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Politique

Face à la répression et à la fausse élection du 4 juillet

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Depuis quelques semaines, la mobilisation est entrée dans une nouvelle phase, où le pouvoir augmente considérablement la répression, mais où en même temps le mouvement se politise en faisant face à cette répression et à l’enjeu de refuser la présidentielle du 4 juillet.

La répression a été importante à Alger vendredi. Dès le matin, on a pu voir que, comme chaque vendredi depuis le départ de Bouteflika, les routes étaient fermées par les militaires. Ainsi, les gens qui venaient d’autres horizons  n’avaient plus accès à la capitale. Même les personnes venant des quartiers éloignés du centre d’Alger ne pouvaient pas venir.

À 14h, on a remarqué qu’il y avait beaucoup moins de monde que pendant la période précédente, avant le début du mois de ramadan. Les routes étaient moins peuplées, les voitures passaient normalement.

La répression a débuté aux environs de 10h. La police a chassé les manifestants qui étaient à la Grande poste.La police a utilisé des sprays lacrymogènes assez puissants. Les manifestants, qui jeûnent pour la plupart d’entre eux, sont tombés comme des mouches. Une jeune a même été asphyxié et a commencé à vomir un liquide blanchâtre. La Grande poste a été quadrillée par la police mais, aux environs de 15h, avec les cortèges venant de Beb-El-Oued et de Didouche, les manifestants se sont renforcés, et criaient « la Grande poste, la Grande poste ». Les policiers ont longuement essayé d’arrêter la marée humaine ont fini par s’enfuir en cortège.

À Bordj Bou Arreridj, qui est devenu le symbole de résistance à cause de la grande mobilisation qui s’y tient depuis des semaines, apparemment des policiers ont tenté sans succès de stopper la marée humaine.

Le peuple résiste à la répression

Le résultat de la répression a donc produit l’inverse de l’effet recherché : les manifestants ont repris la Grande poste. Depuis le début, les manifestants ont continué à chanter leurs chants face à la police : on est en mai, et les algériens refusent la mascarade qu’est l’élection présidentielle prévue le 4 juillet par le pouvoir.

Les tenants du système ont compris que la détermination populaire est très forte et que toutes les manœuvres et les réformes au sein du système ne feront qu’augmenter la détermination des manifestants. Ils essaient donc d’étouffer la mobilisation via le ramadan et la répression, profitant du fait qu’il y a moins de monde dans la rue.

Les attestations arbitraires faites par Gaïd Salah ne sont autre qu’une ruse de déstabilisation et de démobilisation. C’est un règlement de compte à l’encontre des soi-disant symboles de vols et de corruption. L’incarcération de Louisa est, elle, une grave atteinte aux libertés démocratique que le peuple réclame depuis le 22 février.

La répression a fait reculer beaucoup de gens qui sortaient en famille durant les premières manifestations (surtout le 8 mars) et beaucoup de femmes aussi. Les femmes particulièrement constituent un poids important dans le mouvement face à ce système qui les opprime doublement, en tant qu’Algériennes du peuple et en tant que femmes. Leur implication dans le mouvement populaire leur a permis de s’exprimer et d’ouvrir beaucoup de débats restés clos pendant plusieurs décennies à propos de leurs droits.

Le mouvement se politise : contre l’élection du 4 juillet

Malgré ces difficultés, la mobilisation reste forte. Il y a une grande avancée dans les mots d’ordre. Ils sont plus politiques, plus pesants. « Pas de vote avec la bande [au pouvoir] » fût le slogan le plus repris durant la manifestation. « Wlach le vote wlach »(pas de vote), le slogan repris de 2001 a été très important également. Juste après, il y a eu aussi « pas de régionalisme,on est tous frères » pour dire qu’on a compris les manœuvres séparatistes du système qui veut créer des conflits sur la base identitaire, religieuse, et de genre pour affaiblir le mouvement.

On a repris la chanson de « el menfi », avec des paroles qui s’accordaient avec la politique libérale de Bouteflika et du système actuel, ces politiques qui ont fait écrouler l’économie du pays et n’ont servi que leurs intérêts jusqu’à présent. Le peuple s’en sert pour faire des slogans anti-libéraux :« Il a bâti une mosquée et il se soigne à Genève » ou encore « Nos richesses sont volées, et ils demandent encore à nous gouverner ».

