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Économie

De l’Algérie à la Suisse : la traque des fonds détournés par le clan Bouteflika

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Ils se font appeler « les Algériens sans frontières ». Un collectif international réunissant des avocats, des médecins, des ingénieurs ou encore des artistes s’est donné une mission : retrouver et geler les avoirs détournés par le clan Bouteflika.

Des avoirs qui seraient dissimulés dans des banques suisses et dans de nombreux autres pays.

Cette bataille de longue haleine connaît un nouvel élan depuis la démission d’Abdelaziz Bouteflika début avril. En Suisse, elle est menée par l’avocat Lachemi Belhocine, qui explique ici le système mis en place notamment par des hommes d’affaires liés au régime :

 » Ils créent une société ici en Suisse et ils fabriquent de fausses factures. Imaginons qu’une marchandise ou un téléphone vaut 100 francs suisses, ils vont présenter une facture non pas de 100 francs mais gonflée jusqu’à 1000, 1500 francs. Les institutions bancaires vont lui transférer les 1500 francs pour une marchandise qui en vaut 100 francs. La différence entre le prix qui a été gonflé et le prix réel, pour moi, c’est un transfert illicite. » (Voir la vidéo)

D’après les estimations du collectif, les sommes détournées seraient colossales. Pour Lachemi Belhocine, elles doivent être restituées aux Algériens :

 » Le chiffre le plus sérieux est de 24 milliards, et ce n’est pas que moi. Plusieurs ONG dans le monde évoquent également un demi-milliard par an. Par contre, qu’il s’agisse de 24 milliards ou de mille francs, ce qui a été volé doit être restitué à la victime, et en l’occurrence c’est le peuple algérien.  » Euronews

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LFC 2020 : un projet contre les travailleurs et les intérêts de la nation

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Le communiqué du conseil des ministres du 11 septembre dernier est rédigé de manière à n’être pas compris par le commun des Algériens. Il utilise des mots « savants » supposés n’être compris que par les experts souvent avocats de la bourgeoisie et de l’impérialisme.

Une technique utilisée pour les mêmes raisons sur d’autres cieux : camoufler que le projet de loi de fiance 2020 prépare des coups bas contre les travailleurs et l’économie nationale. Il est en plus l’œuvre d’un gouvernement illégitime au regard de la démocratie. Il a été nommé par l’ex-président Abdelaziz Bouteflika démissionnaire sous la pression extraordinaire du mouvement populaire né le 22 février. Le mouvement n’a pas seulement montré la porte de sortie à l’ancien Bonaparte mais à l’ensemble des personnalités symboles du régime notamment les trois « B » dont Bédoui premier ministre. Il est fort de café que l’avenir du pays soit grevé par un gouvernement rejeté par tous y compris les membres du Panel.

Au regard de la légitimité démocratique comme au regard de « leur » propre légalité le gouvernement Bédoui n’a aucun droit d’engager le pays dans une voie qu’il n’a pas choisi ni approuvé. Bien au contraire, il ne s’est pas passé une semaine depuis la fin février que le peuple tout entier demande son départ et avec lui sa politique.

Le contenu du projet de loi ne peut qu’inciter les travailleurs, les étudiants et les jeunes à radicaliser leur opposition à ce gouvernement car sa politique est inacceptable. Elle ne sera pas accepter !

La politique d’austérité, initiée par Sellal et poursuivie par Ahmed Ouyahia, continue.

Le gouvernement Bédoui prévoit une baisse de 10% du budget de fonctionnement. En termes simples, cela veut dire le maintien de l’interdiction de recruter dans la fonction publique. Mesure qui a été étendue à toutes les entreprises publiques. Dans ces secteurs les départs en retraite ne seront pas remplacés. Le chômage va progresser particulièrement chez les jeunes qualifiés. Le travail précaire va s’élargir, par des CDD justifiés (remplacement pour des grossesses et longues maladies) dans le secteur public et para public et va exploser dans le secteur privé ou les contrôles seront inexistants. Cela veut également dire qu’aucune augmentation de salaire n’est prévue notamment du SMIG.

