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Qui cherche l’impasse politique ?

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Les craintes objectives d’une baisse éventuelle de la mobilisation durant le ramadan ont été balayées par les démonstrations de force du vendredi 17 mai. Les manifestations des étudiants, plus tôt en début de semaine, étaient déjà annonciatrices d’une mobilisation d’ampleur le vendredi.

Encore une fois, la rue a grondé massivement pour réitérer sa revendication centrale qui consiste en le départ du système en place.  Les ruses, les intimidations de la part des forces de police, notamment autour de la Grand-Poste, et le blocage de nombreux accès menant à la capitale n’ont fait qu’augmenter la détermination des manifestants.

La mobilisation demeure intacte, car le peuple a compris que si ces marches devenaient moins imposantes, le pouvoir les réprimerait. La tentative avortée visant à interdire l’accès des manifestants aux marches de la Grand-Poste fait partie de cette stratégie.

Le mouvement populaire voit juste lorsqu’il insiste sur son unité, car conscient que sa division encouragerait le pouvoir à mener un coup de force qui conduirait à sa mort prématurée.

Ainsi, toutes les tentatives du pouvoir en place : la désinformation, les manipulations orchestrées par les médias publics et privés inféodés au système pour fissurer les rangs du mouvement et les stratagèmes peaufinés dans les officines du pouvoir se sont heurtés à la résolution et à la conscience du mouvement.

Lors de ce 13e acte, la rue a réaffirmé son rejet des élections prévues pour le mois de juillet auxquelles tient mordicus le régime. Un régime qu’effraie toute initiative qui échapperait à son contrôle. La raison de cette peur réside dans le peu de considération et le mépris que ces « dirigeants » ont pour ce peuple, sinon comment iraient-ils jusqu’à lui imposer cette ultime humiliation en présentant pour un cinquième mandat le candidat que nous connaissons. Inutile de rappeler la logorrhée des partisans de cette forfaiture. D’ailleurs, cet énième affront a constitué  l’étincelle qui a poussé des millions d’Algériens à s’emparer de la rue et leur a permis de reprendre confiance en eux-mêmes.

Pour les Algériens et les Algériennes, les élections décidées dans la précipitation et organisées par des spécialistes de la fraude ne constituent ne serait-ce le début du commencement d’une solution à la crise. Ils ont compris que cette initiative ne visait qu’à tromper le peuple et  perpétuer le régime.

Gaïd Salah a perdu toute crédibilité

Gaïd Salah qui jurait par tous les saints qu’il était du côté du peuple et qu’il l’aiderait à réaliser tous ses objectifs a déçu grandement la partie de la population qui lui avait fait confiance. La mise en branle de la justice aux ordres qui a procédé à des arrestations tous azimuts dans une opacité totale, censée lui donner une crédibilité, n’a finalement convaincu que les clientèles du système en place.

Depuis deux semaines au moins, Gaïd Salah est devenu la cible de la rue et cristallise son mécontentement.  On a subtilement mis le doigt sur sa longue collusion avec la « Issaba » de Bouteflika, ce qui décrédibilise toute initiative provenant de lui. Sa stratégie consistant à confondre sa personne avec l’institution militaire a été minutieusement démontée. Le respect que le peuple a toujours montré à l’égard de l’institution militaire n’a d’égal que son aversion pour tous ses chefs qui s’en sont servis pour s’enrichir et maintenir le peuple dans la peur et le désespoir.

Le peuple tient à une transition sous son contrôle

Une transition gérée par le peuple, à travers des représentants qu’il aura lui-même désignés, est la proposition consensuelle qui émane des rangs de la mobilisation en ce 13e acte. La difficulté à se donner une représentation est bien réelle et elle s’explique par la crainte du peuple d’être mis à l’écart des décisions le concernant. Il veut garder l’initiative. Les tentatives qui apparaissent ici et là afin de lui imposer des représentants sont vouées à l’échec.