D’ailleurs, ce dimanche 19 mai, à l’occasion de la commémoration du 19 mai 1956, jour où les étudiants ont rejoint les rangs de la guerre de libération nationale, de grandes manifestations étudiantes ont eu lieu. La police avait préparé la marche de son côté et a barricadé tout Alger centre. Tous les accès aux symboles du pouvoir étaient bloqués. La manifestation a commencé par la fac centrale, puis l’APN, un retour à la fac centrale, boulevard  Hassiba et retour sur l’APN. En chemin, plusieurs barrages policiers ont été cassés, malgré les coups de matraques. La police a été débordée, les manifestants courraient, contournaient les barrages, en forçant. Les slogans les plus repris étaient « pas de vote avec la bande », « Algérie libre et démocratique », « quelle honte, un policier qui opprime le peuple ».

L’alternative : la présidentielle ou la Constituante ?

Depuis le début du mouvement, nous défendons le mot d’ordre de la Constituante au service des classes populaires, des travailleurs, des femmes. Aujourd’hui, d’une certaine façon, ce mot d’ordre émerge via celui du « pouvoir au peuple » et on sait tous que la seule transition démocratique qui pourra donner tout le pouvoir de décision au peuple est bel et bien la Constituante.

En termes de contenu politique, il y a eu une grande avancée. Au début des manifestations, le plus urgent pour le peuple était de faire dégager le système et tous les pions qui y étaient encore implantés, les manifestants criaient donc au départ de la bande sans vraiment proposer une véritable alternative. Maintenant c’est différent car grâce à l’auto-organisation des secteurs, que ce soit à la fac, dans les lieux de travail, etc. Les gens sont de plus en plus politisés.

Mais malgré ça, le peuple a peur du vide constitutionnel, et beaucoup de gens pensent que rester sans président encore plus longtemps nous mènerait à la dérive. Il nous faut donc convaincre que déjà, pour avoir un changement radical dans le système, il faudrait éliminer tous les symboles de l’ancien pouvoir et élire ses propres représentants dans tous les secteurs, qui seraient les portes paroles des aspirations des masses, et surtout qu’ils soient révocables par la volonté populaire. Chez les travailleurs, le mot d’ordre de grève générale passe mieux, car la compréhension se développe que c’est la grève qui aurait le poids économique pour faire chavirer le pouvoir. La preuve, la démission de Bouteflika est venue le lendemain de la grève générale.

L. A.

Cet article a été repris de www.pst-algerie.org, site d’information du Parti socialiste des travailleurs (PST).

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Drapeau amazigh : malaise dans le corps de la police

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La décision dangereuse et irresponsable prise par le chef d’état-major de l’armée Ahmed Gaïd Salah d’arrêter tous les Algériens qui brandiraient le drapeau amazigh commence à provoquer un malaise grave dans le corps de la police.

Le symbole de l’amazighité qui n’a plus posé problème depuis l’ouverture d’Octobre 1988 est devenu une fierté nationale que l’on met sur les drapeaux, les vêtements, les bijoux et les divers motifs de décoration ! Beaucoup de policiers n’ont aucun complexe avec ce symbole qu’ils portent fièrement et qui a plus une dimension culturelle et identitaire.

Utiliser le corps de la police pour réprimer, arrêter, emprisonner des jeunes qui porteraient le drapeau amazigh commence à mettre dans l’embarras beaucoup de policiers, commissaires et divisionnaires qui estiment qu’il s’agit là d’une dérive grave qui risque de déstabiliser leur institution d’autant qu’il n’y a dans cette affaire aucune atteinte réelle à l’unité nationale !

A. G.

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Politique

La feuille de route du CNES pour la sortie de crise

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 Le Conseil national des enseignants du supérieur (CNES) a annoncé, samedi à Alger, une initiative nationale indépendante de sortie de la crise politique, appelée « La feuille de route de l’université algérienne pour un dialogue national », visant à trouver « une issue dans le cadre de la Constitution et l’organisation d’une élection présidentielle ».