L’emploi, les conditions de vie sont menacés. Des restes à réaliser du plan de grands travaux de 2008 20% ne seront pas pris en compte. La crise du logement demeurera. Les transports en commun déclineront. Les transports inter wilayas également. Le parc ne sera pas renouvelé.  

Pour faire face à la baisse des ventes du gaz et du pétrole sur le marché mondial et donc à la baisse des recettes et des réserves de change, le gouvernement Bedoui se propose d’élargir l’assiette fiscale. Les retraités et les petites gens des villes et des campagnes sont directement visés. La règle de la double imposition est maintenue car elle permet à des particuliers ou à des chefs d’entreprises étrangers de ne pas payer des impôts en Algérie

Le projet de loi prévoit aussi d’augmenter les recettes en augmentant le coût des services et des biens. Le communiqué l’indique comme étant un axe politique sans précision. On peut supposer que toutes une série de taxes seront valorisées : la TVA, les timbres, mais aussi les services essentiels eau, gaz et électricité domestique.

Dans ce cadre d’autres services jusqu’ici non payant le seront. Un projet est à l’étude pour installer des péages sur les autoroutes algériennes. Il ne s’agit pas d’une rumeur mais d’un fait qui n’a pas fait les « Unes » de la presse pourtant cela a éré annoncé par le gouvernement : « Le Premier ministre a présidé samedi une réunion interministérielle consacrée à l’examen du dossier de l’entretien de l’autoroute est-ouest et des mesures devant être mises en œuvre pour la mise en place d’un système de péage. »

Le caractère national de l’économie nationale est frontalement frappé par le projet. Le gouvernement décide de supprimer la règle 51-49, pourtant minime,  pour permettre aux investisseurs étrangers d’investir sans aucune restriction. Cette règle a été, dès sa promulgation,  combattue par l’Union européenne, et d’autres puissances financières mondiales.

Désormais les financiers étrangers pourront s’installer sans aucune restriction. A terme ils pourront rapatrier leurs dividendes. Cette mesure est cependant limitée  aux secteurs non stratégiques. Qu’en sera-t-il à terme ? Le projet de loi sur les hydrocarbures (que Total avait anticipée  pour tenter de devenir plus importante que la Sonatrach) n’a toujours pas été rendu public. Il faut seulement savoir que les PMI/PME, qui sont visées,  emploient le plus grand nombre de salariés. Cette mesure est anti nationale car elle favorise « la recolonisation » de l’économie algérienne.

Elle se conjugue avec une autre qui, elle, doit étrangler les entreprises publiques  et les rendre dépendantes du capital financier mondial.

En effet, le communiqué du premier ministère indique que « Le projet de loi propose la possibilité de recourir, de façon sélective, au financement étranger auprès des institutions financières mondiales de développement en vue de financer les projets économiques structurels et rentables avec des montants et des délais conformes à la rentabilité de ces projets et leur solvabilité ». En d’autres termes le gouvernement autorise les entreprises à s’endetter pour réaliser certains projets. L’endettement se fera selon les règles des « clubs de Paris » ou des «clubs de Londres »

En résumé le le projet de loi de finance 2020 est un plan de guerre contre les travailleurs et les petites gens des villes et des campagnes. Il est aussi un plan de guerre contre l’économie nationale. Une autre politique économique est possible développant l’économie du pays au seul  profit des masses populaires. Elle suppose préalablement de mettre fin à ce régime et à toutes ses institutions. Toutes anti-démocratiques, anti-nationales, et anti-ouvrières.

Nadia Sabry

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Peut-on tout privatiser ?

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On nous disait que « la privatisation n’est pas une finalité idéologique mais un moyen de retour à la croissance et à la création d’emplois etc. » Elle aurait donné « une grande efficience de l’économie ».

Pour asseoir cette théorie, les difficultés qui ont affecté le secteur économique public ont servi d’argument clé pour justifier son démantèlement. Il porterait en lui les causes de ses carences, nous a-t-on dit. A ce titre, un chiffre est beaucoup cité, il porte sur le coût de l’assainissement des entreprises publiques qui aurait coûté au Trésor public plus de 40 milliards de dollars entre 1971 et 2007.

