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Japon : après l’abdication de l’Empereur Akihito, qui est Naruhito ?

La Rédaction

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Le Japon est entré ce mercredi 1er mai dans une nouvelle ère impériale, « Reiwa » qui signifie « harmonie » et « beauté ».

Lors de son premier discours, l’empereur Naruhito s’est engagé à remplir ses obligations de « symbole de l’Etat et de l’unité du peuple », tout en promettant de se tenir toujours « au côté du peuple ».

Lors d’une cérémonie qui n’a duré que six minutes, Naruhito a reçu le sabre, le miroir et le joyau (le miroir serait à Ise), ces « trésors sacrés » qui font de lui le 126e empereur. Cet homme discret, voire timide, toujours un peu raide dans ses costumes et avec sa raie impeccablement ajustée sur le côté, a-t-il la carrure pour moderniser l’institution millénaire ? Pour libérer la plus vieille dynastie du monde du poids de la tradition ?

« C’est quelqu’un qui a l’esprit vif, mais c’est aussi un Japonais qui a été élevé dans le cadre strict de la famille impériale », estime Philippe Messmer, correspondant du journal Le Monde à Tokyo où il suit de près la vie politique et celle de la cour, « s’il doit insuffler des changements dans le fonctionnement de l’institution impériale, ce sera « à la Japonaise » c’est-à-dire par petites touches comme l’a fait son père. »

« C’est un homme de 59 ans, plutôt discret, juge Michaël Prazan, réalisateur du film Japon, les années rougesMais la discrétion fait désormais partie du rôle intrinsèquement lié et constitutionnellement établi par la Constitution d’après-guerre, qui a déchu l’empereur Hirohito de ses prérogatives et notamment son statut divin. Donc c’est quelqu’un qui, de toute façon, n’est pas autorisé à intervenir dans la vie politique japonaise, ni même autorisé à émettre une opinion politique. »

Naruhito défend le devoir de mémoire

L’autre grande passion du nouvel empereur est l’histoire. Comme son père Akihito, qui n’a eu de cesse d’exprimer ses « profonds remords » pour les souffrances qu’a infligées l’armée nippone à la Chine et la Corée, Naruhito se veut pacifiste et défend le devoir de mémoire. En 2015, l’année du 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, il a ainsi appelé à « transmettre correctement à celles qui ne l’ont pas connue les expériences de l’histoire tragique du Japon ».

« Il avait exprimé la nécessité d’entretenir la mémoire et de regarder l’histoire avec beaucoup d’humilité », rappelle Guibourg Delamotte, maître de conférences en sciences politiques au département Japon de l’Inalco, « c’est cette fibre pacifiste qui plaît beaucoup aux Japonais et dans laquelle l’ensemble de la nation se reconnait ».

Mais Naruhito sait qu’il marchera sur une corde raide. S’il ose quitter son rôle purement protocolaire, il risque de se mettre à dos le Premier ministre nationaliste Shinzo Abe. Une mission délicate, estime le correspondant du journal Le Monde Philippe Messmer : « Ses marges de manœuvres sont extrêmement étroites, normalement il ne peut absolument pas entrer dans le débat public. »

Naruhito et Masako veulent « partager les peines et les joies du peuple »

En 2004, Naruhito mène pourtant sa mini-révolution du palais, en accusant le protocole d’étouffer la personnalité de son épouse Masako. L’ex-diplomate polyglotte souffre des règles strictes imposées par le palais et subit alors de plein fouet la pression pour avoir un fils, héritier du trône (qu’elle n’aura pas, sa fille Aiko a aujourd’hui 17 ans). Son époux a d’ailleurs déjà prévenu: ça sera petit à petit que l’impératrice remplira ses obligations.

Le couple a pourtant promis de partager « les peines et les joies du peuple » à l’instar de Akihito et de Michiko qui s’étaient notamment rendus au chevet des victimes de la catastrophe de Fukushima en 2011. C’est là l’enjeu principal pour Naruhito et Masako : être proche du peuple et rapprocher la dynastie de la réalité du monde moderne.

RFI.

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