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Chronique

La confiance règne entre bandits de grands chemins !

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Le Premier ministre libyen Fayez al-Sarraj a été reçu à l’Elysée ce mercredi 08 mai.

Son principal but était de demander au président français d’avoir « une attitude claire » concernant la situation dans son pays.

Paris est resté dans un flou artistique, une ambiguïté incompréhensible devant la grave instabilité que connaît la Libye depuis l’offensive militaire du général Haftar contre le gouvernement « légitime » installé à Tripoli.

Qu’on en juge sur ses déclarations rapportées par l’AFP du jour (mercredi 08/05/2019 à 17:29) :

1.- « Emmanuel Macron a appelé mercredi à une trêve sans conditions en Libye, avec la délimitation d’une ligne de cessez-le-feu sous supervision internationale ».

Au lieu de proposer un retrait unilatéral des troupes du maréchal de pacotilles pantin des Etats-Unis et des autres pantins. Ce qui permet au maréchal de souffler en attendant de profiter d’une nouvelle occasion pour faire avancer ses pions sur le terrain.

2.- « Emmanuel Macron a assuré le chef du gouvernement libyen d’union nationale (GNA) de la coopération de la France. »

Au lieu de proposer son soutien indéfectible au régime de Tripoli, comme on sait le seul qui est « reconnu par la communauté internationale »,

3.- L’AFP titre sa dépêche : « La France appelle à un cessez-le-feu sans conditions en Libye ». Cela sonne comme un avertissement lourd de menaces. Mais seuls les imbéciles et les ignorants accordent à ce message purement rhétorique, le moindre crédit de résolution ferme et digne d’un gouvernement à la hauteur de ses responsabilités.

Sauf si c’est son « ami » Donald qui a ordonné au président français de le lancer. Les Français excellent en matière de bavardage. C’est désormais tout ce qui leur reste, dès lors que Paris n’a les moyens de sa politique ni même la moindre volonté de s’en pourvoir.

Quand donc les Français vont-ils s’en apercevoir et enfin se donner l’exécutif à même de remettre leur pays debout.

L’ordre dans lequel le Premier ministre libyen a visité l’Europe et le choix de ses interlocuteurs témoigne de son doute légitime sur la position de Paris.

Il a commencé par l’Italie puis par l’Allemagne avant d’arriver en France. Ces deux pays sont précisément ceux qui sont en froid avec la France, quelles que soient les autres rasions qui les opposent à leur partenaire de l’Union.

Le Premier ministre libyen ne se fait plus aucune illusion sur ce que veut ou peut Paris.

Il n’a pas besoin de consulter les Turcs, les Yéménites ou les gilets jaune pour savoir que depuis Mitterrand (au moins…), et ses trois principaux successeurs (Sarkozy, Hollande et Macron) il serait fou de faire confiance aux Français.

A défaut, il irait en discuter demain avec Saddam Hussein et Kadhafi…

C’est sans doute pourquoi, Tripoli avait annoncé le mois dernier la suspension de sa coopération avec Paris en matière de sécurité.

Et, pour qu’il n’y ait plus d’ambiguïté, le jour même de son passage en France il annonce la suspension des contrats conclus avec Total.

Haftar, le généralissime qui a actuellement le vent en poupe devrait faire gaffe.

Les Français et les Américains (Ben Laden et Saddam Hussein anciens « amis » de Washington l’ont payé comptant), n’hésitent jamais à jeter leurs harkis après usage quand ils ne leurs servent plus.

Djeha

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Chronique

Les promesses du « Monde-libre », un souvenir

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La Russie « décommunisée » devait dégager de larges espaces devant le capitalisme triomphant, devenue capitaliste elle-même.

L’URSS démantelée, symbolisée par Mikhaïl Gorbatchev, le dernier successeur de Joseph Staline, chargé par la bureaucratie de rendre les armes, le communisme « mort », le « Monde-libre » avait, en principe, les coudées franches. Plus de soixante-dix ans après l’irruption du spectre bolchevik il pouvait respirer. C’était ce qu’on se disait.

