Connectez-vous avec nous

Chronique

La justice, ce cirque pour badauds !

Publié

le

Les pseudos convocations de l’ex Premier ministre, Ahmed Ouyahia et de l’actuel ministre des Finances Mohamed Loukal, selon l’ENTV, par le parquet du tribunal de Sidi M’hamed, ont déchaîné les passions.

C’est un peu compréhensible du fait que ce soit la première qu’un chef de l’exécutif est cité dans des affaires de corruption ou plus précisément de «dilapidation des deniers publics et octroi d’avantages illégaux», selon la fausse annonce faite par la chaîne publique A3.

Convenons-en que c’est du lourd en termes de chefs d’inculpation et du niveau de responsabilité. Mais au-delà de ces fausses convocations d’Ouyahia et de Loukal, servies on ne sait comment par la télévision nationale, il y a comme une forte odeur de règlement de compte qui ne cadre pas avec la volonté prêtée au pouvoir nouveau de faire payer les corrompus.

Le fait est qu’un comité d’«accueil populaire» était déjà en place dès les premières heures de ce dimanche face au tribunal, rue Abane Ramdane. L’orchestration médiatique de l’opération ne laisse pas l’ombre d’un doute sur la volonté de vouer aux gémonies l’homme à l’arrogance tristement proverbiale. 

Ahmed Ouyahia ne s’est pas présenté ce dimanche devant le juge d’instruction pour la simple raison qu’il n’avait jamais reçu de convocation. Il a donc échappé au «lynchage» médiatique et public. Ni le parquet ni une autre autorité judiciaire n’a jugé utile d’éclairer l’opinion publique sur ce canular de mauvais goût. Sur ce poisson d’avril avec effet rétroactif.

Que cache donc cette annonce en Prime Time dans le JT de la télévision nationale de la convocation de l’ex-Premier ministre et du ministre des finances qui s’avère fausse ? Y a-t-il eu une grossière manipulation dans cette affaire ? Au commencement était l’erreur… Ou s’agit-il d’un avertissement envoyé par le nouveau pouvoir à l’ancien dont fait partie Ouyahia, l’invitant à cesser ses manœuvres et ses torpilles contre la transition politique ?

Quoi qu’il en soit, cette façon de faire est aussi maladroite qu’attentatoire à la volonté prêtée aux nouvelles autorités de faire le grand ménage dans les Ecuries d’Augias. Il semble que l’effet d’annonce recherché à travers cette opération spectaculaire supplante la réelle volonté d’ouvrir tous les dossiers de corruption.

Ahmed Ouyahia est certainement loin d’être une colombe. Il est le personnage le plus impopulaire de l’histoire de la Numidie depuis Massinissa. Ceci est incontestable et l’homme du «sale boulot» en tire même une fierté non dissimulée. 

Mais alors, est-ce une raison pour lui jeter à lui seul la pierre et laisser les autres oiseaux de mauvais augure en totale liberté ? Quand on parle de corruption en Algérie, il y a des noms et des prénoms indépassables, inévitables. En plus d’Ahmed Ouyahia qui a imprimé des dinars en quantité industrielle sur ordre de l’ex Président, faut-il le préciser, il y a toute une faune de hauts responsables dont les noms sont souvent cités dans les affaires de corruption.

Kouninef, Saâdani, Khelil, Bouchouareb…
Ses prédécesseurs, Sellal, Tebboune, les anciens ministres, Abdelmalek Boudiaf, Abdesslem Bouchouareb, Amar Ghoul, Chakib Khelil, les hommes d’affaires Kouninef, Tahkout, Tliba, Djemai, Haddad, les hommes politiques Saâdani, Ould Abbès, Berkat et autres, parce que la liste est très longue en sus des walis, des généraux, des ambassadeurs…autant de responsables qui, aux yeux de l’opinion, ne sont pas au-dessus de tout soupçon. 

En effet, les scandales de Sonatrach, de Khalifa, de la cocaïne, de l’autoroute est-ouest, des concessions générales agricoles, du Parc des Grands Vents pour ne citer que ces affaires ne peuvent être le fait du seul Ouyahia.

C’est dire que si l’on veut vraiment faire justice à ce pays saigné à blanc, tous les hauts responsables soupçonnés d’avoir trempé dans l’argent sale, doivent rendre des comptes. Qu’il soit corrompus ou corrupteurs, quitte à éclabousser de gros poissons. Hocine Bensaad

Publicité
Cliquez pour commenter

Poster un Commentaire

avatar
  S'abonner  
Me notifier des

Chronique

Les promesses du « Monde-libre », un souvenir

Publié

le

La Russie « décommunisée » devait dégager de larges espaces devant le capitalisme triomphant, devenue capitaliste elle-même.

