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Soudan: l’armée s’apprête à faire une « déclaration importante »

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La TV nationale a interrompu tôt jeudi ses programmes pour diffuser en boucle des chants patriotiques et militaires. « Importante annonce des forces armées sous peu », pouvait-on lire sur un bandeau figé en bas de l’écran.

L’armée soudanaise a promis jeudi une « déclaration importante bientôt », déclenchant de nouvelles scènes de liesse devant le quartier général des militaires à Khartoum, où des milliers de manifestants réclament depuis des jours le départ d’Omar el-Béchir.

« Le régime est tombé, le régime est tombé ! », scandent pour leur part les milliers de manifestants qui campent devant le QG des forces militaires et brandissent des drapeaux soudanais.

Les habitants de la capitale soudanaise sont appelés à rejoindre massivement cette foule réunie pour le sixième jour consécutif devant le siège de l’armée, qui abrite aussi le ministère de la Défense et la résidence officielle du président Béchir, ont fait savoir les organisateurs de la contestation.

Déploiement de l’armée

De nombreuses personnes se dirigent vers le QG en voitures, bus et vans, sur fond de klaxons. Des femmes rassemblées devant ce site lancent des youyous et scandent des slogans anti-Béchir.

L’armée est déployée dans de nombreuses rues de la capitale, ainsi que des membres du groupe paramilitaire des Forces de soutien rapide.

Ces milliers de Soudanais réclament invariablement la démission du président Béchir, 75 ans, au pouvoir depuis trois décennies, et demandent à l’armée de rejoindre leur mouvement.

La foule déterminée avait défié toute la journée de mercredi le régime devant ce siège de l’armée, dont les intentions, tout comme celles de la police, restent à confirmer.

« Nous attendons de grandes nouvelles. Nous ne partirons pas d’ici tant que nous saurons pas ce que c’est », a indiqué à l’AFPun manifestant devant le QG de l’armée.

« Mais nous savons que Béchir doit partir. Nous en avons assez de ce régime. Trente ans de répression, de corruption, d’abus de droits. C’est assez », a-t-il poursuivi.

Plusieurs véhicules militaires transportant des troupes sont entrés dans le complexe qui abrite le QG de l’armée dans les premières heures de jeudi, ont déclaré des témoins à l’AFP.

Mercredi soir, le parti du Congrès national (NCP) du président Béchir a reporté sine die un rassemblement de soutien au chef de l’Etat prévu jeudi à Khartoum.

« Protéger les citoyens »

« Des hommes et des femmes de toutes les coins de Khartoum et d’autres villes viennent pour ce qu’ils appellent le service de nuit », a de son côté relevé un manifestant mercredi soir, pour marquer la détermination des protestataires.

Depuis samedi, les manifestants ont essuyé à plusieurs reprises les assauts du puissant service de renseignement NISS, qui a tenté en vain de les disperser à coups de gaz lacrymogène, selon les organisateurs du rassemblement.

Mardi, 11 personnes dont six membres des forces de sécurité ont été tuées lors de manifestations à Khartoum, a rapporté mercredi le porte-parole du gouvernement Hassan Ismail, sans préciser les circonstances de leur mort, d’après l’agence officielle Suna.

En tout, 49 personnes sont mortes dans des violences liées aux manifestations depuis que ces rassemblements ont commencé en décembre, de sources officielles.

Agitant des drapeaux nationaux et entonnant des chansons révolutionnaires, les contestataires ont appelé l’armée à rejoindre leur mouvement de contestation, né en décembre mais qui a connu un net regain de mobilisation samedi.

Aucune tentative de dispersion n’a été rapportée pour la journée de mercredi.

« Il semble que la police soit avec nous aussi », a estimé un manifestant.

Mardi, la police avait annoncé avoir ordonné à ses forces de ne pas intervenir contre les contestataires. Elle a aussi dit vouloir l’union du « peuple soudanais (…) pour un accord qui soutiendrait un transfert pacifique du pouvoir ».

Concernant les militaires, le général Kamal Abdelmarouf, chef d’état-major de l’armée, avait précisé lundi que celle-ci continuait « d’obéir à sa responsabilité de protéger les citoyens ».

« Transition crédible »

L’étincelle de la contestation a été la décision du gouvernement de tripler le prix du pain le 19 décembre.

A travers le pays, des milliers de Soudanais ont appelé au départ de M. Béchir. Le président a tenté de réprimer la contestation par la force, puis a instauré le 22 février l’état d’urgence à l’échelle nationale.

Mardi, des capitales occidentales ont appelé les autorités à répondre aux revendications « d’une façon sérieuse ».

Le pouvoir doit proposer « un plan de transition politique crédible », ont écrit les ambassades des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la Norvège dans un communiqué conjoint à Khartoum.

Mercredi, Washington a exhorté le pouvoir à respecter le droit de manifester. « Nous appelons le gouvernement du Soudan à respecter les droits de tous les Soudanais à exprimer leurs doléances pacifiquement », a tweeté Tibor Nagy, secrétaire d’Etat adjoint chargé de l’Afrique. AFP

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Un drone iranien abattu par les États-Unis dans le détroit d’Ormuz

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Donald Trump évoque une « action défensive ». Le 20 juin, l’Iran avait abattu un drone américain qui se trouvait, selon le pays, dans son espace aérien.

