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Chronique

Le mépris

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Je ne partirai pas, je ne démissionnerai pas, je ne céderai pas aux pressions. J’y suis, j’y reste ! Telle est la réponse, cinglante, arrogante et méprisante, que Bouteflika a réservée au peuple algérien en nommant un nouveau gouvernement.

Cette réponse n’est nullement étonnante quand on sait que Bouteflika use et abuse de la ruse pour se maintenir au pouvoir à vie. D’ailleurs, même dans le cas où il décide de partir, de démissionner, il tentera de peser de tout son poids pour que sa feuille de route concoctée avec le concours de l’Elysée soit adoptée. Dire donc que Bouteflika se prépare une sortie honorable à travers la nomination d’un gouvernement est un non sens. 

Etant dans une logique d’entêtement,  il ne peut pas et ne veut pas écouter le peuple. Car dans sa conception du pouvoir, le peuple en tant qu’acteur politique n’existe pas. Pour lui,  le président n’a aucun compte à rendre au peuple.

N’a-t-il pas déclaré, un jour, qu’il était l’incarnation du peuple.  C’est pourquoi il ne pourra jamais se soumettre à la volonté de ce peuple qui manifeste depuis plus d’un mois.

Ce comportement belliciste ne peut s’expliquer que par les déficiences politique, organisationnelle, tactique et stratégique des partis d’opposition, notamment la gauche et les forces progressistes, qui sont jusqu’à présent dans l’incapacité de proposer une alternative politique sérieuse à même de répondre aux aspirations du hirak.

En raison de ces déficiences, la gauche et les forces progressistes ne parviennent pas à jouer les premiers rôles dans ce hirak, pour ne pas dire prendre carrément sa tête, et à le faire déboucher sur la mise en place d’une Assemblée constituante garante d’un cheminement démocratique, bien au contraire, elles subissent, elles-mêmes, l’influence des autres forces politiques qui paralysent leur action.

Le maintien du système politique actuel avec ou sans Bouteflika doit donc être considéré non comme une victoire remportée sur le hirak mais comme conséquence de la défaite subie par les forces progressistes en raison de leurs faiblesses intrinsèques, en raison aussi de leur incapacité d’exprimer  un discours politique clair à l’égard des travailleurs, des étudiants, des femmes… et de l’ensemble des forces actives de la société.

Voilà qui termine ce propos, il ne me reste qu’à vous rappeler, en ces temps d’incertitudes,  cette parole pastichée d’un philosophe : Algériens, encore un effort… si vous voulez la liberté. Hacène Arab

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