L’addition est faite pour impressionner. Il faut remarquer qu’elle court sur 36 ans et suggère qu’il aurait fallu fermer les usines et les services concernés au lieu de « dilapider » autant d’argent. Alors qu’il faut surtout remarquer que la période considérée intègre la mise en œuvre des plans de développement du pays et les premiers pas de son industrialisation.

Il faut encore remarquer que c’est durant cette période que l’économie privée a connu son essor et que ses opérateurs et ses capitaux sont sortis des flancs de l’Etat, sans lequel et sans son secteur public, le secteur privé aurait vivoté dans l’artisanat et le petit commerce. Sur 36 ans, avec un peu plus de un milliard de dollars par an, l’Algérie a changé de visage et a permis à des millions de familles de ne pas être exclues et de continuer à se maintenir dans le tissu social.

Par ailleurs, le démantèlement au profit d’une « privatisation salutaire » aurait permis de « substituer des critères de gestion économique à des critères politiques ». Comme si la libéralisation ne relevait pas, elle aussi et surtout, du politique, que les capitaux publics étaient condamnés à être gaspillés et que les capitaux privés, qui d’ailleurs ne se sont pas manifestés, étaient assurés de croître et de prospérer.

La crise économique mondiale est venu à point nommé dévoiler les risques encourus, tempérer les ardeurs et permettre l’ouverture d’un débat. Ce débat devrait en premier lieu porter sur le devenir des infrastructures de base, qui sont les principaux instruments de régulation économique et sociale.

L’exemple de la production et la distribution de l’électricité et du gaz est l’un des plus édifiant, parce qu’il touche à une fonction très sensible et dont l’influence multidimensionnelle est vitale. Le sort de ce secteur n’est pas encore tranché dans les pays les plus avancés, ce qui prouve que la prise de risque est jugée délicate. Il constitue ainsi le bastion de la résistance de la rationalité économique et sociale aux vents étasuniens porteurs du « tout privé ».

La résistance repose sur la question du service public et de la nécessaire régulation que l’Etat doit assumer. Il en va, d’abord, de la stabilité et de la sécurité du pays. Il en va ensuite du fonctionnement des appareils économique et institutionnel. Le problème n’est pas tant la question de la rentabilité (dont il faut définir la nature) que celle du pouvoir décisionnel sur la continuité et la qualité de service et sur les prix de l’énergie face à des abonnés captifs.

Lorsque la rentabilité financière est mise en avant, c’est pour masquer les conséquences dramatiques que les règles commerciales peuvent et vont nécessairement provoquer, quand « l’usager » est transformé en « client ».

On peut faire admettre qu’un hôpital ou qu’une école coûte trop cher en raccordement et refuser de les desservir. On peut aussi décider d’économiser sur l’entretien de lignes ou d’installations et ne pas être responsable de la paralysie de villes et de régions entières, on peut encore revendiquer d’augmenter intempestivement les prix et déséquilibrer l’ensemble des budgets, sans préjudices des impacts que cela peut avoir sur l’économie dans son ensemble.

C’est pourquoi des États qui ont concocté des projets de privatisation de leurs entreprises d’électricité ont prévu de maintenir la majorité du capital entre leurs mains. Ceci a pour effet de faire refuser ou hésiter les actionnaires privés, car le capital ne souffre pas la contrainte, aussi douce soit elle.

Ce qui est arrivé, en 2001, en Californie est le cas de figure qui illustre au mieux ce qui peut advenir de la privatisation de l’énergie, de surcroît dans un pays comme l’Algérie dont l’intégration intersectorielle est des plus faibles. Pour faire le maximum de bénéfices, une société privée a naturellement utilisé au maximum ses capacités de production et a pu ne pas se soucier des besoins supplémentaires qui peuvent se manifester, aux heures de pointe ou durant les périodes de fortes demandes. Une panne gigantesque a alors frappé toute la région Ouest pendant plusieurs semaines. Le gouverneur de l’époque, Gray Davis, a été contraint de signer un texte préconisant un emprunt de 10 milliards de dollars pour financer des contrats à long terme avec les fournisseurs d’électricité. L’État deviendra le principal acheteur d’électricité qu’il revendra aux usagers. Retour de l’Etat donc. Mais cela n’a pas empêché les coûts de cette panne de jouer un rôle non négligeable dans le déclenchement de la crise financière qui a affecté l’économie étatsunienne. Une application de la formule en vogue « socialiser les risques et privatiser les profits ».