Lors d’une conférence de presse, organisée au siège du quotidien « El Wassat », le coordonnateur national du CNES, Abdelhafid Milat, a révélé les principaux axes de la feuille de route dont l’élaboration a été confiée « à une commission composée d’experts en droit constitutionnel » en vue de la dévoiler prochainement », affirmant que parmi les principaux objectifs de cette initiative figurent « la recherche de solutions à la crise politique dans le cadre de la loi et de la constitution et l’organisation d’une élection présidentielle transparente et honnête dans les plus brefs délais et les meilleures conditions, outre le rejet de toute proposition appelant à sortir de ce cadre ».

La feuille de route a appelé pour « un dialogue civil n’excluant personne » et dans lequel l’institution militaire ne fera pas partie », outre la formation « d’une instance nationale chargée de l’organisation de ce dialogue, qui sera composée de 6 membres, dont 3 membres désignés représentant les trois autorités, à savoir: la Présidence, le Gouvernement, les deux chambres du Parlement, la Cour suprême et le Conseil d’Etat, et 3 autres membres élus, choisis parmi les partis politiques, la société civile, les personnalités et les élites nationales ».

Après son installation, l’élaboration de son règlement intérieur et la désignation de son porte-parole, l’instance chargée de l’organisation du dialogue devra adresser « une invitation officielle à un dialogue national inclusif, sans exclusion aucune, dont l’unique objectif serait l’examen des mécanismes d’organisation d’une élection présidentielle dans les plus brefs délais », a-t-il souligné, ajoutant que « le président élu sera chargé d’opérer les profondes réformes politiques revendiquées par le hirak populaire ».

M. Milat a fait savoir que la feuille de route « propose l’amendement de la loi organique portant régime électoral, afin d’attribuer toutes les prérogatives de l’organisation d’une élection présidentielle à l’instance nationale en charge », soulignant que ces procédures ne devront pas dépasser « un délai de 3 mois au maximum ».

Répondant aux questions des journalistes, le coordonnateur national du CNES a affirmé que « le refus » par son syndicat d’adopter les initiatives proposées sur la scène politique était dû au fait que « ces initiatives sont juste des paroles dépourvues de mécanismes d’application, appartenant à certaines obédiences politiques et idéologiques », critiquant certaines initiatives appelant « à une période de transition, à une assemblée constituante et à une personnalité consensuelle, car susceptibles d’entrainer le pays dans des approches politiques ne pouvant pas faire l’objet de consensus et le faire tomber dans une impasse sans issue ».

Concernant le volet syndical, M. Milat a annoncé « la fin du conflit interne qui rongeait le syndicat durant plusieurs années », affirmant que « la justice algérienne s’est prononcé sur la légitimité de la représentation du syndicat, en refusant la tenue du congrès parallèle et la reconnaissance de la direction actuelle en tant qu’unique direction légitime », a-t-il dit. APS

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Actu

Le JT de l’ENTV ment comme dans les années 80 !

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C’est complètement anachronique, honteux, insultant envers l’opinion publique de 2019 et surtout dangereux ! La couverture médiatique assurée par le Journal télévisé de l’ENTV est digne de la télé des années 1980 ! Mensonge et propagande mensongère dignes des années de plombs ! Voir vidéo ci-dessous.

Selon le reportage réalisé par l’ENTV, les manifestants seraient sortis ce vendredi 21 juin à Alger, du côté de la Grand-Poste (seulement ?), arborant « l’emblème national et des pancartes demandant d’aller au plus vite vers des élections présidentielles » et « appelant à l’unité nationale » !

A en croire le compte-rendu de l’ENTV, les manifestants auraient appelé à « s’éloigner du régionalisme », à de ne pas répondre aux appels des « séparatistes » et à « s’unir autour de son armée » !

Comment peut-on tenir un discours pareil en 2019 et au bout de 19 semaines de mouvement populaire, de mobilisation, de révolte ? La couverture médiatique de l’ENTV est la meilleure preuve que le chef d’état-major est parti très loin dans sa logique de manipulation et dans sa tentative de dresser une partie de la population contre l’autre.

Ce Journal télévisé, les diverses vidéos de la répression, l’arrachage des drapeaux amazighs et des pancartes, les arrestations arbitraires sont autant de documents qui serviront, demain, à juger Ahmed Gaïd Salah et le haut commandement de l’armée pour délit de « fitna » (discorde).

A. G.

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