C’est une reprise de l’escalade dans la région entre les Etats-Unis et l’Iran. Les Américains ont abattu jeudi un drone iranien au-dessus du détroit d’Ormuz car il s’approchait dangereusement d’un navire américain, a annoncé Donald Trump. Selon le président américain, le drone iranien s’est approché à moins de 1 000 mètres du navire USS Boxer, qui a entrepris « une action défensive ». « Le drone a été détruit », a-t-il dit. Donald Trump a appelé les autres pays à « condamner l’Iran » et à protéger leurs propres navires.

De son côté, un porte-parole du Pentagone Jonathan Hoffman a confirmé l’incident dans un communiqué, précisant qu’il était survenu à 10 heures (heure locale – 5 h 30 GMT) alors que l’USS Boxer s’apprêtait à pénétrer dans le détroit d’Ormuz.

L’Iran a abattu le 20 juin un drone américain qui se trouvait selon lui dans son espace aérien. Donald Trump a affirmé deux jours plus tard avoir annulé à la dernière minute des frappes contre l’Iran pour éviter un lourd bilan humain, tout en maintenant ses menaces de représailles contre Téhéran. AFP

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Scandinaves assassinées au Maroc: les derniers mots des accusés

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Le rideau se baisse jeudi sur le procès des assassins présumés de deux jeunes Scandinaves décapitées fin 2018 au Maroc au nom du groupe Etat islamique (EI), avec les derniers mots des accusés avant un verdict attendu le même jour.

Louisa Vesterager Jespersen, une étudiante danoise de 24 ans, et son amie Maren Ueland, une Norvégienne de 28 ans, ont été tuées alors qu’elles campaient sur un site isolé dans une région montagneuse du sud du Maroc prisée des randonneurs voulant gravir le plus haut sommet d’Afrique du Nord, le mont Toubkal (4.167 mètres).

Un groupe de 24 hommes soupçonnés d’être directement liés à ces meurtres et/ou d’appartenir à une cellule jihadiste est jugé depuis le 2 mai devant le tribunal antiterroriste de Salé, près de la capitale Rabat.

Ils doivent répondre d' »apologie du terrorisme », « atteinte à la vie de personnes avec préméditation » ou « constitution de bande terroriste ».

« Nous attendons des peines aussi cruelles que l’a été ce crime », a déclaré à l’AFP Me Khaled El Fataoui, parlant au nom de la famille de Louisa qui s’est constituée partie civile, à l’inverse des parents de la deuxième victime.

Les accusés prononceront jeudi leurs dernières paroles avant que les juges ne se retirent pour délibérer. Leur décision est attendue tard dans la journée.

« Monstres sanguinaires »

Le cerveau du groupe, Abdessamad Ejjoud, un marchand ambulant de 25 ans, avait avoué avoir organisé l’expédition meurtrière avec deux compagnons et diffusé sur les réseaux sociaux des images de la décapitation et d’une déclaration d’allégeance à l’EI, qui n’a jamais revendiqué le double assassinat.

Younes Ouaziyad, un menuisier de 27 ans, et Rachid Afatti, 33 ans, qui avait filmé la scène avec son téléphone portable, ont également avoué leur participation au crime.

L’accusation a requis la peine de mort pour les trois « monstres sanguinaires », et des peines de prison allant jusqu’à la perpétuité contre les 21 autres accusés.

La mère de Louisa avait appelé jeudi dernier les juges marocains à condamner à la peine de mort les accusés ayant reconnu le crime.

« Le plus juste serait de donner à ces bêtes la peine de mort qu’ils méritent, je vous le demande », avait déclaré Helle Petersen dans une lettre lue par son avocat.

Des pétitions réclamant la peine de mort pour les assassins des deux touristes ont par ailleurs circulé sur Internet, le double meurtre ayant suscité une grande émotion.

Des condamnations à la peine capitale sont toujours prononcées au Maroc, mais un moratoire sur les exécutions est appliqué de facto depuis 1993 et l’abolition de la peine capitale fait débat.

Hispano-Suisse

« Ce qui compte pour la famille (de Louisa) c’est que tous les coupables soient condamnés », a déclaré Me El Fataoui, qui demande dix millions de dirhams (près d’un million d’euros) de dommages pour les parents de Louisa en invoquant la « responsabilité morale » de l’Etat.

L’Agent judiciaire représentant le Maroc a réfuté toutes les « défaillances » invoquées par la partie civile, faisant valoir l' »expertise antiterroriste » du royaume « reconnue dans le monde entier ».

Issus de milieu modeste, de niveau d’instruction très bas, la plupart des accusés vivaient de petits boulots dans des quartiers déshérités de Marrakech, destination touristique phare du royaume.