Les popes sortent de leurs tanières, le Tsar est réhabilité et victimisé et les révolutionnaires d’octobre 1917 lapidés. Il n’y avait plus qu’à lâcher la colombe, la paix allait régner sur le monde.

L’Europe militairement vassalisée, « Guerre froide » oblige, finit par céder sur ce qui restait de souveraineté. Au nom du néolibéralisme, la religion imposée par les Etats-Unis, les gouvernements européens se soumettent aux banquiers. Le Traité de Lisbonne sera leur Bible, quelles que soient leurs couleurs politiques et les programmes qu’ils ont soumis à leurs électeurs.

Peu importe aussi si, ce faisant, la démocratie est mise à mal et si les pays s’enfoncent dans une crise économique qui n’en finit pas de s’aggraver.

Tout autour, pourtant, la fin du communisme ne fait plus aucun doute, même la Chine se met à la « libre-entreprise » et adhère au « libre-échange ». Seule une concurrence loyale constituerait la rivalité entre nations. Plus besoin de guerre.

Naturellement, il n’en fut rien puisque, dès l’effondrement du bloc de Varsovie, l’OTAN s’est lancée dans la recomposition de la mappemonde, Washington affiché sa volonté de mettre à profit la disparition de l’ « Ours soviétique ».

La Yougoslavie en a connu, la première, la paix à la mode du Pentagone. Suivront l’Irak, la Libye et la Syrie. Même les islamistes afghans, alliés d’hier de l’Occident et vainqueurs contre le « régime communiste de Kaboul », feront les frais de la paix recherchée.

La « libre-entreprise », le « libre-échange » et tous les concepts et slogans charmeurs du même acabit jetaient un froid glacial sur la scène internationale.

Il est évident qu’en réaction, les Russes n’ont pas voulu de la liberté du « Monde-libre ». Surtout que cette liberté exige la fin de celle des autres. Celle des Russes, aussi, qui devaient se soumettre aux desiderata de Wall-Street. Mais les Russes ont des arguments qui leur permettent de ne pas s’en laisser conter et de pouvoir exiger de participer, en partenaires et non en comparses, à la redistribution des rôles, avec les étatsuniens.

Au milieu, les pays de l’Union européenne, qui croyaient construire un pôle suffisamment puissant pour se passer de la tutelle de la Maison-Blanche, sont obligés de subir la nouvelle « Guerre froide ». Tout en subissant les effets désastreux d’une décomposition sociale dont on prévoit qu’elle risque, à terme, de déstabiliser les fondements des Etats.

D’autant que c’est la seule fuite en avant qui est observée, sous la férule des stratèges de Washington, alors que leur « Europe » ne fascine plus les peuples, elle produit même un effet repoussoir. On en est là.

Ahmed Halfaoui

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Un monde à la mesure de la Barbarie

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La Barbarie a largement réussi à détruire la raison qui menaçait les fondements de son pouvoir planétaire.

Les grands idéaux de libération et d’émancipation des peuples n’ont plus cours, ils ont sombré dans le chaos consécutif au naufrage des nationalismes et de ce qui représentait le communisme.

Le système est sauf. Pour s’en rendre compte, il n’y a que de constater l’affaiblissement ou la disparition de la résistance au pillage des richesses, considéré désormais comme faisant partie de l’ordre des choses. Une résistance qui a laissé place soit au désespoir, soit à la résignation, soit à un alignement derrière des illusionnistes qui se chargent d’occuper la scène et de diriger l’humanité.

Partout, ils ont pignon sur rue. Le Dalaï-lama est promu symbole de la liberté et des droits de l’homme, les évangélistes recrutent par centaines de milliers et les djihadistes fascinent la jeunesse musulmane, y compris en Occident.

En caricature de la « modernité » ou de la « démocratie », une classe politique inféodée à des lobbies, plus ou moins puissants, s’agite, se compose et se recompose au gré des situations.

Les discours éprouvés servent de bruit. Le monde est revu et corrigé et présenté selon des schémas manipulés où la confusion évite la confrontation avec le réel. Ainsi, quelques théories ou concepts simplement élaborés sont servis en tant que restitution du concret. Cette réification, si elle n’a pas prise, accentue le désarroi et le trouble de populations confrontées à des conditions de vie qui ne peuvent relever de l’abstraction proposée.

