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Culture

« Papicha », un film algérien à Cannes

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Papicha, présenté dans la section Un Certain Regard, c’est avant tout le regard d’une actrice, Lyna Khoudri.

Un regard insoumis, libre, résistant, courageux, alors que l’Algérie des années 90 cède chaque jour un peu plus devant l’intégrisme religieux.

Stylise en devenir, à la tête d’un gang de ‘papichas’ (surnom donné aux jeunes filles d’Alger) extrêmement attachantes, son personnage de Nedjma refuse de renoncer à ses rêves malgré les menaces et les violences. L’Algérie change, certain(e)s renoncent, mais pas Nedjma, habitée par son projet d’organiser un défilé de robes cousues dans des haïks, vêtement traditionnel maghrébin.

Le propos est fort, l’interprétation puissante, la réalisation de Mounia Meddour juste. Notamment lors d’une scène muette littéralement glaçante. La réalisatrice, qui signe ici son premier long métrage, s’est inspirée de son propre vécu en cité universitaire à Alger durant la décennie 90. C’est donc un peu de son histoire qu’elle raconte, à travers celle de Papicha.

L’histoire de jeunes femmes qui malgré les désillusions et les obstacles, malgré la mort, ne renoncent pas. Le film, dont la projection officielle s’est achevée sur dix minutes d’applaudissements pour l’équipe, s’est imposé comme la claque du jour sur la Croisette. Et clairement l’un des incontournables de la quinzaine. AlloCiné

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Culture

Josef Koudelka : « Le photographe, c’est quelqu’un qui a quelque chose à dire »

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Aventurier, voyageur, nomade, Josef Kouedlka est un photographe tchèque. Membre de l’agence Magnum depuis 1974 et ancien ami d’Henri Cartier-Bresson, Koudelka s’est rendu célèbre pour avoir photographié l’invasion des troupes russes à Prague en 1968.

Rarement joignable, Josef Koudelka est une personnalité très difficile à interviewer. Il dit oui à Laure Adler. « Non ce n’est pas du tout un examen, je voulais voir qui vous êtes, et comprendre ce que vous pensez faire. Parce que moi (…) j’ai besoin de voir et d’écouter.(…) Je viens d’un pays où les gens ne pouvaient pas dire les choses. »

« Pour moi le photographe c’est quelqu’un qui a vraiment quelque chose à dire »

Pour lui, être photographe n’est pas offert à n’importe qui, « Maintenant, j’entends dire que tout le monde est photographe. Moi je pense que tout le monde sait appuyer sur un bouton. (…) Mais pour moi le photographe c’est quelqu’un qui a vraiment quelque chose à dire, et il le dit à travers des photos. A travers ce qu’il fait. »

Ses débuts en photographie, il les fait comme photographe de théâtre, pour des revues. « Il y avait un garçon à l’université qui m’a dit : « écoute il y a une revue de théâtre qui cherche un photographe ». Là, y travaillait quelqu’un de sa famille, j’y suis allé, et comme j’avais déjà fait une première exposition, il me considérait déjà comme un photographe, et tout de suite il m’a envoyé photographier une pièce de Bertolt Brecht. ». Plus tard, après Brecht, Koudelka se fera connaître en dévoilant, au reste monde, la répression, par l’armée soviétique, du Printemps de Prague  en 1968. Oeuvre qui l’obligera à quitter son pays.

« Je fonctionne plutôt avec l’émotion et l’intuition qu’avec ma tête »

Après cette première aventure, Koudelka parcourra le monde. Nomade, il capture l’instant et parvient à toucher son spectateur en saisissant des regards, comme celui d’une jeune tzigane à l’arrière d’une carriole qui lève le camp. « Vous avez différents types de photographes. Dit-il, vous avez les gens qui savent ce qu’ils vont photographier. Moi je suis de ce genre qui, quelque fois sort, et ne sait pas, qui préfère être surpris et qui réagit. Je fonctionne plutôt avec l’émotion et l’intuition qu’avec ma tête… »

Hors-Champs par Laure Adler

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Actu

Le chanteur Amirouche revient sur son rapt (vidéo)

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Le chanteur engagé kabyle Amirouche, victime d’un rapt dans le nuit du 15 au 16 juin dernier, revient dans ce témoignage à Berbère Télévision sur les circonstances de cet enlèvement. Voir vidéo ci-dessous.

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Culture

Révolution du sourire: paroles d’artistes algériens

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Mustapha Sedjal est Plasticien et Vidéaste algérien vivant et travaillant en France. Depuis le 24 février, tous les dimanches, il est sur la Place de la République participant avec ses compatriotes au mouvement de contestation populaire qui a cours en Algérie depuis plus de 4 mois. Mustapha nous éclaire sur la nature de sa participation et sur le rôle de l’art dans ce soulèvement populaire.