L’URSS démantelée, symbolisée par Mikhaïl Gorbatchev, le dernier successeur de Joseph Staline, chargé par la bureaucratie de rendre les armes, le communisme « mort », le « Monde-libre » avait, en principe, les coudées franches. Plus de soixante-dix ans après l’irruption du spectre bolchevik il pouvait respirer. C’était ce qu’on se disait.

Les popes sortent de leurs tanières, le Tsar est réhabilité et victimisé et les révolutionnaires d’octobre 1917 lapidés. Il n’y avait plus qu’à lâcher la colombe, la paix allait régner sur le monde.

L’Europe militairement vassalisée, « Guerre froide » oblige, finit par céder sur ce qui restait de souveraineté. Au nom du néolibéralisme, la religion imposée par les Etats-Unis, les gouvernements européens se soumettent aux banquiers. Le Traité de Lisbonne sera leur Bible, quelles que soient leurs couleurs politiques et les programmes qu’ils ont soumis à leurs électeurs.

Peu importe aussi si, ce faisant, la démocratie est mise à mal et si les pays s’enfoncent dans une crise économique qui n’en finit pas de s’aggraver.

Tout autour, pourtant, la fin du communisme ne fait plus aucun doute, même la Chine se met à la « libre-entreprise » et adhère au « libre-échange ». Seule une concurrence loyale constituerait la rivalité entre nations. Plus besoin de guerre.

Naturellement, il n’en fut rien puisque, dès l’effondrement du bloc de Varsovie, l’OTAN s’est lancée dans la recomposition de la mappemonde, Washington affiché sa volonté de mettre à profit la disparition de l’ « Ours soviétique ».

La Yougoslavie en a connu, la première, la paix à la mode du Pentagone. Suivront l’Irak, la Libye et la Syrie. Même les islamistes afghans, alliés d’hier de l’Occident et vainqueurs contre le « régime communiste de Kaboul », feront les frais de la paix recherchée.

La « libre-entreprise », le « libre-échange » et tous les concepts et slogans charmeurs du même acabit jetaient un froid glacial sur la scène internationale.

Il est évident qu’en réaction, les Russes n’ont pas voulu de la liberté du « Monde-libre ». Surtout que cette liberté exige la fin de celle des autres. Celle des Russes, aussi, qui devaient se soumettre aux desiderata de Wall-Street. Mais les Russes ont des arguments qui leur permettent de ne pas s’en laisser conter et de pouvoir exiger de participer, en partenaires et non en comparses, à la redistribution des rôles, avec les étatsuniens.

Au milieu, les pays de l’Union européenne, qui croyaient construire un pôle suffisamment puissant pour se passer de la tutelle de la Maison-Blanche, sont obligés de subir la nouvelle « Guerre froide ». Tout en subissant les effets désastreux d’une décomposition sociale dont on prévoit qu’elle risque, à terme, de déstabiliser les fondements des Etats.

D’autant que c’est la seule fuite en avant qui est observée, sous la férule des stratèges de Washington, alors que leur « Europe » ne fascine plus les peuples, elle produit même un effet repoussoir. On en est là.

Ahmed Halfaoui

Continuer la lecture

Chronique

Un monde à la mesure de la Barbarie

Publié

le

La Barbarie a largement réussi à détruire la raison qui menaçait les fondements de son pouvoir planétaire.

Les grands idéaux de libération et d’émancipation des peuples n’ont plus cours, ils ont sombré dans le chaos consécutif au naufrage des nationalismes et de ce qui représentait le communisme.

Le système est sauf. Pour s’en rendre compte, il n’y a que de constater l’affaiblissement ou la disparition de la résistance au pillage des richesses, considéré désormais comme faisant partie de l’ordre des choses. Une résistance qui a laissé place soit au désespoir, soit à la résignation, soit à un alignement derrière des illusionnistes qui se chargent d’occuper la scène et de diriger l’humanité.

Partout, ils ont pignon sur rue. Le Dalaï-lama est promu symbole de la liberté et des droits de l’homme, les évangélistes recrutent par centaines de milliers et les djihadistes fascinent la jeunesse musulmane, y compris en Occident.

En caricature de la « modernité » ou de la « démocratie », une classe politique inféodée à des lobbies, plus ou moins puissants, s’agite, se compose et se recompose au gré des situations.