La rue veut d’abord la concrétisation de certaines de ses revendications. En effet, comment peut-il s’engager dans un quelconque processus politique alors que les figures du système Bouteflika sont toujours aux commandes, à commencer par Gaïd Salah ? Comment peut-il être le cas, lorsqu’on voit le contrôle exercé sur les médias publics et même privés et les tentatives d’empêcher les citoyens de manifester librement ?

En parallèle à cette mobilisation toujours intacte, le peuple continue à débattre et à discuter autour des perspectives du mouvement. Cela est nécessaire et vital pour sa survie. C’est par ce biais que la conscience populaire fera un saut qualitatif.

Le régime aux abois fait semblant de maitriser la situation

Alors qu’on s’attendait à un fléchissement dans les positions du pouvoir profond après cette 13e démonstration de force, le chef de l’état-major de l’armée plongé dans un mutisme total depuis plus de deux semaines a repris la parole pour aller dans des élucubrations qui donnent l’impression qu’il vit sur une autre planète. On a l’impression que lui et ceux qui l’actionnent prennent l’Algérie pour leur propriété privée et le peuple comme des sujets sans conscience contraints d’obéir à leurs ordres.

Sa nouvelle intervention qui parait à première vue offensive et menaçante, cache mal le désarroi dans lequel le régime est plongé. La rue a contré tous ses desseins, et toutes les ruses utilisées jusque-là n’ont pas eu l’effet escompté.

Tenir à des élections dont personne n’en veut et qui plus est se dérouleraient dans un peu plus d’un mois est la preuve que le pouvoir profond est aux abois. Pour cacher son incapacité à répondre aux exigences de la rue et devant la faillite de sa stratégie, il veut donner l’impression contraire.

Lorsqu’il qualifie la revendication « Yetnehaw ga3 » (ils doivent tous partir) de dangereuse, il ne dit pas pour qui le serait-elle. Elle l’est certainement pour ceux qui ont pillé le pays et humilié le peuple. Ce dernier  ne veut nullement vider les institutions de l’Etat de leurs cadres, mais  souhaite se les réapproprier, les transformer et en créer d’autres au besoin. Lorsque Gaïd Salah couvre le mouvement de tous les anathèmes, il se trompe.

Le peuple a été pacifique depuis le début de la protestation et compte le rester, car il sait que c’est la seule voie pour concrétiser ses revendications et faire face à ceux, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, qui seraient tentés de l’infiltrer. Évoquer le vide constitutionnel est complètement stupide lorsqu’on sait que le peu de respect manifesté par la caste au pouvoir à l’égard de la Constitution. Lorsqu’il s’offusque de l’absence de personnalités nationales, de représentants du mouvement, ne doit-il pas s’interroger sur les initiatives qu’il aurait dû prendre pour aider à leur émergence.

L’impasse politique qu’il évoque en l’imputant aux autres pousserait à rire n’était la gravité de la situation. Le discours du chef de l’état-major de l’armée est truffé de contre-vérités, d’insinuations et de menaces, mais il cache mal l’état de délabrement dans lequel se trouve le pouvoir.

La rue est sur la bonne voie et elle est bien consciente de cela. Elle cherche les moyens pacifiques à même de concrétiser le changement profond auquel elle aspire. Le débat politique naissant doit être encouragé, élargi et approfondi afin qu’émergent des représentants du mouvement crédibles et des solutions qui permettront de sortir de l’impasse.

M. A.

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Manifestants à Constantine : « Les Kabyles sont nos frères »

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Comme en novembre 1954, le peuple algérien est unis comme un seul homme pour libérer l’Algérie. La tentative de Gaïd Salah de diviser les Algériens et de créer la zizanie entres les régions a eu l’effet contraire.

A Constantine, et depuis trois jours, des manifestants sont sortis dans la rue pour crier haut et fort des slogans appelant à l’unité nationale.

Les mots d’ordre sont clairs et ne souffrent aucune nuance sur le niveau d’éveil des Constantinois. « Les Kabyles ne sont pas nos ennemis mais nos frères »,… « le vrai ennemi c’est le régime », sont autant de slogans en langue arabe dialectale qui sont scandés à tue-tête, pas seulement dans la ville des ponts suspendus.

