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Chronique

Lettre ouverte au général-major Gaïd Salah, par Mohamed Kacimi

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Mon Général,

Voilà plus de trois mois que vous présidez, sans avoir été désigné par personne, sans légitimité, ni mandat quelconque, aux destinées de l’Algérie.

Vous êtes là par infraction à la constitution, et vous n’avez que le mot constitution à la bouche.

Voilà plus de trois mois que tout un peuple s’est soulevé dans toutes les villes et les douars du pays pour vous supplier, dans le calme et la dignité, de lui rendre sa liberté, de lui foutre la paix, de le laisser enfin vivre, pour pouvoir enfin respirer sans vous. Et vous faites la sourde oreille !

LIRE AUSSI : Lettre ouverte au général Gaïd Salah, par Hocine Malti

Comme Brutus poignardant César, vous avez poussé vers la sortie, Bouteflika, à qui vous devez tout, pour aussitôt sauter sur son trône.

On le sait depuis belle lurette, en politique algérienne, on renie, on se renie, comme on respire.

Et quelle gloire ! Vous étiez à la porte de la retraite, vous voilà rêvant de postérité. Vous étiez un général obscur, et vous voilà roi d’Algérie. On ne peut pas dire que vous ne savourez pas votre victoire.

Comme tous vos prédécesseurs, vous prenez ce pays de haut. Alors que l’Algérie est en feu, vous économisez votre salive, prenant la parole, toujours depuis les casernes, histoire de montrer vos biceps, pour dire, chaque mardi, que hors des casernes il n’y a point de salut pour nous.

Au nom de quoi ? Au nom des armes, de la force, et de rien d’autre.

Nous sommes un pauvre peuple pris en otage par une bande armée depuis 1962.

Les sept plaies de l’Algérie, c’est son armée, ou plutôt le clan d’Oujda, qui estime depuis 1962 que l’Algérie est sa propriété privée, son tiroir-caisse et son jardin secret :

Comme les orthodoxes juifs sont convaincus que Dieu dans la Bible leur a offert la Palestine, les généraux algériens sont persuadés que les fusils leur ont livré, dans le maquis, l’Algérie ad vitam aeternam : الجزائر حرث لكم فأتوا حرثكم أنى شئتم

Pour épater la galerie vous avez lancé des procès croquignolesques, déférant devant le tribunal d’Alger ou de Blida des silhouettes et des fantômes, au gré de vos humeurs.

Non, Monsieur le général, la justice n’est pas un jeu de massacre, ni un tir aux pigeons, elle ne se fait pas sur un claquement de doigt ni sur un coup de fil. La justice suppose des magistrats et un barreau indépendants, des procès publics et équitables, la mise en place d’une commission de vérité et le respect des conventions internationales en matière des droits humains.

Vous pouvez jeter tous les ministres, les walis, les maires, les flics, les imams et les cantonniers du pays à El Harrach ou Blida, vous n’enlèverez pas un atome de la corruption qui gangrène le pays.

Pour rendre justice il faut avoir les mains propres, et les vôtres ne le sont pas du tout. Vous êtes vous aussi, aussi condamnable, que les gens que vous jetez en pâture aux tribunaux.

Vous êtes un bandit qui se réveille au bout de 57 ans, pour crier «au voleur» ; et tout ce qui vous distingue de ces pourris qui sont derrière les barreaux c’est que vous, vous êtes adossé à des blindés.

Quand vous ouvrez la bouche, tout le monde se couche, à commencer par les magistrats, c’est normaaaal, comme disent les algériens.

Une justice transitionnelle suppose un projet d’édification d’un État de droit et d’une démocratie, et là vous semblez très loin du compte.

Vous avez toujours fait et défait les « princes » de ce pays, les intronisant sur un claquement des doigts et les envoyant dans la fosse des lions sur un clin d’œil : de Khalifa à ce « pauvre » Haddad et de Kamel le Boucher aux Kouninef.

En fait, votre régime installe et désinstalle les hommes et les fortunes comme des applications sur un Smartphone. Et le jeu de désinstallation semble vous amuser follement.

Le jeu fait peut-être du bien à votre testostérone, mais il ne fera avancer en rien la justice.

Vous maintenez, contre vents et marées, les élections présidentielles pour le 4 juillet, non pas par efficacité politique mais juste par pure Zkara, comme on dit. Car depuis 1962 la devise réelle de l’Etat algérien c’est « Dez mahoum ». .. دز معاهم: Qu’on pourrait traduire librement par « allez vous faire foutre »

Vous ne pouvez pas avoir raison seul contre 40 millions de citoyens qui n’en veulent pas.

