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Économie

Affaire Total-Anadarko : où sont passées les autorités algériennes ?

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Le très probable rachat par Total des actifs Afrique d’Anadarko continue de susciter les pires craintes et de soulever des questions sur la gestion d’un dossier des plus stratégiques pour l’avenir du pays.

L’information en question a fait réagir les spécialistes en énergie en Algérie. Mourad Preure en a fait une brève analyse sur sa page facebook demandant à l’Etat algérien de traiter de la question du pouvoir de préemption sur ses actifs stratégiques.

Mises à part ces quelques réactions, les officiels algériens ont brillé par leur silence face à ces interpellations. C’est à se demande s’il y a réellement des autorités soucieuses des intérêts du pays, de ses richesses et de la bonne gestion de la chose économique.

Au-delà de cet aspect fort important, il est urgent, de notre point de vue, que les autorités algériennes prennent aussi le temps de débattre des questions de concurrence dans tous les secteurs d’activité. Il en va non seulement du stratégique mais également de la nécessité de créer des profondeurs de marché dans chaque segment d’activité pour éviter de dépendre d’un ou de deux opérateurs. La stabilisation des prix en dépendra fortement. A ce titre, le cas Rebrab dans l’huile et le sucre est édifiant.

Aussi, faut-il un droit de préemption à chaque cession d’actif ? Ne faudrait-il pas prévoir d’autres obligations aux entreprises atteignant une taille critique dans leur secteur comme un spin off par exemple (scission d’entreprise) ?

L’épisode du rachat de l’opérateur téléphonie Djezzy vendu en 2011 par son actionnaire principale N. Sawiris au group néerlandais VimpelCom – devenu VEON par la suite d’un rachat des Russes – en est un exemple qui hante encore la mémoire de l’opinion algérienne par sa lourdeur et son coût. Pourtant Djezzy n’est pas aussi stratégique que le secteur énergétique.

Par ailleurs, il est à se demander si les autorités algériennes sont animées par une volonté de veille économique continue, si nécessaire à la détection de ses opérations, tant l’investissement des firmes peut atteindre une taille critique au-delà de laquelle les rapports de forces peuvent basculer à leur défaveur.

Khelil F.

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Peut-on tout privatiser ?

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On nous disait que « la privatisation n’est pas une finalité idéologique mais un moyen de retour à la croissance et à la création d’emplois etc. » Elle aurait donné « une grande efficience de l’économie ».

Pour asseoir cette théorie, les difficultés qui ont affecté le secteur économique public ont servi d’argument clé pour justifier son démantèlement. Il porterait en lui les causes de ses carences, nous a-t-on dit. A ce titre, un chiffre est beaucoup cité, il porte sur le coût de l’assainissement des entreprises publiques qui aurait coûté au Trésor public plus de 40 milliards de dollars entre 1971 et 2007.

L’addition est faite pour impressionner. Il faut remarquer qu’elle court sur 36 ans et suggère qu’il aurait fallu fermer les usines et les services concernés au lieu de « dilapider » autant d’argent. Alors qu’il faut surtout remarquer que la période considérée intègre la mise en œuvre des plans de développement du pays et les premiers pas de son industrialisation.

Il faut encore remarquer que c’est durant cette période que l’économie privée a connu son essor et que ses opérateurs et ses capitaux sont sortis des flancs de l’Etat, sans lequel et sans son secteur public, le secteur privé aurait vivoté dans l’artisanat et le petit commerce. Sur 36 ans, avec un peu plus de un milliard de dollars par an, l’Algérie a changé de visage et a permis à des millions de familles de ne pas être exclues et de continuer à se maintenir dans le tissu social.

Par ailleurs, le démantèlement au profit d’une « privatisation salutaire » aurait permis de « substituer des critères de gestion économique à des critères politiques ». Comme si la libéralisation ne relevait pas, elle aussi et surtout, du politique, que les capitaux publics étaient condamnés à être gaspillés et que les capitaux privés, qui d’ailleurs ne se sont pas manifestés, étaient assurés de croître et de prospérer.

La crise économique mondiale est venu à point nommé dévoiler les risques encourus, tempérer les ardeurs et permettre l’ouverture d’un débat. Ce débat devrait en premier lieu porter sur le devenir des infrastructures de base, qui sont les principaux instruments de régulation économique et sociale.