Ailleurs aussi, à travers les autres coins du pays, les manifestants ont exprimé leur soutien aux Kabyles victimes de la répression par le biais de l’interdiction hallucinante du port de drapeaux amazighs décidée par le vice-ministre de la Défense.. (voir la vidéo)

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Tizi Ouzou : les universitaires dénoncent une « justice aux ordres »

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Le collectif des enseignants de la Faculté des sciences économiques, des sciences de gestion et des sciences commerciales (FSESGSC) de Tizi Ouzou a rendu public hier 24 juin un communiqué dans lequel il dénonce l’incarcération injuste des jeunes manifestants. Nous publions ci-dessous le communiqué :

La justice aux ordres, pour satisfaire les lubies autocratiques du chef d’état-major, a procédé injustement dimanche 23 juin 2019 à la mise sous mandat de dépôt d’une vingtaine de jeunes après être malmenés, violentés et arrêtés lors du 18e vendredi du mouvement révolutionnaire du peuple algérien.

Ayant brandi le fanion berbère, ces jeunes actuellement incarcérés à El Harrach illégalement, n’ont porté atteinte ni à l’unité nationale, ni à l’emblème officiel, au contraire les deux drapeaux s’étant côtoyés depuis le 22 février ont rendu possible aussi bien la fraternité entre les Algériennes et les Algériens que la solidarité et la reconnaissance de leur identité berbère millénaire.

Accuser ces jeunes de vouloir attenter à l’unité nationale est un énorme mensonge, indigne même d’une justice « dépendante ». Leur emprisonnement est une manœuvre perfide des tenants du pouvoir actuel, en vue de semer la confusion et d’attiser la haine au sein du mouvement, de détruire l’unité et la solidarité entre les Algériens, somme toute de contrer la révolution en cours.

Nous collectif d’enseignants, tout en dénonçant et condamnant ces manœuvres criminelles et antipatriotiques, nous engageons à poursuivre d’une façon persévérante la dynamique révolutionnaire jusqu’à la concrétisation de ses objectifs : Etat civil, Etat de droit, justice indépendante, république démocratique et sociale…

Convaincus du caractère inique et arbitraire de ces arrestations, nous exigeons la libération immédiate et inconditionnelle de ces détenus politiques et l’arrêt de l’instrumentalisation des forces de l’ordre et de l’appareil judiciaire à l’encontre du peuple algérien.

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Béjaïa : grève générale et sit-in des avocats le 26 juin

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Le Barreau de Béjaïa a appelé hier lundi 24 juin à une grève générale suivie d’un sit-in demain mercredi 26 juin au niveau de la cour de Béjaïa, pour dénoncer les arrestations de citoyens pour port du drapeau amazigh et décide de déposer plainte contre la député Naïma Salhi, lit-on dans un communiqué de l’Ordre régional des avocats de Béjaïa (ORAB), parvenu hier à notre rédaction.

Le Barreau de Béjaïa « dénonce et condamne les arrestations de citoyens ayant participé à la marche du vendredi 21 juin 2019 sous des chefs d’inculpation lourds aux motifs de porter des fanions et étendards symbolisant la culture, l’identité et l’appartenance à Tamazgha, la Berbérie (Afrique du Nord) » et estime qu’il s’agit là « d’atteints aux droits et libertés collectifs et individuels », lit-on encore dans le communiqué de l’ORAB.

Le Barreau de Béjaïa décide également de « déposer plainte avec constitution de partie civile » contre la député Naïma Salhi « pour racisme, apologie de haine et atteinte à l’unité nationale » et s’indigne que cette député derrière « la campagne insidieuse et fractionnaire » et qui « appelle au lynchage, à la haine et à la division du peuple algérien » n’a jamais été inquiétée.

Enfin, le Barreau de Béjaïa réclame « l’indépendance totale du pouvoir judiciaire », « dénonce toute instrumentalisation de la justice » et demande la « libération immédiate » des citoyens injustement incarcérés, lit-on encore dans le communiqué de l’ORAB signé du Bâtonnier Maître Salem Khatri.

A. G.

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