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Économie

Affaire Total-Anadarko : où sont passées les autorités algériennes ?

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Le très probable rachat par Total des actifs Afrique d’Anadarko continue de susciter les pires craintes et de soulever des questions sur la gestion d’un dossier des plus stratégiques pour l’avenir du pays.

L’information en question a fait réagir les spécialistes en énergie en Algérie. Mourad Preure en a fait une brève analyse sur sa page facebook demandant à l’Etat algérien de traiter de la question du pouvoir de préemption sur ses actifs stratégiques.

Mises à part ces quelques réactions, les officiels algériens ont brillé par leur silence face à ces interpellations. C’est à se demande s’il y a réellement des autorités soucieuses des intérêts du pays, de ses richesses et de la bonne gestion de la chose économique.

Au-delà de cet aspect fort important, il est urgent, de notre point de vue, que les autorités algériennes prennent aussi le temps de débattre des questions de concurrence dans tous les secteurs d’activité. Il en va non seulement du stratégique mais également de la nécessité de créer des profondeurs de marché dans chaque segment d’activité pour éviter de dépendre d’un ou de deux opérateurs. La stabilisation des prix en dépendra fortement. A ce titre, le cas Rebrab dans l’huile et le sucre est édifiant.

Aussi, faut-il un droit de préemption à chaque cession d’actif ? Ne faudrait-il pas prévoir d’autres obligations aux entreprises atteignant une taille critique dans leur secteur comme un spin off par exemple (scission d’entreprise) ?

L’épisode du rachat de l’opérateur téléphonie Djezzy vendu en 2011 par son actionnaire principale N. Sawiris au group néerlandais VimpelCom – devenu VEON par la suite d’un rachat des Russes – en est un exemple qui hante encore la mémoire de l’opinion algérienne par sa lourdeur et son coût. Pourtant Djezzy n’est pas aussi stratégique que le secteur énergétique.

Par ailleurs, il est à se demander si les autorités algériennes sont animées par une volonté de veille économique continue, si nécessaire à la détection de ses opérations, tant l’investissement des firmes peut atteindre une taille critique au-delà de laquelle les rapports de forces peuvent basculer à leur défaveur.

Khelil F.

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FCE : Mohamed Sami Agli élu nouveau président

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Mohamed Sami Agli a été élu ce lundi 24 juin président du Forum des chefs d’entreprises (FCE) lors d’une Assemblée générale ordinaire élective, a appris l’APS auprès de cette organisation patronale, regroupant un grand nombre d’entreprises privées. M. Agli, était le candidat unique aux élections de la présidence du FCE, suite au retrait du deuxième candidat, Hassen Khelifati, le 21 mai dernier.

Agé, de 38 ans, M. Agli est le P-dg du groupe familial AGLI, qui active principalement dans l’industrie agroalimentaire, la promotion immobilière, la construction, la distribution automobile, la logistique et le tourisme.

Il a succédé à Ali Haddad qui a quitté la présidence de l’organisation le 28 mars dernier, un peu plus d’un mois après le début des marches populaires pacifiques pour le changement et la démocratie.

Le président par intérim du Forum, Moncef Said Othmani, avait annoncé, pour sa part, sa démission le 21 mai 2019, dans une lettre adressée aux membres de l’organisation patronale.

S’exprimant lors d’une conférence de presse, qu’il a animée le 28 mai dernier, au siège de son entreprise, M. Agli avait indiqué que son premier engagement était de rendre le Forum « apolitique », recommandant, dans ce sens, que « l’exercice de la politique devrait se faire en dehors de l’organisation et sans l’utilisation des moyens de cette dernière ».

Selon lui, le FCE a commis des « erreurs de fonds » en affichant dans le passé des positions politiques, ce qui a, a-t-il estimé, « nui à l’image » de cette organisation patronale qui regroupe près de 4 000 chefs d’entreprises.

Dans son programme de campagne, M. Agli s’engage aussi à lancer une « profonde réflexion », en concertation avec l’ensemble des membres du Forum, dans une quête de transformation durable.

Il prévoit, à ce titre, de créer un comité pour mener des consultations inclusives sur les moyens permettant de développer l’organisation. Le comité se chargera aussi d’étudier la question de la transformation du FCE en syndicat.