A côté, au Canada, le démantèlement de Hydro One, avec son cortège de hausses de tarifs exorbitantes, a forcé le gouvernement ontarien à débourser, en 2002, 110 millions de dollars pour compenser l’écart entre un gel de tarifs qui s’imposait et le prix non réglementé auquel le gouvernement s’était engagé auprès de producteurs d’électricité privés.

Tous les autres services publics sont aussi fragiles quand ils sont déviés de leur mission de structuration et d’animation de la société en étant transformés en marchandise. Alors que, justement, ce n’est pas entièrement prouvé pour le secteur industriel, on veut faire admettre que les transports publics (étatisés dans les grandes villes, aussi bien aux Etats Unis que dans les pays européens), l’université, la poste, les routes, l’eau… doivent être confiés au lois du marché. Nous n’imaginons pas un instant ce qui peut se produire si la multitude de transporteurs qui écument nos villes, sans contrôle et sans coordination, cessent de travailler. Ce qu’ils font à l’occasion de n’importe quel événement qui dérange leur fréquence de rotation ou qui crée un « risque » pour leurs véhicules. Il faudra qu’un jour on comptabilise les coûts de la déstabilisation de l’Etusa (RSTA).

Une privatisation de l’Université algérienne (elle rampe déjà) se déclinera d’abord en limitation des effectifs et des moyens, en augmentation de la charge de travail et en exclusion de la grande majorité des candidats aux études supérieures.

Le danger est réel qui vient de ce que le propre des tenants du libéralisme est de s’y intéresser en tête de liste parce qu’ils sont juteux. Le danger vient aussi du mythe de la rentabilité et de l’efficacité du privé.

Il faut ajouter, pour conclure, que les « organes de régulation » chargés de surveiller le bon fonctionnement des opérateurs ne seront qu’un leurre lorsque l’on sait les capacités de notre administration à gérer notre quotidien le moins compliqué.

Ahmed Halfaoui

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Des entrepreneurs s’opposent à la suppression de la règle 51-49

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La proposition contenue dans le projet de loi de finances 2020 élaboré par le gouvernement impopulaire de Nouredine Bedoui consistant à supprimer la règle 51-49% a fait réagir les chefs d’entreprise qui s’opposent à cette décision.

Les entrepreneurs, affiliés à l’Association générale des entrepreneurs algériens (AGEA), s’opposent, dans un communiqué, à la suppression de la règle 51-49%.

« Suite à la parution dans un quotidien national en ce qui concerne la suppression de la règle 51-49, décidée lors de la réunion du gouvernement le 11 septembre, l’Association générale des entrepreneurs algériens (AGEA) s’oppose fermement à cette annulation », écrit l’association patronale dans un communiqué. 

Pour le président de l’AGEA, Mouloud Kheloufi, la suppression de la règle 51-49 représente « une menace pour les entreprises privées et l’économie nationale ».

Pour l’association patronale, le maintien de cette règle est indispensable « du fait que nos entreprises, à l’image du secteur BTPH, fabricants des matériaux de construction, services et électroniques, sont faibles et non aidés à se développer dans l’environnement actuel ».

Pour rappel, le gouvernement Bedoui a examiné une première mouture de l’avant-projet de loi de finances 2020 qui prévoit, pour reprendre les éléments de langage du discours officiel, « la levée des restrictions prévues dans le cadre de la règle 51/49% appliquée aux investissements étrangers en Algérie », afin de « renforcer l’attractivité de l’économie nationale ». Cette levée devrait toucher les secteurs « non stratégiques », selon le gouvernement, sans définir ces secteurs.

Le gouvernement, les « experts économiques » et les promoteurs des intérêts du capital étranger parlent de « levée de restrictions » induites par cette règle, alors qu’il s’agit avec cette suppression de la fin de la protection de l’économie nationale.

Tout cela prouve que 7 mois après la révolte populaire, rien de fondamental n’a changé. L’Etat et le gouvernement sont toujours à la solde des intérêts étrangers.

I. Farès

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