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Chronique

L’ultime symphonie des percussionnistes

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Désormais inaudibles, les percussionnistes du système ne captant plus l’attention, tentent par tous les moyens de se faire entendre à nouveau.

Le son au rythme monotone de leurs derboukas qui a fait danser certains algériens durant plus de 20 ans, devient  gênant, assourdissant, bruyant. C’est un son qui produit des ondes négatives et nocives.

Ces percussionnistes viennent de se rendre compte que le système est atteint de surdité à force de taper sur la derbouka. Ils émettent alors plusieurs hypothèses souvent contradictoires tant en ce qui concerne la nature de cette surdité que sur le retentissement qu’elle a pu avoir sur les pratiques et le fonctionnement du système.

Tellement sourds, ils n’ont même pas entendu cette nouvelle symphonie de l’espoir, cette symphonie citoyenne, cette symphonie révolutionnaire qui est composée, depuis plus d’un mois,  par le peuple. Tout le peuple.  Ils ne l’ont pas entendu car hier,  en plus d’être sourds, ils ont été insensibles, arrogants et méprisants ; et aujourd’hui ils sont malades. Malades de découvrir enfin un peuple capable de composer sa propre symphonie.

Laquelle symphonie n’est plus spontanée, intuitive, instinctive.  Elle est tout sauf une percussion. Elle incarne l’objet d’un combat ou d’une lutte, d’une conquête inespérée, imprévisible …de liberté.

Si elle rassemble les femmes et les hommes, les jeunes et vieux, n’est-ce pas pour avoir su intégrer, à chaque fois, à son point final toutes les formes de colère, de désespoirs et de promesses non tenues ; n’est-ce pas pour avoir su produire un nouveau son rythmé aux chants des hommes libres dont les voix s’élèvent de toutes nos villes, nos villages et nos montagnes.

Là encore, que faut-il faire quand ce qui est exprimé sous une forme harmonieuse qui ressuscite, qui fait perdurer, voire éterniser le souffle révolutionnaire des ancêtres  toujours menacé d’étouffement par les percussionnistes qui reviennent aux galops sans scrupules pour nous dire qu’ils n’ont jamais aimé la derbouka ? Ils sont têtus. Ils doivent comprendre qu’il ne leur reste qu’une ultime symphonie.

Ils doivent la composer avec leur chef d’orchestre qui est appelé  à se saisir de l’ensemble des derboukas de son orchestre avant de les briser sur leurs têtes. Cela produira leur symphonie d’à dieu. Après, seulement après, ils peuvent se permettre une dernière valse…la valse des rois déchus. Car quand les peuples chantent la liberté, les rois dansent la valse des tyrans.

Voilà qui termine ce propos, il ne me reste qu’à vous rappeler, en ces temps d’incertitudes,  cette parole pastichée d’un philosophe : Algériens, encore un effort… si vous voulez la liberté.

Hacène Arab

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