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Chronique

Lettre ouverte au général Ahmed Gaïd Salah : Allez-vous-en, général ! Partez !

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Vous me concédez, j’entends, en raison de mes principes fondamentaux qui m’ordonnent de m’éloigner résolument de votre protocole et vos conventions secrètes, de ne pas vous appeler Mon général. Si le « Mon » est une abréviation de « Monsieur », employé dans des démocraties réellement établies comme traitement de respect par un citoyen à l’égard d’un Général, c’est par effet d’une digne réciprocité envers un militaire au haut rang égal au votre dont le devoir est de s’écarter des calculs politiques afin de faire respecter le choix du peuple. Chez nous, et vous le savez, le « Mon » joint au grade est l’adjectif possessif qui nous désigne sujets affligés d’une citoyenneté désincarnée.

Général,
Pendant qu’en février, sur fond de crise politique autour du cinquième mandat, débutait la contestation populaire, se dévoilait en même temps une lutte féroce entre deux clans au sein de votre armée. Bouteflika déjà mort sans avoir connu la morgue, une lutte sans merci s’engageait entre les deux clans autour du contrôle du pouvoir et par extension, de la rente des hydrocarbures, des banques et des secteurs de l’importation. Le butin, voilà l’objet frappant qui soumet jusqu’à l’excès des généraux algériens au fascisant désir de concentrer en leurs mains tous les attributs du pouvoir.

Si le clan du général Toufik lançait dans la course aux présidentielles un pantin, le général à la retraite Ali Guediri, le vôtre, en revanche, vous sommait à prodiguer des menaces contre tous ceux qui refuseraient un cinquième mandat au parrain de la pègre, Bouteflika. Vous lui clamiez haut et fort votre loyauté par besoin de surpasser en servilité l’ancien chef suprême des renseignements qui l’avait ramené et propulsé au pouvoir.

Général,
Bouteflika avait déjà rallié Frankenstein et vous avez été la béquille qui l’aidait à se maintenir debout. Vous l’avez protégé, vous l’avez épaulé et vous l’avez aidé à étendre son manuel du piège, de la ruse et de la sottise. Alors qu’il perdait ses ultimes facultés à fournir le moindre écho, en parfait chevalier d’industrie, vous vous êtes ordonnancé son frère, Saïd Bouteflika, comme idole avec la fermeté stupidement dévotionnelle d’en faire le nouveau dieu

Aujourd’hui, les deux clans, le vôtre et celui du général Toufik, vous vous émancipez en deux écosystèmes distincts, antagonistes, qui cherchent à s’évincer réciproquement. Vous êtes du même moule et vous présentez la même marque de fabrique qui vous indique plus hideux que la misère, plus insatiables qu’un régiment de gloutons, plus diaboliques que mille légions de démons. Le drame, vous décidez conjointement à renvoyer au peuple la facture de vos lubies dévastatrices.

Général,
Vous êtes un inculte, ce n’est pas un secret d’État, mais vous avez de la suite dans les idées… du général Toufik. Ce dernier, tout en avançant sur l’échiquier politique son pion avait, en parallèle, déjoué les manœuvres séditieuses de Said Bouteflika, votre allié du moment, dans sa tentative de garder le pouvoir vaille que vaille en misant sur un rassemblement des partisans du système. Les sueurs sonores aux micros ou couchées sur papier et sur internet par des auto-missionnés en faveur de son régime se sont avérées pipi de chat.

L’Algérie entière était dans la rue contre le régime, bébés et enfants, jeunes et moins jeunes, vieilles et vieux, femme en jupes courtes ou en pantalons, femmes en haïk ou en Hidjab. Et c’est là, que vous avez compris qu’il vous fallait renoncer coûte que coûte à soutenir un perdant, vomis par le peuple. Et, vous êtes monté au créneau sans oser descendre dans la rue, pour réclamer le départ de votre mentor, celui qui vous a élevé au rang de chef des armées !

Depuis, vous ne cessez de discourir gagnant ainsi une forte unité de bruit médiatique. Vous vous prétendez seul à pouvoir sauver l’Algérie et la remettre sur la bonne voie. Ce qui est le propre à tous les apprentis dictateurs qui cherchent à séduire avec quelques formules généreuses de propagande alors qu’il n’y a ni logique ni cohérence entre leurs formules et leurs activités.