Le programme de M. Agli comporte également plusieurs engagements visant « la valorisation des grandes entreprises », « la décentralisation et l’amélioration de la collaboration avec les délégations locaux du Forum », ainsi que « l’accompagnement des PME/TPE et la redynamisation de Jil FCE, considéré comme l’un des « plus important acquis de l’organisation ».

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Économie

Impact du hirak sur l’économie : entretien avec le Pr Belmihoub

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Le Professeur de management et d’économie institutionnelle et chercheur à l’Université d’Alger, Mohamed Cherif Belmihoub, revient, dans cet entretien accordé à l’APS, sur l’impact du mouvement populaire engagé en Algérie, depuis le 22 février 2019, pour un changement du régime et la démocratie, sur l’économie nationale.

L’Algérie connaît une situation politique particulière depuis le 22 février dernier, date des premières manifestations populaires pacifiques contre un cinquième mandat de l’ancien président, Abdelaziz Bouteflika. Quel est l’impact de ce mouvement populaire sur le train économique national, sachant que la ministre de l’Industrie et des Mines a récemment évalué à « plus de 1 milliard de dollar », la perte causée par les grèves observées dans certaines entreprises nationales pour des revendications socioprofessionnelles ?

Pr Belmihoub : D’abord il faut préciser que la relation entre crise politique et impact sur l’économie et inversement est un problème de temps. En effet, le temps politique n’est pas le temps économique et ce dernier n’est pas le temps administratif. Il n’y a pas de synchronisation parfaite entre les trois temps. Chacun a sa propre logique et sa rationalité. Le déphasage ou la contradiction est encore plus prononcé sur le court terme.

Dans le contexte actuel en Algérie, c’est le temps économique qui va s’aligner sur le temps politique, plus long. Et c’est cet alignement qui est décrié aujourd’hui par certains analystes et experts économiques qui considèrent que l’économique ne peut pas attendre et toute transition serait néfaste pour l’économie. Ce raisonnement fait l’impasse sur la relation entre l’économie, la société et le système de pouvoir. L’économie aurait pu résister mieux aux effets de la crise politique si elle était régulée et gouvernée par des institutions solides.

La situation économique du pays était déjà dégradée à la veille du mouvement populaire. Les expressions pacifiques du peuple sont à saluer, car dans ce genre de révolte contre les pratiques irresponsable et autoritaires, voir même mafieuses par certains aspects, les pertes économiques auraient été désastreuses.

Par expérience, les coûts des révoltes populaires sont à considérer dans trois domaines: dégâts matériels, essentiellement la destruction des équipements publics, impacts sur l’activité économiques induits par l’absentéisme, la baisse de la productivité, les perturbations dans les réseaux de transport et de communication qui réduisent la mobilité des marchandises et de personnes et enfin l’apparition de pratiques comme le stockage de denrées, le retrait de l’épargne dans le système bancaire et le transfert de fonds vers l’étranger.

Nous constatons que le mouvement du 22 février n’a produit aucun de ces effets pervers, excepté quelques mouvements de grève, essentiellement dans le secteur public. Aucune dégradation des équipements publics, aucune perturbation des réseaux de communication. Alors l’on se demande d’où vient le chiffre d’un milliard de dollar comme impact des grèves dans le secteur public donné par la ministre de l’industrie.

Comment peut-on perdre un (1) milliard de dollar à cause de quelques jours de grève dans le secteur public industriel lorsqu’on sait que tout le secteur industriel (public et privé) ne produit annuellement que 7 à 8 Mds de dollars? C’est pour le moins hallucinant de donner un tel chiffre.

S’il est vrai que l’économie est le domaine du chiffre, donner de mauvais chiffres est contreproductif. Cependant, les actions du mouvement et surtout sa persistance sur une période de quatre mois ont eu quelques impacts sur certains comportements des opérateurs économiques en matière d’investissement, un ralentissement dans le traitement des dossiers de paiement ou de demande de crédits, de lancement de nouveaux projets en raison de l’incertitude sur l’avenir en l’absence d’une perspective politique de sortie de crise ou du moins d’une feuille de route pour une transition maitrisée.

