réunion de ce samedi 8 juin devait être la dernière. Les participants devaient adopter « la feuille de route de sortie de crise de la société civile ». Ce conducteur selon la réunion de la semaine dernière recoupait en grande partie la voie tracée par la hiérarchie militaire, à savoir « un présidium et un gouvernement de techniciens chargés de gérer la période de transition pour une élection présidentielle ». Mais ce samedi les délégués se sont séparés sans pouvoir se mettre d’accord. Une réunion de conciliation se tiendra se mardi  11 juin.

Sur quoi portent les désaccords ? Selon Meziane Mériane (confirmés des deux côtés), les divergences portent sur la feuille de route à proposer à la conférence. Il déclare : « Il y a ceux qui proposent une Constituante laquelle va donner naissance à une Constitution et ceux qui réclament d’aller vers les présidentielles et que c’est au président qui sera élu de convoquer le corps électoral pour une Constituante laquelle se chargera d’élaborer le texte fondamental ».

Y a-t-il un lien entre la puissance du mouvement populaire de ce vendredi, le contenu de ses revendications et la naissance de ces deux lignes sur la marche à suivre, d’autant que la dite réunion s’est tenue au lendemain de marches qui ont rejeté la feuille de route du régime ?

Personne ne peut en douter et s’il fallait en apporter une preuve ce sont les principaux responsables syndicaux qui l’apportent.

« Je précise juste une chose, déclare Abdelmadjid Azzi, coordinateur du Conseil national des enseignants du supérieur (CNES),  nous ne sommes pas les représentants du Hirak, comme certains pourraient le faire croire, nous sommes partie prenante du mouvement populaire certes, mais nous ne sommes pas là pour négocier au nom du Hirak. »

« En étant des organisations structurées et organisées, ajoute Boualem Amoura, président du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef),  on essaie de contribuer et de faire entendre la voix du peuple. » Pour l’ex-président de Rassemblement Action Jeunesse (RAJ), « la société civile et la conférence nationale se doivent d’être en phase et fidèles aux revendications populaires. Il faut  libérer les prisonniers d’opinion, l’arrêt immédiat de la répression, l’ouverture du champ politique et le respect de toutes les libertés individuelles et collectives ». Il soutient que « les élections ne sont pas une finalité en soi. Elles arriveront à la fin du processus ».

La puissance du mouvement populaire agit sur tout et sur tous. Voilà pourquoi rien n’est réglé. Voilà pourquoi les calculs les mieux ajustés deviennent faux en définitive.

Une fois de plus tout est encore possible.

De toute évidence, pour certains de ses organisateurs, « la conférence nationale du 15 juin » est une tentative d’enterrer la mobilisation populaire et une trahison des aspirations du peuple. 

Mais une autre voie existe : les responsables syndicaux et tous ceux qui se réclament de la démocratie ont une écrasante responsabilité. S’ils veulent rester fidèles aux millions d’Algériens (nes) qui affirment chaque semaine dans la rue : « Système dégage !», « Partez tous», « Le peuple est la seule source de tout pouvoir », ils doivent d’emblée se dresser pour déposer une motion qui affirmera : « La fidélité de la conférence au mouvement populaire, à toutes ses revendications et aspirations, que toutes les institutions du régime sont illégitimes et doivent partir, et pour cela, convocation maintenant de l’Assemblée constituante souveraine par laquelle les représentants du peuple détermineront la forme et le contenu de la démocratie ». C’est la seule chose à faire le 15 juin pour qui veut être fidèle au mouvement populaire et à toutes ses revendications. 

Nul doute qu’un tel appel serait immédiatement saisi par les travailleurs (euses), les étudiants (tes), les jeunes pour former partout des comités populaires pour préparer et organiser la grève générale dans un même mouvement avec « le collectif de réappropriation de l’UGTA » pour en finir avec le régime. 

C’est la voie pour en finir avec le système et construire la nouvelle Algérie à laquelle nous aspirons toutes et tous.    

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1158 cas de piqûres de scorpion dont 6 décès depuis début 2019

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Au total, 1158 cas de piqûres de scorpion, dont 6 ayant entrainé des décès, ont été enregistrés à travers le territoire national depuis janvier dernier, selon un bilan présenté lundi à l’Institut national de la Santé publique (INSP) à Alger.

D’après ce bilan, il ressort une « baisse conséquente » du nombre de décès dus à cette espèce d’arachnide, comparativement à l‘année écoulée qui avait enregistré 46 décès sur un total de 45.132 cas de piqûres, sachant que l’Algérie comptabilise une moyenne annuelle de 50.000 cas de piqûres entraînant entre 50 et 100 décès.

