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Après les « régimes » voici les peuples

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Ils ne devaient pas s’attendre à ça les prédateurs de la planète. Ils ne devaient pas s’attendre à ce que les peuples se réveillent. Quand ils ont vu ce qui représentait, pour eux, l’ennemi mortel s’effondrer, ils ont cru qu’ils pouvaient gambader partout et où bon leur semblerait, sans rencontrer, plus jamais, la moindre résistance.

Le « communisme » était mort et enterré dans ses bastions. Qui pouvait désormais s’opposer à la marche triomphale de la libre-entreprise ? Qui pouvait déranger la reconfiguration des pièces de l’échiquier mondial et gêner l’avancée des « forces du marché » ?

De nouveaux philosophes ont remplacé les empêcheurs de tourner en rond et les « idéologies » contraires étaient mortes, laissant la place au «pragmatisme». Il est même question de « fin de l’Histoire ». Puisque celle-ci a abouti à son accomplissement.

Un seul ordre, celui qui avait vaincu va régner, le Capitalisme en tant que seul mode de réalisation de la prospérité, déclinée en indicateurs, agrégats, indices, savamment calculés et analysés par des spécialistes, experts financiers, économistes et agences de notation. Si la pauvreté s’aggravait, si la misère s’étendait, si la famine tuait par centaines de milliers, comme en Somalie, cela faisait partie du tribut du système. Le produit de la sélection nécessaire à l’expansion du plus performant, grâce au libre jeu de la concurrence, facteur d’émulation, et à celui des « avantages comparatifs ».

Ceci, conformément à l’ordre de la nature, régulatrice ultime de l’ordre des choses et exprimée par la « main invisible du marché », force immanente et puissance vénérée. Cela suppose bien sûr que cela soit accepté par tous, y compris et surtout par ceux qui sont les seuls à subir les caprices des investisseurs, des boursicoteurs et spéculateurs de tous poils.

De plus, la non acceptation a la particularité de ne pas figurer dans les paramètres des prévisionnistes, du moins pas en tant que donnée fondamentale. Pourtant elle a fait irruption sur la scène et ne cesse de se répandre et d’enfler. Partout où les limites ont été atteintes en termes de destruction des conditions de vie et de mépris des droits les plus élémentaires de l’existence humaine. En Amérique du Sud d’abord où l’Histoire s’est remise en marche, chez les Arabes et assimilés ensuite, quand l’affaire semblait pliée grâce à un « printemps » qui devait confirmer la chute des derniers obstacles à « la démocratie du marché », même à coups de bombes comme en Irak ou en Libye.

Désormais ce sera de moins en moins les « régimes » et les « dictatures » qui seront le problème (il n’y en a presque plus), mais les multitudes qui commencent à occuper la scène où se joue leur destinée. Ce sera là le spectre qui va hanter les prétendants à la maîtrise du monde. Un spectre qui grandit au sein même de leur propre société.

S’approche donc, inéluctablement, le temps des bilans des crimes du libéralisme contre les milliards d’enfants, de femmes et d’hommes, livrés à la plus effroyable machine de déshumanisation que le monde ait connue. D’autant que ces crimes sont commis sous les labels de la « liberté », des « droits de l’homme » et de la « démocratie ».

A. H.

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