Le mouvement populaire et la symbolique qu’il incarne en termes de cohésion nationale, de la récupération de la citoyenneté par les Algériens et surtout de sa projection dans un idéal de justice sociale et de gouvernance responsable, doit être vu comme une nouvelle ressource pour l’économie pour les défis à venir.

Est-ce que la persistance de la crise politique aurait des répercussions négatives sur la situation économique du pays ?

Pr Belmihoub : Sans aucun doute, la persistance de la crise politique et son corolaire le mouvement populaire affecteront l’activité économique de manières directe ou indirecte. De manière directe, nous allons assister à un ralentissement de l’activité économique en raison certainement des perturbations, comme annoncés plus haut, liés à des problèmes de financement ou de transactions bancaires, douaniers et administratifs dus essentiellement à des peurs en lien avec l’opération en cours sur la corruption.

Le domaine qui sera le plus affecté est celui de l’investissement. Il est connu que l’investisseur est très sensible à l’incertitude et par conséquent il aura tendance à reporter sa décision d’investir en attendant de voir plus clair.

Déjà que l’investissement privé est relativement faible en Algérie, cette situation va encore le ralentir, c’est pourquoi il devient maintenant urgent, non pas d’organiser une élection présidentielle à la hussarde, mais de donner un signal fort quant à un horizon raisonnable pour organiser une véritable transition. Un tel signal sur l’horizon politique et la feuille de route qui le porte atténueront sans aucun doute le facteur d’incertitude et favoriseront le retour à un fonctionnement plus ou moins normal.

Qu’en est-il de l’avenir des projets de partenariat avec les étrangers ?

Pr Belmihoub : Les partenariats internationaux sont le domaine le plus sensible aux mouvements de contestations, qu’ils soient politiques ou socioéconomiques. La décision d’investir à l’étranger subit un traitement particulier pour intégrer les facteurs de risques dans le modèle de choix du pays. Il faut distinguer deux cas, le premier concerne les partenariats déjà conclus et en activité, pour ceux là, à court terme rien ne se passera, dans la mesure où l’investisseur à déjà mis des capitaux et d’autres engagements technologiques ou financiers.

La décision de quitter le pays pour des raisons liées au mouvement de contestation n’est pas à court terme d’autant plus que le mouvement ne perturbe pas de manière significative le fonctionnement de l’économie et la sécurité des personnes et des biens n’est pas affectée, au plus l’investissement en partenariat subit les impacts évoqués plus haut (retard dans certaines opérations, défaillance de certaines administrations par un excès de zèle ou par prudence).

En tout cas, la nature du mouvement et sa durée à ce jour ne risquent pas de faire partir ces investissements, surtout que les pactes d’actionnaires mis en place définissent les conditions de sortie. Le problème est réel lorsqu’il s’agit d’un partenariat en cours de négociation ou en exploration, dans ce cas, effectivement le montage du partenariat risque d’être retardé, redéfini avec des conditions plus sévères pour le partenaire algérien ou complètement abandonné. Je pense que jusqu’à maintenant (après de 4 mois de mouvement) les dégâts s’il y en a, ils sont à minima, mais en même temps, il devient urgent de trouver une sortie de cette situation qui risque, si elle perdure encore, de produire des effets négatifs sur le fonctionnement de l’économie.

Le temps politique doit, à ce stade, se synchroniser avec le temps économique si l’on veut éviter une détérioration de tout le climat d’investissement.

Que proposez-vous pour éviter une détérioration de l’économie nationale?

Pr Belmihoub : Si le « hirak » n’est pas responsable, jusqu’à maintenant, de cette détérioration, il est toutefois responsable indirectement du report de la recherche d’une solution à la crise en raison du climat d’instabilité et d’incertitude qui s’installe et de l’absence de l’autorité publique dotée d’un vrai gouvernement compétent et responsable pour prendre les décisions économique qui s’imposent.

Dans l’immédiat, il y a lieu de prendre des mesures pour éviter une plus grande détérioration des grands équilibres économiques et pour assurer la continuité de l’activité économique, seule génératrice de richesse.

