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Acte XII : le peuple montre son courroux

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Malgré les menaces récurrentes de la bande au pouvoir, dirigée par Gaïd Salah, la mobilisation demeure intacte. Le ramadhan et la canicule n’ont pas eu raison de la détermination des citoyens.

En effet, des hommes, des femmes et des enfants ont déferlé par millions dans les différentes villes du pays. Toutes les manœuvres, les intimidations et les mensonges d’un pouvoir poussé dans ses retranchements se sont avérés vains. Les Algériens maintiennent le cap et sont décidés à reprendre leur souveraineté confisquée par les sectes au pouvoir depuis l’indépendance.

L’entêtement affiché et toutes les mises en scène orchestrées ces derniers jours (mise en branle d’une justice aux ordres, arrestations spectaculaires d’anciens responsables militaires et politiques…) n’y font rien. Au contraire, cette fuite en avant irresponsable n’a fait qu’augmenter la détermination de la rue.

La mobilisation demeure intacte

Le vendredi 10 mai, le peuple a réaffirmé de façon claire et massive son rejet des élections prévues pour le mois de juillet et sa volonté d’en finir avec le régime mafieux qui tente de redorer son blason.

La justice-spectacle actionnée par Gaïd Salah ne dupe personne. Le peuple la considère, à juste titre, comme de simples règlements de compte dans ce qui est convenu d’appeler la guerre des clans. Le peuple affirme n’être ni impressionnée, ni concerné par toutes ces gesticulations.

Les derniers développements, notamment l’arrestation de la dirigeante du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, mais aussi les menaces contenues dans la revue El DjePich ont choqué l’opinion publique. Les craintes légitimes des citoyens quant à une possible dérive à l’égyptienne sont justifiées.            

 Gaïd Salah dénoncé

Les conséquences de cet entêtement face à cette mobilisation inouïe a suscité une hostilité sans précédent à l’égard du chef de l’état-major de l’armée. Les messages portés par la foule ciblent Gaïd Salah, identifié comme le nouveau visage du pouvoir et le véritable décideur. On rappelle qu’il a cautionné toutes les dérives du système Bouteflika comme il s’est distingué comme l’un des principaux défenseurs du 5e mandat. Son double discours ne fait plus recette et son obstination à tenir une présidentielle le 4 juillet prochain, malgré le rejet massif de la rue, sont considérés comme un affront.

Le pouvoir ne montre, en effet, aucune volonté de lâcher du lest. Depuis le début de ce mouvement populaire, il s’accroche à une feuille de route ridicule dans l’unique but de se maintenir et de se recycler, avec comme unique concession quelques changements cosmétiques dérisoires.

Tenter d’organiser des élections dans ce contexte défie toute logique. Comment cela peut-il être possible alors que les médias publics sont interdits à l’opposition et fermés à tout discours hostile au pouvoir ? Ces médias soumis aux puissants continuent à distiller une propagande en faveur du chef de l’état-major de l’armée et de solution dite constitutionnelle. Les conditions minimales pour l’organisation d’un scrutin sont loin d’être réunies.

L’opposition politique est laminée, les syndicats affaiblis ou carrément domestiqués et la société civile disloquée. Les fraudeurs sont toujours aux commandes et le fichier électoral est à revoir de fond en comble. En d’autres termes, ceux qui tiennent à tout prix à la présidentielle préparent la mort du mouvement populaire.

Le  refus de toute idée de période de transition n’augure rien de bon. Le pouvoir en place s’achemine vers une dérive autoritaire. Seule la mobilisation massive du peuple le dissuade d’user du coup de force.

Les limites des manifestations du vendredi

Le temps passe et la mobilisation du vendredi montre ses limites. Sans rien diminuer de son importance, elle ne peut à elle seule faire chuter ce système. L’organisation du mouvement, son unique salut, n’arrive pas à dépasser le stade embryonnaire et les débats publics organisés çà et là ne parviennent pas à faire émerger une plate-forme de revendications que le peuple portera.

Pour changer le rapport de force de façon radicale, une grève générale réfléchie et organisée s’impose. Le blocage des secteurs stratégiques de l’économie permettra aux travailleurs de discuter de leurs revendications ainsi que de leur organisation. Le mouvement populaire a un bilan de deux mois de mobilisation à faire. Il doit noter ses avancées et ses forces, mais aussi ses faiblesses. Si l’ampleur de la mobilisation est sans doute son point fort, son ventre mou est à chercher dans sa structuration.

Les propositions qui émergent ici et là, à l’instar de celle qui préconise El Ibrahimi, pour diriger une éventuelle transition, risquent, si elles venaient à se multiplier, de conduire à l’effritement de la mobilisation. C’est pour cela qu’il faut mettre l’accent sur la nécessité d’une Assemblée constituante, seule à même de provoquer un débat profond dans la société et mener à une rupture radicale avec le système.

M. A.

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