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« La cause arabe »

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La raison fondatrice de la création de la Ligue dite arabe, aujourd’hui pratiquement réduite dans son expression au Conseil de coopération du Golfe (CCG), fut la spoliation de la Palestine par les sionistes.

La question palestinienne a alors constitué la « cause arabe », durant des décennies. Trois guerres ont eu lieu, en 1948, 1967 et 1973. Ce furent les Etats nationalistes et anti-impérialistes qui les supportèrent.

Les Palestiniens, quant à eux, ont très vite compris que seule leur propre lutte pouvait libérer leur terre. Pour ce faire, ils créèrent des mouvements de résistance qui donnèrent des coups sévères à l’occupant, sous le confortable label occidental de terrorisme.

C’était du temps où la revendication de « deux Etats » ne venait même pas à l’idée. Le fait d’accepter le fait accompli, de se résigner à l’occupation, ne trouvait aucun point d’ancrage. La réalité considérée était l’acte de colonisation.

C’était du temps où, à l’ONU, l’assemblée générale pouvait voter, en novembre 1975, une Résolution qui stipulait que « le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale ». Son numéro : 3379.

C’était le temps où les Al-Saoud et leurs compères pétromonarques, ainsi que les rois marocain et jordanien, fricotaient en sourdine avec les sionistes et n’osaient pas élever la voix. 
Mais les temps ont changé.

Le 16 décembre 1991, une Résolution de l’AG onusienne, sous le numéro 46/86, révoqua la Résolution 3379.

L’Algérie était en butte à une insurrection islamiste, l’Egypte avait versé dans la « pax americana » en s’alliant aux sionistes, l’Irak connaissait le début de sa destruction par l’armée étatsunienne, à partir de l’Arabie des Saoud et aidée d’autres pays arabes (Egypte, Syrie, Maroc).

Tandis que la Ligue dite arabe subissait déjà la main mise saoudienne et la Palestine, qui commençait à figurer en bas de liste des préoccupations, est quasiment évacuée des débats.

Les Palestiniens, eux, avaient déjà rapatriée leur cause et s’en occupaient chez eux. Le 9 décembre 1987, ils avaient décidé d’affronter en masse les occupants, dans un magnifique et courageux soulèvement spontané. Ce fut la « première Intifadha », qui connut un retentissement international et dévoila la violence de la colonisation sioniste et mit en évidence le peuple palestinien, sans les arabes pour le « représenter ».

Yasser Arafat en profita pour proclamer, à Alger, la naissance de l’Etat palestinien, ce fut lors d’une réunion de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), en novembre 1988 et le Hamas, jusque-là toléré par les sionistes de s’ériger en mouvement de résistance (1987).

Autre résultat : les sionistes finirent par accepter, le 13 septembre 1993, la mise en place d’une « Autorité palestinienne » sur ce qui reste de la Cisjordanie et sur la bande Gaza. Les arabes n’y étaient pour rien, absents et simples observateurs.

La Ligue arabe, dans sa nouvelle mouture, se préparait en fait à entrer en scène et à connaître la notoriété mondiale qu’elle n’avait jamais espérée. Depuis quatre ans, on rapporte ses réunions dans les grands médias occidentaux.

Depuis qu’elle s’est déléguée auprès de l’ONU pour demander le vote de la résolution que l’OTAN utilisera pour détruire la Libye et depuis qu’elle a exclu la Syrie et qu’elle y soutient la « révolution ».

A. H.

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