Vous dites que les revendications du peuple qui vous demande de « dégager tous » sont déraisonnables et qu’elles « risquent de priver l’État de ses cadres et de ses serviteurs dévoués ». Mais de quel État parlez-vous ? Celui que dirige un gouvernement planqué et invisible dont les ministres se font lapider à chaque apparition ?

Vous dites que vous redoutez « le vide constitutionnel », comme si l’assemblée de croupions analphabètes mise en place par Bouteflika pouvait remplir quoi que ce soit, alors que notre histoire est un grand courant d’air depuis l’indépendance, et que ces « serviteurs de l’État », dont vous parlez, ont passé leur vie à se servir plutôt, à vider les caisses et à nous faire les poches.

De l’État dont vous parlez, il ne reste malheureusement que ces meutes de flics enragés gazant les veilles et tabassant les étudiants.

« Il ne reste dans l’Oued que ses galets », et la flicaille sanguinaire voilà tout ce qui subsistera de votre triste règne.

Le Hirak cache pour l’instant le désastre du pays, ruiné par Bouteflika, et le réveil sera demain très dur.

Mon général, trouvez-vous normal qu’un pays qui n’a pas construit un seul hôpital moderne depuis 1962, consacre 25% du budget de l’État à son armement ?!

12 milliards de dollars sont pris chaque année sur le budget de l’Algérie pour acheter des armes, faisant de notre pays le cinquième acheteur mondial d’armement.

Ne me dites pas que c’est la crainte d’une attaque du Maroc, du Mali ou du Niger qui vous pousse à cette boulimie de chars, et d’avions de chasse.

Nous savons que les marges sur les achats d’armes sont faramineuses, et si l’État-Major achète autant d’armes ce n’est pas pour protéger les frontières du pays, mais pour assurer, trivialement ses arrières, nous ne sommes pas dupes.

12 milliards de dollars, c’est presque le budget de l’armée iranienne, sauf que l’Iran est sur le point d’acquérir la bombe atomique et construit des missiles intercontinentaux, alors qu’avec 12 milliards de dollars en poche l’Armée algérienne est infoutue de produire des plombs pour une carabine à air comprimé.

Demain, quand l’Algérie sera débarrassée de vous, il faudra affecter ce budget à la santé, à l’éducation et à la culture. Ce ne sont pas les kalachnikovs qui rouillent dans les casernes qui assureront l’avenir de nos enfants, ni les RPG qui soigneront les malades jetés dans des hôpitaux devenus des mouroirs.

Monsieur le Général, rendez l’Algérie à ses enfants, avant qu’il ne soit trop tard ; et demain, ce sera inéluctable, vous n’y pourrez rien, quand vous gravirez à votre tour, vous et vos enfants, les marches du tribunal de Blida, nous serons là pour témoigner qu’en écoutant à la dernière minute, le cri de 40 millions d’Algériens, vous avez eu un sursaut de dignité et vous bénéficierez, peut-être, de la clémence des jurés.

Réveillez-vous, ouvrez les yeux, écoutez la rue, demain il sera trop tard, mon Général.

MOHAMED KACIMI.

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Fixons des objectifs à nos vendredis !

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Comment est-ce possible qu’en ce vendredi de la défiance, où le peuple a pu et su donner une leçon d’unité et de sagesse aux fauteurs de fitna (discorde) et à leur tête Gaïd Salah, rebaptisé « Naima Salhi », les travailleurs (euses), les retraités (ées), les chômeurs ont enregistré une défaite ?

C’est vrai qu’on devait faire face à un « vendredi 13 », maudit par les propos irresponsables de Gaid Le Sissi, c’est vrai qu’on devait surmonter ce piègeposé cyniquement par le commandement militaire, c’est vrai que l’affront fait à notre conscience politique exigeait une réponse à la mesure des défis de l’heure !

Il n’en demeure pas moins que nous avons enregistré une défaite politique sur le terrain des luttes sociales et syndicales dont le prix sera chèrement payé si le mouvement populaire en cours ne prend pas la juste mesure des enjeux historiques de son combat.

Perdre la bataille de la réappropriation de l’Ugta, en laissant Sid-houm Saïd tenir paisiblement le congrès de la bureaucratie syndicale le vendredi, où le peuple défie héroïquement Gaid Salah, est très significatif des limites de notre mouvement populaire.

Il est urgent que les militants politiques, soucieux de donner à la révolte en cours des perspectives concrètes permettant de dépasser cette situation de « ni guerre ni paix », s’impliquent sérieusement dans l’organisation du mouvement, en commençant par associer à nos vendredis de la dignité des objectifs « modestes » !

La réappropriation de l’Ugta, tout comme la libération des détenus politiques, la constitution de comités de quartier, de village, d’entreprise, de femmes… sont des objectifs certes « modestes », au regard du cap « yatnahaw gaâ » fixé par le mouvement populaire, mais d’une importance stratégique pour l’issue de la Révolution !