Hirak à Place de la République © Mustapha Sedjal

Hirak à Place de la République © Mustapha Sedjal

Comment percevez-vous le Hirak 4 mois après son déclenchement ?

Le Hirak  pour les uns, Révolution Silmiya (pacifique) pour d’autres, peu importe ! Il fallait s’attendre à cet élan national pour le changement du « système » politique. Notre jeunesse ne pouvait plus continuer à vivre ou à survivre sans perspectives ou horizons au-delà de la harga – exil clandestin – ou de la mort à petit feu dans le silence.  

Il fallait démolir les murs de « l’enfermement » et reconquérir notre indépendance pour crier haut et fort noter souffrance face à l’injustice et à la hogra – le mépris. Chaque marche le vendredi est un pas en avant vers une Algérie nouvelle qui aspire à vivre autre chose. Le champ du possible est vaste. Nous avons de quoi construire un monde meilleur. En tant que plasticien et observateur, je redécouvre une Algérie débordante de créativité à travers notamment les slogans, les chants, les tifos, la musique, les clips… La date du 22 février restera gravée dans l’histoire de l’Algérie comme une étape nouvelle vers une seconde Libération et la renaissance d’une nation.

Comment l’annulation des élections présidentielles prévues le 4 juillet impactera-t-elle le mouvement de contestation populaire ?

Le mouvement Silmiya est dans son élan. Rien ne peut l’arrêter aujourd’hui. Nous irons jusqu’au bout du « dégagement » du système khamedj (sale). Avec sagesse, nous allons les vaincre tous ensemble. Yetnahaw Ga3 ! (qu’ils dégagent tous !)

 Tous les dimanches, vous investissez la Place de la République avec vos matériaux. Quel rôle l’art peut-il jouer dans ce soulèvement populaire ?

  Depuis le 24 février, je manifeste à ma manière en tant que plasticien sur la Place de la République. Le premier dimanche soit le 24 février, nous étions deux artistes,  Moho Sahraoui et moi-même, chacun de son côté. C’est en rentrant le soir chez moi que j’ai découvert l’intervention publique de Moho sur la Place grâce aux photos du Facebook.

Tous les dimanches, mon intervention se déploie sous deux formes. La première concerne la mise en place d’une intervention plastique en faisant participer les manifestant.e.s. Ces séquences sont prises en photos et filmées pour deux raisons. D’une part, car elles constituent la matière première de mon projet plastique.  Et d’autre part, parce qu’elles sont des traces de l’histoire du mouvement Silmiya.

La deuxième intervention se déroule dans l’Atelier Silmiya organisé par le Collectif Arts visuels auquel participent plusieurs artistes dont Moho S., Anouar B., Hacène B., Mersali O. Amina B., Ali B. et d’autres artistes. Ces ateliers se déroulent sous l’oeil intéressé des manifestant.e.s.

Pour revenir à la question du rôle de l’art dans le soulèvement populaire algérien, je dirai que cet élan est en-lui-même un « geste plastique et esthétique »Nous avons vu dès le début des manifestations des panneaux et des pancartes mettre en exergue des slogans, des dessins, des photos, des montages, des tifos qui donnent une dynamique aux marches chaque vendredi en Algérie, et chaque dimanche à Paris. Le tout se vit sur un mode humoristique.

De votre point de vue, l’art a-t-il vocation à être au service des causes politiques et autres ?

Je dirai oui ! Chaque cause est noble, face à un paysage, à une nature morte ou à un drame humain. De Francisco de Goya (« Fusillades du 3 mai », 1808) à Pablo Picasso (« Guernica », 1937), en passant par M’hamed Issiakhem, Mohamed Khadda ou Choukri Mesli, chacun de ces artistes a su traduire, à un moment de sa trajectoire artistique ; le drame humain sur un plan plastique et esthétique.

Dans ma démarche plastique, je questionne la mémoire et l’histoire de l’Algérie pré et post coloniale et les drames et les séquelles qui nous habitent. Sur la Place de la République, j’ai abordé dans mes interventions personnelles le drame des « harragas » (les migrants clandestins), victimes du système actuel. Concernant les peintures que nous réalisons dans le cadre du Collectif Arts visuels, en écho à l’écho de la situation en Algérie, notre démarche consiste à témoigner et à laisser des traces. Cette production plastique sera exploitée un jour.

MEDIAPART , PAR NADIA AGSOUS

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