L’exemple de la production et la distribution de l’électricité et du gaz est l’un des plus édifiant, parce qu’il touche à une fonction très sensible et dont l’influence multidimensionnelle est vitale. Le sort de ce secteur n’est pas encore tranché dans les pays les plus avancés, ce qui prouve que la prise de risque est jugée délicate. Il constitue ainsi le bastion de la résistance de la rationalité économique et sociale aux vents étasuniens porteurs du « tout privé ».

La résistance repose sur la question du service public et de la nécessaire régulation que l’Etat doit assumer. Il en va, d’abord, de la stabilité et de la sécurité du pays. Il en va ensuite du fonctionnement des appareils économique et institutionnel. Le problème n’est pas tant la question de la rentabilité (dont il faut définir la nature) que celle du pouvoir décisionnel sur la continuité et la qualité de service et sur les prix de l’énergie face à des abonnés captifs.

Lorsque la rentabilité financière est mise en avant, c’est pour masquer les conséquences dramatiques que les règles commerciales peuvent et vont nécessairement provoquer, quand « l’usager » est transformé en « client ».

On peut faire admettre qu’un hôpital ou qu’une école coûte trop cher en raccordement et refuser de les desservir. On peut aussi décider d’économiser sur l’entretien de lignes ou d’installations et ne pas être responsable de la paralysie de villes et de régions entières, on peut encore revendiquer d’augmenter intempestivement les prix et déséquilibrer l’ensemble des budgets, sans préjudices des impacts que cela peut avoir sur l’économie dans son ensemble.

C’est pourquoi des États qui ont concocté des projets de privatisation de leurs entreprises d’électricité ont prévu de maintenir la majorité du capital entre leurs mains. Ceci a pour effet de faire refuser ou hésiter les actionnaires privés, car le capital ne souffre pas la contrainte, aussi douce soit elle.

Ce qui est arrivé, en 2001, en Californie est le cas de figure qui illustre au mieux ce qui peut advenir de la privatisation de l’énergie, de surcroît dans un pays comme l’Algérie dont l’intégration intersectorielle est des plus faibles. Pour faire le maximum de bénéfices, une société privée a naturellement utilisé au maximum ses capacités de production et a pu ne pas se soucier des besoins supplémentaires qui peuvent se manifester, aux heures de pointe ou durant les périodes de fortes demandes. Une panne gigantesque a alors frappé toute la région Ouest pendant plusieurs semaines. Le gouverneur de l’époque, Gray Davis, a été contraint de signer un texte préconisant un emprunt de 10 milliards de dollars pour financer des contrats à long terme avec les fournisseurs d’électricité. L’État deviendra le principal acheteur d’électricité qu’il revendra aux usagers. Retour de l’Etat donc. Mais cela n’a pas empêché les coûts de cette panne de jouer un rôle non négligeable dans le déclenchement de la crise financière qui a affecté l’économie étatsunienne. Une application de la formule en vogue « socialiser les risques et privatiser les profits ».

A côté, au Canada, le démantèlement de Hydro One, avec son cortège de hausses de tarifs exorbitantes, a forcé le gouvernement ontarien à débourser, en 2002, 110 millions de dollars pour compenser l’écart entre un gel de tarifs qui s’imposait et le prix non réglementé auquel le gouvernement s’était engagé auprès de producteurs d’électricité privés.

Tous les autres services publics sont aussi fragiles quand ils sont déviés de leur mission de structuration et d’animation de la société en étant transformés en marchandise. Alors que, justement, ce n’est pas entièrement prouvé pour le secteur industriel, on veut faire admettre que les transports publics (étatisés dans les grandes villes, aussi bien aux Etats Unis que dans les pays européens), l’université, la poste, les routes, l’eau… doivent être confiés au lois du marché. Nous n’imaginons pas un instant ce qui peut se produire si la multitude de transporteurs qui écument nos villes, sans contrôle et sans coordination, cessent de travailler. Ce qu’ils font à l’occasion de n’importe quel événement qui dérange leur fréquence de rotation ou qui crée un « risque » pour leurs véhicules. Il faudra qu’un jour on comptabilise les coûts de la déstabilisation de l’Etusa (RSTA).

Une privatisation de l’Université algérienne (elle rampe déjà) se déclinera d’abord en limitation des effectifs et des moyens, en augmentation de la charge de travail et en exclusion de la grande majorité des candidats aux études supérieures.