Seul étranger du groupe, Kevin Zoller Guervos, un Hispano-Suisse converti à l’islam, est accusé d’avoir appris aux principaux suspects à utiliser une messagerie cryptée et de les avoir « entraînés au tir ».

L’accusation a requis 20 ans de prison contre lui, son avocat a plaidé son acquittement et lui-même s’est dit innocent.

Avant ce double meurtre, le royaume avait été meurtri par des attaques ayant fait 33 morts à Casablanca (ouest) en 2003 et 17 morts à Marrakech (centre) en 2011.

Celles de Casablanca, perpétrées par douze kamikazes originaires de Sidi Moumen, un des principaux bidonvilles de la capitale économique, avaient profondément marqué l’opinion marocaine. AFP

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Après 30 ans, le Soudan fait un pas crucial vers la démocratie

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Les généraux au pouvoir et les meneurs de la contestation au Soudan ont signé mercredi un accord sur le partage du pouvoir, qualifié de « crucial », après des mois de troubles marqués par la destitution du président Omar el-Béchir et une répression brutale.

Tôt mercredi, après des négociations qui ont duré toute la nuit, les deux parties ont paraphé une « déclaration politique », premier pas vers un gouvernement civil, principale revendication des contestataires.

Des discussions doivent cependant encore avoir lieu dans les prochains jours sur d’autres points, notamment sur la question de l' »immunité absolue » réclamée par les militaires au pouvoir et rejetée par le mouvement de contestation.

C’est un Conseil souverain composé de cinq militaires et six civils, présidé tour à tour par un représentant militaire et civil, qui sera chargé de mettre en oeuvre la transition pendant un peu plus de trois ans.

Les militaires présideront cette instance pendant les premiers 21 mois de la transition, les civils prendront ensuite la relève pour les 18 mois restants.

« Nouvelle ère »

A l’issue de la rencontre dans un hôtel de luxe de Khartoum, le numéro 2 du Conseil militaire au pouvoir, Mohamed Hamdan Daglo dit « Hemeitti », aussi commandant des redoutées Forces de soutien rapide (RSF), a salué un moment « historique ».

Après avoir apposé ses initiales sur le document, il a déclaré que cette signature ouvrait « une nouvelle ère prometteuse de collaboration entre les forces armées, les RSF et les dirigeants de la glorieuse révolution soudanaise ».

« Aujourd’hui, nous nous sommes accordés sur la déclaration politique », a indiqué pour sa part Ibrahim al-Amin, un des meneurs de la contestation. « Pour le document constitutionnel, nous reprendrons les négociations vendredi », a-t-il ajouté à l’AFP.

Alors que les généraux quittaient l’hôtel, des employés de l’hôtel et des journalistes couvrant la signature ont scandé « gouvernement civil ». Des dizaines de personnes rassemblées dans le quartier ont également repris ce slogan de la contestation.

Le Conseil militaire et l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, « ont conclu un accord très important qui constitue une étape cruciale vers une réconciliation globale », s’est félicité le médiateur de l’Union africaine, Mohamed El Hacen Lebatt, après avoir aussi paraphé le document.

Les meneurs de la contestation et le Conseil militaire, qui a succédé le 11 avril à Béchir resté 30 ans au pouvoir, s’étaient accordés le 5 juillet sur le principe d’un partage du pouvoir, grâce à une intense médiation de l’UA et de l’Ethiopie.

Mais les pourparlers sur les derniers détails de l’accord avaient été repoussés à plusieurs reprises ces derniers jours.

Selon le mouvement de contestation, les généraux ont réclamé une « immunité absolue » pour la répression des manifestations qui secouent le pays depuis le 19 décembre, une demande inacceptable pour les manifestants.

Le 3 juin, des hommes armés ont dispersé dans le sang le campement qui rassemblait des milliers de manifestants devant le siège de l’armée à Khartoum. Cette opération, dont les responsables n’ont pas encore été désignés, avait fait des dizaines de morts selon un comité de médecins proche de la contestation, et des centaines de blessés.

Immunité des militaires ?

Dans la rue, ces dernières semaines, une des demandes avec l’établissement d’un « gouvernement civil », avait alors été que les responsables de la répression soient jugés.

« Il n’y a pas de différend sur l’immunité », a déclaré mercredi à l’AFP le porte-parole du conseil militaire, le général Shamseddine Kabbashi, sans donner plus de détails.

Outre le sujet de l’immunité, restent encore en suspens la question de la création d’un Parlement de transition et celle du retrait des milices encore présentes à Khartoum et dans d’autres villes du pays.

Lundi, des rassemblements spontanés ont eu lieu dans plusieurs quartiers de la capitale soudanaise, après la mort d’un homme tué par balle dans le sud-est du pays, suite à un rassemblement des habitants réclamant le départ de leur ville des forces paramilitaires des RSF.

Considérés comme un avatar des milices arabes Janjawids qui ont terrorisé le Darfour dans le conflit qui ravage cet province de l’ouest depuis 2003, les RSF sont accusées d’être responsables de la répression du sit-in le 3 juin.

« Hemetti » a nié toute responsabilité de ces forces, dénonçant une tentative de ternir leur image. AFP

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