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Culture

Messaoud Nedjahi: « À l’époque de Boumédiène, parler chaoui menait en prison »

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Messaoud Nedjahi, écrivain et artiste Chaoui, universitaire spécialiste de la mythologie berbère, était l’invité de la nouvelle émission de Hicham Aboud de ce 10 janvier 2019. Venu pour parler de l’évolution de la question amazigh et plus précisément de l’identité chaoui, il a raconté toutes les difficultés et la répression qu’il a subie avec les autres militants de la cause amazigh, et des populations chaoui durant les années 1970 et jusqu’à très récemment.

« Je n’ai jamais cru voir consacrer la langue amazighe comme langue officielle de mon vivant », explique-t-il à Hicham Aboud. « J’ai été cassé par un policier qui m’a roué de coups parce qu’il m’a entendu parler ma langue en me disant, en chaoui, qu’il allait faire de moi un vrai Arabe », a-t-il raconté.

M. Nedjahi, ce militant de la cause berbère, a également expliqué qu’à cause de son activisme identitaire, il a passé plusieurs années en prison et qu’il a été privé de son passeport, et n’a pu rentrer en Algérie qu’aux alentours de 2008. Un témoignage affligeant, à écouter et à méditer.

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Culture

Révolution du sourire: paroles d’artistes algériens

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Mustapha Sedjal est Plasticien et Vidéaste algérien vivant et travaillant en France. Depuis le 24 février, tous les dimanches, il est sur la Place de la République participant avec ses compatriotes au mouvement de contestation populaire qui a cours en Algérie depuis plus de 4 mois. Mustapha nous éclaire sur la nature de sa participation et sur le rôle de l’art dans ce soulèvement populaire.

Hirak à Place de la République © Mustapha Sedjal

Hirak à Place de la République © Mustapha Sedjal

Comment percevez-vous le Hirak 4 mois après son déclenchement ?

Le Hirak  pour les uns, Révolution Silmiya (pacifique) pour d’autres, peu importe ! Il fallait s’attendre à cet élan national pour le changement du « système » politique. Notre jeunesse ne pouvait plus continuer à vivre ou à survivre sans perspectives ou horizons au-delà de la harga – exil clandestin – ou de la mort à petit feu dans le silence.  

Il fallait démolir les murs de « l’enfermement » et reconquérir notre indépendance pour crier haut et fort noter souffrance face à l’injustice et à la hogra – le mépris. Chaque marche le vendredi est un pas en avant vers une Algérie nouvelle qui aspire à vivre autre chose. Le champ du possible est vaste. Nous avons de quoi construire un monde meilleur. En tant que plasticien et observateur, je redécouvre une Algérie débordante de créativité à travers notamment les slogans, les chants, les tifos, la musique, les clips… La date du 22 février restera gravée dans l’histoire de l’Algérie comme une étape nouvelle vers une seconde Libération et la renaissance d’une nation.

Comment l’annulation des élections présidentielles prévues le 4 juillet impactera-t-elle le mouvement de contestation populaire ?

Le mouvement Silmiya est dans son élan. Rien ne peut l’arrêter aujourd’hui. Nous irons jusqu’au bout du « dégagement » du système khamedj (sale). Avec sagesse, nous allons les vaincre tous ensemble. Yetnahaw Ga3 ! (qu’ils dégagent tous !)

 Tous les dimanches, vous investissez la Place de la République avec vos matériaux. Quel rôle l’art peut-il jouer dans ce soulèvement populaire ?

  Depuis le 24 février, je manifeste à ma manière en tant que plasticien sur la Place de la République. Le premier dimanche soit le 24 février, nous étions deux artistes,  Moho Sahraoui et moi-même, chacun de son côté. C’est en rentrant le soir chez moi que j’ai découvert l’intervention publique de Moho sur la Place grâce aux photos du Facebook.

Tous les dimanches, mon intervention se déploie sous deux formes. La première concerne la mise en place d’une intervention plastique en faisant participer les manifestant.e.s. Ces séquences sont prises en photos et filmées pour deux raisons. D’une part, car elles constituent la matière première de mon projet plastique.  Et d’autre part, parce qu’elles sont des traces de l’histoire du mouvement Silmiya.

La deuxième intervention se déroule dans l’Atelier Silmiya organisé par le Collectif Arts visuels auquel participent plusieurs artistes dont Moho S., Anouar B., Hacène B., Mersali O. Amina B., Ali B. et d’autres artistes. Ces ateliers se déroulent sous l’oeil intéressé des manifestant.e.s.

Pour revenir à la question du rôle de l’art dans le soulèvement populaire algérien, je dirai que cet élan est en-lui-même un « geste plastique et esthétique »Nous avons vu dès le début des manifestations des panneaux et des pancartes mettre en exergue des slogans, des dessins, des photos, des montages, des tifos qui donnent une dynamique aux marches chaque vendredi en Algérie, et chaque dimanche à Paris. Le tout se vit sur un mode humoristique.

De votre point de vue, l’art a-t-il vocation à être au service des causes politiques et autres ?