Détaillant ces nouvelles données, la représentante de l’Institut Pasteur d’Algérie, Dr Farida Aliane, a fait savoir que sur les 6 décès déplorés, 3 ont été recensés dans la seule wilaya de Ouargla, alors que les wilayas de Tamanrasset, Bordj-Bou Arreridj et Biskra comptabilisent chacune un décès.

Plus globalement, ce sont 20 wilayas qui représentent un « haut risque scorpionique », a-t-elle ajouté, rappelant  l’existence, depuis 2002, d’un centre d’extraction du venin à M’Sila et un autre à El-Oued ayant démarré en mai dernier, en attendant l’ouverture prochaine d’un 3ème à Ghardaïa.

De son côté, le Dr Lakhdar Griene, membre du comité national de lutte contre l’envenimation scorcopionique, a expliqué que la toxicité de cet arachnide « n’est pas liée à la taille et à la couleur », faisant remarquer que sur les 40 espèces de scorpion existant en Algérie, seules trois sont mortelles pour l’homme.

Tout en attirant l’attention sur le fait que, souvent, ce sont les enfants qui en sont victimes, il a estimé qu’il était « insupportable de continuer à déplorer des décès et recommandé d’analyser la situation pour tenter de trouver des solutions pérennes à cette problématique de santé publique ».

Pour le représentant de la Direction générale de la Prévention au ministère de la Santé,  le Dr Youcef Terfani,  la hausse de l’incidence des piqûres s’explique par plusieurs paramètres, citant la malpropreté du milieu de vie, la précarité des habitations et la propagation des ordures, tout en assurant avoir pris « les dispositions nécessaires pour une meilleure prise en charge de l’envenimation scorpionique ».

Tout en recommandant d’évacuer au « plus vite » la personne piquée vers le centre de soin le plus proche, le Dr Mohamed Lamine Saidani de l’Institut Pasteur, a rappelé que trois caravanes de sensibilisation aux dangers du scorpion ont été organisées depuis 2017, la dernière ayant eu lieu en mars dernier.

Lors de cette rencontre, l’accent a été mis sur « le déplacement par l’humain » et par le fait des changements climatiques, notamment du scorpion, généralement localisé dans le sud du pays, ce qui ne met pas les régions du nord du pays à l’abri de la toxicité de ce redoutable animal.

Le sérum anti-venin « disponible en quantité suffisante »

Le sérum anti-venin est « disponible en quantité suffisante », a assuré, de son côté, le directeur général de l’Institut Pasteur d’Algérie, le Pr Zoubir Harrat, précisant que cet établissement a produit depuis le début de l’année en cours 54.000 doses de sérum, soit plus de la moitié des besoins annuels, estimés entre 85.000120.000 doses, sachant que la production moyenne annuelle est de 80.000 à 85.000.

« La production se poursuivra les prochains mois. De plus, nous avons lancé un appel d’offres pour l’acquisition d’un stock afin de pallier à toute demande supplémentaire », a-t-il poursuivi, tout en mettant en avant l’investissement consenti pour la mise à niveau de la production afin de « répondre aux besoins du marché national et d’investir le marché extérieur dans un proche avenir ».

Le Dr Harrat a rappelé, à ce propos, que 10 wilayas des Hauts-Plateaux et du Sud du pays sont impliquées dans la collecte du scorpion aux fins d’extraction du venin destiné à la production du sérum en question à travers des micro-entreprises employant essentiellement des jeunes.

Source APS

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FCE : Mohamed Sami Agli élu nouveau président

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Mohamed Sami Agli a été élu ce lundi 24 juin président du Forum des chefs d’entreprises (FCE) lors d’une Assemblée générale ordinaire élective, a appris l’APS auprès de cette organisation patronale, regroupant un grand nombre d’entreprises privées. M. Agli, était le candidat unique aux élections de la présidence du FCE, suite au retrait du deuxième candidat, Hassen Khelifati, le 21 mai dernier.

Agé, de 38 ans, M. Agli est le P-dg du groupe familial AGLI, qui active principalement dans l’industrie agroalimentaire, la promotion immobilière, la construction, la distribution automobile, la logistique et le tourisme.

Il a succédé à Ali Haddad qui a quitté la présidence de l’organisation le 28 mars dernier, un peu plus d’un mois après le début des marches populaires pacifiques pour le changement et la démocratie.