M. F.

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L’Algérie n’est pas un tapis de prière ! par Kamel Daoud

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Kamel Daoud, écrivain-journaliste, a publié une chronique acerbe sur l’entrisme des islamistes et l’imposition de la Fatiha à la dernière conférence de la « société civile ».

La lecture de la Fatiha à l’ouverture de la conférence nationale de la société civile, au lieu et place de l’hymne national, a soulevé de vives inquiétudes : comment peut-on espérer construire une république nouvelle si on commence avec un signe de bigoterie islamiste ostentatoire ? Comment espérer un avenir de réconciliation avec les pluralités algériennes, les différences, si certains en profitent pour gommer la question fondamentale de l’égalité homme femme et se posent en imams de l’avenir et représentants d’une Vérité ?

Ce rite de récitations de versets et de la Fatiha est devenu une norme depuis quelques années. Même pour «ouvrir» un congrès de médecins ou d’architectes. La tendance était à saluer le patronage de «Fakhamatou’hou», son «Excellence» le Roi Bouteflika et à démonter sa «foi» par une Fatiha. Allah, le Président et la bigoterie. Dans le désordre.

Mais si aujourd’hui une conférence pour sauver notre pays commence comme un rite réservé pour la demande d’une «main» ou pour égorger un mouton, c’est que la question, la quadruple question, n’a pas été résolue : que faire des islamistes ? Que veulent-ils faire de nous ? Que veut faire Gaïd des Algériens et que vont-ils faire de lui ?

On aime répéter que les islamistes algériens sont «disqualifiés» par la «rue» algérienne. On aime le croire. On aime l’espérer. Et c’est peut-être possible de voir cette «famille» qui a du sang sur les mains, elle aussi, accepter la pluralité, accepter de ne plus «être Allah à la place d’Allah», de ne pas détenir la Vérité et d’accepter le jeu de la démocratie et des différences.

Voir les islamistes comprendre qu’une guerre civile ne profite à personne et qu’un seul pays peut suffire à abriter nos différences et nos croyances. Ce n’est pas évident, ni acquis. Cette conférence qu’il faut consolider, encourager, y participer et aider, est un acte de courage et de responsabilité.

Mais elle ne doit pas servir de scène et de mise en scène à ceux qui déjà se placent en détenteurs de la vérité et propriétaires de l’orthodoxie religieuse du pays. L’Algérie et l’islam algérien ne peut être sauvés que par une laïcité qui protègera le pays des prétendants au califat et l’islam face courtiers. Les islamistes, comme les autres, ont tiré leçon, pas la bonne, des soulèvements dans les autres pays dits «arabes».

Aujourd’hui ils ne s’affichent pas à la première ligne comme en 90, sont mieux habillés, ont un discours d’étape mieux adapté aux stratégies de conquêtes.

Certains d’entre eux ont opté pour la ruse : attaquer toute possibilité de leadership alternatif au leur, investir les réseaux, travailler sous la ligne d’horizon de surveillance du nouveau régime. Ils attendent. Il faut s’en méfier et arrêter avec le déni que nous fabriquent les procès en islamophobie. On parle là d’un courant politique, pas d’une religion.

Ce qu’il y avait de gênant dans ce rite à l’ouverture de cette conférence, est ce «signe» qui résume beaucoup de choses : il confesse une impasse à venir. Tant que certains croient que leur «islamité» passe avant notre république et notre pays et qu’ils sont l’incarnation de cet arbitrage de droit presque divin, nous sommes face à un danger immense.

Ce néo-islamisme, révisé à la marge des crashs «arabes», laisse entrevoir des «ruses» de guerre, des manœuvres d’accaparement, des mouvements de «syndicats» colorés à cette idéologie et qui ne sont pas le signe d’une bonne foi. Cela nous piège, comme depuis des décennies, car si les islamistes ne comprennent pas qu’un pays n’est pas un tapis de prière, une annexe de l’Arabie ou d’Ankara, ils vont servir ce régime qui va les tuer un jour prochain. Eux aussi.

La question se pose aussi autrement : que vont-ils faire ou pensent-il faire de «nous» ? Ce «nous» qui englobe dans l’abus et l’approximation, peut-être, la famille de ceux qui rêvent d’une Algérie de pluralités, de lois respectées, de droit, de droit de confession et de croyance pour chacun.

Ces islamistes vont-ils nous «rouler» et se servir de notre élan pour nous tromper à l’heure du deal avec le Régime ? Nous tuer et nous terroriser comme autrefois et souvent ? Pourquoi les islamistes n’arrivent-ils pas descendre de leur ciel pour accepter de vivre avec tous sur une même terre ? Ont-ils jamais accepté de considérer leur croyances comme des choix intimes et pas comme des tribunaux d’inquisition ?