Je dirai oui ! Chaque cause est noble, face à un paysage, à une nature morte ou à un drame humain. De Francisco de Goya (« Fusillades du 3 mai », 1808) à Pablo Picasso (« Guernica », 1937), en passant par M’hamed Issiakhem, Mohamed Khadda ou Choukri Mesli, chacun de ces artistes a su traduire, à un moment de sa trajectoire artistique ; le drame humain sur un plan plastique et esthétique.

Dans ma démarche plastique, je questionne la mémoire et l’histoire de l’Algérie pré et post coloniale et les drames et les séquelles qui nous habitent. Sur la Place de la République, j’ai abordé dans mes interventions personnelles le drame des « harragas » (les migrants clandestins), victimes du système actuel. Concernant les peintures que nous réalisons dans le cadre du Collectif Arts visuels, en écho à l’écho de la situation en Algérie, notre démarche consiste à témoigner et à laisser des traces. Cette production plastique sera exploitée un jour.

MEDIAPART , PAR NADIA AGSOUS

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Culture

Oran: « El faqir », un spectacle de rue pour enfants

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ORAN – Un nouveau spectacle de rue, le premier à être destiné uniquement aux enfants, intitulé « El faqir » (le pauvre), est en montage à Oran, a-t-on appris samedi du directeur du Théâtre régional « Abdelkader Alloula » (TRO).

« Il s’agit de la première production du TRO dédiée aux enfants dans le but de les imprégner de la tradition populaire de la ‘halqa’ si chère au regretté dramaturge Alloula », a précisé à l’APS Mourad Senouci.

L’idée, a-t-il expliqué, est partie de l’affluence du jeune public observée aux différentes représentations de la pièce « El harraz » qui constitue le premier spectacle de rue produit l’année dernière par le TRO. Mourad Senouci est l’auteur du texte du nouveau spectacle « El faqir » qu’il a décidé d’offrir aux petits en cette période marquée par la célébration des journées africaine et mondiale de l’enfant.

La mise en scène est assurée quant à elle par Leila Touchi, la réalisatrice de la pièce « El harraz » qui a été jouée avec succès dans différents quartiers populaires d’Oran et d’autres villes du pays.

Outre « El faqir » dont la générale est prévue le 8 juillet prochain, le TRO est également investi dans la coproduction, avec la coopérative théâtrale « Mass-Art », d’un autre spectacle de rue intitulé « Ennadji » (le survivant) écrit et mis en scène par Adila Bendimered.

« Ennadji » sera joué le 22 juin prochain, a fait savoir le directeur du TRO, signalant que la grande place publique « 1er Novembre » et le quartier populaire de « Sidi El-Houari » accueilleront les premières représentations des nouvelles créations.

APS

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Culture

Maroc : passeport, carte d’identité et billets de banque en Tamazigh

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La Chambre des représentants a adopté par consensus le lundi dernier, le Projet de loi organique 26.16 définissant le processus de mise en œuvre du caractère officiel de l’amazigh, ainsi que les modalités de son intégration dans l’enseignement et dans les domaines prioritaires de la vie publique. Une grande avancée dans le processus d’officialisation du Tamazight qui n’aura que trop duré.

Il aura fallu attendre huit ans après son officialisation et pratiquement deux ans de discussion au parlement, pour aboutir au résultat obtenu lundi dernier. Le texte de loi approuvé par la Commission de l’éducation, de la culture et de la communication de la Chambre des représentants, rappelle Hespress, « fait suite à l’examen d’une vingtaine d’amendements proposés par les deux groupes d’opposition (PAM et Istiqlal) sur les 35 Article du Projet de loi organique.

Pour en revenir à l’essentiel, il convient de retenir que l’alphabet Tifinagh sera bel et bien destiné à écrire en langue Amazighe, comme décidé depuis la création de l’Institut royal de la culture Amazigh (IRCAM) par Dahir en 2001. « Seul le groupe PJD de la première Chambre a continué de réclamer l’écriture de la langue Amazighe en caractères arabes », fait remarquer le média.

Le projet de loi en question touche à tous les domaines publics où la langue et la culture Amazighes doivent se manifester. Il stipule par exemple que « les cartes d’identité nationales, les passeports, les billets de banque et les pièces de monnaie, les facture d’eau, d’électricité et téléphonie, tous les certificats administratifs et les décisions des tribunaux » doivent être délivrés en Amazigh.

Mais également, d’autres domaines de services comme « les transports publics, les aéronefs, les navires, les trains, les véhicules de service public, de la Sûreté nationale, de la gendarmerie royale, de la protection civile, des forces auxiliaires et des ambulances » sont également concernés par le texte de loi. Par ailleurs, la même loi organique stipule que l’enseignement de la langue amazighe doit être obligatoire et que celle-ci doit être diffusée sur le territoire national et dans l’ensemble des cycles d’enseignement. Tandis que pour le monde des médias, le projet prévoit  » la transmission de communiqués et de déclarations à tous les citoyens marocains en langue Amazighe ».

Pour arriver à cet idéal, le Projet de loi accorde à l’administration un délai de 15 ans, pour publier les textes législatifs et réglementaires dans le Bulletin officiel en Amazigh. Un délai identique à celui accordé aux collectivités territoriales, afin de diffuser leurs décisions et leurs délibérations en Amazigh.

D’après Baldi.net

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