Le président par intérim du Forum, Moncef Said Othmani, avait annoncé, pour sa part, sa démission le 21 mai 2019, dans une lettre adressée aux membres de l’organisation patronale.

S’exprimant lors d’une conférence de presse, qu’il a animée le 28 mai dernier, au siège de son entreprise, M. Agli avait indiqué que son premier engagement était de rendre le Forum « apolitique », recommandant, dans ce sens, que « l’exercice de la politique devrait se faire en dehors de l’organisation et sans l’utilisation des moyens de cette dernière ».

Selon lui, le FCE a commis des « erreurs de fonds » en affichant dans le passé des positions politiques, ce qui a, a-t-il estimé, « nui à l’image » de cette organisation patronale qui regroupe près de 4 000 chefs d’entreprises.

Dans son programme de campagne, M. Agli s’engage aussi à lancer une « profonde réflexion », en concertation avec l’ensemble des membres du Forum, dans une quête de transformation durable.

Il prévoit, à ce titre, de créer un comité pour mener des consultations inclusives sur les moyens permettant de développer l’organisation. Le comité se chargera aussi d’étudier la question de la transformation du FCE en syndicat.

Le programme de M. Agli comporte également plusieurs engagements visant « la valorisation des grandes entreprises », « la décentralisation et l’amélioration de la collaboration avec les délégations locaux du Forum », ainsi que « l’accompagnement des PME/TPE et la redynamisation de Jil FCE, considéré comme l’un des « plus important acquis de l’organisation ».

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Vers la levée de l’immunité parlementaire de Boudjemaa Talaï

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La Commission des affaires juridiques, administratives et des libertés de l’Assemblée populaire nationale (APN) a examiné, dimanche la demande de levée de l’immunité parlementaire du membre Boudjemaa Talaï, dont le nom figurait sur la liste d’anciens responsables au Gouvernement qui font l’objet d’enquêtes par la Cour suprême, pour leur implication dans des faits à caractère pénal.

Selon un communiqué de l’APN, la Commission des affaires juridiques, administratives et des libertés, a repris ses travaux aujourd’hui avec la tenue d’une réunion présidée par M. Ammar Djilani, président de la commission, consacrée à la « validation de la qualité de nouveaux membres à l’APN et l’examen de la demande de levée de l’immunité parlementaire du membre Boudjemaa Talaï ».

« La commission a examiné toutes les procédures juridiques relatives à la question, auditionné le député concerné et examiné avec les membres des différentes mesures législatives et réglementaires relatives à la question dans le but de les introduire dans son rapport, conformément aux dispositifs de l’article 72 du règlement intérieur de l’APN ».

L’article stipule que « la demande de levée de l’immunité parlementaire est introduite auprès du bureau de l’APN par le ministre de la justice. Cette demande est soumise à la commission chargée des affaires juridiques qui élabore un rapport dans un délai de deux mois à partir de la date de la saisine. La commission auditionne le député concerné, lequel peut se faire assister par un de ses collègues. l’APN tranche dans un délai de trois mois à partir de la date de la saisine.

| LIRE AUSSI : Barkat et Ould Abbès renoncent à leur immunité parlementaire

L’APN se prononce au cours d’une séance à huis clos, au scrutin secret et à la majorité de ses membres, après audition du rapport de la commission et de l’intéressé qui peut se faire assister par un de ses collègues. Les périodes d’intersession sont déduites pour le décompte des délais susvisés ».

Le bureau avait entamé le 16 juin en cours, les procédures de la levée de l’immunité parlementaire du député Boudjemaa Talaï, et avait approuvé lors d’une réunion présidée par M. Mouad Bouchareb, Président de l’APN, la demande de levée de l’immunité parlementaire de ce député et sa présentation devant la commission juridique de l’APN.

Pour rappel, en application des dispositions de l’article 573 du code de procédure pénale, le parquet général près la Cour d’Alger avait transmis au procureur général près la Cour suprême, le dossier d’enquête préliminaire instruite par la police judiciaire de la Gendarmerie nationale d’Alger, pour des faits à caractère pénal, à l’encontre de douze (12) hauts responsables, dont l’ancien ministre des transports Boudjemaa Talaï.

Concernant la validation de la qualité des nouveaux membres, la commission des affaires juridiques », a validé la qualité de membre des nouveaux membres à la majorité écrasante, après avoir examiné les décisions du Conseil constitutionnel relatives aux remplacements, dont le nombre est estimé à 13 décisions.

Source APS

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