Le danger est réel qui vient de ce que le propre des tenants du libéralisme est de s’y intéresser en tête de liste parce qu’ils sont juteux. Le danger vient aussi du mythe de la rentabilité et de l’efficacité du privé.

Il faut ajouter, pour conclure, que les « organes de régulation » chargés de surveiller le bon fonctionnement des opérateurs ne seront qu’un leurre lorsque l’on sait les capacités de notre administration à gérer notre quotidien le moins compliqué.

Ahmed Halfaoui

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Des entrepreneurs s’opposent à la suppression de la règle 51-49

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La proposition contenue dans le projet de loi de finances 2020 élaboré par le gouvernement impopulaire de Nouredine Bedoui consistant à supprimer la règle 51-49% a fait réagir les chefs d’entreprise qui s’opposent à cette décision.

Les entrepreneurs, affiliés à l’Association générale des entrepreneurs algériens (AGEA), s’opposent, dans un communiqué, à la suppression de la règle 51-49%.

« Suite à la parution dans un quotidien national en ce qui concerne la suppression de la règle 51-49, décidée lors de la réunion du gouvernement le 11 septembre, l’Association générale des entrepreneurs algériens (AGEA) s’oppose fermement à cette annulation », écrit l’association patronale dans un communiqué. 

Pour le président de l’AGEA, Mouloud Kheloufi, la suppression de la règle 51-49 représente « une menace pour les entreprises privées et l’économie nationale ».

Pour l’association patronale, le maintien de cette règle est indispensable « du fait que nos entreprises, à l’image du secteur BTPH, fabricants des matériaux de construction, services et électroniques, sont faibles et non aidés à se développer dans l’environnement actuel ».

Pour rappel, le gouvernement Bedoui a examiné une première mouture de l’avant-projet de loi de finances 2020 qui prévoit, pour reprendre les éléments de langage du discours officiel, « la levée des restrictions prévues dans le cadre de la règle 51/49% appliquée aux investissements étrangers en Algérie », afin de « renforcer l’attractivité de l’économie nationale ». Cette levée devrait toucher les secteurs « non stratégiques », selon le gouvernement, sans définir ces secteurs.

Le gouvernement, les « experts économiques » et les promoteurs des intérêts du capital étranger parlent de « levée de restrictions » induites par cette règle, alors qu’il s’agit avec cette suppression de la fin de la protection de l’économie nationale.

Tout cela prouve que 7 mois après la révolte populaire, rien de fondamental n’a changé. L’Etat et le gouvernement sont toujours à la solde des intérêts étrangers.

I. Farès

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Économie

Algérie : l’urgence d’un gouvernement de rupture avec le libéralisme

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L’éditorialiste du quotidien El Moudjahid, par lequel s’exprime le régime, affirme que « le gouvernement est sans cesse présent sur le terrain (…) De nombreux chantiers sont à ouvrir ou à parfaire, juste après l’élection présidentielle, pour les cinq années à venir ». Le gouvernement Bédoui, illégitime au regard de la démocratie, est très actif sur le plan national comme au niveau international. «Le temps n’est pas de notre coté», ajoute le journal pour justifier tous les dossiers en préparation dans le dos du mouvement populaire.

Il faut rappeler dans cet espace l’urgence d’instaurer un nouveau gouvernement, un gouvernement de rupture avec le libéralisme et l’orientation économique anti-nationale et qui se fixe comme objectif la satisfaction des besoins des larges couches de la société.

L’impérialisme, le FMI, et la banque mondiale sont au chevet du régime

Mais qui donc compte au pays le temps ? El Moudjahid apporte une première réponse. Bédoui s’est rendu ces jours derniers au Japon. Il y est revenu signataire « d’une convention sur la promotion et la protection de l’investissement et la non-double imposition ». En termes plus simples : ce gouvernement illégitime négocie des accords qui protègeront les investissements japonais en Algérie, c’est-à-dire la possibilité de transférer librement  au japon ou ailleurs dans le monde les bénéfices réalisés en Algérie par les entreprises Japonaises, voire d’ailleurs le transfert de tous leurs capitaux quand cela leur chantera. Le gouvernement leur garantit également de ne pays payer d’impôt en Algérie selon la si fameuse formule de la non double imposition.

