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L’Espace de résistance féminine est né

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Des militantes féministes de divers horizons se sont réunies les 23 mars dernier au siège du Parti socialiste des travailleurs (PST) pour discuter de la situation politique et de la participation de la femme dans le mouvement du 22 février, des conditions des étudiantes, des travailleuses et des femmes au foyer tout comme elles ont décidé de la création d’un noyau appelé « Espace de résistance féminine ». Nous publions ci-dessous le compte-rendu de cette rencontre. Document.

Premier point : informations et situation politiques + participation de la femme dans le mouvement du 22 :
La naissance du mouvement du 22 a deux origines. D’abord nous sommes les héritiers des luttes précédentes, ensuite ce mouvement est le résultat d’un ras-le-bol et une colère contenue depuis longtemps en regard d’un régime corrompu qui nous prive de nos libertés et nous vole nos richesses. La marche du 22 unissait toute la population compte tenu de sa principale revendication (non au 5e mandat).

À partir du 22 sont nées des dynamiques qui voulaient adhérer à la lutte populaire massive dont notamment la dynamique féministe qui a su arracher sa place dans l’espace public et imposer sa voix à travers des revendications qui lui sont propres comme l’abrogation du code de la famille, l’égalité des sexes, etc.

Manifester n’est pas une distraction puisque lutter dans la rue avec des chants, des youyous, des selfies c’est déjà s’affirmer et imposer son image. La femme est donc sortie dans la rue pour participer à faire chuter le système défiant ainsi le patriarcat et se préparant à une démarche féministe révolutionnaire qui saura lui arracher ses droits.

Deuxième point : la situation actuelle de la femme en Algérie (dans le milieu estudiantin, dans le milieu de travail, au foyer…)
Les féministes algériennes, après avoir mené de nombreuses luttes par le passé ont sombré ces dernières années -comme beaucoup de militants de tous bords- dans une sorte de léthargie, mais avec le mouvement populaire du 22, celles-ci ont renoué avec leur combat. Le féminisme renaît ainsi de ses cendres.

Il est difficile de situer la véritable position de la femme dans la société algérienne actuelle compte tenu des facteurs géographique, la classe sociale, l’éducation, le milieu que la femme occupe (fac, travail, foyer…etc.) et la communication dans chaque foyer algérien; sans oublier le revenu financier de la femme (facteur qui lui permet de s’émanciper et de prendre ses propres décisions).

Il y a une nécessité de « renforcer » la visibilité de la femme dans l’espace public pour ainsi le reconquérir: militer en tant que femme, pour la femme pour prendre partie prenante de ce mouvement.

Les témoignages de nos camarades syndicalistes indiquent que le milieu de travail est un milieu misogyne qui essaye de décourager par tous les moyens les femmes à adhérer à la lutte syndicale (réunions tard le soir, propos sexistes -tu n’as pas de foyer toi- , regards haineux, etc.). Le chômage atteint plus les femmes du fait du manque de crèches et de cantines scolaires.

Les témoignages de nos camarades étudiantes indiquent que l’université est devenu un lieu qui nourrit et cautionne le patriarcat. Les femmes y subissent la morale de la part des hommes (directeur, agents de sécurité, étudiants) qui considèrent avoir leur mot à dire auprès des étudiantes.

Les témoignages indiquent aussi que la femme est perçue partout (dans la rue, à la maison, au travail, etc.) comme mineure à vie. Elle est victime de propos sexistes quotidiennement et d’agressions verbales et sexuelles, accusée de provocatrice par une tenue vestimentaire.

De l’avis de la majorité, les femmes sont conscientes de l’oppression qu’elle subissent mais quelque part, plusieurs d’entre elles cautionnent cette oppression soit par conviction religieuse, soit par peur, cette peur qu’elle a héritée du colonialisme puis de la décennie noire.

Au foyer, la répartition des tâches n’est jamais égalitaire. L’éducation des garçons et des filles est basée sur le sexisme, en attribuant un « devenir » dès le plus jeune âge à ces enfants qui est soit masculin soit féminin. L’industrie produit des poupées pour les filles et des machines pour les garçons : c’est la loi du marché et de l’exploitation !

C’est pour cela que : 
Nous, étudiantes, travailleuses, femmes au foyer, impliquées dans la lutte féministe et désireuses du changement, on dit NON !
– NON à l’instrumentalisation de la religion à des fins politiques. 
– NON à l’attribution de genre au travail.
– NON au patriarcat.
– NON au code de la famille.
– NON au statut de mineure à vie.
– NON aux violences sexuelles.
– NON à la légitimité des violences conjugales. 
– NON à l’éducation sexiste.

Troisième point : création d’un noyau 
Nous nous sommes engagées pour la création d’un noyau qu’on appellera provisoirement « Espace de résistance féminine » afin de porter notre volonté de changement à travers des activités diversifiées :
– Projections de films-débats.
– Conférences-débats.
– Lectures dirigées et sensibilisation à la connaissance des droits des femmes, du code de la famille. 
– Occupation d’un espace public (café populaire, cinéma, jardin public, etc.)

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