Dans votre arsenal d’arguments et de stratégies pour concentrer en vous les leviers de commandement, vous vous justifiez d’une parodie de justice avec l’habile et déconcertante idée de vous approprier la sympathie du peuple que vous voulez acquis à la certitude presque complète, sinon totale que grâce à vous, il a triomphé sur un régime des plus odieux, usineur en série des ruses les plus fourbes auxquelles, pourtant, vous vous étiez adjoint pour mériter vos galons.

En vérité, vous ne mettez aux arrêts que ceux qui ont piloté, politiquement ou financièrement, des actions à travers lesquelles vous avez vu à 84 ans votre fin de carrière en péril. Depuis mars, tout juste une infime partie de prétendus corrompus – aucune décision de justice ne les a encore présenté coupables – est sous les verrous, elle est la partie visible de l’iceberg, la grosse partie est de l’Est, elle est encore agissante sous l’eau, sous votre protection. Tout porte à croire que quiconque s’oppose à votre auguste personne serait une entrave au salut de l’Algérie et à la santé de son économie.
Pauvres de ceux qui croient à la seigneuriale garde du chacal devant les crèches ouvertes d’une bergerie, une fois rescapées des loups.

Général,
Vous n’êtes pas un théoricien de la littérature révolutionnaire ; vous n’êtes pas un tribun avec sur l’uniforme une barrette de décorations indiquant des actions méritoires. Sans le système qui vous caractérise d’une froide et satanique ironie, et dont vous êtes le pilier aujourd’hui, vous ne seriez qu’un gradé insignifiant, dernière un bureau. Il est normal que vous agissiez en don Quichote de diversion pour le sauver et le faire perdurer.

Général,
Quand on manie de l’encensoir à l’égard d’un système despote qui n’a de passion que pour la rapacité, l’imposture, la falsification de l’histoire, l’injustice et l’arbitraire, on construit sa mémoire dans les bas caniveaux de sa propre prospérité. Vous êtes à juste titre l’éclosion à la tricherie au déclin de la politique obscure qui a longtemps abusé le peuple. Ne niez pas l’aversion que vous voue la contestation et surtout ne tentez pas de renverser la marche populaire à votre avantage. Possible, que misez sur la casse et l’affrontement violent entre manifestants et forces de l’ordre additionnés aux intégristes et qui, par conséquent, déclencheront une répression violente qui vous donnera des raisons constitutionnelles d’instaurer l’État de siège. Dans ce cas, vous achèverez dans le sang votre détachement définitif du peuple.

Général, 
Votre présence en tant que résidu du système est d’une dangerosité avérée. Nous ne savons pas à quoi rime le cirque des possibles que vous animez dans la préparation des élections d’avance truquées et que le peuple rejette. Nous ne savons pas ce que vous fabriquez comme amulettes pour réhabiliter le système. C’est un problème que vous, clans au pouvoir, vous êtes en train de régler entre vous, sans le peuple et certainement contre le peuple. 

S’il vous reste un minimum de dignité, partez ! Le peuple veut sa liberté, sa décision est prononcée et tranchée. Il est encore temps de vous indigner de votre imposture, sinon, le regard du verdict du peuple à votre propos sera austère, tellement sévère qu’il vous fera avaler vos galons.

D. B.

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Dz Patriot
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Dz Patriot

Va te torcher le cul avec ta lettre salle traître Ouais c un Algerien qui participent au manifestation un Patriote qui te le dit tu cherche quoi?le chaos!!! le Générale Gaid Salag c un homme intègre un Moudjahidin qui a du nif rien avoir avec Toufik le traître chien de la France et grand criminel de guerre. Qui peut faire le ménage a part lui cette tâche est compliqué est longue imbécile sabs lui au commande de l armée t aurais pas pu écrire ton article de merde nous le hirak on nous auraient écrasé alors ferme ta gueule sale… Read more »

Djamel BOUNOUH
Invité
Djamel BOUNOUH

Chronique

Les promesses du « Monde-libre », un souvenir

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La Russie « décommunisée » devait dégager de larges espaces devant le capitalisme triomphant, devenue capitaliste elle-même.