Faut-il leur faire confiance ? A eux pour qui la fabrication du traître sert de moteur à la fabrication de leur sainteté ? Makri est-il soluble en démocratie ou en Turquie ou en République algérienne ? En Algérie, prononcer la Fatiha se fait pour conclure un mariage. Pour cette conférence, le rite sous-entend déjà un divorce. Comment aboutir à faire passer l’idée de l’acceptation dans la tête de gens qui se prennent pour Dieu ? Très difficile. Même Dieu ne sait pas. Ces questions taraudent, poussent à désespérer ou, au contraire, à plaider pour un effort d’entente.

Conclusion ? Les islamistes n’ont pas disparu. Ils sont plus malins.

Ils ont muté. L’école, les calculs de l’ancien Régime, les réseaux mal contrôlés des mosquées, des associations, les soutiens externes, l’orthodoxie, tout cela leur donne de l’avenir et une armée démographique. Un mauvais avenir. Pour eux et pour les autres. Mais eux persistent à croire qu’ils sont la «solution» et que les autres sont le problème.

Ils adoptent cette détestable posture d’incarnation de la vérité qui transcende tout, parlent aux Algériens du haut de leur statut, violentent les faits et l’exactitude, diffament et osent même, aujourd’hui, voler l’histoire de la guerre de libération sous l’arnaque de cette «Badissia» qui nous vend Ibn Badis comme le vrai Larbi Ben M’hidi, le père islamiste d’une révolution.

Mauvais augures. Car si cette question ne se règle pas dans l’immédiat, le Régime reviendra pour jouer les arbitres de force un jour ou l’autre et personne ne va y gagner. Et cette fois, la Fatiha sera pour l’enterrement de l’Algérie. Kamel Daoud

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Qui voit son rêve dans le mien, me suive !

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Je voudrai partir loin de l’hystérie des charlatans qui appellent à la lapidation des femmes pendant que l’éminence civilisée cède encore des territoires à la barbarie de la barbe et de la burqa.

Je voudrai prendre le large et aller vers d’autres contrées, les miennes sont avariées, corrompues de chapelles outrageuses depuis que des nuits accablantes les gagnent hâtivement et s’éternisent, blousant les aurores qui se perdent saccagées d’anathèmes et d’injures. Je voudrai aller, là où le soleil du soir nappe le rideau de la mer de tons vermeils sans fermer ses confins, loin des désopilants ballets de dévotions simulées que composent des duplicités elles-mêmes dupées.

Je voudrai partir là où la lune câline les corniches faisant au bord de la mer des flots blancs comme des neiges éternelles.

Je voudrai aller là où le genre humain ne se plie pas à la morale du commerçant ni ne succombe aux rayons trompeurs de l’or ni ne fléchit devant les ardeurs des slogans et réclames. Je voudrai partir là où l’Homme n’est pas un arrière-produit gratuiciel, digitalisé pour faciliter son transfert vers la consommation dans un ordre numérisé.

Je voudrai aller là où les silhouettes ne sont pas froissées dans des dogmes définitivement établis par les géniteurs du chaos qui ont en horreur de ce qui subsiste du printemps…

Je voudrai aller là où l’exécution du supplice de feu ne se fabrique pas contre les théorèmes par l’autorité axiomatique d’une schizophrénie collective ; là où l’ordre pédant ne tague pas les lutrins afin de ravitailler la racaille de barbouzes et malandrins.

Je voudrai aller là où aimer n’est pas indice de démence ; là où l’amour se rajoute d’instinct à la fureur des étreintes. Là où les corps des amants s’entremêlent sans répit afin que s’amenuisent les chagrins. Je voudrai aller là où l’ode des lèvres humectées de baisers exige plus de marge aux effluves du vin pour mieux semer la joie.

Je voudrai partir là où les femmes refusent les cocktails d’instances et fuient la corruption des accoutrements de luxe tirés des vils animaux. Là où les muses ne tombent pas dans les strates de l’oubli à force d’attendre que se réchauffent les tendresses engourdies par la froideur des idylles asphyxiées.

Je voudrai aller aux rivages lointains où l’odeur fumante des rochers sent la pointe acre mais délicieuse des moules, là où l’enivrement rajoute de l’extase aux quolibets que j’adresse à ma misérable vie dont je me suis entiché pitoyablement sans l’implorer de me réserver la moindre indulgence.

Je voudrai aller dans les domaines où l’arbre est sacralisé et où tout par les fleurs se nomme et je saurai que je suis arrivé à bon port. Sinon, laissez-moi avec mes mots à la métrique, ils me procurent l’ivresse de l’essor et me gardent de sommeiller comme un oiseau aux ailes crédules dans un coin obscur du passé.

Djaffar Ben

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