En contrepartie, le gouvernement japonais soutiendra la feuille de route officielle : « des élections dans les meilleurs délais ». Les autres impérialismes n’en font pas moins. Le ministre français des Affaires étrangères a indiqué à son homologue algérien que son pays ne pouvait être « indifférent (à la situation) en raison de notre partenariat d’exception ». Il a ensuite formulé « ses vœux pour que se tienne un dialogue entre Algériens ». L’Allemagne d’Angéla Merkel qui règne sur le réseau des  petites et moyennes entreprises n’a pas besoin de parler fort. Il lui a suffi d’augmenter les budgets de ses très nombreuses ONG présentes dans le pays pour être comprise par ses partenaires. Elle pourra tranquillement bénéficier de contrats publics et privés. « Verdir » l’économie algérienne lui va si bien et puis c’est très à la mode. Les Etats-Unis ne changent pas leur fusil d’épaule. Ils n’ont pas besoin de parler. Le FMI et la Banque mondiale le font pour eux. Depuis la présidence Clinton, les Etats-Unis  s’informent directement ou par leurs propres institutions, notamment celles qu’ils ont créées à Breton Wood. Pour leurs affaires, ils se passent depuis de l’œil de Paris à qui ils ont pris une bonne part du marché des hydrocarbures en attendant celui du gaz de schiste. Les Etats-Unis qui savent qu’ils peuvent compter sur le régime pour leurs « affaires » souhaitent qu’il en fasse plus en s’ingérant directement au Sahel et en lui ouvrant le pays pour des bases militaires. Hélas pour eux, le principe de non ingérence vit dans la conscience du peuple algérien.

La Russie de Poutine est sortie de son silence pour appuyer le régime. l’ambassadeur de Moscou à Alger a déclaré très clairement : « la solution à la crise politique réside dans la tenue de la présidentielle dans les plus brefs délais. ».

Du côté des grandes puissances, le régime n’a donc non seulement rien à craindre mais il lui ait apporté le plus ferme soutien.    

Elles savent à qui elles ont à faire : des partisans des recommandations du FMI et de la Banque mondiale. Bien avant le mouvement du 22 février, les autorités algériennes et de nombreux partis et organisations politiques avaient donné leur quitus aux réformes sorties des bureaux de Breton Wood.

Ce que prépare le régime !

La remise en cause du système de soutien  des prix des produits de première nécessité et l’application de « la vérité des prix », la révision du code du travail, notamment la remise en cause des CDI par la généralisation des CDD, maintenir l’interdiction de recruter dans la Fonction publique étendue à toutes les entreprises publiques, revoir encore une fois le système des retraites estimé encore trop social (droit à la retraite à 55 ans pour les femmes et 60 ans pour les hommes) par l’allongement de la période de travail et de celle du calcul de la pension (jusqu’à maintenant calculée sur les 5 dernières années), privatiser plus encore la prise en charge des malades dans les structures publiques de santé, casser la formule 51/49 pour le partenariat économique qui « ne serait pas le coran», selon le ministre des Finances, se défaire ou privatiser des entreprises publiques, dévaluer le dinar algérien, obtenir des crédits sur le marché mondial, c’est-à-dire s’endetter et à terme se faire garrotter, réduire voire supprimer des projets d’équipement, notamment les équipements sociaux et ceux touchant aux infrastructures de bases, et enfin signer sans attendre les accords avec l’OMC et l’Union européenne, et l’Union africaine pour « le libre échange des capitaux » et la suppression des taxes douanières. Et puis il y a enfin le projet de loi de finance 2020  dans la continuité de ceux des dernières  années, c’est-à-dire dire d’austérité au nom de la rigueur économique, pour tenir compte de la baisse du prix du baril de pétrole, et de la baisse sérieuse des réserves de changes. Il devra traduire dans les faits les recommandations des institutions financières mondiales.

L’assemblée nationale qui a effectué  sa rentrée est prête à agir le doigt sur la couture du pantalon, c’est-à-dire à agréer tous les projets qui lui seront transmis.

Les experts du FMI et de la Banque mondiale élaborent pour le compte de l’impérialisme, transmettent au gouvernement leurs recommandations, et ce dernier les convoient vers le parlement pour adoption, et si cela est nécessaire il y a toujours les ordonnances.