Les Algériens en vivent l’expérience. Ils assistent, depuis un peu plus d’une vingtaine d’années, à des bouleversements de leur quotidien, sans qu’ils aient accès à une visibilité minimale de la conjoncture qu’ils vivent. Le verbe « socialiste » abandonné, le pouvoir maintes fois remanié n’offre plus que des contorsions et le miroitement d’un avenir vaporeux, que sont censés dessiner les mises en œuvre de réformes soumises, pour leur évaluation, aux partenaires qui comptent, en réponse aux critères d’insertion du pays dans l’ordre mondial.

Un ordre mondial qui serait l’orbite qui stabiliserait le cours historique de l’Algérie, selon un préjugé qui ne souffre plus beaucoup de contradicteurs, malgré l’ouverture dont jouit l’espace politique. Bien au contraire, essentiellement constituée de personnalités, victimes de la centrifugeuse du pouvoir et de ce qui reste des Frères musulmans, auxquels s’accolent des comparses médiatiques, une opposition hétéroclite empêche toute émergence d’une alternative concertée.

Une opposition qui n’a que l’avantage d’offrir le spectacle, mais qui pousse, de plus en plus, les citoyens dans le rejet de la politique. Indigente, mue par des velléités aux motivations insaisissables, intoxiquée par sa propre manipulation des faits et des choses, elle contribue efficacement à l’effacement des masses populaires du paysage ou leur refuge dans l’indifférence, par le scepticisme, voire le dégoût qu’elle suscite.

Ceci à la grande satisfaction de ceux qui, à partir de Wall-Street, tracent la destinée des multitudes.

Ahmed Halfaoui

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Chronique

Un tigre qui meurt en Algérie, c’est un tigre de moins dans le monde !

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Celles et ceux qui proclament que ce « n’est pas le moment » de mettre en avant les questions féministes, écologiques, de la protection animale et des questions sociétales en plein Hirak algérien, me semblent encore inscrits dans les combats du siècle dernier, voire du XIXe siècle, du temps où la révolution numérique et la mondialisation n’existaient pas avec autant d’acuité qu’elles le sont depuis le début du XXIe siècle.

Or, en Algérie, comme partout dans le monde d’aujourd’hui, le mondialisme capitaliste nécessite, désormais, une lutte internationaliste contre des fléaux mondialisés. La condition féminine, celle de l’environnement, de la faune animale et végétale, les questions sociétales, économiques et sociales, que ce soit en Algérie, au Bangladesh, Brésil, Tunisie, France, USA, en passant par l’Arabie Saoudite et l’Iran, ne peuvent être dissociées les unes des autres dans tel ou tel autre pays sans sombrer dans un « prioritarisme » anachronique.

L’oppression des femmes, celle des minorités culturelles, l’agression contre la nature et la faune animale, le retour aux valeurs sociétales fascisantes (racisme…) ne sont plus le fait de sociétés barbares, prises individuellement, mais celui du système capitaliste mondialisé. Un dénominateur commun à tous les pays du monde.

Un système mondialisé qui, désormais, ne peut survivre et continuer à engranger et fructifier ses profits sans les soutirer de l’hyper-exploitation mondialisée des femmes travailleuses et de la négation de leurs droits, pleins et entiers, de citoyennes, sans agresser, à l’échelle mondiale, la nature (déforestation en Amazonie, dépossession des terres de tribus autochtones, convoitises de terres arables, chasse à l’outarde en Algérie, entre autres, etc.), sans promouvoir les idées populistes, conservatrices, voire fascisantes à travers la planète qui, dans le pire des cas pour le système capitaliste mondialiste, lui vaudrait une bonne et salvatrice guerre, mais tout en le préservant au final, voire en le renforçant.

Un peu comme le nazisme en a eu la mission historique le sauvant in-extremis d’une révolution communiste mondiale qui commençait à prendre en Europe, plus particulièrement, comme par hasard, dans l’Allemagne des années 1930 !

Hakim Outoudert

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