Les discours éprouvés servent de bruit. Le monde est revu et corrigé et présenté selon des schémas manipulés où la confusion évite la confrontation avec le réel. Ainsi, quelques théories ou concepts simplement élaborés sont servis en tant que restitution du concret. Cette réification, si elle n’a pas prise, accentue le désarroi et le trouble de populations confrontées à des conditions de vie qui ne peuvent relever de l’abstraction proposée.

Les Algériens en vivent l’expérience. Ils assistent, depuis un peu plus d’une vingtaine d’années, à des bouleversements de leur quotidien, sans qu’ils aient accès à une visibilité minimale de la conjoncture qu’ils vivent. Le verbe « socialiste » abandonné, le pouvoir maintes fois remanié n’offre plus que des contorsions et le miroitement d’un avenir vaporeux, que sont censés dessiner les mises en œuvre de réformes soumises, pour leur évaluation, aux partenaires qui comptent, en réponse aux critères d’insertion du pays dans l’ordre mondial.

Un ordre mondial qui serait l’orbite qui stabiliserait le cours historique de l’Algérie, selon un préjugé qui ne souffre plus beaucoup de contradicteurs, malgré l’ouverture dont jouit l’espace politique. Bien au contraire, essentiellement constituée de personnalités, victimes de la centrifugeuse du pouvoir et de ce qui reste des Frères musulmans, auxquels s’accolent des comparses médiatiques, une opposition hétéroclite empêche toute émergence d’une alternative concertée.

Une opposition qui n’a que l’avantage d’offrir le spectacle, mais qui pousse, de plus en plus, les citoyens dans le rejet de la politique. Indigente, mue par des velléités aux motivations insaisissables, intoxiquée par sa propre manipulation des faits et des choses, elle contribue efficacement à l’effacement des masses populaires du paysage ou leur refuge dans l’indifférence, par le scepticisme, voire le dégoût qu’elle suscite.

Ceci à la grande satisfaction de ceux qui, à partir de Wall-Street, tracent la destinée des multitudes.

Ahmed Halfaoui

Continuer la lecture

Chronique

Un tigre qui meurt en Algérie, c’est un tigre de moins dans le monde !

Publié

le

Celles et ceux qui proclament que ce « n’est pas le moment » de mettre en avant les questions féministes, écologiques, de la protection animale et des questions sociétales en plein Hirak algérien, me semblent encore inscrits dans les combats du siècle dernier, voire du XIXe siècle, du temps où la révolution numérique et la mondialisation n’existaient pas avec autant d’acuité qu’elles le sont depuis le début du XXIe siècle.

Or, en Algérie, comme partout dans le monde d’aujourd’hui, le mondialisme capitaliste nécessite, désormais, une lutte internationaliste contre des fléaux mondialisés. La condition féminine, celle de l’environnement, de la faune animale et végétale, les questions sociétales, économiques et sociales, que ce soit en Algérie, au Bangladesh, Brésil, Tunisie, France, USA, en passant par l’Arabie Saoudite et l’Iran, ne peuvent être dissociées les unes des autres dans tel ou tel autre pays sans sombrer dans un « prioritarisme » anachronique.

L’oppression des femmes, celle des minorités culturelles, l’agression contre la nature et la faune animale, le retour aux valeurs sociétales fascisantes (racisme…) ne sont plus le fait de sociétés barbares, prises individuellement, mais celui du système capitaliste mondialisé. Un dénominateur commun à tous les pays du monde.

Un système mondialisé qui, désormais, ne peut survivre et continuer à engranger et fructifier ses profits sans les soutirer de l’hyper-exploitation mondialisée des femmes travailleuses et de la négation de leurs droits, pleins et entiers, de citoyennes, sans agresser, à l’échelle mondiale, la nature (déforestation en Amazonie, dépossession des terres de tribus autochtones, convoitises de terres arables, chasse à l’outarde en Algérie, entre autres, etc.), sans promouvoir les idées populistes, conservatrices, voire fascisantes à travers la planète qui, dans le pire des cas pour le système capitaliste mondialiste, lui vaudrait une bonne et salvatrice guerre, mais tout en le préservant au final, voire en le renforçant.

Un peu comme le nazisme en a eu la mission historique le sauvant in-extremis d’une révolution communiste mondiale qui commençait à prendre en Europe, plus particulièrement, comme par hasard, dans l’Allemagne des années 1930 !

Hakim Outoudert

Continuer la lecture

NOS CHRONIQUES

Nous suivre

Newsletter

Recevoir nos articles par email

A La Une

Tags

Populaires