L’URSS démantelée, symbolisée par Mikhaïl Gorbatchev, le dernier successeur de Joseph Staline, chargé par la bureaucratie de rendre les armes, le communisme « mort », le « Monde-libre » avait, en principe, les coudées franches. Plus de soixante-dix ans après l’irruption du spectre bolchevik il pouvait respirer. C’était ce qu’on se disait.

Les popes sortent de leurs tanières, le Tsar est réhabilité et victimisé et les révolutionnaires d’octobre 1917 lapidés. Il n’y avait plus qu’à lâcher la colombe, la paix allait régner sur le monde.

L’Europe militairement vassalisée, « Guerre froide » oblige, finit par céder sur ce qui restait de souveraineté. Au nom du néolibéralisme, la religion imposée par les Etats-Unis, les gouvernements européens se soumettent aux banquiers. Le Traité de Lisbonne sera leur Bible, quelles que soient leurs couleurs politiques et les programmes qu’ils ont soumis à leurs électeurs.

Peu importe aussi si, ce faisant, la démocratie est mise à mal et si les pays s’enfoncent dans une crise économique qui n’en finit pas de s’aggraver.

Tout autour, pourtant, la fin du communisme ne fait plus aucun doute, même la Chine se met à la « libre-entreprise » et adhère au « libre-échange ». Seule une concurrence loyale constituerait la rivalité entre nations. Plus besoin de guerre.

Naturellement, il n’en fut rien puisque, dès l’effondrement du bloc de Varsovie, l’OTAN s’est lancée dans la recomposition de la mappemonde, Washington affiché sa volonté de mettre à profit la disparition de l’ « Ours soviétique ».

La Yougoslavie en a connu, la première, la paix à la mode du Pentagone. Suivront l’Irak, la Libye et la Syrie. Même les islamistes afghans, alliés d’hier de l’Occident et vainqueurs contre le « régime communiste de Kaboul », feront les frais de la paix recherchée.

La « libre-entreprise », le « libre-échange » et tous les concepts et slogans charmeurs du même acabit jetaient un froid glacial sur la scène internationale.

Il est évident qu’en réaction, les Russes n’ont pas voulu de la liberté du « Monde-libre ». Surtout que cette liberté exige la fin de celle des autres. Celle des Russes, aussi, qui devaient se soumettre aux desiderata de Wall-Street. Mais les Russes ont des arguments qui leur permettent de ne pas s’en laisser conter et de pouvoir exiger de participer, en partenaires et non en comparses, à la redistribution des rôles, avec les étatsuniens.

Au milieu, les pays de l’Union européenne, qui croyaient construire un pôle suffisamment puissant pour se passer de la tutelle de la Maison-Blanche, sont obligés de subir la nouvelle « Guerre froide ». Tout en subissant les effets désastreux d’une décomposition sociale dont on prévoit qu’elle risque, à terme, de déstabiliser les fondements des Etats.

D’autant que c’est la seule fuite en avant qui est observée, sous la férule des stratèges de Washington, alors que leur « Europe » ne fascine plus les peuples, elle produit même un effet repoussoir. On en est là.

Ahmed Halfaoui

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Un monde à la mesure de la Barbarie

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La Barbarie a largement réussi à détruire la raison qui menaçait les fondements de son pouvoir planétaire.

Les grands idéaux de libération et d’émancipation des peuples n’ont plus cours, ils ont sombré dans le chaos consécutif au naufrage des nationalismes et de ce qui représentait le communisme.

Le système est sauf. Pour s’en rendre compte, il n’y a que de constater l’affaiblissement ou la disparition de la résistance au pillage des richesses, considéré désormais comme faisant partie de l’ordre des choses. Une résistance qui a laissé place soit au désespoir, soit à la résignation, soit à un alignement derrière des illusionnistes qui se chargent d’occuper la scène et de diriger l’humanité.

Partout, ils ont pignon sur rue. Le Dalaï-lama est promu symbole de la liberté et des droits de l’homme, les évangélistes recrutent par centaines de milliers et les djihadistes fascinent la jeunesse musulmane, y compris en Occident.

En caricature de la « modernité » ou de la « démocratie », une classe politique inféodée à des lobbies, plus ou moins puissants, s’agite, se compose et se recompose au gré des situations.

