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Allemagne : un officiel déconseille le port de la kippa

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La ministre de la Justice sociale-démocrate Katarina Barley a jugé l’augmentation des délits contre les juifs « honteuse pour [son] pays ».

« Je ne peux pas conseiller aux juifs de porter la kippa partout tout le temps en Allemagne », a déclaré le commissaire du gouvernement allemand en charge de l’antisémitisme dans un entretien au groupe de presse régional Funke, ajoutant avoir à ce sujet « hélas changé d’avis par rapport à autrefois ». Felix Klein a mis en garde contre le port de la kippa dans le pays, en proie à une montée des attaques anti-juives.

Felix Klein, dont le poste au gouvernement d’Angela Merkel a été créé début 2018, explique cette évolution par « la levée des inhibitions et un manque de considération qui augmentent dans la société ». « L’Internet et les médias sociaux y ont fortement contribué, mais aussi les attaques perpétuelles contre notre culture de la mémoire », s’inquiète-t-il, proposant aussi de mieux former les forces de l’ordre parfois indécises sur la nature antisémite ou non des délits.

Inquiétude des pouvoirs politiques

Le conseil central des Juifs d’Allemagne a déjà plus d’une fois mis en garde contre le port de cette calotte. « Je dois déconseiller à des personnes seules de se montrer dans le centre des grandes villes d’Allemagne avec une kippa », avait déclaré à la radio RBB son président Josef Schuster il y a un an.

Un cas avait particulièrement choqué à Berlin l’an passé, quand un Israélien portant la kippa avait été frappé à coups de ceinture par un Syrien dans le quartier huppé de Prenzlauer Berg. La victime avait pu filmer une partie de la scène et l’avait postée sur Internet. Les pouvoirs politiques allemands se sont ouvertement inquiétés d’un antisémitisme importé par des migrants venus de pays hostiles à Israël, comme les Syriens, Irakiens ou Afghans arrivés en masse dans le pays en 2015 et 2016.

« Une image funeste d’Israël »

Les dernières statistiques du ministère de l’Intérieur ont toutefois montré que les auteurs de délits à caractère antisémite étaient à une écrasante majorité (90 %) issus des milieux de l’extrême droit. Les délinquants d’origine arabe sont avant tout des personnes qui vivent depuis assez longtemps en Allemagne, estime Felix Klein. « Beaucoup regardent seulement des chaînes arabes qui transmettent une image funeste d’Israël et des Juifs » selon lui.

Interrogé par le journal Handelsblatt, la ministre de la Justice sociale-démocrate Katarina Barley a jugé l’augmentation des délits contre les juifs « honteuse pour notre pays », estimant néanmoins que police et justice étaient « vigilants » dans leur lutte contre le phénomène.

Malgré des décennies de repentance pour l’Holocauste, l’Allemagne ne fait pas exception en Europe où, à l’instar de la France, les attaques contre les juifs se sont répandues. Les actes criminels à caractère antisémite ont augmenté de quelque 20 % en Allemagne l’an passé, selon le ministère de l’Intérieur.

Recul des inhibitions

Dans un entretien avec l’Agence France-Presse fin mars, la procureure générale de Berlin Claudia Vanoni s’était inquiétée elle aussi d’une résurgence d’un antisémitisme semblant être « profondément enraciné » dans la société. La procureure avait mis en cause un recul des inhibitions, jugeant que l’entrée de l’extrême droite au Bundestag en 2017, dont certains responsables ont tenu des propos discriminatoires, y avait contribué. AFP

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