Rejeté, le gouvernement Bedoui se maintient…                                                    

Ce peut-il qu’un gouvernement autant décrié puisse agir ainsi ? Il a contre lui un mouvement populaire de millions de femmes et d’hommes qui chaque vendredi crient que « le gouvernement Bedoui doit partir ». Ses ministres ne peuvent sortir sur le terrain sans être empêcher par les citoyens. Les partis politiques et les associations les plus favorables au maintien du système et même le panel demandent son départ « en tant que « l’une des mesures d’apaisement » pour crédibiliser « le dialogue national ». Et pourtant, il gouverne !

Le soutien des grandes puissances, celui « du pouvoir réel », les orientations des partis et organisations, qui tournent le dos au mouvement populaire, notamment ceux qui se réclament des travailleurs de plus en plus intégrés à la feuille de route « de sortie de la crise » du régime, sont ensembles les facteurs de son maintient et de sa capacité à mettre en œuvre un plan aussi anti ouvrier et anti national.

L’impérialisme, les institutions financières internationales, « le pouvoir réel », les partis et organisations attachés à l’ordre actuel de la société sont dans leur rôle quand ils le soutiennent chacun à sa manière. Mais que dire des partis et organisations se réclamant des travailleurs notamment les organisations syndicales qui comme le CSA agissent pour le compte du régime et déclarent bannir « dans la période actuelle les revendications sociales », comme si leurs satisfactions pouvaient attendre.

La voie pour une autre politique économique commence par la rupture, de tous ceux qui parlent aux noms des travailleurs, des jeunes, des étudiants, et des couches paupérisées des villes et des campagnes, avec le régime, ses institutions, ses dialogues et ses conférences. Ils doivent s’engager dans la lutte unie pour prendre en charge les revendications du hirak : »système dégage », « pouvoir au peuple », et « satisfaction de toutes les revendications démocratiques et sociales ».

Pour le Comité d’Organisation des Socialistes Internationalistes (COSI), la lutte unie de toutes les organisations ouvrières et populaires signifie la mise en avant de la revendication de la convocation et de l’élection de l’Assemblée constituante Souveraine, la constitution de comités populaires et de citoyens dans les usines, les universités, et les quartiers, leur coordinations à tous les niveaux, l’appel et l’organisation de la grève générale pour en finir avec le régime. la revendication  pour eux-mêmes aux noms des travailleurs d’un « gouvernement  Comité de Réappropriation de l’UGTA par les travailleurs/ CSA ».

C’est la seule voie qui tourne le dos au régime, à l’impérialisme, leurs partis, leurs avocats aile  « gauche » de la bourgeoisie compradore qui mènent  le pays à se subordonner au marché mondial, à la catastrophe et au chaos. 

Un autre gouvernement pour une autre politique économique

Les militants ouvriers que nous sommes ne déterminent  pas leur orientation politique sur la spéculation mais sur les faits. Nous ne savons pas, et personne ne le sait, quelle forme prendra la revendication d’un «  gouvernement des travailleurs et des couches paupérisées des villes et des campagnes ». Prendra t il la forme du « comité de réappropriation de l’UGTA  pour les travailleurs  /CSA » telle qu’issue des grèves générales de fin janvier, du 26 février, du 10  mars, et du 10 avril, des rassemblements du 17 avril et du 1er mai,  et du combat pour le congrès extraordinaire de l’UGTA  ou du processus mené jusqu’au bout de la mise en place de comités populaires et de comités de citoyens, coordonnées à tous les niveaux jusqu’ à l’assemblée nationale des délégués ?

Une première chose est certaine : la rupture immédiate et sans attendre de toutes les organisations syndicales et des partis ouvriers d’avec la feuille de route du régime est le premier acte pour ouvrir au peuple travailleur la voie de son propre gouvernement

Une seconde chose est certaine : rompre et revendiquer « un gouvernement  comité de réappropriation de l’UGTA pour les travailleurs/ CSA » c’est favoriser la voie à l’émergence d’institutions propres aux masses dans les entreprises, universités et dans les quartiers et à leur coordination à tous les niveaux jusqu’à l’assemblée nationale des délégués.

Une troisième chose est certaine : il faut un autre gouvernement, « un gouvernement des travailleurs » pour impulser une autre politique économique.

Quelle politique pour un gouvernement des travailleurs ?