Les discours éprouvés servent de bruit. Le monde est revu et corrigé et présenté selon des schémas manipulés où la confusion évite la confrontation avec le réel. Ainsi, quelques théories ou concepts simplement élaborés sont servis en tant que restitution du concret. Cette réification, si elle n’a pas prise, accentue le désarroi et le trouble de populations confrontées à des conditions de vie qui ne peuvent relever de l’abstraction proposée.

Les Algériens en vivent l’expérience. Ils assistent, depuis un peu plus d’une vingtaine d’années, à des bouleversements de leur quotidien, sans qu’ils aient accès à une visibilité minimale de la conjoncture qu’ils vivent. Le verbe « socialiste » abandonné, le pouvoir maintes fois remanié n’offre plus que des contorsions et le miroitement d’un avenir vaporeux, que sont censés dessiner les mises en œuvre de réformes soumises, pour leur évaluation, aux partenaires qui comptent, en réponse aux critères d’insertion du pays dans l’ordre mondial.

Un ordre mondial qui serait l’orbite qui stabiliserait le cours historique de l’Algérie, selon un préjugé qui ne souffre plus beaucoup de contradicteurs, malgré l’ouverture dont jouit l’espace politique. Bien au contraire, essentiellement constituée de personnalités, victimes de la centrifugeuse du pouvoir et de ce qui reste des Frères musulmans, auxquels s’accolent des comparses médiatiques, une opposition hétéroclite empêche toute émergence d’une alternative concertée.

Une opposition qui n’a que l’avantage d’offrir le spectacle, mais qui pousse, de plus en plus, les citoyens dans le rejet de la politique. Indigente, mue par des velléités aux motivations insaisissables, intoxiquée par sa propre manipulation des faits et des choses, elle contribue efficacement à l’effacement des masses populaires du paysage ou leur refuge dans l’indifférence, par le scepticisme, voire le dégoût qu’elle suscite.

Ceci à la grande satisfaction de ceux qui, à partir de Wall-Street, tracent la destinée des multitudes.

Ahmed Halfaoui

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Un tigre qui meurt en Algérie, c’est un tigre de moins dans le monde !

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Celles et ceux qui proclament que ce « n’est pas le moment » de mettre en avant les questions féministes, écologiques, de la protection animale et des questions sociétales en plein Hirak algérien, me semblent encore inscrits dans les combats du siècle dernier, voire du XIXe siècle, du temps où la révolution numérique et la mondialisation n’existaient pas avec autant d’acuité qu’elles le sont depuis le début du XXIe siècle.

Or, en Algérie, comme partout dans le monde d’aujourd’hui, le mondialisme capitaliste nécessite, désormais, une lutte internationaliste contre des fléaux mondialisés. La condition féminine, celle de l’environnement, de la faune animale et végétale, les questions sociétales, économiques et sociales, que ce soit en Algérie, au Bangladesh, Brésil, Tunisie, France, USA, en passant par l’Arabie Saoudite et l’Iran, ne peuvent être dissociées les unes des autres dans tel ou tel autre pays sans sombrer dans un « prioritarisme » anachronique.

L’oppression des femmes, celle des minorités culturelles, l’agression contre la nature et la faune animale, le retour aux valeurs sociétales fascisantes (racisme…) ne sont plus le fait de sociétés barbares, prises individuellement, mais celui du système capitaliste mondialisé. Un dénominateur commun à tous les pays du monde.

Un système mondialisé qui, désormais, ne peut survivre et continuer à engranger et fructifier ses profits sans les soutirer de l’hyper-exploitation mondialisée des femmes travailleuses et de la négation de leurs droits, pleins et entiers, de citoyennes, sans agresser, à l’échelle mondiale, la nature (déforestation en Amazonie, dépossession des terres de tribus autochtones, convoitises de terres arables, chasse à l’outarde en Algérie, entre autres, etc.), sans promouvoir les idées populistes, conservatrices, voire fascisantes à travers la planète qui, dans le pire des cas pour le système capitaliste mondialiste, lui vaudrait une bonne et salvatrice guerre, mais tout en le préservant au final, voire en le renforçant.

Un peu comme le nazisme en a eu la mission historique le sauvant in-extremis d’une révolution communiste mondiale qui commençait à prendre en Europe, plus particulièrement, comme par hasard, dans l’Allemagne des années 1930 !

Hakim Outoudert

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