On peut décliner un plan d’urgence de sauvegarde. Il eut été très utile, d’élaborer une loi de finances complémentaire pour 2019.
Un retour à l’orthodoxie budgétaire et financière: action sur les dépenses publiques et sur les recettes. Dans le chapitre des dépenses, il est nécessaire d’instaurer une austérité sur le train de vie des administrations et autres organismes publics dont beaucoup n’ont aucune utilité pour la collectivité (conseils, instances, observatoires…), imposer une réduction d’au moins 10% sur les dépenses de fonctionnement hors salaires.

Dans le chapitre recettes et à défaut d’une LFC pour réviser certaines dispositions fiscales, il y a lieu d’utiliser toutes les dispositions prévues antérieurement sans restriction aucune (certains impôts et taxes prévus par la législation) qui n’ont jamais été mises en œuvre pour différentes raisons, renforcer la saisie de l’assiette et le recouvrement des impôts et taxes.

Comment peut-on accepter une disposition qui exonère de la TVA l’acheteur (non assujetti) d’un véhicule monté en Algérie, alors que ce même véhicule a été exonéré de la TVA à l’importation comme Kits ou collections, cette TVA non perçue par le Trésor est certainement encaissée par le centre de montage ?

Voir la possibilité de lever des fonds de l’épargne publique par l’émission de titres obligataire afin de remplacer les titres arrivés à échéance en juillet 2019. Il s’agira de renouveler l’opération périodiquement (à commencer par le renouvellement de l’emprunt obligataire de 2016 de 1600 Mds de DA qui arrive partiellement à terme (échéance à trois ans) en juillet 2019.

Sauvegarder le pouvoir d’achat du citoyen pour maintenir l’activité économique et l’emploi. Pour cela des actions au plan interne et externe doivent être engagées comme la lutte contre la spéculation et l’élargissement de la fiscalisation des activités commerciales, contrôle sévère des prix à la consommation, meilleure surveillance des frontières pour limiter la fuite de produits algériens imports ou fabriqués localement et souvent subventionnés. Rationalisation des subventions: arbitrage sur l’énergie entre électricité et carburants.

Il est nécessaire de faire évoluer les prix des carburants si l’on veut maintenir les prix de l’électricité et du gaz ou alors augmentation graduelle des deux.

Sauvegarder l’outil de production (les entreprises productrices) en distinguant les affaires judiciaires de la continuité de l’exploitation des entreprises qui sont utiles pour le présent et l’avenir de l’économie nationale.

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Économie

De l’Algérie à la Suisse : la traque des fonds détournés par le clan Bouteflika

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Ils se font appeler « les Algériens sans frontières ». Un collectif international réunissant des avocats, des médecins, des ingénieurs ou encore des artistes s’est donné une mission : retrouver et geler les avoirs détournés par le clan Bouteflika.

Des avoirs qui seraient dissimulés dans des banques suisses et dans de nombreux autres pays.

Cette bataille de longue haleine connaît un nouvel élan depuis la démission d’Abdelaziz Bouteflika début avril. En Suisse, elle est menée par l’avocat Lachemi Belhocine, qui explique ici le système mis en place notamment par des hommes d’affaires liés au régime :

 » Ils créent une société ici en Suisse et ils fabriquent de fausses factures. Imaginons qu’une marchandise ou un téléphone vaut 100 francs suisses, ils vont présenter une facture non pas de 100 francs mais gonflée jusqu’à 1000, 1500 francs. Les institutions bancaires vont lui transférer les 1500 francs pour une marchandise qui en vaut 100 francs. La différence entre le prix qui a été gonflé et le prix réel, pour moi, c’est un transfert illicite. » (Voir la vidéo)

D’après les estimations du collectif, les sommes détournées seraient colossales. Pour Lachemi Belhocine, elles doivent être restituées aux Algériens :

 » Le chiffre le plus sérieux est de 24 milliards, et ce n’est pas que moi. Plusieurs ONG dans le monde évoquent également un demi-milliard par an. Par contre, qu’il s’agisse de 24 milliards ou de mille francs, ce qui a été volé doit être restitué à la victime, et en l’occurrence c’est le peuple algérien.  » Euronews

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