Même le quotidien El Moudjahid n’ignore pas que le peuple veut d’une autre politique. Il écrit dans son éditorial du dimanche 1er septembre : « les manifestants sont motivés par l’attachement à la justice sociale, et la poursuite de la lutte contre la corruption ». Fidèle à son rôle de porte parole du régime le journal enchaine ces aspirations dans la perspective de l’élection d’un président  qui ‘ »pourra tout faire après son  élection ». Nous avons vu plus haut la signification de ce « tout » une batterie de projets anti sociaux et anti nationaux. Il faudrait  presque proposer leur  contraire pour être dans le vrai des intérêts du peuple travailleur.

On ne peut arracher de nouveaux acquis sans  défendre les acquis actuels. C’est le   premier axe d’une politique indépendante des masses.     

Les organisation syndicales,  les partis et organisations ouvrières doivent défendre les avantages acquis en refusant :

  • la remise en cause du système de soutient  des prix des produits de premières nécessités,
  • la remise  en cause des CDI, la généralisation des CDD et le développement du travail informel, 
  • l’interdiction de recruter dans la fonction publique étendue à toutes les entreprises publiques,
  • le projet d’un nouveau système des retraites,
  • la privatisation de la prise en charge des malades dans les structures publiques de santé,
  • l’abrogation de  la formule 51/49 pour le partenariat économique,
  • la dissolution ou la privatisation des entreprises publiques,
  • la dévaluation du dinar et l’endettement extérieur,
  • de réduire voir supprimer des projets d’équipements notamment les équipements sociaux et ceux touchant aux infrastructures de bases,
  • de signer les accords avec l’OMC et l’Union  Européenne, et l’Union Africaine pour « le libre échange des marchandises et des capitaux » et la suppression  des taxes douanières.

La lutte sur cet axe est inséparable du combat pour l’assemblée constituante souveraine et  l’indépendance des organisations syndicales.

Dans la société capitaliste tous les acquis arrachés par la lutte des travailleurs ne sont jamais définitivement acquis. Ils sont systématiquement remis en cause par les gouvernements de la bourgeoisie. Il faut donc se doter d’un programme de mesures remettant en cause cette logique que ne peut mettre en œuvre qu’un « gouvernement des travailleurs et des couches pauvres des villes et des campagnes». C’est le deuxième axe du combat indépendant des travailleurs.

Il faut :

  • ré instituer le monopole de l’état sur le commerce extérieur,
  • exproprier les oligarques des biens acquis par la prédation et la corruption des agents de l’état,
  • nationaliser sans indemnité ni rachat  les entreprises et sociétés appartenant aux trust- et monopoles internationaux,
  • rendre nulles leurs actions dans les sociétés algériennes stratégiques notamment dans les hydrocarbures,
  • nationaliser les banques et les compagnies d’assurances privées,
  • réorganiser ces deux secteurs pour les tourner vers l’application d’un plan d’industrialisation du pays sous le contrôle des salariés et vers l’aide aux travailleurs,  aux paysans travailleurs  et aux travailleurs agricoles. A ces deux derniers devront  être dévolus les terres qu’ils travaillent pour le compte d’autrui,
  • généraliser le « contrôle ouvrier » dans les entreprises, instituer l’échelle mobile des salaires et des prix, et réorganiser les normes de la production vers la répartition des heures de travail pour assurer le plein emploi, tourner, enfin, la production vers la satisfaction des besoins du peuple en quantité et qualité.      

Ce programme est réaliste et réalisable car il correspond aux aspirations du peuple travailleur et à ses capacités à le mettre en œuvre dans la mesure où les organisations syndicales, les partis ouvriers le prendront  en charge dans l’unité et qu’ils inscriront  leurs actions dans des institutions propres aux travailleurs. Les associations, organisations,  partis politiques, les avocats  attachés au maintien des moyens privés de production, le régime et l’impérialisme en seront de redoutables adversaires. Nulle part dans le monde les classes dominantes n’ont accepté avec bienveillance que leur pouvoir soit remis en cause car leur survie et leurs intérêts dépendent de la gestion par eux ou leurs avocats pour eux du pouvoir sur l’état. Il se trouvera toujours des personnalités politiques, des partis politiques pour nous rappeler la force de l’impérialisme afin de nous « convaincre » de ne pas mordre à  belles dents dans le système de l’exploitation de l’homme par l’homme. Nous répondrons que nous sommes également forts  du soutien de tous les peuples travailleurs dans le monde car nous avons  les mêmes aspirations : se dépouiller de toutes nos chaines.

Abdelkader Bentaleb   

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